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Mali

Londres va déployer 250 militaires à Gao au sein de la Minusma à partir de 2020

Soldats sénégalais de la Minusma à Sévaré le 30 mai 2018.

Le Royaume-Uni a annoncé lundi le déploiement de 250 militaires pour trois ans à partir de 2020 dans le cadre de la mission de paix de l'ONU au Mali.

Ces soldats britanniques seront basés à Gao, dans l'est du Mali, à l'appel de l'ONU et "en reconnaissance de l'instabilité croissante dans la région du Sahel", a précisé le ministère de la Défense dans un communiqué.

"Le personnel britannique opérera aux côtés de troupes de plus de 30 pays, et fournira des capacités de reconnaissance de longue portée, une plus grande sensibilisation aux menaces possibles et contribuera à la protection des civils", a-t-il précisé.

Cette contribution sera complétée par la présence d'officiers britanniques dans les quartiers généraux de la mission de l'ONU et "de nouveaux programmes d'entraînement avec les troupes de nos nations partenaires qui seront déployées", a ajouté le ministère.

Au début du mois, Londres avait annoncé le maintien de sa présence au Mali en soutien cette fois à la force française antijihadiste Barkhane pour six mois de plus.

Le pays y a déployé trois hélicoptères Chinook et une centaine d'hommes depuis juillet 2018. Ils resteront "jusque juin 2020", avait déclaré un porte-parole du ministère de la Défense à l'AFP.

Une vingtaine d'armées européennes sont présentes au Sahel, certaines au sein de la force de maintien de la paix des Nations unies (Minusma) ou dans le cadre de la mission de formation de l'armée malienne EUTM Mali, et d'autres aux côtés de l'opération Barkhane, qui mobilise 4.500 militaires dont quelques centaines de forces spéciales (TF Sabre).

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes, en grande partie dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit avec Barkhane. Mais des zones entières échappent toujours au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU.

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Les infox pullulent sur les réseaux sociaux maliens sur fond de tensions avec la France

Des manifestants exhibent le drapeau de la Russie lors d'un mouvement de protestation à Bamako, au Mali.

Un "haut cadre" de l'opération antijihadiste française Barkhane arrêté à Bamako en possession d'héroïne; une photo de soldats russes "arrivés" dans la capitale malienne... Les infox sur l'engagement français au Sahel prolifèrent sur les réseaux sociaux maliens sur fond de tensions entre Paris et Bamako.

Les relations franco-maliennes se sont raidies depuis l'annonce de la réduction du dispositif militaire français dans le pays et la possible arrivée du groupe de mercenaires russes Wagner.

Depuis début octobre, le service d'investigation numérique de l'AFP a repéré cinq infox particulièrement virales qui portent majoritairement sur les agissements supposés des troupes françaises dans le pays. En réalité, le "haut cadre" français prétendument arrêté avec de l'héroïne était un ressortissant nigérian; la photo de militaires russes avait, elle, été prise à Moscou en 2015. Une autre publication prétendait à tort qu'un avion français avait été intercepté par l'armée malienne sur "renseignement russe".

"Il y a une aggravation" de la désinformation au Mali, confirme à l'AFP Niagalé Bagayoko, présidente de l'African Security Sector Network. "C'est vraiment la surenchère diplomatique qu'il y a eu récemment entre la France et les autorités maliennes qui en est à l'origine", ajoute-t-elle.

- Des infox plus nombreuses que jamais -

"Les fake news n'ont jamais été aussi nombreuses dans l'actualité politique au Mali que pendant cette transition" démarrée après le coup d'Etat d'août 2020, abonde Boubacar Haidara, chercheur associé au laboratoire Les Afriques dans le monde (LAM) de Sciences Po Bordeaux et chargé de cours à l'université de Ségou (Mali).

Les colonels qui ont renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta se sont engagés à organiser des élections pour rendre le pouvoir aux civils en février 2022, sous pression de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et de nombreux partenaires du Mali, dont la France.

La France, qui a engagé son armée en 2013 au Mali afin d'enrayer la progression des jihadistes, a vivement critiqué la gestion du pays par la junte. Et la tension est montée d'un cran en septembre quand le Premier ministre de transition Choguel Kokalla Maïga a accusé Paris d'un "abandon en plein vol" en raison du plan de la France de réduction de sa présence militaire.

Des critiques censées justifier le possible recours par Bamako à la société paramilitaire privée russe Wagner, décrite comme proche du président russe Vladimir Poutine.

Tous les experts interrogés par l'AFP s'accordent pour dire qu'il est très difficile d'identifier qui se cache derrière les fausses informations. Boubacar Haidara cite les "vidéomans", ces internautes qui diffusent sur leurs pages Facebook des vidéos "pro-junte et anti-France" très virales. Kalilou Sidibé, universitaire de l'African Security Sector Network, évoque "des Maliens, mais aussi des activistes qui se disent panafricanistes" favorables à l'arrivée des Russes de Wagner.

Michael Shurkin, directeur des programmes mondiaux de la société de conseil 14 North Strategies, basée à Dakar, suspecte néanmoins qu'une partie de ces infox soit orchestrée par la Russie. "Les Russes diffusent de la propagande pour envenimer les relations franco-africaines", affirme-t-il.

"Indépendamment de qui est derrière ces récentes infox, elles s'alignent clairement avec les intérêts russes."

- Bataille informationnelle -

Depuis plusieurs mois, une bataille informationnelle fait rage au Mali et plus largement au Sahel entre comptes pro-français et pro-russes.

Fin 2020, Facebook a supprimé trois réseaux de "trolls" gérés depuis la Russie et la France, dont un avait des liens avec des personnes associées à l'armée française. Paris avait alors affirmé ne "pas être en mesure d'attribuer d'éventuelles responsabilités".

Le ministère français des Armées doit présenter mercredi sa doctrine de lutte informationnelle pour combattre les fake news visant à décrédibiliser ses opérations.

Actuellement, les experts interrogés par l'AFP affirment voir peu ou pas de fausses informations visant à soutenir la France au Mali. "La tendance c'est: la France, qu'elle dégage, Wagner a la solution", reprend Boubacar Haidara.

Si les infox russo-françaises sont les plus visibles sur les réseaux sociaux, de très nombreuses autres, dont la quantité est plus difficilement quantifiable, circulent via des services de messagerie cryptée comme WhatsApp.

Or pour Kalilou Sidibé, la propagation de ces fausses informations a pour conséquence la "fragilisation du pays".

"Le public cible [de ces infox], souvent les jeunes qui sont sur leur portable, n'a pas les bases fondamentales pour vérifier une information, et se fait avoir", constate Modibo Fofana, journaliste et président de l’Association professionnelle de la presse en ligne malienne.

Les autorités maliennes formalisent le dialogue avec les jihadistes

Le Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga.

Les autorités maliennes ont officiellement confié au ministère des Affaires religieuses le dossier du dialogue avec certains groupes jihadistes et ont ouvertement communiqué sur un sujet jusqu'alors tenu relativement confidentiel, à un moment délicat des relations avec la France.

La réalité de discussions entre les autorités et certains groupes jihadistes ne fait pas de doute pour les experts depuis longtemps, avant même que l'ancien président Ibrahim Boubacar Keïta, renversé en août 2020 par les militaires, ne reconnaisse en février 2020 l'existence de contacts.

Tout en se disant favorable au dialogue, la junte désormais au pouvoir à Bamako et le gouvernement de transition qu'elle a installée étaient jusqu'alors restés plutôt discrets sur la question.

"Cela fait des années que le peuple malien appelle à des discussions avec ces groupes", disait récemment dans Jeune Afrique le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, "en Afghanistan, les Américains ont bien fini par discuter avec les talibans".

Interrogé sur l'existence de négociations, notamment pour la libération d'otages, il répondait: "Bien sûr, nous continuons à travailler pour libérer les otages. Mais nous n’avons pas besoin de le hurler sur tous les toits".

Le ministère des Affaires religieuses a donné la semaine passée une tournure plus formelle à ce dialogue. Dans un communiqué publié le 13 octobre et passé inaperçu jusqu'à des informations de RFI mardi, le ministre des Affaires religieuses, Mahamadou Koné, a indiqué que ses services avaient été chargés d'une "mission de bons offices en direction des groupes armés radicaux".

Lui-même a chargé le Haut conseil islamique du Mali (HCIM) de la mise en oeuvre "sur le terrain", lors d'une rencontre le 12 octobre. Les pouvoirs publics fixeront "des lignes rouges à ne pas dépasser dans le cadre des négocations", a-t-il dit.

"La mission de bons offices en direction des groupes armés radicaux a existé par le passé", dit le communiqué. Mais elle était "ancrée" au bureau du Premier ministre et déléguée à l'imam Mahmoud Dicko, à titre personnel bien qu'il ait présidé le Haut conseil islamique jusqu'en 2019, ajoute-t-il.

Le HCIM est une structure de dialogue avec les autorités regroupant des chefs et des organisations religieuses.

"Depuis plusieurs mois, le Haut conseil islamique du Mali jouait le rôle confié à lui par les hautes autorités: engager le dialogue avec les groupes radicaux. Ce n'est pas nouveau", a dit à l'AFP le chef de cabinet du ministère, Dame Seck.

Ce qui l'est, c'est qu'"administrativement il est clair désormais que c'est notre ministère qui a le dossier en main et qui suit de près la démarche du Haut conseil islamique", a-t-il dit.

"Désormais, toutes les missions de bons offices vont être formalisées", dit le communiqué du ministère, qui a aussi rapporté sur Facebook la rencontre avec le HCIM.

Un dialogue avec les jihadistes a jusqu'alors paru devoir concerner principalement les deux chefs jihadistes Amadou Koufa et Iyad Ag Ghaly et leurs groupes affiliés à Al-Qaïda, et non pas l'organisation Etat islamique.

La France, principal allié du Mali, a toujours refusé ce dialogue.

Les relations entre Bamako et Paris traversent leur plus grave crise depuis le début de l'engagement français en 2013. Le Premier ministre malien a dénoncé comme un "abandon en plein vol" la décision française de réduire ses effectifs au Sahel d'ici à 2023.

Paris estime que le recours possible de Bamako à la société russe de mercenaires Wagner est incompatible avec la présence française.

Répondant aux propos de l'ancien président Keïta sur l'ouverture d'un dialogue en 2020, Iyad Ag Ghaly dit y être disposé, mais l'avait conditionné à un départ préalable des soldats français. Il avait réaffirmé son attachement à la charia.

L'armée française tue une femme pendant une poursuite au Mali

Des soldats français du 2e Régiment étranger du génie fouillent une caisse métallique lors d'une opération de contrôle de zone dans la région du Gourma lors de l'opération Barkhane à Ndaki, au Mali, le 27 juillet 2019.

Des militaires français ont tué une femme lundi dans la région de Gossi, dans le nord du Mali, alors qu'ils poursuivaient deux personnes qui venaient d'abandonner une moto transportant une arme et des munitions, a annoncé mardi l'état-major dans un communiqué.

Pendant une mission de reconnaissance franco-malienne "dans une zone où des éléments d'un groupe armé terroriste avaient été détectés à l'est de Gossi", les soldats français détectent "deux individus à moto. A la vue des soldats français et maliens, les deux individus abandonnent la moto" et s'enfuient vers un sous-bois, tandis qu'"un fusil d'assaut abandonné, des munitions et un sac militaire sont découverts près de la moto", explique l'état-major.

Les soldats "engagent la poursuite de l'un des deux individus dans le bois. Quatre tirs de sommation sont réalisés pour le stopper mais ce dernier s'éloigne encore". Puis "l'individu se retourne vivement vers les soldats qui appliquent un tir de neutralisation" et "découvrent qu’il s'agit d’une femme", soupçonnée d'appartenir à l'équipage en fuite de la moto, explique-t-il.

"Des habitants du village le plus proche sont appelés pour préciser l'identité de cette personne" mais "aucun ne la connaît", souligne l'état-major, en précisant que le corps a été enterré sur place.

Une enquête de commandement a été initiée "pour préciser le déroulement exact des faits et disposer d'un éclairage complet sur cette action de combat", conclut le communiqué.

Cette annonce intervient parallèlement à des rumeurs sur les réseaux sociaux accusant la force française Barkhane d'avoir tué lundi une jeune fille de 13 ans lors d'un raid aérien dans la commune de N'Tillit, au sud-ouest de Gao.

Des affirmations fermement démenties par l'état-major français: "Il n'y avait aucun aéronef dans cette zone hier et aucune action de Barkhane au sol".

L'armée malienne dit avoir sanctionné les soldats qui ont commis des actes de torture

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La force Barkhane a débuté la phase finale du transfert de la base de Kidal

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