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États-Unis

L'accusatrice du candidat de Trump demande une enquête du FBI

Brett Kavanaugh, devant le comité judiciaire du Sénat au troisième jour de son audience de confirmation, à Capitol Hill, à Washington, le 6 septembre 2018.

L'universitaire qui accuse le candidat de Donald Trump à la Cour suprême d'une agression sexuelle remontant aux années 1980 a réclamé une enquête du FBI sur les faits présumés avant d'être auditionnée par le Sénat, et dit être la cible de menaces de mort depuis la révélation de son nom.

Christine Blasey Ford, 51 ans, accuse le juge Brett Kavanaugh de l'avoir agressée sexuellement lors d'une soirée arrosée en banlieue de Washington il y a 36 ans, ce qu'il dément vigoureusement.

Ses accusations pourraient faire dérailler la confirmation de M. Kavanaugh et infliger du même coup un camouflet au président Trump, à près de six semaines d'élections parlementaires à haut risque pour l'exécutif.

Par "devoir civique", la chercheuse en psychologie qui souhaitait au départ rester anonyme avait fait savoir lundi, par le biais de son avocate, qu'elle se tenait prête à témoigner au Sénat qui, aux Etats-Unis, a le dernier mot sur les nominations à la Cour suprême.

Le juge Kavanaugh avait en parallèle réclamé d'être entendu pour défendre son "honneur".

Menaces et harcèlement

La commission judiciaire du Sénat avait donc décidé de les convoquer pour une audition publique dès le 24 septembre.

Mais dans une lettre envoyée mardi par le biais de ses avocats au sénateur républicain Chuck Grassley, chef de la commission, Mme Blasey a réclamé que le FBI mène d'abord une enquête avant d'être auditionnée.

Selon ses avocats, l'universitaire a "été la cible d'un harcèlement féroce et même de menaces de mort" depuis que son nom est devenu public. "Sa famille a été obligée de quitter sa maison. Son email a été piraté", ont-ils ajouté.

"Pendant que sa vie était bouleversée, votre personnel et vous (M. Grassley, ndlr) avez programmé une audition publique pour qu'elle témoigne à la même table que le juge Kavanaugh devant une vingtaine de sénateurs à la télévision nationale, et qu'elle revive cet épisode éprouvant et traumatisant", ont-ils poursuivi.

Bien que parmi ces sénateurs, certains soient déjà convaincus selon les avocats que Mme Blasey "a tort", cette dernière "veut coopérer" mais réclame au préalable une enquête du FBI, qui "devrait être la première étape pour faire face à ses allégations" afin que "les faits et les témoins soient évalués de manière non partisane".

La sénatrice démocrate Dianne Feinstein a approuvé cette position, jugeant que précipiter la tenue de l'audition avait été "injuste" et demandant un délai.

Le président Trump s'était plus tôt dit solidaire de son candidat, en jugeant que le magistrat de 53 ans "ne mérite pas ça".

"Je me sens vraiment mal pour lui, sa femme (...) et ses deux merveilleuses filles", a déclaré le président américain lors d'une conférence de presse.

Quant à son accusatrice, "j'espère qu'elle va s'avancer pour plaider son cas", a ajouté le locataire de la Maison Blanche.

Le débat prend un relief particulier dans le sillage du mouvement #Metoo qui en un an a fait chuter des dizaines de personnalités.

Mais l'enjeu va bien au-delà. La Cour suprême est l'arbitre des principales questions de société aux Etats-Unis, tranchant aussi bien sur le droit à l'avortement que les armes à feu ou le mariage homosexuel.

Or le juge Kavanaugh, un conservateur proche des républicains, est censé remplacer un juge plus modéré. Sa nomination à vie ferait donc basculer pour de longues années la plus haute juridiction du pays dans le conservatisme.

Soutiens de part et d'autre

Pendant ce temps, les partisans du juge Kavanaugh se sont mis en ordre de bataille.

Du président Trump qui salue un juge au parcours "impeccable" à d'anciennes petites amies qui louent "un parfait gentleman", son camp s'attache à renforcer son image de bon père de famille.

Les partisans de Mme Blasey ne sont pas en reste. D'anciennes élèves de son lycée ont publié une lettre pour la remercier d'avoir parlé, et plus de 1.600 victimes d'abus sexuels ont écrit aux sénateurs pour leur demander de bloquer la confirmation du juge Kavanaugh.

Selon Mme Blasey, Brett Kavanaugh et un ami, "complètement ivres", l'avaient coincée dans une chambre lors d'une soirée dans les années 80. Le futur juge l'aurait plaquée sur un lit et aurait cherché à la déshabiller tout en procédant à des attouchements, avant qu'elle ne parvienne à s'enfuir.

Cet ami a fait savoir lundi qu'il refusait d'être entendu comme témoin par le Sénat. "Je n'ai aucun souvenir de ce l'incident présumé (...) et je n'ai jamais vu Brett agir de cette manière", a écrit Mark Judge dans un courrier à la commission.

Dans un livre retraçant son alcoolisme au lycée, cet homme met pourtant en scène un certain Bart O'Kavanaugh vomissant dans une voiture.

Avec AFP

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Nouvelle fusillade en Californie, 4 morts et 6 blessés

La police dans un quartier de Fresno, Californie, après une fusillade, le 18 avril 2017.

Une nouvelle "fusillade de masse" a touché dimanche soir les Etats-Unis, provoquant la mort de quatre jeunes hommes et en blessant six autres lors d'une réunion de famille dans une résidence de la ville de Fresno (Californie).

Selon les premiers éléments de l'enquête, un ou plusieurs suspects ont pénétré dans une résidence où étaient rassemblées quelque 35 personnes, dont des enfants, pour suivre un match de football américain lors "d'une réunion de famille", a expliqué aux journalistes Michael Reid, responsable de la police de Fresno.

L'attaquant ou les attaquants ont ensuite "ouvert le feu dans le jardin, où se trouvaient la plupart des personnes, touchant par balles dix d'entre elles", a-t-il poursuivi.

Trois personnes sont mortes sur place, "tous des hommes de type asiatique âgés de 25 à 30 ans" et un quatrième, transporté dans un état critique à l'hôpital, a succombé à ses blessures.

Six autres personnes ont été plus légèrement blessées et leurs jours ne sont pas en danger, a souligné le policier.

Le ou les auteurs des coups de feu, encore non identifiés, sont en fuite et les enquêteurs tentaient de retrouver leur trace en examinant les images de vidéosurveillance et en interrogeant les nombreux voisins qui ont donné l'alerte en entendant les tirs, aux alentours de 18h00 heure locale dimanche (02h00 GMT lundi).

- Enfants et femmes présents -

"Dieu merci, aucun enfant n'a été touché car il y avait plusieurs enfants et femmes" mais ils étaient à l'intérieur de la maison, a précisé Michael Reid.

"Les dix victimes, décédées ou non, sont toutes des hommes âgés de 20 à 35 ans environ" et "tous se trouvaient hors de la maison, dans le jardin", a-t-il insisté.

"Nous ne connaissons pas encore exactement leur origine mais je pense qu'on peut dire d'Asie du sud-est ou d'Asie", a dit le responsable de la police de Fresno.

Interrogé par les journalistes sur les motivations possibles du crime, M. Reid a répondu que l'enquête s'attachait à la déterminer.

Il a toutefois jugé "très probable que le rassemblement ait été pris pour cible à dessein, nous ne savons pas encore pourquoi".

A ce stade de l'enquête, rien n'indique qu'il puisse s'agir d'une fusillade liée à des gangs, a-t-il souligné, qualifiant les faits de "violence absurde".

Un voisin a affirmé au journal Fresno Bee qu'une autre maison avait déjà essuyé des tirs la semaine dernière, provoquant l'émoi dans le quartier.

"Je ne me sens pas en sécurité dehors après la nuit tombée", a déclaré ce voisin, Choua Vang, affirmant songer à déménager.

Les Etats-Unis sont régulièrement endeuillés par de telles tueries de masse, qui relancent à chaque fois le débat sur la prolifération des armes à feu sans que la législation en la matière ait évolué de manière significative.

Le dernier drame en date, la semaine dernière, a également touché la Californie.

Un adolescent a ouvert le feu dans la cour de son lycée le jour de son anniversaire, tuant deux camarades âgés de 14 et 15 ans et blessant trois autres jeunes, près de Los Angeles.

Il a lui-même succombé à ses blessures après s'être tiré une balle dans la tête juste après avoir commis son geste, pour lequel il n'a laissé aucune explication.

Avec AFP

Passe d'armes en direct entre Trump et l'ex-ambassadrice à Kiev

L'ancienne ambassadrice américaine en Ukraine, Marie Yovanovitch, témoigne devant la commission du renseignement de la Chambre des représentants de Capitol Hill à Washington, le vendredi 15 novembre 2019, à l'occasion de la deuxième audience publique de mise en accusation.

L'ex-ambassadrice américaine à Kiev a jugé vendredi "intimidantes" les flèches décochées à son encontre par Donald Trump au moment même où elle livrait un témoignage édifiant au Congrès dans le cadre de l'enquête en destitution qui menace le président.

Les démocrates ont dénoncé une pression sur un témoin qui pourrait alimenter le dossier d'accusation contre le président des Etats-Unis, déjà soupçonné d'abus de pouvoir pour avoir demandé à l'Ukraine d'enquêter sur un de ses rivaux.

"Partout où Marie Yovanovitch est passée, les choses ont mal tourné", a tweeté Donald Trump une heure après le début de l'audition de la diplomate. "Elle a débuté en Somalie, et regardez comment ça s'est terminé", a-t-il ajouté en référence au chaos dans ce pays de la Corne de l'Afrique.

Mme Yovanovitch, diplomate depuis 33 ans jouissant d'une réputation de grande intégrité, avait été rappelée en urgence à Washington en mai sur ordre du président. Les démocrates le soupçonnent d'avoir voulu laisser le champ libre à des proches pour qu'ils puissent faire pression sur l'Ukraine.

Dans ses tweets, le président a défendu "son droit absolu" de choisir ses ambassadeurs.

A la Chambre des représentants, sa salve n'est pas passée inaperçue. L'élu démocrate Adam Schiff, qui dirige l'enquête contre le président, a lu ses messages et demandé à la diplomate de réagir.

Après un moment de recul, elle a pesé ses mots: "C'est très intimidant".

Lors d'une pause, Adam Schiff a dénoncé "une intimidation de témoin en direct", qui pourrait constituer une "entrave" à l'enquête.

Ce "n'était pas de l'intimidation de témoins, c'était juste l'opinion du président", a réagi la Maison Blanche. "J'ai le droit de m'exprimer", a renchéri le président devant la presse.

- "Forces de l'ombre" -

Donald Trump est visé par une procédure de destitution parce qu'il a demandé le 25 juillet à son homologue ukrainien d'enquêter sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020.

Dans cet appel, rendu public en septembre après l'intervention d'un lanceur d'alerte, il avait cité Mme Yovanovitch. "Il va lui arriver des choses", avait-il déclaré.

"J'ai été choquée" d'entendre ça", "Cela ressemblait à une menace diffuse", a-t-elle commenté vendredi.

La diplomate, restée très digne malgré une émotion évidente, a également confié avoir été perturbée par la campagne de dénigrement menée contre elle pendant des mois par l'avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani.

"Je n'ai pas compris pourquoi il m'attaquait", a-t-elle déclaré, en confiant s'être "inquiétée" de voir "le président et son fils" relayer ses attaques.

Jurant n'avoir "aucun parti-pris politique", Mme Yovanovitch a assuré que son rappel avait "porté un coup au moral" des diplomates américains à Kiev et dans l'ensemble du réseau américain.

Sans citer le secrétaire d'Etat Mike Pompeo, elle a critiqué les responsables du département d'Etat pour ne pas l'avoir défendue. "Dans le monde entier, les forces de l'ombre auront compris qu'il ne faut pas grand-chose pour obtenir la tête d'un ambassadeur", a-t-elle souligné.

Après cinq heures d'audition, ponctuées par des marques de respect unanimes pour l'ancienne ambassadrice, elle a quitté la salle sous des applaudissements nourris.

- Aide bloquée -

Les républicains n'ont pas mis en cause son intégrité, mais ont relevé qu'elle restait employée du département d'Etat à un poste prestigieux dans une université.

Ils l'ont assaillie de questions sur les affaires du fils de Joe Biden en Ukraine au moment où son père était vice-président des Etats-Unis. Elle a reconnu que cela "pouvait ressembler à un conflit d'intérêt".

Les parlementaires républicains ont également insisté sur le fait qu'elle n'avait aucun élément factuel à apporter à l'enquête, puisqu'elle avait quitté l'ambassade au moment des principaux épisodes contestés.

Elle n'a en effet rien pu dire sur une aide militaire de 400 millions de dollars destinée à l'Ukraine, qui avait été gelée sur ordre du président au début de l'été.

William Taylor, le chargé d'affaires qui l'a remplacée à Kiev, avait déclaré mercredi lors des premières auditions publiques au Congrès, avoir appris par l'entremise d'un autre ambassadeur que Donald Trump avait conditionné le déblocage des fonds à l'ouverture d'une enquête sur Joe Biden.

Le président nie avoir lié les deux et se dit victime d'une chasse aux sorcières". Compte-tenu de la majorité républicaine au Sénat, qui sera chargé de le juger, il devrait échapper à la destitution.

Mais sa très probable mise en accusation (impeachment) à la Chambre des représentants contrôlée par les démocrates jettera une ombre sur sa campagne.

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