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L'identification des restes continue 17 ans après le 11-Septembre

Des roses sont placées sur le monument commémoratif du 11 septembre lors de la cérémonie du 25e anniversaire pour commémorer les six victimes de l'attentat de 1993 contre le World Trade Center, à New York, le 26 février 2018.

Dix-sept ans après, plus de 1.100 victimes des attentats du World Trade Center n'ont toujours pas été identifiées. Mais dans un laboratoire de Manhattan, une équipe poursuit inlassablement le travail d'identification, aidée par le progrès technologique.

Chaque jour, sept jours sur sept, le protocole se répète des dizaines de fois.

Au départ, un fragment d'os, retrouvé après le 11-Septembre sur le site du World Trade Center, auquel, en 17 ans, il n'a pas été possible d'associer un ADN.

Découpé, réduit en poudre, ce reste humain est ensuite mélangé à deux produits chimiques capables d'exposer l'ADN puis de l'extraire. Voilà la théorie, mais dans la pratique, le succès de l'opération n'est pas garanti.

"L'os est l'élément biologique le plus difficile à travailler" pour remonter à l'ADN, explique Mark Desire, assistant du directeur de l'expertise médico-légale à l'Institut médico-légal de New York (OCME).

A cette complexité naturelle s'ajoutent les conditions auxquelles a été exposé ce fragment le 11 septembre 2001 et les jours suivants. Le feu, la moisissure, les bactéries, la lumière du soleil, le carburant des avions qui se sont écrasés sur les tours, "tout ça détruit l'ADN" selon Mark Desire.

Les quelque 22.000 restes humains trouvés sur le site depuis les attaques ont tous déjà été testés, certains 10 ou 15 fois. Mais un gros millier se refuse encore à parler.

A ce jour, 1.642 sur les 2.753 personnes mortes à New York ont été formellement identifiées, et 1.111 restent disparues.

Le laboratoire est parfois resté plusieurs années sans pouvoir ajouter de nom à la liste. Mais il n'est pas question de renoncer.

"Notre engagement est le même aujourd'hui qu'en 2001", assure Mark Desire. Il refuse de chiffrer l'investissement que représente le programme, mais il s'agit du laboratoire le mieux pourvu et le plus avancé d'Amérique du Nord.

"Pris par l'émotion"

En juillet dernier, près d'un an après la dernière identification, le laboratoire a ajouté un nom à la liste, celui de Scott Michael Johnson, un analyste financier de 26 ans qui travaillait au 89ème étage de la tour sud.

"Quand ils me l'ont dit", se souvient Veronica Cano, spécialiste médico-légale au sein de l'unité, "j'étais vraiment heureuse."

"Nous sommes formés à nous protéger", dit-elle, "mais cela nous affecte quand même, parce que c'est quelque chose qui touche tout le monde, d'une manière ou d'une autre."

Le laboratoire ne consacre qu'une partie de son temps au 11-Septembre et traite d'autres affaires de disparitions, mais l'événement occupe une place à part dans ces locaux situés à 2 km environ de ce qui s'appela, un temps, Ground Zero.

Des familles passent de temps en temps. "C'est difficile de ne pas être pris par l'émotion, avec les étreintes et les remerciements", reconnaît Veronica Cano.

Le rôle des proches est essentiel sur le plan technique, car seule une comparaison de l'ADN avec un échantillon fourni par les familles rend l'identification possible.

L'institut médico-légal possède environ 17.000 échantillons, mais aucun pour quelque 100 victimes, rendant pour elles l'opération vaine.

Une procédure très précise a été établie pour permettre aux proches de décider si et comment ils seront informés de l'identification de celui ou celle qu'ils ont perdu.

"Quand on vous l'annonce, cela vous renvoie à cette journée, à la manière horrible dont ils sont morts", explique Mary Fetchet, fondatrice de l'association Voices of September 11th, qui a perdu son fils de 24 ans, Brad, dans l'effondrement des tours.

"Mais cela vous apporte aussi du réconfort, parce que vous pouvez offrir un vrai enterrement à ceux que vous aimez", dit-elle.

Mark Desire est le seul membre de l'équipe de départ encore en fonction. "Cela a défini ma carrière", dit-il aujourd'hui.

Aucun signe de lassitude chez lui, et l'oeil s'allume même lorsqu'il évoque les nouveautés technologiques qu'il a déjà repérées, impatient de pouvoir les tester sur les restes.

En 2001, le responsable de l'institut médico-légal, Charles Hirsch, avait compris que le temps serait un allié dans cette quête d'identification, et ordonné la conservation de tous les restes.

Des équipes du monde entier, d'Argentine à l'Afrique du Sud, viennent aujourd'hui à New York pour apprendre de l'équipe, qui partage son savoir-faire sans réserves.

Quand Mark Desire reçoit des familles, "on leur parle de l'avenir, ce sur quoi nous travaillons aujourd'hui qui va permettre de faire d'autres identifications".

En 2001, ceux qui sont aujourd'hui les spécialistes de son laboratoire "étaient probablement à l'école primaire", dit-il dans un sourire. "Mais ils savent à quel point c'est important."

Avec AFP

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"J'ai attendu d'avoir faim": l'artiste qui a mangé une banane à 120.000 dollars fier de lui

L'artiste italien Maurizio Cattelan, le 20 février 2018. (Photo by Miguel MEDINA / AFP)

Avant de manger la banane qu'avait scotchée au mur l'artiste italien Maurizio Cattelan, une œuvre vendue 120.000 dollars à la foire d'art contemporain Art Basel de Miami, David Datuna a attendu quelques heures, histoire d'"avoir faim", a expliqué lundi en riant l'artiste, de retour à New York.

Né à Tbilissi et installé aux Etats-Unis depuis 22 ans, David Datuna s'est montré fier de ce geste qui a fait sensation après qu'il eut posté sur son compte Instagram une vidéo de lui savourant la fameuse banane.

Bien que cette "performance artistique" puisse lui valoir des ennuis judiciaires --même si la banane a été rapidement remplacée par une autre sur le mur de la galerie--, il s'est targué lundi, lors d'un point presse à New York, d'être "le premier artiste à manger l'art d'un autre artiste". Et a indiqué avoir reçu depuis "40 à 50.000 messages sur Instagram", presque tous encourageants.

S'il ne l'a jamais rencontré, il dit respecter le travail de Maurizio Cattelan, connu notamment pour ses toilettes en or 18 carats intitulées "America", dérobées en septembre dans un château anglais.

"C'est un génie", qui "se moque de tout", a confié M. Datuna, mais "j'aime aussi ce que j'ai fait".

"Je pense que les artistes sont là pour faire le bonheur des gens, pour leur faire plaisir. Et c'est ce que j'ai fait (...) Et puis, tout le monde attendait de voir, comment répondre à Maurizio (Cattelan)".

David Datuna reconnaît que la publicité que lui a valu sa performance à Miami ne lui fait pas de mal, même s'il affirme ne pas en avoir besoin: il a exposé à la National Portrait Gallery de Washington, a récemment ouvert un espace d'exposition dans le quartier new-yorkais de Long Island City, et n'en est pas à son premier "coup" artistique, notamment pour critiquer Donald Trump.

En juin 2017, après que le président américain eut annoncé le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat, il a écrit le nom TRUMP en lettres de glace sur une grande place new-yorkaise, pour souligner tant la fonte des glaces que le caractère éphémère de sa présidence.

Son prochain coup? Il a indiqué lundi préparer "une surprise" pour le Super Bowl, la grande finale annuelle du championnat de football américain, suivie par près de 100 millions de téléspectateurs, qui se déroulera le 2 février à Miami.

L'acte d'accusation pour destitution de Donald Trump approuvé par la commission judiciaire

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Le renvoi de Trump en procès pour destitution approuvé lors d'un vote préliminaire

Le chef de la commission judiciaire de la chambre des représentants Jerry Nadler

L'acte d'accusation de Donald Trump a été approuvé vendredi par une commission à majorité démocrate du Congrès, franchissant une étape décisive avant un vote historique sur le probable renvoi du président des Etats-Unis en procès pour destitution.

Deux mois et demi après l'explosion du "scandale ukrainien", la commission judiciaire de la Chambre des représentants a adopté, en suivant des lignes strictement partisanes, deux chefs d'inculpation retenus par les démocrates contre le milliardaire: "abus de pouvoir" et "entrave à la bonne marche du Congrès".

Il revient désormais à la Chambre de voter sur ce texte lors d'une séance plénière attendue mercredi, selon les médias.

Compte-tenu de la majorité démocrate dans cette enceinte, Donald Trump est quasi assuré d'être mis en accusation. Il devrait toutefois échapper à une destitution, le Sénat, chargé de le juger, étant contrôlé par les républicains qui font bloc autour de leur président.

Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, l'a d'ailleurs affirmé jeudi soir sur Fox News: "Il n'y a aucune chance que le président soit destitué".

Même s'il est acquitté, son renvoi en procès entachera le bilan de Donald Trump et ternira sa campagne de réélection, bien qu'il conserve un soutien massif auprès de sa base républicaine.

Avant lui, seuls deux présidents, Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998, ont vécu une telle épreuve. Mis en cause dans un scandale d'espionnage politique, dit du "Watergate", le républicain Richard Nixon avait démissionné en 1974 pour éviter cet "impeachment".

Avant de passer au vote, la commission judiciaire a débattu pendant une quinzaine d'heures. Ces discussions fleuves, émaillées de nombreuses escarmouches, ont exposé deux visions diamétralement opposées de la conduite de Donald Trump, qui reflètent les fractures de la société américaine face à ce président atypique.

- Antipodes -

Les ennuis du milliardaire ont commencé quand un mystérieux lanceur d'alerte s'est alarmé de la teneur d'un échange téléphonique entre le président américain et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.

Dans cet appel du 25 juillet, le magnat de l'immobilier priait son interlocuteur d'enquêter sur de possibles ingérences ukrainiennes dans l'élection de 2016 - reprenant à son compte une théorie en vue dans les milieux conspirationnistes.

Surtout, il lui demandait de "se pencher" sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020, et les affaires de son fils Hunter en Ukraine.

Or, une aide militaire cruciale pour Kiev, en conflit armé avec la Russie, avait été bloquée quelques jours avant cet appel, sans explication.

De ces faits incontestés, démocrates et républicains tirent des conclusions aux antipodes.

Pour les premiers, Donald Trump a commis un "abus de pouvoir" pour s'assurer un avantage dans l'élection de 2020, mettant en jeu l'intégrité du scrutin et la sécurité des Etats-Unis.

Les démocrates lui reprochent aussi d'avoir "entravé" le travail du Congrès en refusant de participer à leur enquête.

Jugeant la procédure "inconstitutionnelle", la Maison Blanche a en effet interdit à des conseillers du président de témoigner ou de fournir des documents réclamés par la Chambre.

- "Attaque" -

Donald Trump et ses partisans jurent de leur côté qu'il n'y a eu "aucune pression" exercée sur l'Ukraine et que les demandes d'enquête étaient légitimes pour lutter contre des soupçons de "corruption".

Selon eux, Hunter Biden a été employé par le groupe gazier ukrainien Burisma uniquement parce que son père était à l'époque vice-président des Etats-Unis.

Pour eux, la procédure de destitution est motivée par l'aversion des démocrates pour un président au style peu conventionnel, et par leur peur de perdre de nouveau contre lui en 2020.

Au cours des débats fleuves, les républicains se sont attachés à présenter la procédure comme une offensive visant aussi les électeurs de Donald Trump. "Il ne s'agit pas simplement d'une attaque contre la présidence, c'est une attaque contre nous tous", a tonné l'élu Matt Gaetz.

L'impact des débats sur l'opinion est incertain: selon la moyenne des sondages établie par le site FiveThirtyEight, 47,3% des Américains soutiennent une destitution de Donald Trump et 45,9% sont contre.

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