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États-Unis

Hommage solennel à John McCain au Capitole américain

Cindy McCain devant le cercueil de son mari lors d'une cérémonie au Capitole à Washington, DC, le 31 août 2018.

La dépouille du sénateur John McCain était exposée vendredi au Capitole à Washington, l'ex-candidat républicain à la présidentielle, au style franc-tireur, recevant ainsi un hommage solennel et rare.

Le grand absent de cette célébration, dépassant les clivages idéologiques, était le président Donald Trump, qui a toujours voué un mépris --réciproque-- à l'ancien pilote de chasse, prisonnier de guerre au Vietnam.

Pleine de gravité, la cérémonie a aussi connu des moments d'émotion, notamment dus à la présence de Roberta McCain, la mère du sénateur décédé. Agée de 106 ans, celle-ci a réconforté sa petite-fille, Meghan McCain, en lui tenant la main.

"John McCain a dominé notre époque, non seulement par ce qu'il a accompli mais par ce qu'il était et ce pour quoi il s'est battu toute sa vie", a déclaré le chef des républicains au Congrès, Paul Ryan.

Cet honneur rendu sous la coupole du Capitole est réservé aux grands personnages de l'histoire des Etats-Unis comme John F. Kennedy ou Rosa Parks, a-t-il souligné.

"Durant 35 ans, John (McCain) a oeuvré dans ces murs et sous cette coupole (du Congrès). Il s'est battu pour ses idées", a dit de son côté le vice-président Mike Pence, ajoutant que l'élu de l'Arizona serait regretté au Sénat.

Le cercueil de John McCain reposait sur un catafalque en bois façonné pour le président Lincoln. L'estrade historique était recouverte d'une étoffe noire, tandis qu'un drapeau en arrière-plan rendait hommage aux prisonniers et disparus de guerre.

M. Pence a représenté, avec le chef du Pentagone Jim Mattis et le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, le gouvernement Trump.

L'assemblée était également composée de sénateurs, élus de la Chambre et gouverneurs, démocrates et républicains, ainsi que de diplomates.

La rotonde du Capitole devait être ouverte au public à partir de 13h (17h TU), des personnes faisant la queue dès le matin.

Samedi, l'ex-président républicain George W. Bush et l'ex-président démocrate Barack Obama doivent prononcer un discours lors des obsèques en la cathédrale de Washington. Tous deux ont un jour mis fin aux ambitions présidentielles de John McCain : lors des primaires républicaines en 2000, puis à l'élection de 2008.

- Trump absent -

Le président Donald Trump a lui longuement attendu avant de finalement rendre un hommage direct lundi soir à celui qui fut l'un des rares à le critiquer ouvertement, et vertement, dans son camp.

L'homme d'affaires avait moqué le statut de héros de guerre de John McCain, forgé en cinq ans de captivité et tortures pendant la guerre du Vietnam. "J'aime les gens qui n'ont pas été capturés", avait lancé en 2015 Donald Trump, qui n'a pas fait le service militaire.

"Mal informé", "impulsif", Donald Trump excite les "tarés", avait déclaré John McCain.

Jusque dans un message posthume, lu lundi par son porte-parole, celui qui fut surnommé "le dernier lion du Sénat" avait défié le président, avec une critique à peine voilée mettant en garde les Etats-Unis contre les risques de la division.

- Le choix Palin -

John McCain n'a pas toujours fait consensus. Au Sénat, il fut un partisan farouche de la guerre d'Irak. Beaucoup lui reprochent aussi d'avoir choisi Sarah Palin comme colistière en 2008, candidate au style populiste qui annonçait la mouvance conservatrice du Tea Party et l'irruption de Donald Trump en politique.

Mais depuis son décès samedi à l'âge de 81 ans d'un cancer du cerveau, ce sont les hommages de tous bords politiques qui pleuvent aux Etats-Unis et au-delà.

Jeudi, l'ancien vice-président démocrate Joe Biden a salué dans un discours ému la mémoire de celui qu'il considérait comme "un frère". Il s'exprimait devant son cercueil recouvert du drapeau américain à Phoenix, capitale de l'Etat de l'Arizona qu'il représentait au Sénat.

La veille, plus de 15.000 personnes avaient défilé devant sa dépouille exposée au coeur du Parlement local.

L'enterrement, dans l'intimité familiale, est prévu dimanche au cimetière de l'Académie navale d'Annapolis, près de la capitale fédérale américaine.

Avec AFP

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Nouvelle fusillade en Californie, 4 morts et 6 blessés

La police dans un quartier de Fresno, Californie, après une fusillade, le 18 avril 2017.

Une nouvelle "fusillade de masse" a touché dimanche soir les Etats-Unis, provoquant la mort de quatre jeunes hommes et en blessant six autres lors d'une réunion de famille dans une résidence de la ville de Fresno (Californie).

Selon les premiers éléments de l'enquête, un ou plusieurs suspects ont pénétré dans une résidence où étaient rassemblées quelque 35 personnes, dont des enfants, pour suivre un match de football américain lors "d'une réunion de famille", a expliqué aux journalistes Michael Reid, responsable de la police de Fresno.

L'attaquant ou les attaquants ont ensuite "ouvert le feu dans le jardin, où se trouvaient la plupart des personnes, touchant par balles dix d'entre elles", a-t-il poursuivi.

Trois personnes sont mortes sur place, "tous des hommes de type asiatique âgés de 25 à 30 ans" et un quatrième, transporté dans un état critique à l'hôpital, a succombé à ses blessures.

Six autres personnes ont été plus légèrement blessées et leurs jours ne sont pas en danger, a souligné le policier.

Le ou les auteurs des coups de feu, encore non identifiés, sont en fuite et les enquêteurs tentaient de retrouver leur trace en examinant les images de vidéosurveillance et en interrogeant les nombreux voisins qui ont donné l'alerte en entendant les tirs, aux alentours de 18h00 heure locale dimanche (02h00 GMT lundi).

- Enfants et femmes présents -

"Dieu merci, aucun enfant n'a été touché car il y avait plusieurs enfants et femmes" mais ils étaient à l'intérieur de la maison, a précisé Michael Reid.

"Les dix victimes, décédées ou non, sont toutes des hommes âgés de 20 à 35 ans environ" et "tous se trouvaient hors de la maison, dans le jardin", a-t-il insisté.

"Nous ne connaissons pas encore exactement leur origine mais je pense qu'on peut dire d'Asie du sud-est ou d'Asie", a dit le responsable de la police de Fresno.

Interrogé par les journalistes sur les motivations possibles du crime, M. Reid a répondu que l'enquête s'attachait à la déterminer.

Il a toutefois jugé "très probable que le rassemblement ait été pris pour cible à dessein, nous ne savons pas encore pourquoi".

A ce stade de l'enquête, rien n'indique qu'il puisse s'agir d'une fusillade liée à des gangs, a-t-il souligné, qualifiant les faits de "violence absurde".

Un voisin a affirmé au journal Fresno Bee qu'une autre maison avait déjà essuyé des tirs la semaine dernière, provoquant l'émoi dans le quartier.

"Je ne me sens pas en sécurité dehors après la nuit tombée", a déclaré ce voisin, Choua Vang, affirmant songer à déménager.

Les Etats-Unis sont régulièrement endeuillés par de telles tueries de masse, qui relancent à chaque fois le débat sur la prolifération des armes à feu sans que la législation en la matière ait évolué de manière significative.

Le dernier drame en date, la semaine dernière, a également touché la Californie.

Un adolescent a ouvert le feu dans la cour de son lycée le jour de son anniversaire, tuant deux camarades âgés de 14 et 15 ans et blessant trois autres jeunes, près de Los Angeles.

Il a lui-même succombé à ses blessures après s'être tiré une balle dans la tête juste après avoir commis son geste, pour lequel il n'a laissé aucune explication.

Avec AFP

Passe d'armes en direct entre Trump et l'ex-ambassadrice à Kiev

L'ancienne ambassadrice américaine en Ukraine, Marie Yovanovitch, témoigne devant la commission du renseignement de la Chambre des représentants de Capitol Hill à Washington, le vendredi 15 novembre 2019, à l'occasion de la deuxième audience publique de mise en accusation.

L'ex-ambassadrice américaine à Kiev a jugé vendredi "intimidantes" les flèches décochées à son encontre par Donald Trump au moment même où elle livrait un témoignage édifiant au Congrès dans le cadre de l'enquête en destitution qui menace le président.

Les démocrates ont dénoncé une pression sur un témoin qui pourrait alimenter le dossier d'accusation contre le président des Etats-Unis, déjà soupçonné d'abus de pouvoir pour avoir demandé à l'Ukraine d'enquêter sur un de ses rivaux.

"Partout où Marie Yovanovitch est passée, les choses ont mal tourné", a tweeté Donald Trump une heure après le début de l'audition de la diplomate. "Elle a débuté en Somalie, et regardez comment ça s'est terminé", a-t-il ajouté en référence au chaos dans ce pays de la Corne de l'Afrique.

Mme Yovanovitch, diplomate depuis 33 ans jouissant d'une réputation de grande intégrité, avait été rappelée en urgence à Washington en mai sur ordre du président. Les démocrates le soupçonnent d'avoir voulu laisser le champ libre à des proches pour qu'ils puissent faire pression sur l'Ukraine.

Dans ses tweets, le président a défendu "son droit absolu" de choisir ses ambassadeurs.

A la Chambre des représentants, sa salve n'est pas passée inaperçue. L'élu démocrate Adam Schiff, qui dirige l'enquête contre le président, a lu ses messages et demandé à la diplomate de réagir.

Après un moment de recul, elle a pesé ses mots: "C'est très intimidant".

Lors d'une pause, Adam Schiff a dénoncé "une intimidation de témoin en direct", qui pourrait constituer une "entrave" à l'enquête.

Ce "n'était pas de l'intimidation de témoins, c'était juste l'opinion du président", a réagi la Maison Blanche. "J'ai le droit de m'exprimer", a renchéri le président devant la presse.

- "Forces de l'ombre" -

Donald Trump est visé par une procédure de destitution parce qu'il a demandé le 25 juillet à son homologue ukrainien d'enquêter sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020.

Dans cet appel, rendu public en septembre après l'intervention d'un lanceur d'alerte, il avait cité Mme Yovanovitch. "Il va lui arriver des choses", avait-il déclaré.

"J'ai été choquée" d'entendre ça", "Cela ressemblait à une menace diffuse", a-t-elle commenté vendredi.

La diplomate, restée très digne malgré une émotion évidente, a également confié avoir été perturbée par la campagne de dénigrement menée contre elle pendant des mois par l'avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani.

"Je n'ai pas compris pourquoi il m'attaquait", a-t-elle déclaré, en confiant s'être "inquiétée" de voir "le président et son fils" relayer ses attaques.

Jurant n'avoir "aucun parti-pris politique", Mme Yovanovitch a assuré que son rappel avait "porté un coup au moral" des diplomates américains à Kiev et dans l'ensemble du réseau américain.

Sans citer le secrétaire d'Etat Mike Pompeo, elle a critiqué les responsables du département d'Etat pour ne pas l'avoir défendue. "Dans le monde entier, les forces de l'ombre auront compris qu'il ne faut pas grand-chose pour obtenir la tête d'un ambassadeur", a-t-elle souligné.

Après cinq heures d'audition, ponctuées par des marques de respect unanimes pour l'ancienne ambassadrice, elle a quitté la salle sous des applaudissements nourris.

- Aide bloquée -

Les républicains n'ont pas mis en cause son intégrité, mais ont relevé qu'elle restait employée du département d'Etat à un poste prestigieux dans une université.

Ils l'ont assaillie de questions sur les affaires du fils de Joe Biden en Ukraine au moment où son père était vice-président des Etats-Unis. Elle a reconnu que cela "pouvait ressembler à un conflit d'intérêt".

Les parlementaires républicains ont également insisté sur le fait qu'elle n'avait aucun élément factuel à apporter à l'enquête, puisqu'elle avait quitté l'ambassade au moment des principaux épisodes contestés.

Elle n'a en effet rien pu dire sur une aide militaire de 400 millions de dollars destinée à l'Ukraine, qui avait été gelée sur ordre du président au début de l'été.

William Taylor, le chargé d'affaires qui l'a remplacée à Kiev, avait déclaré mercredi lors des premières auditions publiques au Congrès, avoir appris par l'entremise d'un autre ambassadeur que Donald Trump avait conditionné le déblocage des fonds à l'ouverture d'une enquête sur Joe Biden.

Le président nie avoir lié les deux et se dit victime d'une chasse aux sorcières". Compte-tenu de la majorité républicaine au Sénat, qui sera chargé de le juger, il devrait échapper à la destitution.

Mais sa très probable mise en accusation (impeachment) à la Chambre des représentants contrôlée par les démocrates jettera une ombre sur sa campagne.

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