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"Pas de vacances de pouvoir" après l'hospitalisation d'Essebsi

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi à Tunis, 25 octobre2018. (Twitter/EC AV Services)

Il n'y a "pas de vacance" du pouvoir en Tunisie, a assuré vendredi un conseiller du président de la République Béji Caïd Essebsi hospitalisé après un malaise "grave" et dont l'état est "stationnaire".

Béji Caïd Essebsi, 92 ans, a été hospitalisé dans un état critique jeudi, le jour où un double attentat suicide revendiqué par l'organisation jihadiste Etat islamique (EI) a tué un policier à Tunis, faisant ressurgir le spectre de la violence.

"Nous avons un président, il n'y a pas de vacance constitutionnelle" du pouvoir, a affirmé Noureddine Ben Ticha, un des conseillers de M. Essebsi à la radio privée Express FM, sans autre détail.

Selon lui, l'état du président est "stationnaire".

Après l'annonce de sa mort par plusieurs médias, le Premier ministre Youssef Chahed a indiqué jeudi s'être rendu à son chevet, assurant qu'il était dans un état "stable". Il a appelé à ne pas diffuser "des informations fausses semant la confusion".

Une absence prolongée du président ouvrirait la voie à une période d'incertitude politique.

En vertu de la Constitution, il revient à la Cour constitutionnelle de constater la vacance du pouvoir et de confier l'intérim au président du Parlement Mohammed Ennaceur, 85 ans.

Mais huit ans après la révolution qui a mené à la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ali, la Tunisie n'a toujours pas de Cour constitutionnelle

En cas de vacance temporaire du pouvoir, celui ci pourrait être confié au Premier ministre Youssef Chahed.

Ces soubresauts interviennent dans un climat politique délétère à l'approche des élections présidentielle et législatives prévues en octobre et novembre.

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Nouvelle série de pourparlers libyens en Tunisie sous l'égide de l'ONU

L'envoyée intérimaire de l'ONU en Libye, Stephanie Williams, lors de l'ouverture du Forum de dialogue politique libyen organisé à Gammarth à la périphérie de la capitale tunisienne, en présence du président tunisien Kais Saied, le 9 novembre 2020.

Soixante quinze représentants libyens ont entamé des pourparlers politiques près de Tunis lundi, sous l'égide de l'ONU qui s'est dite "optimiste" d'aboutir à un accord sur un gouvernement unifié et l'organisation d'élections dans le pays en conflit.

Les pourparlers réunissent à Gammarth, au nord-est de Tunis, 75 Libyens de tous les bords sélectionnés par l'ONU, y compris parmi les principaux camps rivaux. Objectif: sortir leur pays du chaos dans lequel il a sombré après la chute du régime de Mouammar Kadhafi, tué par des rebelles en 2011.

La Libye est aujourd'hui déchirée entre deux autorités rivales: le Gouvernement d'union nationale (GNA) dans l'Ouest, basé à Tripoli et reconnu par l'ONU, et un pouvoir incarné par Khalifa Haftar, homme fort de l'Est soutenu par une partie du Parlement élu et son président, Aguila Saleh.

"C'est un moment historique (...). Un rendez-vous avec l'Histoire", a déclaré le président tunisien Kais Saied à l'ouverture des pourparlers. Le consensus est réalisable "si les forces étrangères s'abstiennent de toute ingérence" en Libye.

Pour M. Saied, "ceux qui seront impliqués dans la phase de transition doivent s’engager à ne pas se présenter" aux élections générales, à "rédiger une Constitution provisoire" et à "fixer les dates des prochaines élections".

Depuis septembre, les deux camps rivaux, encouragés par l'ONU, sont retournés à la table des négociations avec des réunions thématiques au Maroc, en Egypte en Suisse et en Tunisie, pour tenter de mettre en place une feuille de route sur la transition dans le pays.

Ces séries de discussions ont été possibles après l'arrêt des combats entre les forces rivales en juin, après la mise en échec de l'offensive lancée par les pro-Haftar pour prendre le contrôle de Tripoli.

Le but des pourparlers de Tunisie est de choisir un conseil présidentiel de trois membres représentant la Cyrénaïque (Est), la Tripolitaine (Ouest) et le Fezzan (Sud) -les grandes régions libyennes-, et un chef de gouvernement chargé de former un cabinet unifié.

"Il y a là une occasion pour mettre fin au conflit tragique" et "façonner l'avenir de la Libye", a dit dans un discours enregistré le patron de l'ONU Antonio Guterres, diffusé au début des pourparlers.

En octobre, les parties en conflit ont signé un accord de cessez-le-feu historique en Libye, ouvrant la voie à une reprise de la production pétrolière, économiquement vitale, et à des progrès dans les négociations politiques.

"Les élections doivent être l'objectif ultime ici", a martelé dimanche la cheffe par intérim de la Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul), Stephanie Williams, présente aux négociations de Gammarth.

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