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Appel à réformer les institutions pour tourner la page des dictatures en Tunisie

Les familles de victimes de la révolution tunisienne assistent à un procès au nom de leurs proches au palais de justice de la ville de Kasserine, au centre de la Tunisie, le 13 juillet 2018.

L'instance chargée de tirer les leçons des dictatures en Tunisie a appelé dans son rapport final publié mardi, à réformer les institutions marquées par la corruption et la répression, et demandé que le chef de l'Etat présente des excuses aux victimes.

Créée en 2014, dans le sillage de la chute de Ben Ali en 2011, l'Instance Vérité et Dignité (IVD) a achevé son mandat fin 2018, et pu finalement publier ses recommandations visant à asseoir le démocratisation de la Tunisie, seule rescapée du Printemps arabe.

Les principaux dirigeants tunisiens, chargés dans le cadre du processus de justice transitionnelle de faire appliquer ces recommandations, ont néanmoins rechigné à recevoir publiquement ce rapport, après s'être opposés aux travaux de l'IVD.

Dans son volumineux rapport, l'IVD appelle notamment à des réformes afin de "démanteler un système de corruption, de répression et de dictature" au sein des institutions de l'Etat, afin de s'assurer qu'il n'y ait "pas de reproduction des violations des droits humains".

Elle réclame ainsi un renforcement de l'indépendance des magistrats et des tribunaux administratifs, ou encore une protection légale pour les témoins et victimes dans les cas de corruption.

L'IVD appelle à une restructuration des forces de sécurité afin "d'introduire plus de transparence et de contrôle, et des pratiques respectueuses du droit", et de s'assurer que ces forces restent "loin de toute instrumentalisation politique".

Elle suggère la création d'une "instance de contrôle de la police indépendante" des forces de sécurité, et d'une agence de renseignement dépendant directement du président de la République, soumise à un contrôle parlementaire. Cela vise à prévenir les dérives des services sécuritaires et "leur implication dans la protection de systèmes corrompus et dans des violations graves".

L'IVD appelle le président de la République Béji Caïd Essebsi en tant que "symbole de l'Etat" à présenter des excuses à toutes les victimes ayant subi des violations commises par des représentants de l'Etat dans la période concernée, entre 1955 et 2013.

Cela couvre la présidence de Habib Bourguiba (1957-1987), de son successeur Zine el Abidine Ben Ali (1987-2011), mais aussi les troubles post-révolutionnaires.

L'IVD recommande des excuses sous forme d'un discours à l'adresse des victimes, et qu'un monument soit érigé sur un lieu qui serait baptisée "place des excuses".

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Nouvelle série de pourparlers libyens en Tunisie sous l'égide de l'ONU

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Nouvelle série de pourparlers libyens en Tunisie sous l'égide de l'ONU

L'envoyée intérimaire de l'ONU en Libye, Stephanie Williams, lors de l'ouverture du Forum de dialogue politique libyen organisé à Gammarth à la périphérie de la capitale tunisienne, en présence du président tunisien Kais Saied, le 9 novembre 2020.

Soixante quinze représentants libyens ont entamé des pourparlers politiques près de Tunis lundi, sous l'égide de l'ONU qui s'est dite "optimiste" d'aboutir à un accord sur un gouvernement unifié et l'organisation d'élections dans le pays en conflit.

Les pourparlers réunissent à Gammarth, au nord-est de Tunis, 75 Libyens de tous les bords sélectionnés par l'ONU, y compris parmi les principaux camps rivaux. Objectif: sortir leur pays du chaos dans lequel il a sombré après la chute du régime de Mouammar Kadhafi, tué par des rebelles en 2011.

La Libye est aujourd'hui déchirée entre deux autorités rivales: le Gouvernement d'union nationale (GNA) dans l'Ouest, basé à Tripoli et reconnu par l'ONU, et un pouvoir incarné par Khalifa Haftar, homme fort de l'Est soutenu par une partie du Parlement élu et son président, Aguila Saleh.

"C'est un moment historique (...). Un rendez-vous avec l'Histoire", a déclaré le président tunisien Kais Saied à l'ouverture des pourparlers. Le consensus est réalisable "si les forces étrangères s'abstiennent de toute ingérence" en Libye.

Pour M. Saied, "ceux qui seront impliqués dans la phase de transition doivent s’engager à ne pas se présenter" aux élections générales, à "rédiger une Constitution provisoire" et à "fixer les dates des prochaines élections".

Depuis septembre, les deux camps rivaux, encouragés par l'ONU, sont retournés à la table des négociations avec des réunions thématiques au Maroc, en Egypte en Suisse et en Tunisie, pour tenter de mettre en place une feuille de route sur la transition dans le pays.

Ces séries de discussions ont été possibles après l'arrêt des combats entre les forces rivales en juin, après la mise en échec de l'offensive lancée par les pro-Haftar pour prendre le contrôle de Tripoli.

Le but des pourparlers de Tunisie est de choisir un conseil présidentiel de trois membres représentant la Cyrénaïque (Est), la Tripolitaine (Ouest) et le Fezzan (Sud) -les grandes régions libyennes-, et un chef de gouvernement chargé de former un cabinet unifié.

"Il y a là une occasion pour mettre fin au conflit tragique" et "façonner l'avenir de la Libye", a dit dans un discours enregistré le patron de l'ONU Antonio Guterres, diffusé au début des pourparlers.

En octobre, les parties en conflit ont signé un accord de cessez-le-feu historique en Libye, ouvrant la voie à une reprise de la production pétrolière, économiquement vitale, et à des progrès dans les négociations politiques.

"Les élections doivent être l'objectif ultime ici", a martelé dimanche la cheffe par intérim de la Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul), Stephanie Williams, présente aux négociations de Gammarth.

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