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Trump s'impatiente et change de ton sur la Cour suprême

Chuck Grassley, président républicain de la commission judiciaire du Sénat, parle aux journalistes, au Capitol Hill, Washington, le 19 septembre 2018.

Donald Trump veut que son candidat à la Cour suprême soit confirmé sans délais: le président américain a appelé la femme qui accuse le juge Kavanaugh d'agression sexuelle à témoigner rapidement, accusant ses adversaires démocrates d'obstruction.

Le feuilleton à rebondissements de la confirmation du juge conservateur Brett Kavanaugh à la plus haute juridiction des Etats-Unis s'est enrichi d'un nouvel épisode.

Christine Blasey Ford, universitaire de 51 ans qui affirme avoir été agressée sexuellement par ce dernier lorsqu'elle était au lycée, a changé de pied et demandé une enquête de la police fédérale avant d'être auditionnée par le Sénat.

Le locataire de la Maison Blanche, qui espère, comme les élus républicains du Congrès, boucler ce dossier avant les élections parlementaires du 6 novembre, estime que des investigations du FBI ne sont pas nécessaires.

"J'aimerais vraiment voir ce qu'elle a à dire (...) Si elle se présente, ce serait formidable. Si elle ne se présente pas, ce serait regrettable", a déclaré Donald Trump mercredi matin dans les jardins de la Maison Blanche.

L'enjeu de la bataille en cours à Washington est de taille: la nomination à vie du magistrat conservateur placerait en effet les juges progressistes ou modérés en minorité pour de longues années à la Cour suprême.

La très prestigieuse haute cour, dont la mission première est de veiller à la constitutionnalité des lois, est, de fait, l'arbitre des grandes questions de société qui divisent la société américaine, du droit à l'avortement à l'encadrement de l'usage des armes à feu, en passant par le mariage homosexuel.

"Menaces de mort"

Après avoir été pendant plusieurs jours particulièrement mesuré dans sa réponse, le président américain a sensiblement changé de ton, accusant les démocrates de basses manœuvres politiciennes.

"Ce qu'ils ont fait n'est pas différent de la chasse aux sorcières russe", a-t-il déclaré dans un entretien à The Hill, en référence à l'expression qu'il utilise régulièrement pour qualifier l'enquête du procureur spécial le visant.

"Ils inventent plein de trucs et ils font de l'obstruction", a-t-il asséné.

Christine Blasey Ford a été, selon ses avocats, "la cible d'un harcèlement féroce et même de menaces de mort" depuis que son nom est devenu public.

"Sa famille a été obligée de quitter sa maison. Son compte e-mail a été piraté", ont-ils affirmé dans un courrier envoyé mardi au sénateur républicain Chuck Grassley, chef de la commission judiciaire du Sénat.

Dans sa réponse écrite, ce dernier a exclu tout report de l'audition.

Réaffirmant sa volonté de donner à Mme Blasey Ford l'occasion de raconter son histoire devant le Sénat "et, si elle le souhaite, devant le peuple américain", il a aussi souligné que le rendez-vous de lundi, au cours duquel le juge Kavanaugh doit également s'exprimer, n'était pas négociable.

Collecte de fonds

Nombre de signaux indiquent qu'en l'absence de témoignage de Mme Blasey Ford lundi, la confirmation du juge Kavanaugh pourrait aller vite.

Susan Collins, l'une des rares voix considérées comme indécises dans le camp républicain (qui dispose d'une courte majorité au Sénat), s'est dite "surprise" du refus de témoigner de l'enseignante, espérant qu'elle change d'avis rapidement.

Selon Mme Blasey Ford, Brett Kavanaugh et un ami, "complètement ivres", l'avaient coincée dans une chambre lors d'une soirée dans les années 1980. Le futur juge l'aurait plaquée sur un lit et aurait cherché à la déshabiller en la brutalisant, avant qu'elle ne parvienne à s'enfuir.

Un campagne de collecte de fond organisée par la plateforme GoFundMe pour aider Christine Blasey Ford avait permis de lever plus de 135.000 dollars en moins de 24 heures, pour un objectif de 175.000 dollars.

Donald Trump, lui, a exprimé sa sympathie pour l'homme qu'il a désigné pour devenir l'un des neuf membres de la célèbre cour.

"La seule chose que je puisse dire est que c'est un homme extraordinaire, il est très difficile pour moi d'imaginer qu'il se soit passé quoi que ce soit", a déclaré le milliardaire républicain, réaffirmant qu'il s'agissait d'une "rude épreuve pour lui et sa famille".

Avec AFP

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Le dollar vers sa plus forte baisse hebdomadaire depuis 1987

Un homme parle au téléphone devant un poster affichant des dollars américains à un bureau de change de Lahore, Pakistan, le 16 mai 2019. (Photo: ARIF ALI / AFP)

Le dollar s'apprêtait vendredi à achever sa baisse hebdomadaire la plus importante depuis 1987 à l'issue d'une semaine où le gouvernement fédéral et la Réserve fédérale ont tenté de venir à la rescousse de l'économie américaine, frappée de plein fouet par le coronavirus.

Le dollar index, qui mesure la valeur du billet vert face à un panier d'autres devises, accusait un repli hebdomadaire de près de 4,5% aux alentours de 19H30 GMT.

Il faut remonter à août 1987 pour trouver une baisse d'une plus grande ampleur.

Face à l'euro, la devise américaine baissait vendredi de 0,86% à 1,1127 dollar.

Selon Joe Manimbo de Western Union, "la demande pour le dollar s'est asséchée après la semaine exceptionnelle à Wall Street et les promesses du patron de la Fed de verser des liquidités sans compter pour soutenir une économie complètement à l'arrêt."

Le président de la Banque centrale américaine Jerome Powell a assuré jeudi que l'institution allait continuer à prêter de l'argent "agressivement" pour combattre l'impact économique de l'épidémie de Covid-19.

M. Powell, dont la banque a déjà annoncé qu'elle injectait plusieurs milliers de milliards de dollars dans la première économie du monde, a également affirmé que "les munitions" de la Fed n'allaient "pas s'épuiser", lors de cet entretien au Today Show de NBC, l'une des émissions matinales les plus populaires aux Etats-Unis.

Par ailleurs, "les données sur les demandes d'allocations chômage aux États-Unis ont été un véritable choc, et peut-être l'une des raisons pour lesquelles le président de la Fed, Jerome Powell, s'est adressé à la nation dans une interview télévisée hier", a ajouté Antje Praefcke, analyste pour Commerzbank.

Le nombre de nouveaux chômeurs a explosé, avec plus de trois millions de nouvelles demandes d'allocations chômage la semaine passée, un niveau jamais vu dans le pays.

"De plus, les Etats-Unis ont le niveau d'infection le plus élevé du monde à l'heure actuelle", ce qui met le dollar "sous pression", a ajouté M. Praefcke.

Les Etats-Unis sont depuis jeudi le pays avec le plus grand nombre de cas de coronavirus officiellement déclarés. Ils comptent plus de 97.000 cas et 1.475 décès.

Le président du Venezuela inculpé pour trafic de drogue aux Etats-Unis

Le président vénézuélien Nicolas Maduro donne une conférence de presse au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, Venezuela, le jeudi 12 mars 2020. (Photo: Matias Delacroix/AP)

Le ministère américain de la justice a annoncé jeudi avoir porté plainte contre le président du Vénézuela, Nicolas Maduro, ainsi que 14 autres dignitaires vénézuéliens. Ils sont accusés de narco-terrorisme et d'autres infractions pénales, selon William Barr, ministre de la justice des Etats-Unis.

Plus précisément, les autorités vénézuéliennes sont accusées d'avoir collaboré avec un groupe de guérilla colombien impliqué dans le trafic de cocaïne vers les États-Unis.

Âgé de 57 ans, le président Maduro est désormais confronté à quatre chefs d'accusation devant un tribunal de New York. Sont également inculpés: Diosdado Cabello Rondón, le président de l'assemblée nationale du Venezuela, Hugo Armando Carvajal Barrios, ancien directeur des renseignements militaires, et Clíver Antonio Alcalá Cordones, ancien général des forces armées vénézuéliennes. Le ministre de la défense, Vladimir Padrino Lopez et le président de la Cour suprême Maikel Jose Moreno Perez, ont été inculpés séparément à Washington et en Floride.


"Cette annonce vise à éradiquer la corruption généralisée au sein du gouvernement vénézuélien, un système construit et contrôlé pour enrichir ceux qui se trouvent aux plus hauts niveaux du gouvernement", a déclaré M. Barr. "Les États-Unis ne permettront pas à ces fonctionnaires vénézuéliens corrompus d'utiliser le système bancaire américain pour déplacer leurs revenus illicites d'Amérique du Sud ni de poursuivre leurs projets criminels".

Les États-Unis ne reconnaissent pas Maduro comme le leader légitime du Venezuela. L'année dernière, l'administration Trump a officiellement reconnu le chef de l'opposition Juan Guaidó comme chef d'État intérimaire du pays. La plupart des pays européens lui ont emboîté le pas.

Ce n'est que la deuxième fois au cours des dernières décennies que le ministère de la justice a inculpé un chef d'État étranger en exercice, bien que non officiellement reconnu. En 1988, le ministère américain de la justice avait inculpé Manuel Noriega, à l'époque le chef militaire du Panama.

Pour sa part, le département d'État a annoncé une récompense pouvant aller jusqu'à 15 millions de dollars pour des informations menant à l'arrestation ou à la condamnation de M. Maduro.

Des récompenses allant jusqu'à 10 millions de dollars ont également été annoncées pour quatre autres hauts fonctionnaires du Venezuela recherchés par la justice américaine.

On reproche à Maduro (à la tête du Venezuela depuis 2013) et à ses principaux lieutenants de diriger "un partenariat de narcoterrorisme" avec la guérilla colombienne des FARC (Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia), active depuis 20 ans. Deux dirigeants des FARC ont également été inculpés en relation avec la conspiration de narco-terrorisme.

Les FARC ont signé un accord de paix avec le gouvernement colombien en 2016, mettant fin à plus de 50 ans de conflit. Mais un groupe de 2 500 dissidents des FARC, soutenu par le régime de M. Maduro, reste impliqué dans le trafic de cocaïne de la Colombie vers les Etats-Unis via le Venezuela et l'Amérique centrale, ont déclaré les responsables américains.

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