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Jason Greenblatt, émissaire de Trump pour le plan de paix israélo-palestinien, jette l'éponge

Jason Greenblatt, représentant spécial des États-Unis pour les négociations internationales, aux Nations unies le 22 mai 2019.

Il travaillait depuis deux ans et demi au plan de paix voulu par Donald Trump pour mettre fin au conflit israélo-palestinien: Jason Greenblatt, conseiller spécial du président américain, a fini par démissionner sans attendre la présentation, maintes fois reportée, de cette proposition controversée.

"Après près de trois ans dans mon administration, Jason Greenblatt va partir pour rejoindre le secteur privé", a déclaré le président des Etats-Unis sur Twitter. "Jason a été loyal et un grand ami et un magnifique avocat. Son dévouement à Israël et à la recherche de la paix entre Israël et les Palestiniens ne sera pas oubliés", a-t-il ajouté en remerciant son collaborateur.

Celui qui avait le titre officiel de "représentant spécial pour les négociations internationales" a précisé dans un communiqué que cela avait été "le privilège d'une vie" de travailler à la Maison Blanche. "Je suis vraiment reconnaissant d'avoir travaillé à tenter d'améliorer les vies de millions d'Israéliens, de Palestiniens et d'autres", a-t-il ensuite tweeté.

Après ce départ, Avi Berkowitz, un jeune assistant du président diplômé de la faculté de droit d'Harvard en 2016, devrait assumer davantage de responsabilités sur cette question, selon la Maison Blanche.

En duo avec Jared Kushner, gendre et conseiller du président américain, Jason Greenblatt avait la lourde tâche de proposer des pistes afin de mettre fin à des décennies de conflit, Donald Trump ayant dit vouloir parvenir à un accord là où tous ses prédécesseurs ont échoué.

Mais la présentation de leur plan, concocté depuis le printemps 2017 dans le plus grand secret et annoncé comme prêt depuis plusieurs mois, n'a cessé d'être reportée. Fin août, le conseiller avait annoncé qu'il ne serait pas dévoilé avant les élections législatives israéliennes du 17 septembre.

Il sera rendu public "au moment le plus opportun", s'est borné à dire jeudi un responsable américain.

- "Aveu définitif d'échec" -

Le volet économique a été présenté en juin: 50 milliards d'investissements internationaux dans les Territoires palestiniens et les pays arabes voisins sur dix ans. Mais les dirigeants palestiniens, qui refusent de discuter avec l'administration Trump depuis que le président américain a reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël et a coupé l'essentiel des aides bilatérales, ont rejeté par avance le plan américain qui semble devoir enterrer la solution à deux Etats jusqu'ici privilégiée par la communauté internationale.

Conseil juridique de l'homme d'affaires durant deux décennies au sein de la Trump Organization avant son élection à la Maison Blanche, Jason Greenblatt est réputé très proche d'Israël, tout comme Jared Kushner et le troisième artisan de la politique israélo-palestinienne de l'administration, l'ambassadeur américain auprès de l'Etat hébreu David Friedman.

"Je remercie Jason Greenblatt pour son travail dévoué en faveur de la sécurité et la paix et pour n'avoir jamais hésité à dire la vérité sur l'Etat d'Israël face à ses détracteurs", a réagi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

En revanche, les dirigeants palestiniens ont dit "bon débarras", selon les termes de l'une d'entre eux, Hanane Achraoui. "C'était un défenseur du gouvernement le plus extrémiste et intransigeant de l'histoire d'Israël", a-t-elle dit à l'AFP, estimant qu'il n'avait "jamais été considéré comme neutre par qui que ce soit".

Selon elle, sa démission est "l'aveu définitif d'échec" du plan de paix de Donald Trump "qui était condamné depuis le début".

Faute de dialogue direct, le conseiller présidentiel, moins discret que Jared Kushner, n'hésitait pas à interpeller sur Twitter les responsables palestiniens comme Hanane Achraoui lorsqu'ils mettaient en cause les Etats-Unis. Il ne perdait pas non plus une occasion de condamner le rôle du Hamas à Gaza.

Jason Greenblatt s'était aussi attiré les foudres de diplomates européens à l'ONU en juillet en fustigeant avec des mots très durs, devant le Conseil de sécurité, le "consensus international" sur les moyens de mettre fin au conflit israélo-palestinien.

"Une paix durable et globale ne sera pas décrétée par la loi internationale ou par ces résolutions verbeuses et peu claires", avait-il lancé, dans une nouvelle prise de distance flagrante des Etats-Unis avec les Nations unies.

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Washington sanctionne une société chinoise accusée de soutenir la censure au Venezuela

Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, montre lors d'une apparition télévisée des équipements saisis, Caracas, 4 mai 2020.

Les États-Unis ont annoncé lundi des sanctions contre une grande société publique chinoise spécialisée dans l'électronique, accusée d'aider le Venezuela à censurer les détracteurs du pouvoir sur internet.

Le Trésor américain va geler les éventuels avoirs aux États-Unis de la China National Electronics Import and Export Corporation (CEIEC) et de toute entreprise dont la compagnie d'État détiendrait au moins 50% du capital. Ces sanctions leur bloquent aussi l'accès au système financier américain.

Selon Washington, la CEIEC apporte son expertise à l'entreprise publique de télécommunications du Venezuela, qui a bloqué des médias indépendants ainsi que des retransmissions en streaming du chef de l'opposition Juan Guaido, reconnu comme président par intérim par le gouvernement américain et de nombreux autres pays européens et sud-américains.

La société chinoise offre, d'après le Trésor américain, une "version commerciale du +Great Firewall+ de Pékin" -- jeu de mots sur la Grande Muraille de Chine (Great Wall) et le pare-feu (firewall) pour décrire le filtre mis en place par le pouvoir communiste afin d'éviter tout accès des Chinois à des informations qu'il juge politiquement sensibles.

"Les États-Unis n'hésiteront pas à viser tous ceux qui étouffent la volonté démocratique des Vénézuéliens et d'autres à travers le monde", a prévenu le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin dans un communiqué.

La Chine est un des principaux soutiens et partenaires commerciaux du Venezuela du président Nicolas Maduro, qui résiste à la pression économique de Washington pour le chasser du pouvoir.

Caracas organise dimanche des élections législatives à l'occasion desquelles le dirigeant socialiste espère reprendre le contrôle de l'Assemblée nationale, seule institution contrôlée par l'opposition.

Juan Guaido appelle au boycott de ce qu'il considère, à l'instar de nombreux observateurs internationaux, comme un processus truqué.

Selon le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, la CEIEC "soutient les efforts vicieux du régime Maduro pour réprimer la contestation politique et saper les processus démocratiques depuis 2017".

"Les tentatives désespérées de Maduro pour manipuler les processus démocratiques montrent sans l'ombre d'un doute que toute élection organisée par un régime illégitime ne sera ni libre ni juste, à commencer par les élections parlementaires du 6 décembre", a-t-il affirmé dans un communiqué.

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Biden choisit Janet Yellen pour le Trésor

Conférence de presse de la présidente sortante de la Réserve fédérale américaine, Janet Yellen, à Washington, le 13 décembre 2017. (Reuters)

Le président américain élu Joe Biden a confirmé lundi qu'il allait nommer à la tête du Trésor Janet Yellen, ex-présidente de la Banque centrale.

Janet Yellen, dont la nomination doit encore être confirmée par le Sénat, devrait devenir la première femme à diriger le Trésor après avoir été la première femme à la tête de la Réserve fédérale (Fed).

M. Biden a également annoncé la nomination de Wally Adeyemo au poste de secrétaire adjoint du Trésor, qui est d'origine nigériane. M. Adeyemo a été directeur adjoint du Conseil économique national, conseiller à la sécurité nationale et chef de cabinet au Bureau de la protection financière des consommateurs.

"S'il est confirmé, M. Adeyemo serait le premier secrétaire adjoint au Trésor afro-américain", a en outre souligné M. Biden.

Le président élu démocrate a également nommé Neera Tanden comme directrice du Bureau de la gestion et du budget. C'est aussi une première pour une femme d'origine indienne à ce poste.

Parmi les autres nominations, à noter celle de Cecilia Rouse, qui doit prendre la tête du Conseil économique du président.

Là encore, une nomination inédite, relève M. Biden: "Elle deviendra la première Afro-Américaine et seulement la quatrième femme à diriger ce Conseil en 74 ans d'existence".

M. Biden sera également entouré de Jared Bernstein, un proche de longue date puisque celui-ci avait été son propre économiste en chef au cours des premières années de l'administration de l'ancien président Barack Obama. M. Bernstein sera membre du Conseil économique.

Heather Boushey, cofondatrice du Washington Center for Equitable Growth, qualifiée d'"économiste éminente" dont les travaux de recherches ont été centrés sur les inégalités économiques, sera également membre du Conseil.

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