Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

États-Unis

Les femmes et républicains aisés, déterminants pour les législatives américaines

Le Capitole à Washington, le 24 janvier 2017.

Les femmes et les républicains aisés joueront un rôle clé face aux fidèles supporteurs de Donald Trump dans les législatives américaines de novembre, favorables aux démocrates selon les sondeurs d'Ipsos qui affrontent, armés d'un nouvel outil, leur premier test après la victoire surprise du milliardaire en 2016.

L'arrivée de l'homme d'affaires à la Maison Blanche avait pris de court tout le secteur.

Afin d'obtenir cette fois une vision plus complète, Ipsos allie trois sources d'information : les sondages traditionnels, l'analyse d'experts de l'université de Virginie et des millions de messages postés sur les réseaux sociaux.

Le tout dans un nouvel outil accessible gratuitement en ligne et présenté mardi à Washington.

"Tout ceci est né de notre expérience en 2016", lorsque le républicain Donald Trump a battu la démocrate Hillary Clinton contre les prévisions, explique à l'AFP Cliff Young, responsable aux Etats-Unis des relations publiques de l'institut de sondages.

"De nombreuses organisations se sont trompées" car "le marché en général dépendait d'une seule source : les sondages".

"Nous avons légèrement surévalué" la démocrate dans les Etats indécis, poursuit-il, alors même que les sondages "tendent à sous-estimer les électeurs blancs peu diplômés dans les régions rurales", plus enclins à voter pour Donald Trump.

"Le mieux est d'utiliser plusieurs sources", conclut Cliff Young.

En plus de quelque 10.000 entretiens d'électeurs potentiels réalisés chaque semaine pour les sondages, le nouvel outil Ipsos passe donc au crible jusqu'à 5,5 millions de messages sur les réseaux sociaux chaque jour. S'y ajoutent les prévisions des experts en sciences politiques de l'université de Virginie.

Ipsos suit plus de 400 des scrutins prévus le 6 novembre, lorsque seront en jeu les 435 sièges de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat (35 sièges) à Washington --où les républicains sont majoritaires-- ainsi que les postes de gouverneurs dans 36 Etats.

"Une année fortement démocrate"

Tout indique que les démocrates peuvent reprendre la Chambre mais ils auront plus de difficultés au Sénat, où la majorité devrait pencher du côté républicain, selon Ipsos.

"Les trois méthodes suggèrent que ce sera une année fortement démocrate, la question restant de savoir : quelle taille aura la vague", avance Cliff Young.

Que penser alors du président américain qui prédit "une vague" républicaine ?

"C'est de la pure fantaisie", répond Cliff Young. "Il est traditionnel lors des élections de mi-mandat de voir le parti qui n'est pas à la Maison Blanche gagner des sièges au Congrès", ce scrutin étant considéré comme un "vote référendum" sur le président.

Trois groupes démographiques devraient déterminer l'issue des scrutins.

"D'abord et avant tout, les femmes" qui ont pu être repoussées par les scandales entourant Donald Trump. "Il y a un grand écart entre le soutien des femmes pour M. Trump et les démocrates", affirme Cliff Young.

Il faudra aussi observer les "classes moyennes et classes moyennes supérieures vivant dans les banlieues résidentielles". "Il s'agit souvent de fiefs républicains" où les électeurs sont en faveur des "baisses d'impôts, des politiques aidant les entreprises etc. Mais ils ont été rebutés par la conduite du président", poursuit-il.

Mais il ne faut pas oublier les supporteurs fidèles de Donald Trump, ajoute Cliff Young, pointant vers le taux très élevé de popularité du milliardaire chez les républicains, à plus de 80%.

Les minorités tendent à peu se mobiliser lors des élections de mi-mandat. "Mais qui sait cette année ?", reconnaît-il, alors que les schémas politiques traditionnels ont été ébranlés.

Du côté des réseaux sociaux, Ipsos analyse --grâce à des algorithmes complexes-- les conversations en ligne qui "nous servent à bien comprendre quels sont les sujets clés" pour les électeurs, précise Cliff Young.

En plus de la figure omniprésente du président Trump, trois questions dominent: l'immigration du côté des républicains, le système de santé, surtout chez les démocrates, et l'emploi.

Echaudés par l'ingérence russe dans la présidentielle américaine en 2016, les analystes d'Ipsos tentent également de détecter et d'écarter les "bots" --ou comptes automatisés-- parfois dirigés depuis l'étranger, explique Cliff Young.

"Ce que nous voulons vraiment comprendre, c'est ce que les vrais humains se disent".

Avec AFP

Toutes les actualités

Le président Donald Trump a reçu mercredi à la Maison Blanche son homologue turc Recep Tayyip Erdogan

Le président Donald Trump a reçu mercredi à la Maison Blanche son homologue turc Recep Tayyip Erdogan
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:53 0:00

Affaire ukrainienne: la première journée des auditions publiques au Congrès

Affaire ukrainienne: la première journée des auditions publiques au Congrès
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:55 0:00

Destitution de Trump: les moments marquants des premiers témoignages télévisés

William Taylor, ancien ambassadeur en Ukraine qui est désormais chargé d’affaires à Kiev, et George Kent, secrétaire d’Etat adjoint chargé des affaires européennes et eurasiennes, ont été entendus mercredi. (AP Photo/J. Scott Applewhite)

Une révélation, des attaques républicaines, un peu de géopolitique: deux diplomates américains ont été longuement entendus mercredi lors des premières auditions publiques au Congrès depuis le début de l'enquête en destitution de Donald Trump.

Voici les moments les plus marquants des témoignages télévisés de William Taylor, le plus haut diplomate de l'ambassade des Etats-Unis à Kiev, et George Kent, haut responsable du département d'Etat spécialiste de l'Ukraine:

- La priorité de Trump en Ukraine -

William Taylor a rapporté un échange parvenu à ses oreilles récemment, qui donne l'image d'un Donald Trump obsédé par ses intérêts politiques personnels.

Le 26 juillet, un jour après avoir demandé à son homologue ukrainien d'enquêter sur son rival politique Joe Biden, le président américain s'est entretenu par téléphone avec un de ses proches, l'ambassadeur auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland, qui se trouvait à Kiev.

Un des collaborateurs de M. Taylor, qui avait entendu les deux hommes discuter, avait ensuite demandé à M. Sondland ce que le locataire de la Maison Blanche pensait de l'Ukraine.

"L'ambassadeur Sondland a répondu que le président Trump s'intéressait davantage à l'enquête sur Biden" qu'à la situation dans ce pays, a révélé l'attaché d'affaires.

- "Témoin vedette" -

Plusieurs élus républicains ont reproché aux deux diplomates de n'avoir jamais parlé avec Donald Trump et d'extrapoler à partir de sources indirectes.

"Dans une phrase, on a six personnes impliquées dans quatre conversations", a ironisé Jim Jordan en interrogeant William Taylor: "Je ne peux pas y croire: vous êtes leur témoin vedette !"

"Je pensais avoir été clair quand j'ai dit que je n'étais pas ici pour prendre parti pour un camp ou un autre", a rétorqué l'ambassadeur sans se départir de son calme.

- Le canal "irrégulier" -

Les deux diplomates ont décrit comment un canal diplomatique "irrégulier" avait peu à peu pris le pas sur le canal "officiel" en Ukraine.

Ce canal, mis en place par l'avocat personnel de Donald Trump Rudy Giuliani, allait "à l'encontre" des intérêts américains dans ce pays", selon M. Taylor.

M. Giuliani "cherchait de quoi salir" Joe Biden, bien placé pour affronter Donald Trump lors de la présidentielle de 2020, a déclaré George Kent. "A la mi-août, il m'est apparu évident que ses efforts" "contaminaient désormais" les relations entre Kiev et Washington, a-t-il ajouté.

- Le fils Biden -

Le fils de Joe Biden, Hunter, est entré au conseil d'administration d'un groupe gazier ukrainien, Burisma, en 2014. Au même moment, son père, en tant que vice-président des Etats-Unis, s'est impliqué dans les efforts américains pour soutenir ce pays en pleine révolution.

Or, Donald Trump accuse Joe Biden d'avoir réclamé peu après le limogeage d'un procureur ukrainien pour protéger ce groupe d'une enquête de corruption.

George Kent a reconnu avoir signalé à la Maison Blanche que la nomination d'Hunter Biden risquait de créer "l'impression d'un conflit d'intérêt".

"Je n'ai toutefois jamais vu aucun effort américain pour protéger Burisma d'une enquête", a-t-il ajouté, en assurant qu'il n'existe "aucune" base pour soutenir les accusations du président.

- Les morts ukrainiens -

Tout au long de l'audition, les deux diplomates ont tenté de rappeler les enjeux du dossier pour l'Ukraine.

Les Etats-Unis ont suspendu au début de l'été une aide militaire de 400 millions de dollars destinée à ce pays, finalement débloquée à la mi-septembre. M. Trump est soupçonné de s'en être servi pour faire pression sur Kiev.

Or, cette aide était "cruciale pour la défense de l'Ukraine" engagée depuis cinq ans dans un conflit armé avec la Russie, a souligné M. Taylor.

Le diplomate a raconté s'être rendu la semaine dernière sur la ligne de front où un soldat ukrainien venait de mourir, laissant entendre que, sans cette aide, le bilan aurait pu être plus lourd.

Avec AFP

Trump : premières auditions publiques au Congrès américain

Trump : premières auditions publiques au Congrès américain
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:04:39 0:00

Les trottinettes électriques ont envahi la capitale américaine

Les trottinettes électriques ont envahi la capitale américaine
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:09 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG