Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

États-Unis

Incertitudes sur le témoignage au Sénat américain de l'accusatrice du juge Kavanaugh

Le président du Comité judiciaire du Sénat, Chuck Grassley, du R-Iowa, au Capitol Hill, Washington, 19 septembre 2018.

L'ultimatum imposé à la femme accusant d'agression sexuelle le juge Kavanaugh, candidat de Donald Trump à la Cour suprême, pour parvenir à un terrain d'entente avec les sénateurs en vue de son audition, arrive à expiration samedi.

Christine Blasey Ford a accepté de venir témoigner devant le Sénat américain. La commission judiciaire et son président, le républicain Chuck Grassley, veulent l'entendre, ainsi que Brett Kavanaugh, accusé par l'universitaire de 51 ans de l'avoir agressée lors d'une soirée arrosée entre adolescents au début des années 1980 dans la banlieue de Washington. Le magistrat nie vigoureusement et a également accepté d'être entendu.

Impossible pour l'instant pour Mme Blasey Ford et cette commission de tomber d'accord sur la date et les modalités de l'audition.

Alors les assistants du sénateur Grassley, selon le New York Times, ont envoyé un email aux avocats de Mme Blasey Ford, assurant qu'ils devaient "absolument" savoir avant 14H30 (18H30 GMT) samedi si leur cliente acceptait les conditions proposées pour entendre son témoignage.

Le bras de fer dure déjà depuis plusieurs jours. Vendredi, Chuck Grassley avait ainsi adressé un précédent ultimatum pour l'engager à témoigner mercredi, menaçant, si elle refusait, d'organiser un vote dès lundi sur la confirmation du juge, sans entendre son témoignage.

- "Je veux l'entendre" -

Christine Blasey Ford ne souhaite pas être entendue avant jeudi et veut pouvoir appeler un témoin qui était présent au moment de l'agression, qui se serait passée alors qu'elle avait 15 ans et Brett Kavanaugh 17.

A l'expiration du précédent délai vendredi, ses avocats ont qualifié la requête républicaine d'"arbitraire", dans une réaction diffusée par CNN.

M. Grassley avait finalement fait marche arrière, dans un tweet adressé directement à M. Kavanaugh peu avant minuit vendredi:

"Juge Kavanaugh, je viens d'accorder un nouveau délai au Dr Ford", a-t-il écrit. "Je veux l'entendre. J'espère que vous comprenez".

L'enjeu est immense: la nomination à vie de ce magistrat pourrait placer les juges progressistes ou modérés en minorité pour de longues années à la Cour suprême, arbitre des grandes questions qui divisent la société américaine, comme le droit à l'avortement. Et les républicains veulent une confirmation avant les élections législatives de début novembre, à l'issue desquelles ils pourraient perdre le contrôle du Congrès.

- #WhyIDidntReport -

Signe de l'intensification des échanges autour de cette confirmation, Donald Trump a attaqué frontalement Christine Blasey Ford vendredi, s'étonnant de son silence pendant plus de trente ans.

"Si les attaques avaient été aussi graves que ce que dit le Dr Ford, il y aurait eu une plainte d'elle ou de ses parents aimants", a tweeté le président Trump.

Cette mise en doute de la parole de cette victime a suscité un tollé, des milliers de personnes livrant depuis leur témoignages publiquement sur Twitter, expliquant pourquoi elles n'avaient pas porté plainte après une agression sexuelle, derrière le hashtag #WhyIDidntReport.

"Parce que j'avais 18 ans. J'étais effrayée. Je ne pensais pas qu'on pourrait me croire", a tweeté Gretchen Whitmer, candidate démocrate au poste de gouverneur dans le Michigan.

"Je connaissais mon assaillant. Je ne pouvais pas briser le coeur de mes parents. Je ne voulais pas être définie par l'acte violent criminel de quelqu'un".

Selon le ministère de la Justice, près de 325.000 personnes ont été victimes de viol ou d'agression sexuelle en 2016 mais seuls 22,9% des cas ont été rapportés à la police.

Le chef des sénateurs démocrates au Sénat, Chuck Schumer, a qualifié vendredi les propos de Donald Trump de "méprise choquante (d'une personne) survivant à un traumatisme".

"Nous devons traiter les survivants d'agression sexuelle avec respect, ne pas les intimider ni tenter de leur faire garder le silence", a tonné Dianne Feinstein, sénatrice démocrate de Californie, membre de la commission judiciaire.

Dans son témoignage publié initialement dans le Washington Post, Christine Blasey Ford avait expliqué que Brett Kavanaugh et un ami, "complètement ivres", l'avaient coincée dans une chambre, plaquée sur un lit et aurait cherché à la déshabiller, avant qu'elle ne parvienne à s'enfuir.

Le président Trump n'avait jusqu'ici pas critiqué nommément Mme Blasey Ford. La Maison Blanche avait concentré ses flèches sur les démocrates, les accusant d'instrumentaliser cette affaire.

Avec AFP

Toutes les actualités

Aux Etats-Unis, des jeunes sans-papiers marchent sur "leur" sol

Aux Etats-Unis, des jeunes sans-papiers marchent sur "leur" sol
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:01 0:00

Jimmy Carter hospitalisé après de récentes chutes

L'ancien président américain Jimmy Carter, lors d'un événement, le 3 novembre 2019.

L'ancien président américain Jimmy Carter a été hospitalisé lundi pour subir une intervention médicale à la tête après de récentes chutes, a annoncé la fondation qui porte son nom.

Jimmy Carter a été "admis au Emory University Hospital cet après-midi pour une intervention visant à relâcher la pression sur son cerveau, causée par un saignement survenu après ses récentes chutes", a ajouté la même source, précisant que l'opération était prévue mardi matin.

"Le président Carter se repose confortablement et son épouse Rosalynn est avec lui", a précisé la même source.

Jimmy Carter avait été hospitalisé fin octobre pour une fracture du bassin causée par une chute à son domicile. Sa fondation avait qualifié la fracture de "légère".

Premier président américain de l'histoire à atteindre l'âge de 95 ans, Jimmy Carter s'était également blessé à la tête le 6 octobre, toujours en tombant à son domicile.

L'ex-président démocrate (1977-1981) était pourtant debout et actif sur un chantier humanitaire dès le lendemain, le visage tuméfié et barré d'un pansement cachant 14 points de suture.

Le sort de 700.000 jeunes migrants aux mains de la justice américaine

Les immigrants et les sympathisants manifestent lors d'un rassemblement en soutien aux "dreamers" devant la Maison Blanche, à Washington DC, le 5 septembre 2017.

Entrée clandestinement aux Etats-Unis dans son enfance, Angelica Villalobos a "vécu dans l'ombre" jusqu'à l'adoption en 2012 d'un programme qui l'a protégée de l'expulsion, comme près de 700.000 autres jeunes migrants dont le sort est en débat mardi à la Cour suprême.

Le temple du droit américain consacre une audience à ces jeunes surnommés les "Dreamers" (rêveurs), à qui l'administration du président démocrate Barack Obama avait "donné des ailes", selon Mme Villalobos, en leur délivrant notamment des permis de travail.

Son successeur républicain Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l'immigration illégale l'un de ses chevaux de bataille, a décidé en 2017 de mettre un terme à ce programme, baptisé DACA, le décrétant "illégal".

Saisis en urgence, des tribunaux ont suspendu sa décision pour des raisons de procédure, offrant un répit aux jeunes migrants.

A force de recours, leur sort est désormais aux mains de la plus haute juridiction des Etats-Unis, dont la décision ne sera pas rendue avant 2020, en pleine campagne présidentielle.

Si la Cour donne raison à Donald Trump, les "Dreamers" ne seront pas forcément expulsés, mais ils redeviendront sans-papiers, avec les complications que ce statut implique.

En attendant, "on est comme sur des montagnes russes", confie à l'AFP Angelica Villalobos, une Mexicaine de 34 ans, mère de cinq enfants américains, qui travaille dans un garage de l'Oklahoma.

Avec son mari, arrivé lui aussi avant ses 16 ans aux Etats-Unis par des voies illégales, elle a parlé à leurs enfants "des conséquences possibles" de la décision de la Cour suprême. "Peut-être ne pourrons-nous plus travailler ou conduire, toute ces choses qui font de nous une famille normale", regrette-t-elle.

- "Monnaie d'échange" -

Comme eux, près de 700.000 jeunes migrants "ont passé les douze dernières années au minimum dans notre pays, font partie de nos communautés, de nos institutions", remarque Omar Jadwat, de la puissante association de défense des droits civiques ACLU.

Pour lui, l'administration Trump a "mis un terme à la hâte au programme DACA (...) en décidant qu'il était illégal" parce qu'il voulait utiliser ces "Dreamers" comme "monnaie d'échange" avec son opposition démocrate.

De fait, Donald Trump a essayé --en vain-- d'obtenir des fonds pour construire un mur à la frontière sud des Etats-Unis en échange de nouvelles protections pour ces jeunes, qui n'ont souvent pas ou peu de souvenirs de leur pays d'origine.

C'est le flou autour des motivations du président qui explique l'intervention de la justice dans ce dossier.

Le droit administratif américain impose au gouvernement de justifier ses décisions avec des arguments raisonnables. Or, les tribunaux ont jugé jusqu'ici que l'arrêt du programme DACA avait été décidé de manière "arbitraire et capricieuse".

"Nous pensons avoir expliqué notre décision de manière adéquate", a rétorqué Noel Francisco, qui représente le gouvernement devant la Cour suprême. "Nous avons agi de manière légale et rationnelle", a-t-il ajouté lors d'une conférence en septembre.

- "Gagner sur tous les fronts" -

Pour Tom Goldstein, un juriste spécialiste de la Cour suprême, "si le président avait dit +je n'aime pas le programme, je l'arrête+, on n'en serait pas là aujourd'hui".

Mais selon l'avocat, "il a essayé de gagner sur tous les fronts, en disant que les +Dreamers+ lui étaient sympathiques, mais aussi ne pas avoir d'autre choix que de retirer le programme DACA parce qu'il était illégal", ce qu'il lui faut prouver aujourd'hui.

Au-delà des enjeux pour ces migrants, le dossier a donc aussi "une grande importance pour les pouvoirs du président", relève Steven Schwinn, professeur de droit à l'université de Chicago. Dans son arrêt, la Cour pourrait en effet étendre les pouvoirs discrétionnaires du locataire de la Maison Blanche en l'autorisant à faire ou à défaire une politique sans explication.

Cela n'a pas échappé au principal intéressé. Assurant sur Twitter que Barack Obama n'avait pas le droit de signer le programme DACA, Donald Trump a estimé en octobre que, "si la Cour suprême autorisait le programme à rester en place, elle donnerait des pouvoirs extraordinaires au président".

Dans le cas contraire, a-t-il ajouté, fidèle à sa tactique de marchandage, "les républicains et les démocrates passeront un ACCORD très rapidement pour autoriser les +Dreamers+ à rester dans notre pays".

Avec AFP

AfroTech : Le cofondateur et PDG de Twitter au Ghana

AfroTech : Le cofondateur et PDG de Twitter au Ghana
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:04:01 0:00

Les Américaines dans l’armée de l’air

Les Américaines dans l’armée de l’air
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:06 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG