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Tunisie

L'attentat de Tunis est un acte "isolé" et "artisanal" selon les autorités

Rassemblement de policiers et de pompiers sur le site d'un attentat suicide dans le centre de la capitale tunisienne, Tunis, le 29 octobre 2018.

L'attentat qui a fait 20 blessés sur la principale avenue de Tunis constitue une attaque "isolée" et "artisanale", ont souligné les autorités, qui cherchent encore à déterminer les motivations de son auteure, une diplômée issue d'un milieu modeste.

La capitale tunisienne a été frappée lundi par son premier attentat en près de trois ans. La kamikaze, âgée de 30 ans, a actionné une charge explosive contre des forces de police, faisant 20 blessés --aucun n'étant toutefois atteint grièvement--, selon un dernier bilan officiel.

La jeune femme, qui est décédée sur le coup, n'était "pas fichée et n'était pas connue pour ses antécédents ou ses appartenances religieuses", a déclaré mardi à l'AFP le ministre de l'Intérieur, Hichem Fourati, lors d'une visite sur le lieu de l'attaque, en plein coeur de la capitale.

"C'est un acte isolé, les services de sécurité sont sur le qui-vive, ils sont intervenus très rapidement", a-t-il ajouté, décrivant "une attaque artisanale".

Des sources policières avaient déjà estimé lundi soir que la kamikaze ne portait vraisemblablement pas de "ceinture d'explosifs" mais "plutôt une bombe artisanale".

Les enquêtes sur les attentats de 2015 et 2016, attaques qui ont fait des dizaines de morts, avaient à l'inverse fait apparaître une préparation en Libye voisine, où le groupe ultra-radical Etat islamique (EI), profitant du chaos, s'était implanté.

Vingt personnes, dont 15 policiers, ont été blessées dans l'attaque de lundi qui, pour l'heure, n'a pas été revendiquée.

"Valeurs de tolérance"

Au lendemain de ce premier attentat à frapper la capitale depuis 2015, la vie est revenue à la normale sur l'avenue Bourguiba et les cafés ont rouvert.

La présence policière a toutefois été renforcée sur cette artère déjà très surveillée habituellement, où se trouve notamment le ministère de l'Intérieur.

Les services municipaux ont nettoyé au karcher la zone où la jeune femme a déclenché sa charge explosive, tandis que touristes et travailleurs déambulaient sur l'avenue.

Les organisateurs des Journées cinématographiques de Carthage (JCC), l'un des principaux évènements culturels du pays, ont assuré dans un communiqué que le festival aurait lieu comme prévu dans quelques jours, "pour célébrer les valeurs de tolérance, d'ouverture et de vie".

Aucune arrestation n'a encore eu lieu dans le cadre de l'enquête, a de son côté affirmé le porte-parole du pôle antiterroriste, Sofiène Sliti.

Diplômée au chômage

La kamikaze, Mna Guebla, titulaire d'une licence en anglais des affaires, était originaire de Zorda, une localité isolée de la région de Mahdia (est).

Selon sa famille, la jeune femme, diplômée depuis trois ans, n'avait jamais trouvé d'emploi dans ce secteur, mais s'occupait parfois du cheptel, pour les aider.

Le chômage touche quasiment un tiers des jeunes diplômés en Tunisie, où l'économie reste verrouillée, huit ans après la révolution.

"Cela montre que les causes profondes derrière la radicalisation des jeunes sont toujours prégnantes", a affirmé à l'AFP le politologue Selim Kharrat.

"Il ne faudrait pas que cet attentat déclenche un nouveau tour de vis sécuritaire", a-t-il poursuivi, jugeant "inquiétants" les appels à appliquer plus strictement l'état d'urgence ou à voter une loi controversée sur la répression des atteintes aux membres des forces de sécurité.

Les forces de sécurité tunisiennes sont régulièrement visées par des groupes jihadistes armés opérant notamment dans les zones montagneuses à la frontière avec l'Algérie.

A ce jour, les autorités n'ont eu de cesse de prolonger l'état d'urgence, en vigueur depuis la série d'attentats meurtriers à Tunis et à Sousse en 2015.

La situation sécuritaire s'est néanmoins nettement améliorée depuis le printemps 2016 et, après avoir déserté le pays, les touristes sont revenus en masse ces deux dernières années, permettant une relance de ce secteur clé de l'économie.

Ultime rescapée du Printemps arabe de 2011, la Tunisie s'apprête à vivre des échéances électorales cruciales l'an prochain (présidentielle et législatives).

L'attentat de mardi est ainsi intervenu au moment où la vie politique tunisienne est déstabilisée par des luttes de pouvoir, notamment au sein du parti Nidaa Tounès, fondé par l'actuel président Béji Caïd Essebsi.

Cette attaque "nous rappelle que nous avons d'autres problèmes en Tunisie" que cette course au pouvoir, a réagi lundi le chef de l'Etat, 91 ans.

Avec AFP

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Nouvelle série de pourparlers libyens en Tunisie sous l'égide de l'ONU

L'envoyée intérimaire de l'ONU en Libye, Stephanie Williams, lors de l'ouverture du Forum de dialogue politique libyen organisé à Gammarth à la périphérie de la capitale tunisienne, en présence du président tunisien Kais Saied, le 9 novembre 2020.

Soixante quinze représentants libyens ont entamé des pourparlers politiques près de Tunis lundi, sous l'égide de l'ONU qui s'est dite "optimiste" d'aboutir à un accord sur un gouvernement unifié et l'organisation d'élections dans le pays en conflit.

Les pourparlers réunissent à Gammarth, au nord-est de Tunis, 75 Libyens de tous les bords sélectionnés par l'ONU, y compris parmi les principaux camps rivaux. Objectif: sortir leur pays du chaos dans lequel il a sombré après la chute du régime de Mouammar Kadhafi, tué par des rebelles en 2011.

La Libye est aujourd'hui déchirée entre deux autorités rivales: le Gouvernement d'union nationale (GNA) dans l'Ouest, basé à Tripoli et reconnu par l'ONU, et un pouvoir incarné par Khalifa Haftar, homme fort de l'Est soutenu par une partie du Parlement élu et son président, Aguila Saleh.

"C'est un moment historique (...). Un rendez-vous avec l'Histoire", a déclaré le président tunisien Kais Saied à l'ouverture des pourparlers. Le consensus est réalisable "si les forces étrangères s'abstiennent de toute ingérence" en Libye.

Pour M. Saied, "ceux qui seront impliqués dans la phase de transition doivent s’engager à ne pas se présenter" aux élections générales, à "rédiger une Constitution provisoire" et à "fixer les dates des prochaines élections".

Depuis septembre, les deux camps rivaux, encouragés par l'ONU, sont retournés à la table des négociations avec des réunions thématiques au Maroc, en Egypte en Suisse et en Tunisie, pour tenter de mettre en place une feuille de route sur la transition dans le pays.

Ces séries de discussions ont été possibles après l'arrêt des combats entre les forces rivales en juin, après la mise en échec de l'offensive lancée par les pro-Haftar pour prendre le contrôle de Tripoli.

Le but des pourparlers de Tunisie est de choisir un conseil présidentiel de trois membres représentant la Cyrénaïque (Est), la Tripolitaine (Ouest) et le Fezzan (Sud) -les grandes régions libyennes-, et un chef de gouvernement chargé de former un cabinet unifié.

"Il y a là une occasion pour mettre fin au conflit tragique" et "façonner l'avenir de la Libye", a dit dans un discours enregistré le patron de l'ONU Antonio Guterres, diffusé au début des pourparlers.

En octobre, les parties en conflit ont signé un accord de cessez-le-feu historique en Libye, ouvrant la voie à une reprise de la production pétrolière, économiquement vitale, et à des progrès dans les négociations politiques.

"Les élections doivent être l'objectif ultime ici", a martelé dimanche la cheffe par intérim de la Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul), Stephanie Williams, présente aux négociations de Gammarth.

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