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Mali

Un rapport recommande de tenter de dialoguer avec les djihadistes

La ministre française de la Défense, Florence Parly (à gauche), rencontre le président malien, Ibrahim Boubacar Keita, au palais présidentiel de Bamako, le 1er août 2017.

Face au cycle de violences meurtrières dans le centre du Mali et sans perspective de solution militaire, le groupe deréflexion International Crisis Group (ICG) recommande dans un rapport publié mardi de tenter d'établir un dialogue avec les jihadistes et leurs partisans.

L'ICG préconise, non pas un arrêt des opérations contre le groupe du prédicateur radical peul Amadou Koufa, apparu en 2015 dans cette région, mais "un changement de cap", combinant pression militaire, dialogue et désarmement pour amener ses chefs à la table des négociations.

De précédents contacts, engagés par la société civile, des organisations humanitaires ou des religieux musulmans "ont révélé un certain degré de pragmatisme" au sein du groupe de Koufa, selon le rapport.

L'ICG suggère donc aux autorités maliennes de "mandater des chefs religieux" pour tenter d'entrer en communication avec les dirigeants du groupe, tout en recherchant "un dialogue plus large avec les Maliens du centre, y compris ceux favorables à la rébellion".

L'idée même de discuter avec les djihadistes risque de se heurter à de nombreux obstacles, comme le rejet de certaines élites maliennes et des puissances étrangères présentes militairement, comme la France, au nom du caractère laïc de l'Etat ou pour ne pas légitimer un groupe "ayant du sang sur les mains", reconnaît-il.

Afin de réduire les oppositions à cette initiative proposée, dont le succès n'est en rien garanti, les auteurs du rapport proposent notamment de poser comme condition à tout accord avec ce groupe sa renonciation à ses connexions avec des organisations djihadistes transnationales, comme Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

La conférence d'entente nationale organisée en 2017 au Mali avait notamment appelé à l'ouverture de négociations avec le chef radical touareg malien Iyad Ag Ghaly et Amadou Koufa. Mais cette résolution avait été rejetée par les gouvernements malien et français.

Amadou Koufa a rejoint dès sa création en mars 2017 le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, principale alliance djihadiste du Sahel liée à Al-Qaïda, dirigée par Iyad Ag Ghaly.

Depuis l'apparition du groupe de Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient dans le centre du Mali entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l'agriculture, qui ont créé leurs "groupes d'autodéfense".

Ces violences ont culminé le 23 mars avec le massacre à Ogossagou, près de la frontière burkinabè, de quelque 160 villageois peuls par des membres présumés de groupes de chasseurs dogons.

La Mission de l'ONU au Mali (Minusma) a annoncé le 16 mai avoir recensé "au moins 488 morts" depuis janvier 2018 dans des attaques de "chasseurs traditionnels contre des membres civils de la population peule" dans les régions de Mopti et Ségou (centre).

Dans le même temps, les groupes armés peuls ont "causé 63 morts" parmi les civils de la région de Mopti, selon la Minusma.

Avec AFP

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Sahel : "avec les terroristes, on ne discute pas" selon le président Macron

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors d'une conférence de presse à l'ouverture d'une réunion des forces du G5 Sahel à Nouakchott en Mauritanie le 2 juillet 2018.

Le président français Emmanuel Macron a martelé vendredi l'opposition complète de la France, engagée militairement au Sahel, à toute négociation avec les jihadistes, alors que ce sujet fait débat dans la région, notamment au Mali.

"Avec les terroristes, on ne discute pas. On combat", a-t-il lancé dans un entretien avec l'hebdomadaire Jeune Afrique.

"Il faut s'inscrire dans la feuille de route claire que sont les accords d'Alger", a souligné Emmanuel Macron en référence à l'accord de de paix conclu en 2015 entre le pouvoir central malien, les groupes armés pro-Bamako et l'ex-rébellion à dominante touareg du nord du Mali.

"Ceux-ci prévoient un dialogue avec différents groupes politiques et autonomistes. Mais cela ne veut pas dire qu'il faut dialoguer avec des groupes terroristes, qui continuent à tuer des civils et des soldats, y compris nos soldats", a-t-il ajouté.

Cet accord ne concerne pas les groupes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ou à l'organisation Etat islamique (EI) qui poursuivent, voire intensifient leurs actions depuis cinq ans, faisant des centaines de morts.

Le Premier ministre malien de transition, Moctar Ouane, a toutefois souligné lors d'une visite du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, le 26 octobre à Bamako, que le "dialogue national inclusif", vaste concertation du pays tenue fin 2019, avait "très clairement indiqué la nécessité d'une offre de dialogue avec les groupes armés" jihadistes.

"Je constate simplement que les autorités de transition ont réitéré leur volonté de lutter avec efficacité contre le terrorisme", a préféré relever Emmanuel Macron.

Le président français a par ailleurs indiqué qu'il aurait, "dans les prochains mois des décisions à prendre pour faire évoluer Barkhane", la force française de plus de 5.000 hommes présente au Sahel. Une décision était jusqu'ici attendue d'ici la fin de l'année.

Près d'un an après l'envoi de 600 soldats supplémentaires au Sahel pour reprendre l'avantage face aux jihadistes, Paris est sur le point de réduire le nombre de militaires déployés, avaient indiqué début novembre des sources concordantes à l'AFP.

"J'ai besoin d'une réitération claire du souhait de nos partenaires de voir la France rester à leurs côtés", a souligné le chef de l'Etat, qui avait déjà demandé un tel engagement à ses homologues du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad) au sommet de Pau (sud-ouest de la France) en janvier.

Barkhane doit se "recentrer vraiment sur nos ennemis, l'EIGS et les groupes strictement terroristes", a souligné le chef de l'Etat en référence à l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) qui s'inscrit dans la nébuleuse de l'EI, et que Paris et ses alliés du G5 Sahel avaient déjà désigné comme cible principale au sommet de Pau.

Il n'a en revanche pas cité le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim, selon l'acronyme arabe) dirigé par le chef touareg malien Iyad Ag Ghaly, affilié à Al-Qaïda.

Il faut également "accélérer la montée en puissance des armées du G5 Sahel" et "internationaliser notre présence" en y associant d'autres pays européens, a-t-il rappelé.

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