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Nigeria

Les Nigérians font leurs comptes après le report de la présidentielle

Les partisans du Parti démocratique du peuple (PDP) assistent à un rassemblement de campagne à Lagos, au Nigéria, le 12 février 2019.

Les Nigérians étaient dimanche abasourdis, au lendemain de l'annonce surprise du report de la présidentielle, à quelques heures du scrutin. Le coût est estimé à plusieurs milliards de dollars par des économistes.

Les rues de Lagos, capitale économique de l'Afrique de l'Ouest aux 20 millions d'habitants, étaient vides, dimanche matin, après la déception et la colère provoquées par le report in extremis d'une semaine des scrutins présidentiel, législatifs et sénatoriaux.

Les deux principaux candidats à la présidentielle, le président sortant Muhammadu Buhari et son adversaire majeur dans l'opposition, Abubakar Atiku, avaient condamné ce report mais aussi appelé samedi leurs partisans au calme.

Dans un pays rongé par le chômage et l'extrême pauvreté, où chaque déplacement est un sacrifice financier pour beaucoup, des dizaines de milliers de personnes avaient quitté les villes où ils vivent, dans la perspective du scrutin, pour se rendre dans leur région d'origine où ils sont inscrits sur les listes électorales.

Sur les réseaux sociaux, des collectes étaient organisées pour aider les petits cuisiniers de rue, qui avaient prévu de vendre des denrées périssables dans les files d'attente des électeurs.

Une goutte d'eau pour venir en aide aux dizaines de millions de personnes qui vivent avec moins d'1,9 dollar par jour (seuil de l'extrême pauvreté), mais qui témoigne d'une entraide assez inhabituelle au Nigeria.

La plupart des entreprises, mais aussi le port de Lagos, point d'entrée dans ce pays de 190 millions d'habitants, première économie d'Afrique, avaient fermé dès vendredi pour permettre aux employés de pouvoir quitter les centres urbains avant le couvre-feu électoral, de samedi 08h00 à 18h00.

Les aéroports et les frontières terrestres avaient également été fermées.

"Le coût de ce report est inimaginable. L'économie était au ralenti vendredi, et complètement paralysée samedi", a écrit le directeur de la Chambre de Commerce de Lagos, Muda Yusuf, qui estime les pertes financières à 1,5 milliard de dollars.

Selon lui, le secteur maritime sera le plus affecté et ce report ne fera que ralentir un peu plus les circuits d'import/export, déjà très congestionnés en raison du manque d'infrastructures..

Mais "ce qui nous coûtera le plus cher, ce sera ce qui pèse sur notre réputation", note de son côté l'économiste nigérian Bismark Rewane. "La confiance des investisseurs a été érodée". Il estime que sur le long terme, et en comptant les coûts indirect, ce report pourrait peser environ 2 points du PIB, soit "9 à 10 milliards de dollars".

Plus de 84 millions de Nigérians étaient attendus dans les quelques 120.000 bureaux de vote samedi pour élire un nouveau chef d'Etat, ainsi que les 360 membres de la Chambre des représentants et les 109 du Sénat.

La commission électorale s'est réunie en urgence en fin de soirée vendredi, et a annoncé le report du scrutin au 23 février quelques heures avant l'ouverture des bureaux de vote.

"Pour pouvoir garantir la tenue d'élections libres, justes et crédibles, organiser le scrutin comme il était convenu n'est plus possible", a annoncé le président de la commission, Mahmood Yakubu, après avoir assuré il y a quelques jours que tout serait prêt pour le jour J.

Il a déclaré assumer la "totale responsabilité" du report, niant toute "interférence politique" et invoquant des problèmes de logistique "énormes" et une "mauvaise météo" qui a retardé l'acheminement par avion de matériel électoral à travers le pays.

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Lapidation d'une étudiante: fin du couvre-feu dans le Nord du Nigeria

Le Nigeria est divisé de manière presque égale entre un Nord majoritairement musulman et un Sud à majorité chrétienne.

Les autorités de l'Etat de Sokoto, dans le nord-ouest du Nigeria, ont levé vendredi un couvre-feu mis en place après des troubles provoqués par le meurtre d'une étudiante chrétienne accusée de blasphème.

La semaine dernière, des dizaines d'étudiants de l'école Shehu Shagari ont lapidé leur camarade chrétienne Deborah Samuel puis brûlé son corps après avoir lu un commentaire qu'elle avait posté sur les réseaux sociaux, considéré comme offensant à l'égard du prophète Mahomet. L'affaire a suscité l'indignation à travers le pays et de nombreux appels ont été lancés pour que les coupables soient traduits en justice. Dans la foulée, la police avait indiqué avoir arrêté deux suspects.

Le lendemain de leur arrestation, plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Sokoto pour exiger leur libération, détruisant des commerces et provoquant des affrontements avec les forces de l'ordre. Pour contenir les troubles, les autorités ont ensuite imposé un couvre-feu total dans la ville.

"Le gouverneur de l'Etat de Sokoto, Aminu Waziri Tambuwal (...) a levé le couvre-feu imposé sur la métropole de Sokoto avec effet immédiat", a indiqué le commissaire régional de l'Information, Bajini Galadanci, dans un communiqué.

Le gouverneur exhorte la population à "respecter la loi" et à rester calme, insistant sur la "nécessité d'une coexistence pacifique entre les habitants de l'Etat", a affirmé M. Galadanci. Selon le communiqué, le gouverneur a également interdit tout rassemblement public à travers l'Etat pour maintenir la paix.

Lundi, les deux suspects ont été traduits en justice à Sokoto où ils ont plaidé non coupable de meurtre, ont affirmé des sources judiciaires locales. Le juge a ordonné qu'ils soient placés en détention provisoire dans l'attente d'une décision sur leur demande de libération sous caution, ont ajouté ces sources.

Le Nigeria, géant de 215 millions d'habitants divisé de manière presque égale entre un Nord majoritairement musulman et un Sud à majorité chrétienne, est l'un des pays les plus religieux au monde. Dans l'islam, le blasphème, en particulier contre le prophète, est passible de la peine de mort selon la charia, instaurée en 2000 dans 12 Etats du nord nigérian.

Soupçonné de malversations, le contrôleur des finances du Nigeria suspendu

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Etudiants enlevés et tués au Nigeria: deux suspects arrêtés un an après

Des policiers sont vus en train de contrôler des véhicules à la Haute Cour fédérale d'Abuja, au Nigeria, le 21 octobre 2021.

La police nigériane a annoncé avoir arrêté deux hommes soupçonnés d'être les responsables de l'enlèvement très médiatisé d'une vingtaine d'étudiants en avril 2021 dans le nord-ouest du Nigeria, et du meurtre de cinq d'entre eux.

"Ils ont tous deux avoué l'enlèvement des étudiants de l'université de Greenfield, dans l'Etat de Kaduna, et le meurtre de cinq étudiants avant le paiement d'une rançon et la libération des autres étudiants", a déclaré le porte-parole de la police Olumuyiwa Adejobi dans un communiqué mercredi soir.

Les deux suspects, Aminu Lawal dit "Kano" et Murtala Dawu dit "Mugala", impliqués dans plusieurs cas d'enlèvements, vont être traduits en justice au terme de l'enquête, a ajouté M. Adejobi, qui n'a pas précisé quand, où, ni comment ils ont été arrêtés.

En avril 2021, des hommes armés avaient pris d'assaut l'université de Greenfield à Kaduna, enlevé une vingtaine d'étudiants et tué un employé.

Quelques jours après l'attaque, les ravisseurs avaient exécutés cinq otages pour forcer les familles et les autorités à payer une rançon, obtenue par la suite.

Les 14 étudiants restants avaient ensuite été relâchés après 40 jours de captivité.

Des bandes criminelles lourdement armées, les "bandits", multiplient les attaques dans le nord-ouest et le centre du Nigeria, pillant, enlevant et tuant de nombreux villageois.

L'année dernière, les "bandits" ont particulièrement visé les écoles et universités pour enlever en masse des étudiants afin d'obtenir des rançons de leurs parents et des autorités.

En tout, environ 1.500 élèves ont été enlevés en 2021 par des hommes armés, selon l'Unicef. Si la plupart des jeunes otages ont été depuis libérés contre rançon, certains restent toujours en captivité dans des forêts, repaires des groupes armés.

Outre la lutte contre le banditisme, l'armée nigériane est déployée sur de multiples fronts, notamment dans le nord-est en proie à une insurrection jihadiste depuis plus de 10 ans, et dans le sud-est, où persistent des tensions séparatistes.

Le contrôleur général des finances du Nigeria arrêté pour détournement présumé

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Le contrôleur des finances arrêté pour détournement présumé au Nigeria

Le président Muhammadu Buhari inaugure le nouvel immeuble de l'Agence de lutte contre la corruption et les crimes financiers (EFCC) à Abuja, 15 mai 2018. (Twitter/EFCC Nigeria)

Le contrôleur général des finances publiques du Nigeria a été arrêté pour son implication présumée dans une affaire de détournement de fonds publics d'environ 80 milliards de nairas (184 millions d'euros), a annoncé l'agence anti-corruption.

Convoqué à plusieurs reprises, Ahmed Idris, responsable administratif du Trésor public nigérian depuis 2015, a été arrêté lundi, a précisé la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) dans un communiqué publié lundi soir.

Il doit répondre des accusations de fraude et de blanchiment d'argent.

Selon l'EFCC, M. Idris "a soutiré des fonds par le biais de fausses sociétés de conseil et d'autres activités illégales en utilisant des mandataires, des membres de sa famille et des associés proches".

Ces fonds, selon la Commission, ont ensuite été investis par M. Idris dans des biens immobiliers à Abuja, la capitale, et dans son Etat natal de Kano, dans le nord du Nigeria. Ahmed Idris n'a pas commenté ces accusations.

Le président Muhammadu Buhari, ancien général de l'armée, a été élu en 2015 sur la promesse de lutter contre la corruption endémique dans le pays, premier producteur de pétrole du continent.

Sous sa direction, l'EFCC a obtenu une série de condamnations très médiatisées, notamment de ministres, de gouverneurs d'Etat, de hauts fonctionnaires et de personnalités politiques de premier plan.

L'année dernière, la Commission a ainsi déclaré avoir récupéré près de 750 millions de dollars (714 millions d'euros).

Mais ses détracteurs accusent l'EFCC, créée en 2003, de mener une chasse aux sorcières contre les opposants du président.

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