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Mali

La Minusma renforce sa présence suite aux violences dans le centre

Véhicule de la Minusma à Kidal le 23 juillet 2015.

La Minusma a renforcé lundi sa présence dans le centre du Mali, région qui connaît depuis plusieurs mois une escalade des attaques jihadistes et des violences intercommunautaires, en inaugurant un nouveau "secteur centre", notamment afin de "mieux protéger les civils".

Depuis l'apparition en 2015 dans cette région du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, qui recrute prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, qui pratiquent essentiellement l'agriculture et qui ont créé leurs "groupes d'autodéfense".

"Aujourd'hui, j'ai remis le drapeau de l'ONU au nouveau Secteur Centre. Cela symbolise le transfert de pouvoirs au quatrième secteur de la Force de la Minusma, qui couvrira la région de Mopti. C'est une partie importante de l'augmentation de nos efforts dans le centre", a déclaré sur Twitter le commandant de la force de la Minusma, le lieutenant-général Dennis Gyllensporre.

La création de ce secteur de la Minusma, initialement implantée dans le nord du pays, "permettra une meilleure coordination" avec les forces armées maliennes pour "mieux protéger les civils et favoriser le retour de l'autorité de l'Etat et de l'Etat de droit dans la région", a commenté la Minusma, également sur Twitter.

Les violences qui déchirent cette région depuis quatre ans ont culminé avec le massacre le 23 mars, attribué à des chasseurs dogons, de quelque 160 Peuls dans le village d'Ogossagou, près de la frontière avec le Burkina Faso. Depuis lors, les tueries ont continué, avec la mort de 35 Dogons à Sobane Da le 9 juin ou encore de 41 Dogons à Gangafani et Yoro le 17 juin.

Pour cette région, la Minusma a développé un "plan d'urgence" baptisé Oryx, dont la "première priorité" est de "multiplier les patrouilles dans les zones sensibles pour que la présence soit visible, qu'elle rassure, qu'elle dissuade et qu'elle anticipe", a expliqué le chef de la Minusma, Mahamat Saleh Annadif, sur le site internet de l'ONU.

Ce plan vise également à aider les autorités maliennes à "combattre l'impunité", à "aider les populations meurtries dont les villages et les greniers ont été brûlés", en permettant aux agences humanitaires "d'intervenir pour subvenir aux besoins immédiats mais aussi pour donner des semences". Autre objectif: faciliter la médiation pour "rapprocher" et "réconcilier" les populations.

Le chef de la Minusma estime ne pas avoir besoin de davantage de Casques bleus à ce stade. "Pour le moment, nous avons fait un réajustement de nos capacités existantes, tout en maintenant notre dispositif au niveau du nord", a-t-il dit. "Mais si demain on nous donne d'autres tâches, on sera obligé de demander l'augmentation de l'effectif" et "des ressources supplémentaires".

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Sahel : "avec les terroristes, on ne discute pas" selon le président Macron

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors d'une conférence de presse à l'ouverture d'une réunion des forces du G5 Sahel à Nouakchott en Mauritanie le 2 juillet 2018.

Le président français Emmanuel Macron a martelé vendredi l'opposition complète de la France, engagée militairement au Sahel, à toute négociation avec les jihadistes, alors que ce sujet fait débat dans la région, notamment au Mali.

"Avec les terroristes, on ne discute pas. On combat", a-t-il lancé dans un entretien avec l'hebdomadaire Jeune Afrique.

"Il faut s'inscrire dans la feuille de route claire que sont les accords d'Alger", a souligné Emmanuel Macron en référence à l'accord de de paix conclu en 2015 entre le pouvoir central malien, les groupes armés pro-Bamako et l'ex-rébellion à dominante touareg du nord du Mali.

"Ceux-ci prévoient un dialogue avec différents groupes politiques et autonomistes. Mais cela ne veut pas dire qu'il faut dialoguer avec des groupes terroristes, qui continuent à tuer des civils et des soldats, y compris nos soldats", a-t-il ajouté.

Cet accord ne concerne pas les groupes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ou à l'organisation Etat islamique (EI) qui poursuivent, voire intensifient leurs actions depuis cinq ans, faisant des centaines de morts.

Le Premier ministre malien de transition, Moctar Ouane, a toutefois souligné lors d'une visite du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, le 26 octobre à Bamako, que le "dialogue national inclusif", vaste concertation du pays tenue fin 2019, avait "très clairement indiqué la nécessité d'une offre de dialogue avec les groupes armés" jihadistes.

"Je constate simplement que les autorités de transition ont réitéré leur volonté de lutter avec efficacité contre le terrorisme", a préféré relever Emmanuel Macron.

Le président français a par ailleurs indiqué qu'il aurait, "dans les prochains mois des décisions à prendre pour faire évoluer Barkhane", la force française de plus de 5.000 hommes présente au Sahel. Une décision était jusqu'ici attendue d'ici la fin de l'année.

Près d'un an après l'envoi de 600 soldats supplémentaires au Sahel pour reprendre l'avantage face aux jihadistes, Paris est sur le point de réduire le nombre de militaires déployés, avaient indiqué début novembre des sources concordantes à l'AFP.

"J'ai besoin d'une réitération claire du souhait de nos partenaires de voir la France rester à leurs côtés", a souligné le chef de l'Etat, qui avait déjà demandé un tel engagement à ses homologues du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad) au sommet de Pau (sud-ouest de la France) en janvier.

Barkhane doit se "recentrer vraiment sur nos ennemis, l'EIGS et les groupes strictement terroristes", a souligné le chef de l'Etat en référence à l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) qui s'inscrit dans la nébuleuse de l'EI, et que Paris et ses alliés du G5 Sahel avaient déjà désigné comme cible principale au sommet de Pau.

Il n'a en revanche pas cité le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim, selon l'acronyme arabe) dirigé par le chef touareg malien Iyad Ag Ghaly, affilié à Al-Qaïda.

Il faut également "accélérer la montée en puissance des armées du G5 Sahel" et "internationaliser notre présence" en y associant d'autres pays européens, a-t-il rappelé.

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