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Tunisie

La liberté mais pas la dignité huit ans après la révolution tunisienne

Les familles de victimes de la révolution tunisienne assistent à un procès au nom de leurs proches au palais de justice de la ville de Kasserine, au centre de la Tunisie, le 13 juillet 2018.

"Depuis la révolution, on a la liberté, mais pas la dignité": Sofiene Jbeli, jeune informaticien au chômage, ne regrette pas le soulèvement qui mit fin à la dictature en Tunisie. Mais huit ans plus tard, l'amertume éteint progressivement l'espoir.

A Douar Hicher, dans la banlieue populaire de Tunis où réside Sofiene, des jeunes scouts, danseurs et humoristes en herbe préparent le spectacle marquant le huitième anniversaire de la révolution qui chassa Zine el Abidine Ben Ali du pouvoir le 14 janvier 2011.

Ils répètent dans la Maison des associations, l'un des quatre seuls lieux proposant des activités à la jeunesse de cette ville de 100.000 habitants.

Si la Tunisie est le seul pays à poursuivre sur la voie de la démocratisation politique après le Printemps arabe, le pouvoir économique reste encore concentré dans les mains d'une élite et les habitants des zones périphériques se sentent exclus et abandonnés.

"Si le système ne change pas en 2019 (avec les élections présidentielle et législatives, NDLR), tout cela n'aura servi à rien", lance Sofiène, qui a travaillé comme peintre ou vendeur de livres à la sauvette faute d'être embauché dans sa branche, l'informatique.

"La révolution a été faite avec trois slogans, +travail, dignité, liberté+, mais les deux premiers n'ont pas été réalisés", reconnaît la sociologue Olfa Lamloum, directrice de l'ONG International Alert en Tunisie qui travaille dans les zones les plus marginalisées du pays.

Quelques avancées ont été enregistrées, note-t-elle. L'introduction d'un quota obligatoire de jeunes de moins de 36 ans parmi les candidats aux municipales leur a ainsi "permis d'entrer en nombre dans les conseils municipaux" l'année dernière.

Mais, "rien n'a été fait pour améliorer la vie" quotidienne des jeunes dont la situation sociale a subi "une réelle dégradation", tempère Mme Lamloum.

- "Personne ne nous écoute" -

La reprise de la croissance ne bénéficie guère aux habitants des banlieues pauvres et des villes de l'intérieur. Le chômage y est deux à trois fois plus élevé que les 15,5% enregistrés nationalement, notamment chez les jeunes diplômés.

Au-delà des difficultés économiques, Sofiene pointe du doigt nombre d'humiliations et restrictions étouffant son quotidien: attitude méprisante de la police, rendez-vous médicaux impossibles à obtenir sans "bakchich", nécessité d'avoir une autorisation parentale pour voyager jusqu'à ses 35 ans, comme de nombreux jeunes considérés "à risque" depuis une série d'attentats en 2015.

Amnesty International a dénoncé ces restrictions de déplacement "arbitraires" et "abusives".

Sofiene déplore aussi que les transports en commun dont dépendent les banlieusards soient "tellement sales et anarchiques qu'on s'habille comme des clochards pour les prendre!"

"On a fait cette révolution pour devenir des citoyens, mais finalement je ne suis citoyen que dans la liberté d'expression", renchérit Hamza Dhifali, lycéen responsable d'un groupe de breakdance.

"Maintenant, nous pouvons parler et c'est très bien, mais personne ne nous écoute. A Douar Hicher, l'Etat n'est là que dans les commissariats", déplore-t-il.

Les sketches écrits par les jeunes de la Maison des associations de Douar Hicher parlent d'idéaux trahis, d'émigration clandestine, d'immolation.

- "Quitter le navire" -

La "révolution de la jeunesse" célébrée lundi a pourtant été lancée par de jeunes blogueurs et un marchand ambulant de 26 ans dont l'immolation avait déclenché les protestations.

Les hommes politiques assurent régulièrement soutenir cette jeunesse.

"Sur le papier, il y a des programmes d'aide, des microcrédits", explique Issam Elhali, 31 ans, qui a emprunté 7.000 dinars (2.000 euros) pour lancer une petite quincaillerie.

"Mais le taux d'intérêt est à 21%, je ne m'en sors pas: les dirigeants disent qu'il soutiennent les jeunes mais ils nous arnaquent. Il n'y a plus de futur pour nous", assène ce jeune père.

Pourtant, Issam fait lui aussi partie de la jeunesse engagée de Douar Hicher: il préside une association qui tente de préserver la propreté et l'environnement dans le quartier.

"Nous sommes parmi les rares ici qui ont encore de l'espoir, les autres se sentent abandonnés et attendent au café", explique-t-il.

"Mais nous sommes dans un bateau dont les deux capitaines sont en train de se disputer, en regardant le bateau sombrer", déplore-t-il. Une allusion aux luttes de pouvoir paralysantes entre le président, Béji Caïd Essebsi, et le Premier ministre Youssef Chahed. "Moi je veux sauver ma vie et quitter le navire".

Comme lui, la majorité des jeunes présents n'envisage d'avenir meilleur qu'à l'étranger.

"Je crois encore à l'éducation pour m'en sortir, que ce soit ici ou ailleurs", souligne Zeinab Rannen, 17 ans, qui vise un bac avec mention.

"Mais je voudrais surtout aller ailleurs pour avoir le respect la dignité que je n'aurai pas ici".

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Tunisie: polémique après une attaque contre un café ouvert durant le ramadan

Des habitants se rassemblent devant l'hôpital de Kasserine, près de la frontière algérienne, jeudi 17 juillet 2014, après deux attaques simultanées contre des postes par des militants, faisant au moins 14 morts. (Photo AP / Mouldi Kraeim)

Une attaque contre un café ouvert la journée pendant le ramadan fait polémique en Tunisie, notamment sur les réseaux sociaux où elle est qualifiée d'"extrémiste". "Bagarre de quartier" selon les autorités, ces violences restent inacceptables pour une ONG et le propriétaire de l'établissement.

Samedi à 18H30 (heure locale), ce café, un des rares à ouvrir la journée durant le mois de jeûne musulman de ramadan à Radès, dans la périphérie sud de Tunis, a été pris pour cible par un groupe de personnes qui ont endommagé et tenté d'incendier le commerce. Un des serveurs de l'établissement a été blessé selon son propriétaire.

Des images de l'incident ont été relayées sur les réseaux sociaux, où l'attaque a été qualifiée de "salafiste".

Le ministère de l'Intérieur a rapidement démenti cette version, assurant dans un communiqué qu'il s'agissait d'une bagarre de quartier entre deux groupes.

Le procureur du tribunal du gouvernorat de Ben Arous a de son côté indiqué que les personnes arrêtées à la suite de cet incident ne présentaient aucune conviction salafiste.

"Des centaines de personnes munies de couteaux et de sabres ont tenté de s'introduire à l'intérieur de mon café en versant de l'essence sur les rideaux", a indiqué lundi le propriétaire de l'établissement, Amine Kamoun.

Des assaillants ont reproché à son café d'être un "lieu de vénération de Satan", a-t-il ajouté: "c'était des clochards et des bandits, certains criaient +Allah Akbar+ (Dieu est le plus grand, ndlr), mais d'autres insultaient Dieu".

M. Amine, qui a ouvert son établissement au début du mois, a dénoncé des pressions pour changer sa version et présenter les faits comme une bagarre plutôt qu'une attaque.

Selon lui, un des serveurs, agressé par le groupe et poussé de la terrasse, est actuellement hospitalisé à Tunis.

Dans un communiqué, le bureau régional de la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l'Homme (LTDH), a "dénoncé la violence quelle que soit ses origines et son contexte" appelant l'Etat à "assumer ses responsabilités pour garantir et protéger les libertés publiques et individuelles".

Si aucune loi n'interdit de manger ou boire en public en Tunisie durant le ramadan, cafés et restaurants ferment ou dissimulent leur vitrine pendant la journée.

Chaque année, des Tunisiens sont ciblés par des contrôles sécuritaires pour avoir mangé ou fumé au cours du jeûne, du lever au coucher du soleil, en vertu de textes flous sur l'outrage aux bonnes mœurs ou d'une circulaire remontant à plusieurs dizaines d'années, censée avoir été abrogée.

Avec AFP

Liberté provisoire pour l'expert de l'ONU arrêté pour "espionnage"

Des policiers assurent la sécurité des touristes à Sousse, Tunisie, 29 juin 2015.

L'expert de l'ONU Moncef Kartas, détenu depuis fin mars en Tunisie sur des accusations d'espionnage, a été remis mardi en liberté provisoire, a-t-on appris de source judiciaire.

"La chambre d'accusation a décidé de la libération provisoire de Moncef Kartas", a déclaré à l'AFP le porte-parole du parquet, Sofiène Sliti, en insistant sur le fait qu'il restait "poursuivi par la justice tunisienne".

Interrogé sur le sujet, M. Sliti a par ailleurs affirmé que l'expert, pour lequel l'ONU réclamait la libération immédiate et l'abandon des poursuites, n'était pas sous le coup d'une interdiction de sortie de territoire.

"Nous sommes très encouragés par ce développement. Nous attendons avec impatience la confirmation de sa libération", a déclaré à la presse à New York un porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric.

"Nous recherchons actuellement des informations complémentaires auprès du gouvernement (tunisien), notamment en ce qui concerne l'état d'avancement des procédures judiciaires engagées contre M. Kartas", a-t-il ajouté.

Membre d'un groupe de spécialistes chargés par l'ONU d'enquêter sur les violations de l'embargo sur les armes imposé à la Libye, M. Kartas, un Germano-Tunisien, était en détention depuis fin mars sur des accusations d'espionnage.

Selon M. Sliti, il est poursuivi pour avoir "collecté des informations en relation avec le terrorisme de façon non officielle, ce qui constitue un crime dangereux".

Dans le cadre de cette enquête a été découvert du matériel servant à contrôler le trafic aérien civil et militaire, "dont l'utilisation nécessite des autorisations", avait précisé la même source.

Selon la défense de M. Kartas, l'un des principaux éléments à charge est un appareil "donnant accès aux données publiques concernant les vols d'avions civils et commerciaux", l'équivalent des informations diffusées par des sites comme FlightRadar.

Cet appareil, un RTL-SDR, soumis à une autorisation en Tunisie, lui servait "uniquement pour la surveillance du trafic aérien à destination de la Libye, afin d'identifier les vols susceptibles d'être liés à des violations de l'embargo sur les armes", avait expliqué son avocate, Sarah Zaafrani.

L'ONU, par la voix de son porte-parole, avait dénoncé la détention de cet expert, arguant de la validité de l'immunité diplomatique, contestée par Tunis.

Avec cette affaire, la Tunisie, candidate à un poste de membre non-permanent du Conseil de sécurité de l'ONU pour la période 2020-2021, "a un gros problème", avait estimé une source proche de ce dossier.

L'arrestation de M. Kartas est survenue au moment où les enquêteurs de l'ONU sont mobilisés sur la violation de l'embargo sur les armes en Libye, dont les cas se multiplient dans le cadre de l'offensive lancée le 4 avril par le maréchal Khalifa Haftar sur Tripoli.

L'homme fort de l'est libyen et son Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée cherchent à conquérir la capitale, siège du gouvernement d'union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale.

Claudia Cardinale de retour en tournage en Tunisie pour une ode au vivre ensemble

Jeanne Moreau et Claudia Cardinale à Paris, le 6 septembre 2012.

C'est avec un film franco-tunisien que Claudia Cardinale a commencé sa carrière. A 81 ans, l'actrice est de retour en Tunisie pour son cinquième film tourné dans son pays natal, une comédie dramatique sur le vivre ensemble méditerranéen.

"L'Ile du Pardon", en cours de tournage à Djerba, raconte l'histoire d'Andréa, "un écrivain tunisien sexagénaire d'origine sicilienne qui rentre disperser les cendres de sa mère" sur cette île du sud de la Tunisie où il a grandi, explique le réalisateur tunisien Ridha Béhi.

Par flashback, le personnage principal retrouve la Tunisie des années 50. Claudia Cardinale joue le rôle de la grand-mère d'Andréa, Agostina, "qui représente un peu la Tunisie du passé", explique le cinéaste.

"L'histoire se déroule exactement dans le milieu de mon enfance", se réjouit l'actrice, fille d'un pêcheur sicilien émigré en Tunisie, qui a grandi face à la mer, à la Goulette, melting pot populaire aux portes de Tunis.

De cette époque, elle se souvient "des gens simples de la mer qui, chaque jour, risquaient leurs vies pour nourrir la famille". "Il y avait aussi des communautés multiethniques: Arabes, Italiens, Maltais, Français et Juifs vivaient en harmonie", explique-t-elle.

Autour du comptoir en bois patiné du bistrot d'Agostina, son personnage, se retrouvent toutes les communautés.

Au delà de la nostalgie et de l'ambiance rétro, Ridha Béhi lance avec ce film un appel à réinventer la fraternité d'antan face aux divisions profondes qui agitent la Tunisie démocratique.

Andréa, hébergé dans un hôtel en ruines à l'image du pays qui connaît des difficultés économiques, est confronté au tumultueux passé familial, avec un oncle mafieux et un père converti sans son accord sur son lit de mort.

L'écrivain doit ainsi replonger dans l'époque de l'indépendance, vue comme le temps béni d'une cohabitation joyeuse "où les Maltais, les Juifs, les Espagnols, les Italiens et les Berbères vivaient ensemble avec bien sûr la communauté principale arabe musulmane", souligne M. Béhi.

En évoquant "ce passé là" par "clins d'oeil", le cinéaste veut aussi "parler d'aujourd'hui" et donc implicitement de la situation du monde arabe après les révolutions de 2011 et l'essor du jihadisme.

Le précédent long-métrage du réalisateur septuagénaire, Fleur d'Alep, était centré sur les dégâts provoqués par l'intégrisme. L'Ile du Pardon est aussi "un film d'actualité: on a tellement besoin d'accepter l'autre, son point de vue, ses croyances, sa religion", poursuit Ridha Béhi.

Cette production tuniso-libanaise, en tournage jusqu'au 25 mai, sera prête à sortir en salles au printemps 2020.

Le parti présidentiel divisé présente des listes concurrentes

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi et le président Jean-Claude Juncker de la Commission européenne, lors d’une conférence de presse conjointe, Tunis, 25 octobre2018. (Twitter/EC AV Services)

Le parti présidentiel Nidaa Tounes, décimé par des conflits internes, a présenté deux listes concurrentes pour des élections municipales partielles, a indiqué vendredi la commission électorale tunisienne, signe de la profondeur des divisions à six mois des élections.

En avril, le président tunisien Béji Caïd Essebsi a organisé un congrès visant à élire le dirigeant du comité central du parti qu'il a fondé en 2012.

Mais après plusieurs jours de pourparlers, Hafedh Caïd Essebsi, fils du président, a été élu à ce poste par une partie des congressistes, tandis que Sofiène Toubal, député et chef du bloc parlementaire du parti, a été élu à la tête d'un comité central rival.

Les deux factions de Nidaa Tounes ont présenté chacune une liste pour les élections municipales partielles organisées au Bardo, une des communes de la capitale, après la dissolution du conseil municipal.

Le conseil municipal du Bardo a été dissous le 23 avril suite à une démission collective de ses membres en désaccord avec la maire Zeineb Ben Hassine, proche du mouvement islamiste Ennahdha.

"Juridiquement il n'y a aucune possibilité que deux listes ayant le même nom et le même symbole, se présentent (aux élections), c'est interdit", a indiqué à l'AFP Hassna Ben Slimane, porte-parole de l'Instance supérieure indépendante des élections (Isie), la commission électorale tunisienne.

Elle a précisé que le service administratif chargé des partis politiques ne reconnaissant aucune des deux directions de Nidaa Tounes, l'Isie ne pouvait trancher ce différend.

"C'est un conflit judiciaire qui relève des compétences des tribunaux", a ajouté Mme Ben Slimane.

Ce différend révèle la profondeur des divisions à quelques mois des élections législatives du 6 octobre. La présidentielle est prévue le 17 novembre, et aucun des principaux partis du pays n'a encore annoncé de candidat.

Nidaa Tounès, vainqueur des élections de 2014 mais réduit depuis à la 3e place au Parlement, est de longue date l'objet de profondes luttes de pouvoir, notamment entre le fils du président et le Premier ministre Youssef Chahed. Evincé en septembre dernier du parti, ce dernier s'appuie désormais sur une formation rivale, Tahya Tounès.

Expert de l'ONU en détention : Tunis conteste son immunité

Stéphane Dujarric, Porte-parole du Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon

Tunis a de nouveau contesté jeudi l'immunité de l'expert de l'ONU Moncef Kartas, chargé d'enquêter sur les trafics d'armes vers la Libye et détenu depuis 50 jours en Tunisie où il est accusé d'espionnage.

M. Kartas, un Allemand ayant également la nationalité tunisienne, "ne dispose pas d'immunité, il est entré en Tunisie avec son passeport tunisien, et ne s'y trouvait pas dans le cadre de ses fonctions au sein de l'ONU", a assuré à l'AFP le porte-parole du parquet antiterroriste Sofiene Sliti.

L'ONU, qui martèle que M. Kartas était en mission, a demandé mercredi à Tunis "d'abandonner les accusations" d'espionnage portées contre son expert, arrêté à son arrivée à l'aéroport de Tunis le 26 mars.

Il "doit être libéré immédiatement", a affirmé le porte-parole du secrétaire général des Nations unies, Stéphane Dujarric.

Moncef Kartas est membre du comité des sanctions de l'ONU, chargé d'enquêter sur les livraisons d'armes menées en dépit de l'embargo visant la Libye, et ses activités dans ce cadre sont couvertes par la convention sur les privilèges et immunités des Nations unies.

M. Sliti, faisant valoir la "souveraineté" de la Tunisie, a précisé, sans plus de détails, que l'expert était poursuivi pour avoir "collecté des informations en relation avec le terrorisme de façon non officielle, ce qui constitue un crime dangereux".

Il a également fait état de la saisie, dans le cadre de l'enquête, de "matériel servant à vérifier l'aviation civile et militaire, dont l'utilisation nécessite des autorisations officielles".

Selon sa défense, l'un des principaux éléments à charge est un appareil "donnant accès aux données publiques concernant les vols d'avions civils et commerciaux", l'équivalent des informations diffusées par des sites comme FlightRadar.

Cet appareil, un RTL-SDR, soumis à une autorisation en Tunisie, lui servait "uniquement pour la surveillance du trafic aérien à destination de la Libye, afin d'identifier les vols susceptibles d'être liés à des violations de l'embargo sur les armes", avait expliqué son avocate, Sarah Zaafrani.

L'Allemagne "rejoint l'appel de l'ONU à libérer immédiatement le Germano-tunisien", a écrit jeudi sur Twitter le plus haut conseiller du gouvernement allemand sur le droit international, Christophe Eick.

"Le Dr Kartas est protégé par une immunité pour ses activités en tant que membre du panel d'experts de l'ONU sur la Libye", a-t-il souligné, ajoutant que "seul le secrétaire général de l'ONU peut lever l'immunité d'experts tels que le Dr Kartas".

Interrogé jeudi sur les propos du parquet antiterroriste tunisien, Stéphane Dujarric a répondu que la position de l'ONU n'avait pas changé et que les Nations unies continuaient de considérer que Moncef Kartas bénéficie d'une immunité et qu'il devait être en conséquence remis en liberté.

Son arrestation est survenue au moment où les enquêteurs de l'ONU sont mobilisés sur les violations des embargos sur les armes, qui se multiplient avec la reprise des combats depuis l'offensive lancée le 4 avril par le maréchal Khalifa Haftar. Cet homme fort de l'est libyen cherche à conquérir Tripoli, siège du gouvernement d'union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale.

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