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Mali

Renforcement de la présence militaire malienne dans le secteur de l'attaque

Des officiels et des habitants se tiennent près de tombes fraîchement creusées le 11 juin 2019 dans un village Dogon au Mali après l'attaque de l'ethnie Dogon le 9 juin 2019.

L'armée malienne renforçait mercredi sa présence aux environs de deux villages dogons du centre du pays attaqués lundi, a-t-on appris de sources concordantes, tandis que des habitants faisaient état de l'utilisation de nombreuses motos dans les raids meurtriers.

Depuis l'apparition en 2015 dans le centre du Mali du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l'agriculture, qui ont créé leurs "groupes d'autodéfense".

Les villages de Gangafani et de Yoro, près de la frontière burkinabè, ont été frappés lundi soir par des "attaques terroristes" qui ont fait 38 morts et de nombreux blessés, a annoncé mardi soir le gouvernement dans un "bilan provisoire officiel".

"Un contingent des forces de défense et de sécurité a été dépêché sur les lieux pour sécuriser les populations et leurs biens, et traquer les auteurs de ces attaques", a ajouté le gouvernement.

Selon un élu de la région, "la situation a été calme la nuit. Mais après un événement comme ça, les populations ont évidemment peur".

"Nous avons appris que l'armée allait renforcer sa présence aujourd'hui dans le secteur. C'est une bonne chose si ça se réalise", a déclaré cet élu à l'AFP sous le couvert de l'anonymat.

Un fonctionnaire retraité habitant dans le cercle de Koro, dont dépendent administrativement les deux villages attaqués, Amidou Maïga s'est étonné que les assaillants aient pu arriver massivement à moto, malgré les restrictions de circulation dans la zone.

"Le président malien seulement la semaine dernière a encore interdit la circulation des motos. Or, les assaillants sont arrivés à plus de 100 motos. Donc on doit renforcer la sécurité", a-t-il dit.

"Les populations ont peur. Il y a un poste militaire avancé à moins de 30 km de Yoro. il faut le renforcer", a-t-il estimé.

Lors d'un déplacement dans le village dogon de Sobane Da, proche de Bandiagara, où une attaque le 9 juin a fait 35 morts, dont 24 enfants, le président Ibrahim Boubacar Keïta a notamment annoncé l'interdiction de la circulation des motos dans plusieurs localités de la zone.

Des mesures de ce type ont déjà été imposées à plusieurs reprises dans des secteurs du centre du Mali pour prévenir les attaques.

Les violences qui déchirent cette région depuis quatre ans ont culminé avec le massacre le 23 mars, attribué à des chasseurs dogons, de quelque 160 Peuls dans le village d'Ogossagou, près de la frontière avec le Burkina Faso.

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Mali: un soldat tué et deux blessés dans une embuscade près du Niger

Après un attentat à Gao, au Mali, le 13 novembre 2018. (VOA/Souleymane Ag Anara)

Un soldat malien a été tué et deux blessés mercredi dans une embuscade contre leur convoi dans le nord-est du Mali, non loin de la frontière avec le Niger, ont annoncé jeudi les Forces armées maliennes (FAMa).

Une "mission d'escorte logistique", partie du poste-frontière de Labbézanga en direction de Gao, est "tombée dans une embuscade entre Fafa et Bentia" dans le courant de la journée de mercredi, a précisé l'armée dans un communiqué.

"Au cours de cette opération, les FAMa déplorent un mort et deux blessés", précise le communiqué. Selon l'armée, l'évaluation des opérations de poursuite des assaillants "fait état d'un bilan de cinq terroristes tués".

Sept civils, dont cinq passagers d'un véhicule, ont été tués le 11 juillet à quelques dizaines de kilomètres de Ménaka, également dans le nord-est du Mali, par des assaillants armés, selon un élu local et des sources de sécurité maliennes.

La zone de Ménaka est souvent le théâtre d'affrontements entre, d'une part, des jihadistes ayant prêté allégeance au groupe Etat islamique (EI) et, de l'autre, deux groupes armés principalement touareg ainsi que l'armée malienne et la force française Barkhane.

Ces violences se sont souvent accompagnées d'exactions contre les populations civiles, appartenant surtout aux communautés peule et touareg.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda.

Les jihadistes en ont été en grande partie chassés ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature en 2015 d'un accord de paix censé isoler définitivement les jihadistes, dont l'application accumule les retards.

Depuis 2015, ces violences se sont propagées du nord vers le centre, voire parfois le sud du Mali, se mêlant très souvent à des conflits intercommunautaires, un phénomène que connaissent également le Burkina Faso et le Niger voisins.

Avec AFP

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Le chef de la diplomatie malienne rejette tout dialogue avec les djihadistes

L'opposant malien Tiébilé Dramé, négociateur de l'accord de paix avec les groupes armés touaregs, à Bamako, 9 août 2013.

Le ministre malien des Affaires étrangères, Tiébilé Dramé, a rejeté lundi tout dialogue avec les djihadistes, y compris dans le centre du pays particulièrement touché par les violences, dans un entretien à l'AFP.

"Ce n'est pas la position du gouvernement du Mali", a répondu M. Dramé, interrogé sur un rapport du groupe de réflexion International Crisis Group (ICG), qui préconise de parler aux djihadistes, notamment les chefs de la "katiba du Macina" du prédicateur radical peul Amadou Koufa, apparue en 2015 dans le centre du Mali.

"Nous avons une position concertée avec nos voisins dans le cadre du G5 Sahel et nous n'en sommes pas là au moment où je vous parle", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à l'organisation régionale G5 Sahel (Mali, Mauritanie, Burkina Faso, Niger et Tchad) qui s'est dotée en 2017 d'une force conjointe pour lutter contre les groupes djihadistes, en particulier dans la zone des "trois frontières", malienne, burkinabè et nigérienne.

La katiba du Macina appartient au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, principale alliance djihadiste du Sahel liée à Al-Qaïda et dirigée par le chef radical touareg malien Iyad Ag Ghaly.

Une conférence d'entente nationale organisée au Mali avait recommandé en 2017 de négocier avec Iyad Ag Ghaly et Amadou Koufa. Mais cet avis avait été rejeté par les gouvernements malien et français.

"Je pense que trop de sang a coulé dans cette partie de notre territoire de la part de ces +seigneurs+ (de guerre, NDLR). Ce n'est pas une option aujourd'hui+", a ajouté M. Dramé. Une série de massacres dans le centre du pays ces derniers mois a fait des centaines de morts, en particulier parmi les civils peuls et dogons.

"La crise du centre du Mali est la conséquence de la crise du Nord, c'est le prolongement de l'occupation du nord du Mali en 2012 par des forces djihadistes. Il ne faut pas perdre de vue la gémellité entre la situation au nord et la situation au centre du pays".

Le nord du Mali était tombé en 2012 sous la coupe de groupes jihadistes, en grande partie dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit.

Malgré la signature en 2015 d'un accord de paix censé isoler définitivement les djihadistes, des zones entières du pays échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU.

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