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La Jordanie veut décrocher une place pour la Coupe du monde féminine 2019


La Jordanienne Tasneem Abu Alrab, au centre, au milieu de deux joueuses espagnoles lors du match d'ouverture de la Coupe du monde féminine à Amman, le 30 septembre 2016.

Pour y parvenir, les footballeuses jordaniennes doivent d'abord briller au championnat asiatique du 6 au 20 avril dans le royaume hachémite.

"Je joue au foot depuis que j'ai six ans. Au début ma mère s'y opposait, elle disait que c'était un sport de garçons, mais maintenant les choses ont changé", raconte Rouzbahan Fraij, 17 ans, la plus jeune de l'équipe.

"Nous prenons ce sport très au sérieux et nous nous mettons la pression car nous voulons participer à la Coupe du monde, c'est un rêve", affirme la jeune fille, encore essoufflée par l'effort fourni.

Mais elle reconnaît volontiers que le pari n'est pas encore gagné. "J'essaie de concilier mon amour pour le football et mes études au lycée. Malgré la fatigue, je me lève à 04H00 pour faire mes devoirs, car mon avenir est dans les études".

"Transformation des mentalités"

Huit équipes nationales participent au championnat d'Asie (Jordanie, Philippines, Chine, Thaïlande, Japon, Australie, Corée du nord et Vietnam) mais seules cinq se qualifieront à la prochaine Coupe du monde qui aura lieu en France l'année prochaine.

"Nous sommes parmi les premiers dans la région à avoir formé une équipe nationale féminine en 2005 parce que nous considérons que le football est un droit pour tous, notamment pour les femmes qui représentent la moitié de la société", affirme le secrétaire général de la Fédération jordanienne de football, Sizar Soubar.

Elles étaient une quinzaine de joueuses en 2005, elles sont aujourd'hui 611, inscrites les 16 clubs féminins du pays.

L'équipe nationale féminine de Jordanie est en tête du classement parmi les pays arabes, et à la 51e place mondiale, selon la Fifa. L'équipe masculine du royaume occupe elle la 117e place mondiale.

Depuis juin dernier, les joueuses s'entraînent en moyenne cinq fois par semaine.

La société connaît une "transformation des mentalités, et la barrière qui empêchait une femme ou une fille de jouer au football est depuis longtemps dépassée", assure Yanal Malkouche, le coordinateur presse de l'équipe.

Selon lui, "même les parents les plus réticents sont devenus les plus grands soutiens".

Et certaines des joueuses sont prêtes à aller très loin pour réaliser leur rêve de Coupe du monde.

"Prêtes" à triompher

Chahnaz Jebrine, 26 ans, était professeure d'éducation physique dans une école. Elle a démissionné pour se consacrer entièrement à la sélection nationale.

"J'ai le football dans le sang depuis que je suis petite. Je jouais dans la rue avec les enfants du quartier et maintenant je suis prête à représenter mon pays au championnat d'Asie avec une possibilité de décrocher une place pour la Coupe du monde. C'est un sentiment merveilleux, indescriptible", dit cette joueuse voilée, la voix remplie d'émotion.

L'entraîneur de l'équipe nationale, l'Américain Michael Dickey, se dit très impressionné par l'importance qu'accorde le royaume à sa sélection féminine.

Un terrain d'entraînement lui a été spécialement consacré dans la cité sportive d'Al-Hussein à Amman.

Selon M. Soubar, "la qualification au Mondial serait la consécration des efforts des joueuses pendant ces 13 dernières années".

Et si l'entraîneur semble optimiste pour la qualification de son équipe à la Coupe du monde 2019 en France, les joueuses le sont encore plus.

Stéphanie Al Naber, 30 ans, la capitaine de l'équipe, défend les couleurs de son pays depuis le début de l'aventure en 2005.

Pour elle, l'équipe a "fourni un grand effort (...) et est prête" à triompher au championnat d'Asie et se qualifier à la Coupe du monde.

"C'est notre rêve à toutes et nous voulons le réaliser".

Avec Afp

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