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Tunisie

Des Tunisiennes manifestent contre le harcèlement sexuel devant le Parlement

Des Tunisiennes manifestent pour exiger une modification de la loi religieuse concernant l'héritage, à Tunis, le 10 mars 2018.

Quelques dizaines de Tunisiennes ont manifesté mercredi en marge de la première session du nouveau Parlement pour protester contre la présence d'un député accusé, images à l'appui, de harcèlement sexuel, une affaire ayant déclenché un déferlement inédit de témoignages sur les réseaux sociaux.

"Le harceleur ne légifère pas", ont scandé les manifestantes devant le palais du Bardo à Tunis, où les 217 nouveaux députés élus lors des législatives du 6 octobre s'apprêtaient à prêter serment, ce qui leur confère une immunité parlementaire pour les cinq ans à venir.

Parmi eux, le député Zouheir Makhlouf, que des images prises le 11 octobre ont montré, semble-t-il, en train de se masturber devant un lycée.

La diffusion virale de ces images a déclenché une vague inédite de témoignages de victimes de harcèlement et d'agressions sexuelles sur les réseaux sociaux, avec le hashtag #EnaZeda, "moi aussi", en référence au mouvement #Metoo qui avait libéré la parole de femmes victimes de harcèlement ou d'agressions sexuelles après l'affaire Harvey Weinstein en 2017 aux Etats-Unis.

M. Makhlouf, fraîchement élu à Nabeul (est) sous l'étiquette du parti Qalb Tounes de l'homme d'affaires controversé Nabil Karoui, a été déféré le 14 octobre devant le parquet de cette ville côtière à 60 km de Tunis.

Visé par une enquête pour "harcèlement sexuel et outrage à la pudeur", il a assuré qu'il était simplement en train d'uriner, en raison d'un diabète. Il est ressorti libre et siégeait à l'ouverture de la mandature 2019-2024, manifestement à l'écart des autres députés, a constaté un journaliste de l'AFP.

"L'immunité c'est pour tes missions parlementaires, pas pour tes désirs sexuels", était-il écrit sur une pancarte, tandis que des manifestantes brandissaient des portraits de M. Makhlouf.

L'article 68 de la constitution tunisienne prévoit qu'aucun député ne peut être poursuivi, "arrêté ni jugé en raison d'opinions (...) ou d'actes accomplis en rapport avec ses fonctions parlementaires", une immunité ne couvrant pas en théorie les crimes sexuels ou commis en dehors de ses fonctions.

Mais "la jurisprudence tunisienne fait que (le député) acquiert une immunité qui concerne tous les actes, y compris ceux commis avant l'exercice de ses fonctions", a déploré la juriste Nour Jihène, présente parmi les manifestantes réunies à l'appel d'associations ayant recueilli les témoignages d'#EnaZeda.

Elles ont réclamé une meilleure application de la loi qui, depuis juillet 2017, punit les agressions sexuelles et le harcèlement sexuel dans les lieux publics. Ce crime est passible d'un an de prison et de 3.000 dinars (environ 950 euros) d'amende.

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Le Premier ministre tunisien en brève visite en Algérie

Youssef Chahed , le Premier ministre, s'exprime devant le Parlement tunisien, à Tunis, le 21 novembre 2017.

Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed a été reçu jeudi à Alger par le président par intérim Abdelkader Bensalah, à qui il a remis une lettre du chef de l'Etat tunisien Kais Saied en vue d'une prochaine visite de celui-ci en Algérie.

Le président Saied "se rendra en Algérie dans les prochaines semaines", a déclaré M. Chahed à la télévision nationale algérienne, à la sortie d'une entrevue avec le président Bensalah, à laquelle assistaient aussi le Premier ministre algérien Noureddine Bedoui et le chef de la diplomatie algérienne Sabri Boukadoum.

"Le président tunisien insiste sur l'importante des relations tuniso-algériennes" qui sont "stratégiques" et "historiques", a-t-il ajouté.

"Il est impératif de poursuivre la coopération bilatérale et faire face aux défis communs auxquels font face la Tunisie et l'Algérie", notamment "sécuritaires".

"Il y a une coordination quasi-quotidienne entre nos forces de sécurité et celles de l'Algérie", a poursuivi M. Chahed, faisant le voeu de dynamiser les relations dans les domaines économique et culturel.

Les dirigeants algériens n'ont pas fait de déclarations.

La Tunisie a été confrontée après sa révolution en 2011 à un essor de la mouvance jihadiste, responsable d'assassinats et d'attentats. Même si la situation sécuritaire s'est nettement améliorée, le pays reste sous état d'urgence depuis un attentat suicide à Tunis en novembre 2015.

L'Algérie a de son côté connu une décennie de sanglante guerre civile (1992-2002) opposant l'armée à une guérilla islamiste qui a fait officiellement 200.000 dont de très nombreux civils.

- 1.000 km de frontière -

L'ambassadeur de Tunisie à Alger, Abdelmajid Ferchichi, avait indiqué dans la matinée à l'AFP que M. Chahed devait "remettre une lettre" du président Saied à M. Bensalah, et quitter Alger "en début d'après-midi".

"Il n'y a aucun autre programme prévu", avait précisé l'ambassadeur, ajoutant ne pas être "au courant du contenu de cette lettre".

Universitaire novice dans l'exercice du pouvoir, Kais Saied a été élu président le 14 octobre, succédant à Béji Caïd Essebsi, décédé en juillet à 92 ans.

Elu en décembre 2014, M. Essebsi avait effectué sa première visite à l'étranger en Algérie, qui partage 1.000 km de frontière avec la Tunisie.

Le gouvernement de M. Chahed qui a terminé à la 5e place à la présidentielle (7,4% des voix) et dont le parti a été défait aux législatives de septembre, gère les affaires courantes en attendant la formation d'une nouvelle équipe.

Le parti d'inspiration islamiste Ennahda, qui a remporté 52 des 217 des sièges d'un Parlement morcelé, a entamé des négociations en vue de la formation d'un gouvernement.

L'Algérie est plongée dans une crise politique depuis la démission le 2 avril du président Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission, après 20 ans au pouvoir, par un mouvement inédit de contestation du régime.

M. Bensalah assure depuis l'intérim, bien au-delà du délai de trois mois prévu par la Constitution, après l'annulation, faute de candidats, d'une présidentielle prévue le 4 juillet. Un nouveau scrutin est prévu le 12 décembre, mais est massivement rejeté par la rue, qui réclame le démantèlement du régime au pouvoir depuis l'indépendance du pays en 1962.

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