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La RDC normalise ses relations avec la Belgique et le Rwanda

Félix Tshisekedi devant le mémorial du génocide en marge d'une visite au Rwanda, le 25 mars 2019. (Twitter/Kigali memorial genocide)

Le nouveau président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a annoncé mardi la reprise de la coopération militaire avec la Belgique, après avoir confirmé le réchauffement des relations de son pays avec un autre partenaire important, le Rwanda.

M. Tshisekedi a reçu mardi deux représentants du ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders, après avoir reçu le chef des armées du Rwanda vendredi.

"Entre la République démocratique du Congo et le royaume de Belgique, l'heure est à la reprise bilatérale multisectorielle, singulièrement dans le domaine militaire", a indiqué la présidence congolaise dans un communiqué.

Dans son propre communiqué, la Belgique indique "qu'un échange d'ambassadeurs pourra intervenir prochainement".

M. Tshisekedi a reçu Renier Nijskens, envoyé spécial pour la région des Grands Lacs, et le général-major Philippe Boucké, adjoint du chef de l'état-major de la Défense.

L'objectif de cette mission consiste à "nouer des contacts avec les nouvelles autorités", "pour redynamiser nos relations bilatérales", selon Bruxelles.

Les relations entre la RDC et la Belgique, l'ancienne puissance coloniale du Congo, s'étaient fortement dégradées dans les deux dernières années du régime de Joseph Kabila, le prédécesseur de Félix Tshisekedi, avant les élections du 30 décembre dernier.

La RDC reprochait à la Belgique ses critiques sur la répression des manifestations demandant le départ de Kabila après la fin de son deuxième et dernier mandat constitutionnel en décembre 2016.

En avril 2017, Kinshasa avait annoncé la suspension de sa coopération militaire avec Bruxelles.

En janvier 2018, la RDC avait annoncé la fermeture de la Maison Schengen, sorte de consulat européen géré par Bruxelles, la fin des activités de l'agence belge de développement Enabel au Congo ainsi que la réduction de la fréquence des vols de Brussels Airlines entre les deux pays.

Bruxelles avait rappelé son ambassadeur et n'était plus représenté que par un chargé d'affaires à Kinshasa.

"Des engagements concrets ont été pris vers la réouverture du consulat général de Belgique à Lubumbashi et vers la relance de la coopération bilatérale par l'agence d'exécution Enabel", a précisé l'ambassade de Belgique dans son communiqué.

La Belgique s'est également montrée satisfaite de voir le Centre Européen des Visas (CEV), qui a pris le relais de la Maison Schengen, "fonctionner en pleine capacité".

Bruxelles "a salué" "la restauration des fréquences du vol Bruxelles-Kinshasa de Brussels SN Airlines".

Vendredi, le président Tshisekedi avait reçu le chef de l'armée rwandaise (RDF), le général Patrick Nyamvumba. Il s'était lui-même rendu fin mars à Kigali où il a visité le mémorial des victimes du génocide des Tutsis, une première pour un président congolais.

L'officier rwandais a salué les "efforts de l'armée congolaise et la coopération" entre les armées des deux pays. La présence de dizaine de groupes armés dans l'est de la RDC, à la frontière du Rwanda, a été la source de nombreuses tensions entre les deux voisins.

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Ebola: l'OMS évalue l'épidémie mercredi après le décès du premier cas à Goma

Le personnel médical de l'unité de traitement Ebola (ETU) à l'hôpital général de Bwera, dans l'ouest de l'Ouganda, à la frontière avec la RDC,le 12 décembre 2018.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) va de nouveau évaluer mercredi la portée de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo, après le décès du premier cas enregistré dans une métropole, Goma, deuxième ville du pays et carrefour des Grands Lacs.

Un peu plus d'un mois après les deux premiers cas enregistrés à l'étranger en Ouganda, l'OMS va de nouveau se demander s'il faut élever cette épidémie - qui a tué 1.668 personnes depuis l'été dernier - au rang d'"urgence de santé publique de portée internationale".

La situation doit être pour cela "grave, soudaine, inhabituelle ou inattendue", avec des "répercussions pour la santé publique au-delà des frontières nationales de l'État touché", ce qui "peut exiger une action internationale immédiate", selon les critères du Règlement sanitaire international.

La réponse avait été "non" le 14 juin.

Comme pour l'Ouganda, ce premier cas diagnostiqué à Goma, la plus grande ville touchée par l'actuelle épidémie avec un à deux millions d'habitants, semble bousculer la routine de la "riposte" face à une épidémie déclarée le 1er août 2018.

"Il est important d'évaluer le niveau de risque", a déclaré à la presse à Goma Ibrahima Socé Fall, directeur général adjoint de l'OMS.

"L'évaluation de l'OMS montre que le risque est élevé pour les provinces et les pays voisins, notamment l'Ouganda et le Rwanda", a ajouté le coordinateur de l'OMS sur place Michel Yao.

Goma est proche du Rwanda, qui a déconseillé à ses ressortissants de traverser la frontière.

La ville, bien connue des humanitaires et des Nations unies, dispose d'un aéroport connecté à Kinshasa, Entebbe-Kampala et Addis Abeba. Des bateaux partent vers la province voisine du Sud-Kivu.

- "Envoyé spécial" français -

En préambule à sa conférence de presse, l'OMS a confirmé le décès du patient diagnostiqué dimanche à Goma lors de son transfert à Butembo, l'un des principaux foyers de l'épidémie à 250 km à vol d'oiseau au nord.

Ce patient "était pratiquement en phase terminale donc c'était un transfert assez délicat", a relevé M. Yao de l'OMS.

Il est présenté par les autorités comme un pasteur d'une Eglise chrétienne qui avait présenté les premiers symptômes le mardi 9 juillet avant de voyager en bus vers de Butembo vers Goma le vendredi 12.

Originaire de Bukavu (Sud-Kivu), il est arrivé à Butembo début juillet. Là, il avait prêché dans sept églises où il avait touché des fidèles, y compris des malades, d'après le ministère de la Santé.

Le gouverneur de la province du Nord-Kivu Carly Nzanzu a demandé à la population de Goma de "suivre les conditions hygiéniques": "Si à Goma, on se comporte très bien, on accompagne l'équipe de la riposte, il y aura plus de peur que de mal".

L'épidémie était circonscrite jusqu'à présent dans la région de Beni-Butembo (environ 250 km à vol d'oiseau au nord de Goma), et très marginalement dans la province voisine de l'Ituri.

La France a annoncé, sous la pression des événements, qu'elle nommait un "envoyé spécial" pour Ebola en RDC. Il s'agit du professeur Yves Levy, spécialiste reconnu en immunologie, ancien PDG de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

La veille, le responsable des situations d'urgence de l'OMS Mike Ryan avait regretté l'absence de contribution financière française.

"Ce serait bien d'avoir davantage de personnels issus des pays francophones sur le terrain. Nous avons besoin d'expertise en français mais surtout nous allons avoir besoin de beaucoup d'argent, de centaines de millions de dollars pour apporter une vraie réponse et retomber à zéro (cas) cette année", a ajouté le ministre britannique du Développement international, Rory Stewart.

Avec AFP

Ebola : la peur s'installe dans les esprits

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La France nomme un "envoyé spécial" dédié à l'épidémie Ebola en RDC

Le personnel médical de l'Unité de traitement Ebola à l'Hôpital général de Bwera, à la frontière avec la RDC.

La France, critiquée pour son absence de réaction, a annoncé mardi la nomination d'un envoyé spécial sur Ebola, le Pr Yves Lévy, chargé "d'orienter" sa réponse face à l'épidémie en République démocratique du Congo qui vient de gagner l'est du pays.

Selon le ministère des Affaires étrangères, le Pr Lévy est un spécialiste reconnu en immunologie, ancien PDG de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), qui "exercera cette mission à titre bénévole".

"L'épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit actuellement dans l'est de la RDC est la plus grave jamais enregistrée dans le monde, après celle de 2014 en Afrique de l'Ouest" (qui avait fait 11.000 morts), a relevé un porte-parole lors d'un point de presse, s'inquiètant que "la réponse à l'épidémie (soit) aujourd'hui entravée par plusieurs facteurs dont la situation sécuritaire difficile".

"Face à cette situation très préoccupante, la France est déterminée à apporter une contribution renforcée aux efforts internationaux" a poursuivi le porte-parole rappelant que lors de sa visite à Kinshasa le 20 mai dernier, le ministre, Jean-Yves Le Drian, avait annoncé "la relance d'un partenariat bilatéral (...) dans lequel le secteur de la santé, et notamment la lutte contre l'épidémie Ebola, serait une priorité".

La France promet son soutien aux ONG déployées sur le terrain et son appui scientifique et de recherche, sans annoncer de budget dédié.

La confirmation mardi d'un cas d'Ebola à Goma, la grande ville de l'est de la RDC, constitue "un avertissement" a estimé l'Organisation mondiale de la santé (OMS) réunie lundi à Genève. Le patient, un pasteur, est décédé mardi.

Selon le responsable des situations d'urgence de l'OMS Mike Ryan "c'est un avertissement parce que chaque fois que la maladie se déplace, elle peut s'établir ailleurs", a-t-il déclaré à l'AFP.

L'épidémie, qui a fait 1.668 morts depuis qu'elle a été déclarée le 1er août, était circonscrite jusqu'à présent à la région de Beni-Butembo (environ 250 km à vol d'oiseau au nord de Goma) et très marginalement dans la province voisine de l'Ituri.

M. Ryan a regretté l'absence de contribution financière française notant que "l'OMS n'a reçu aucune contribution financière de la part du gouvernement".

Le ministre britannique du Développement international, Rory Stewart, dont le gouvernement a pris la tête de la mobilisation, a également appelé les pays francophones à redoubler d'efforts lors de cette réunion : "Ce serait bien que nous ayions davantage de personnels issus des pays francophones sur le terrain. Nous avons besoin d'expertise en français mais surtout nous allons avoir besoin de beaucoup d'argent, de centaines de millions de dollars pour apporter une vraie réponse et retomber à zéro (cas) cette année", a-t-il martelé.

Epidémie ebola : risques de contamination après le décès du pasteur

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Ebola à Goma : le patient est décédé lors de son transfert à Butembo

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