Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Tunisie

Le président Béji Caïd Essebsi meurt à l'âge de 92 ans

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi à Monastir en Tunisie le 6 avril 2019.

Béji Caïd Essebsi, premier président élu démocratiquement au suffrage universel en Tunisie, est décédé jeudi à l'âge de 92 ans, ouvrant une période d'incertitude politique pour la fragile démocratie tunisienne, à quelques mois d'échéances électorales majeures.

La télévision nationale a arrêté ses programmes pour diffuser des versets du Coran, avant d'annoncer le décès du président à 10H25 (09H25 GMT).

Elu fin 2014, trois ans après la chute de Zine el Abidine ben Ali, Essebsi est mort à quelques mois de la fin de son mandat présidentiel.

"Que Dieu préserve la Tunisie", a écrit sur sa page Facebook son fils Hafedh Caïd Essebsi, également chef de file du parti présidentiel Nidaa Tounes, confirmant le décès de son père.

Il avait auparavant annoncé à l'AFP que son père avait été admis en soins intensifs à l'hôpital militaire de Tunis, près d'un mois après une précédente hospitalisation due à un grave malaise.

Son décès intervient le jour où la Tunisie célèbre la proclamation de la République en 1957, habituellement marqué par un discours du chef de l'Etat.

"Nous pleurons avec le peuple tunisien le regretté président Essebsi", a réagi la chancelière allemande Angela Merkel. "C'était un acteur courageux sur le chemin de la démocratie. Cette figure importante de l'intégration mérite un hommage honorable".

"Il faut que toute la classe politique assume sa responsabilité" durant cette période délicate, ont réagi des représentants de la société civile qui ont décidé d'annuler leur conférence de presse sur les blocages institutionnels à la suite du décès du président.

Après le décès d'Essebsi et en vertu de la Constitution, l'intérim revient au président du Parlement Mohammed Ennaceur, 85 ans, qui peut diriger le pays durant 45 à 90 jours.

Au delà de cette période, un nouveau chef de l'Etat doit arriver au pouvoir, ce qui impliquerait l'organisation d'une élection présidentielle anticipée fin octobre.

Le calendrier actuel prévoit des législatives le 6 octobre, suivies d'une présidentielle le 17 novembre.

Mais la constatation de la vacance du pouvoir passe par l'intervention de la Cour constitutionnelle, or huit ans après la révolution, la Tunisie n'est toujours pas dotée de cette institution cruciale car les partis au pouvoir ont maintes fois repoussé sa mise en place par calcul politique.

- Démocratie fragile -

Béji Caïd Essebsi, vétéran de la politique qui était le plus vieux chef d'Etat au monde en exercice après la reine Elizabeth II d'Angleterre, a servi aussi bien sous Habib Bourguiba, premier président de la Tunisie, que sous Ben Ali, avant d'accéder lui-même à la présidence avec la mission paradoxale de consolider la jeune démocratie.

Pionnière des Printemps arabes de 2011, la Tunisie a poursuivi sur la voie de la démocratisation ces huit dernières années, malgré les soubresauts politiques, la morosité économique et des attaques jihadistes.

Huit ans après la révolution, la Tunisie reste fragile au plan sécuritaire.

Le pays a été frappé par de sanglantes attaques jihadistes au cours des dernières années, dont les plus violentes, revendiquées par le groupe Etat islamique (EI), ont eu lieu en 2015.

En mars 2015, 21 touristes et un policier avaient été tués dans une attaque contre le musée national du Bardo à Tunis. En juin de la même année, 38 touristes, en majorité britanniques, avaient été abattus à la kalachnikov sur une plage de Sousse par un assaillant arrivé par la mer.

En novembre, une attaque suicide contre un bus transportant des gardes présidentiels avait fait 12 morts.

La Tunisie est également menacée par le chaos libyen à ses frontières.

Economiquement, le pays est toujours fragile. Malgré une reprise fragile de la croissance après des années de marasme, la Tunisie peine à répondre aux attentes sociales et à faire baisser un chômage de 15%.

Toutes les actualités

Le coronavirus favorise l'émergence de soirées culturelles 100% tunisiennes

Le coronavirus favorise l'émergence de soirées culturelles 100% tunisiennes
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:31 0:00

Des migrants tunisiens sont pris en charge par les secours à Lampedusa

Des migrants tunisiens sont pris en charge par les secours à Lampedusa
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:52 0:00

Les Tunisiens ont un nouveau Premier ministre, Hichem Mechichi

Le président tunisien Kais Saied (à dr.) nomme le ministre de l'intérieur Hichem Mechichi au poste de Premier ministre, au Palais de Carthage, à la périphérie est de la capitale Tunis, le 25 juillet 2020. (Photo: STRINGER / TUNISIAN PRESIDENCY / AFP)

Le ministre tunisien de l'Intérieur, Hichem Mechichi, a été désigné samedi soir par le président Kais Saied chef du futur gouvernement qui doit former d'ici un mois son équipe dans un contexte politique tendu.

"Après l'examen et la lecture de toutes les situations (dans le pays) je vous charge de former le gouvernement", a dit le président tunisien à l'adresse de M. Mechichi au palais de Carthage, dans une vidéo publiée sur la page officielle de la présidence de la République.

Juriste de formation, Hichem Mechichi, 46 ans, n'a pas été proposé par les partis politiques au pouvoir.

Ministre de l'Intérieur dans le gouvernement sortant d'Elyes Fakhfakh, il était le premier conseiller du président Saied, chargé des affaires juridiques.

Cet ancien chef de cabinet des ministères du Transport, des Affaires sociales et de la Santé aura un mois pour former son gouvernement.

Il devra ensuite obtenir la confiance du Parlement à la majorité absolue d'ici septembre. Faute de quoi, l'Assemblée sera dissoute et de nouvelles élections législatives auront lieu.

La Tunisie, où le dernier scrutin législatif s'est déroulé en octobre, aurait alors 90 jours pour organiser ce vote anticipé, soit avant fin 2020.

Dans une déclaration publiée par la présidence de la République M. Mechichi a estimé que son nouveau poste représente une "grande responsabilité et un grand défi surtout dans les circonstances actuelles de notre pays" promettant de "travailler pour former un gouvernement qui répondra à toutes les attentes des Tunisiens".

Sa désignation intervient le jour où la Tunisie fête le 63e anniversaire de la République, un jour qui marque l'abolition du régime monarchique et la proclamation de la République en 1957.

Ce jour commémore aussi le premier anniversaire de décès de Béji Caid Essebsi, premier président tunisien élu au suffrage universel en 2014, mort à quelques mois de la fin de son mandat à l'âge de 92 ans.

"Blocage des travaux"

M. Mechichi succèdera à Elyes Fakhfakh qui, fragilisé par une affaire de conflit d'intérêt, a démissionné sous la pression du parti d'inspiration islamiste Ennahdha, qui avait déposé une motion de défiance contre lui.

Le nouveau Premier ministre a la difficile tâche de rassembler une majorité au sein d'un Parlement profondément fragmenté.

Elue en octobre, l'Assemblée des représentants du peuple (ARP) est composée d'une myriade de partis, dont certains sont à couteaux tirés. C'est le cas notamment du Parti destourien libre (PDL) de l'anti-islamiste Abir Moussi (16 députés sur 217) et du parti Ennahdha, la première force au parlement (54 députés).

Durant les deux dernières semaines, des plénières n'ont pas été tenues en raison des échanges violents entre notamment ces deux blocs, et un sit-in du PDL réclamant le départ du président du parlement Rached Ghannouchi, également chef d'Ennahdha.

Ce dernier fait l'objet d'une motion de retrait de confiance qui sera examinée lors d'une plénière le 30 juillet.

Lundi, le président Saied a mis en garde contre un état de "chaos" au sein du Parlement et un "blocage des travaux d'une institution constitutionnelle".

Dans un communiqué publié vendredi, la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l'Homme a estimé que les gouvernements successifs n'avaient pas réussi à établir "une politique de développement capable de réduire le chômage, les déséquilibres régionaux, l'inflation financière et les déficits commerciaux".

La Tunisie, qui a pris avec succès des mesures drastiques pour circonscrire l'épidémie de coronavirus, est frappée de plein fouet par les retombées économiques et sociales de la fermeture des frontières.

Des milliers d'emplois sont sur la sellette alors que la population est déjà exaspérée par le manque de perspectives dans un pays où le taux de chômage officiel dépasse les 30% dans certaines régions et parmi les jeunes.

Ces dernières semaines, le sud du pays a enregistré des mouvements de protestation contre le chômage et une politique de marginalisation.

Économie avec Eric: le tourisme reprend en Tunisie

Économie avec Eric: le tourisme reprend en Tunisie
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:17 0:00

Déconfinement: Tunis accueille ses premiers touristes

Déconfinement: Tunis accueille ses premiers touristes
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:06 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG