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De la difficulté à remonter le temps dans les accusations de Brett Kavanaugh

Le juge Brett Kavanaugh, candidat de la Cour suprême des Etats-Unis, lors de son audience de confirmation du Comité judiciaire du Sénat américain à Capitol Hill, à Washington, le 4 septembre 2018.

Les accusations contre le candidat de Donald Trump à la Cour suprême, basées sur des faits supposés s'être déroulés dans les années 1980, posent une série d'interrogations juridiques, techniques et morales particulièrement épineuses.

Christine Blasey Ford, une universitaire de 51 ans, accuse le juge Brett Kavanaugh, 53 ans, de l'avoir agressée sexuellement, quand ils étaient tous les deux lycéens dans la banlieue de Washington. Le magistrat nie farouchement.

L'affaire pourrait-elle être jugée?

Aux Etats-Unis, les règles de prescription varient d'un Etat à l'autre. Mme Blasey Ford affirme que son agression a eu lieu dans le Maryland, où les crimes sexuels les plus graves sont imprescriptibles.

Selon son témoignage au Washington Post, le futur juge l'aurait maintenue de force sur un lit, essayant de la déshabiller avant qu'elle ne parvienne à fuir. L'avocate de Mme Blasey estime qu'il s'agit d'une tentative de viol. Donc imprescriptible. Mais a priori aucune plainte n'a été déposée.

Pour qu'un procureur inculpe quelqu'un de tentative de viol, il lui faut un dossier solide. Dans les affaires sexuelles, c'est rarement le cas, et la plupart des plaintes sont traitées par la justice civile.

Ici, Mme Blasey réclame une enquête du FBI car l'agence est chargée de vérifier le parcours du candidat à la Cour suprême. Le président Trump refuse, arguant que les sénateurs seront capables de se forger une opinion si les parties témoignent.

Pourquoi attendre 36 ans pour parler?

"Nous sommes toujours sceptiques face à des adultes qui attendent très longtemps avant de porter des accusations graves", relève Thomas Pavlinic, avocat spécialisé dans la défense des personnes accusées d'abus sexuel.

Mais "le climat politique actuel est plutôt à pardonner aux personnes qui attendent", explique-t-il à l'AFP.

L'éclosion du mouvement #Metoo, qui a fait chuter des dizaines de personnalités en un an, a sensibilisé les Américains à la difficulté pour les victimes d'abus sexuels de dénoncer leurs agresseurs.

Selon le ministère de la Justice, près de 325.000 personnes ont été victimes de viols ou d'agression sexuelle en 2016 mais seuls 22,9% des cas ont été rapportés à la police.

Selon son récit, Mme Blasey, membre de la bonne société washingtonienne comme le jeune Kavanaugh, ne voulait pas que ses parents apprennent qu'elle s'était rendue à une soirée où il y avait de l'alcool.

Elle s'est confiée pour la première fois à un psychologue en 2012 et n'est sortie de l'ombre récemment qu'à contre-coeur, effrayée par le risque de "représailles". Convoquée par le Sénat lundi, elle n'a pas dit si elle irait.

Peut-on se fier à la mémoire des protagonistes?

Il y a 35 ans, les adolescents n'avaient pas de comptes Facebook, Instagram ou Snapchat et les éléments matériels "ont tous disparu", souligne Me Pavlinic.

Pour beaucoup d'observateurs, c'est donc "parole contre parole".

"Le problème du Dr. Ford, c'est qu'elle ne se rappelle pas où c'était, quand c'était et comment c'est arrivé", a déclaré mardi le numéro deux des sénateurs républicains John Cornyn, mettant implicitement en doute son témoignage.

Lisa Jordan, directrice de la Coalition du Maryland contre les agressions sexuelles, rétorque que les victimes ont souvent un souvenir confus de leur agression. "C'est une réponse naturelle du cerveau au traumatisme."

Et pour Linda Fairstein, une ancienne procureure en charge de dossiers sexuels, citée dans le Washington Post, aucun cas ne se résume à confronter deux versions. Le travail d'enquête "consiste justement à étudier chaque minute, de façon à ce que les détails fassent pencher la balance en faveur d'une partie", insiste-t-elle.

Combien de temps doit-on payer pour une "erreur de jeunesse"?

Quand bien même les allégations seraient exactes, elles remontent à tellement loin que le juge Kavanaugh ne devraient pas avoir à payer le prix d'une "erreur de jeunesse", estiment ses partisans.

Nancy Gertner, une ancienne juge fédérale, citée dans le New York Times, serait "troublée si un homme finissait en prison 40 ans" après une scène comme celle-ci. "Mais un poste à la Cour suprême est un privilège, et il est normal que les exigences soient plus hautes", relève-t-elle.

Et, si le magistrat a menti, note Me Pavlinic, "étouffer l'affaire est pire que le crime".

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Le dollar vers sa plus forte baisse hebdomadaire depuis 1987

Un homme parle au téléphone devant un poster affichant des dollars américains à un bureau de change de Lahore, Pakistan, le 16 mai 2019. (Photo: ARIF ALI / AFP)

Le dollar s'apprêtait vendredi à achever sa baisse hebdomadaire la plus importante depuis 1987 à l'issue d'une semaine où le gouvernement fédéral et la Réserve fédérale ont tenté de venir à la rescousse de l'économie américaine, frappée de plein fouet par le coronavirus.

Le dollar index, qui mesure la valeur du billet vert face à un panier d'autres devises, accusait un repli hebdomadaire de près de 4,5% aux alentours de 19H30 GMT.

Il faut remonter à août 1987 pour trouver une baisse d'une plus grande ampleur.

Face à l'euro, la devise américaine baissait vendredi de 0,86% à 1,1127 dollar.

Selon Joe Manimbo de Western Union, "la demande pour le dollar s'est asséchée après la semaine exceptionnelle à Wall Street et les promesses du patron de la Fed de verser des liquidités sans compter pour soutenir une économie complètement à l'arrêt."

Le président de la Banque centrale américaine Jerome Powell a assuré jeudi que l'institution allait continuer à prêter de l'argent "agressivement" pour combattre l'impact économique de l'épidémie de Covid-19.

M. Powell, dont la banque a déjà annoncé qu'elle injectait plusieurs milliers de milliards de dollars dans la première économie du monde, a également affirmé que "les munitions" de la Fed n'allaient "pas s'épuiser", lors de cet entretien au Today Show de NBC, l'une des émissions matinales les plus populaires aux Etats-Unis.

Par ailleurs, "les données sur les demandes d'allocations chômage aux États-Unis ont été un véritable choc, et peut-être l'une des raisons pour lesquelles le président de la Fed, Jerome Powell, s'est adressé à la nation dans une interview télévisée hier", a ajouté Antje Praefcke, analyste pour Commerzbank.

Le nombre de nouveaux chômeurs a explosé, avec plus de trois millions de nouvelles demandes d'allocations chômage la semaine passée, un niveau jamais vu dans le pays.

"De plus, les Etats-Unis ont le niveau d'infection le plus élevé du monde à l'heure actuelle", ce qui met le dollar "sous pression", a ajouté M. Praefcke.

Les Etats-Unis sont depuis jeudi le pays avec le plus grand nombre de cas de coronavirus officiellement déclarés. Ils comptent plus de 97.000 cas et 1.475 décès.

Le président du Venezuela inculpé pour trafic de drogue aux Etats-Unis

Le président vénézuélien Nicolas Maduro donne une conférence de presse au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, Venezuela, le jeudi 12 mars 2020. (Photo: Matias Delacroix/AP)

Le ministère américain de la justice a annoncé jeudi avoir porté plainte contre le président du Vénézuela, Nicolas Maduro, ainsi que 14 autres dignitaires vénézuéliens. Ils sont accusés de narco-terrorisme et d'autres infractions pénales, selon William Barr, ministre de la justice des Etats-Unis.

Plus précisément, les autorités vénézuéliennes sont accusées d'avoir collaboré avec un groupe de guérilla colombien impliqué dans le trafic de cocaïne vers les États-Unis.

Âgé de 57 ans, le président Maduro est désormais confronté à quatre chefs d'accusation devant un tribunal de New York. Sont également inculpés: Diosdado Cabello Rondón, le président de l'assemblée nationale du Venezuela, Hugo Armando Carvajal Barrios, ancien directeur des renseignements militaires, et Clíver Antonio Alcalá Cordones, ancien général des forces armées vénézuéliennes. Le ministre de la défense, Vladimir Padrino Lopez et le président de la Cour suprême Maikel Jose Moreno Perez, ont été inculpés séparément à Washington et en Floride.


"Cette annonce vise à éradiquer la corruption généralisée au sein du gouvernement vénézuélien, un système construit et contrôlé pour enrichir ceux qui se trouvent aux plus hauts niveaux du gouvernement", a déclaré M. Barr. "Les États-Unis ne permettront pas à ces fonctionnaires vénézuéliens corrompus d'utiliser le système bancaire américain pour déplacer leurs revenus illicites d'Amérique du Sud ni de poursuivre leurs projets criminels".

Les États-Unis ne reconnaissent pas Maduro comme le leader légitime du Venezuela. L'année dernière, l'administration Trump a officiellement reconnu le chef de l'opposition Juan Guaidó comme chef d'État intérimaire du pays. La plupart des pays européens lui ont emboîté le pas.

Ce n'est que la deuxième fois au cours des dernières décennies que le ministère de la justice a inculpé un chef d'État étranger en exercice, bien que non officiellement reconnu. En 1988, le ministère américain de la justice avait inculpé Manuel Noriega, à l'époque le chef militaire du Panama.

Pour sa part, le département d'État a annoncé une récompense pouvant aller jusqu'à 15 millions de dollars pour des informations menant à l'arrestation ou à la condamnation de M. Maduro.

Des récompenses allant jusqu'à 10 millions de dollars ont également été annoncées pour quatre autres hauts fonctionnaires du Venezuela recherchés par la justice américaine.

On reproche à Maduro (à la tête du Venezuela depuis 2013) et à ses principaux lieutenants de diriger "un partenariat de narcoterrorisme" avec la guérilla colombienne des FARC (Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia), active depuis 20 ans. Deux dirigeants des FARC ont également été inculpés en relation avec la conspiration de narco-terrorisme.

Les FARC ont signé un accord de paix avec le gouvernement colombien en 2016, mettant fin à plus de 50 ans de conflit. Mais un groupe de 2 500 dissidents des FARC, soutenu par le régime de M. Maduro, reste impliqué dans le trafic de cocaïne de la Colombie vers les Etats-Unis via le Venezuela et l'Amérique centrale, ont déclaré les responsables américains.

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