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Une semaine d'hommages aux Etats-Unis pour John McCain

Le drapeau américain en berne au-dessus de la Maison-Blanche en l'honneur du sénateur John McCain, à Washington, le 26 août 2018.

Les Américains ont commencé dimanche à rendre hommage au sénateur républicain John McCain, décédé la veille. Ce pilote torturé pendant la guerre du Vietnam et candidat malheureux à la Maison Blanche incarnait aux yeux de beaucoup une politique moins brutale qu'à l'ère de Donald Trump.

Le sénateur de l'Arizona est mort à quelques jours de son 82ème anniversaire dans son ranch près de Sedona, après treize mois de lutte contre un cancer du cerveau. Il avait sept enfants. Sa famille et sa seconde épouse, Cindy, étaient à ses côtés.

Le programme des cérémonies en sa mémoire a été annoncé dimanche, et inclut plusieurs jours d'hommages, d'abord dans l'Arizona, puis dans la capitale américaine.

Son cercueil sera d'abord présenté mercredi au capitole de l'Arizona, Etat qu'il a représenté plus de 35 ans au Congrès. Les habitants pourront s'y recueillir pendant plusieurs heures. Un premier office aura lieu jeudi dans une église baptiste locale.

Puis il sera transporté à Washington, où le cercueil sera présenté vendredi au public dans la rotonde du Capitole, un honneur réservé aux grands personnages de l'histoire des Etats-Unis, comme John F. Kennedy, Ronald Reagan, Rosa Parks et quelques illustres sénateurs.

Les funérailles nationales auront lieu samedi à la grande cathédrale de la capitale américaine, en présence de nombreux élus et dignitaires américains et étrangers.

Les anciens présidents Barack Obama et George W. Bush, un démocrate et un républicain, devraient prononcer des éloges funèbres, à sa demande, selon le New York Times. Plusieurs médias avaient rapporté il y a plusieurs mois que le sénateur avait expressément demandé à ce que Donald Trump ne participe pas.

L'enterrement, dans l'intimité familiale, aura lieu dimanche au cimetière de l'Académie navale d'Annapolis, à une heure à l'est de Washington. C'est là qu'il suivit sa formation de pilote de la marine, et qu'il rencontra l'ami à côté duquel il sera enterré, l'ancien amiral Chuck Larson.

Trump silencieux

Dans l'Arizona, son Etat d'adoption, des anonymes ont apporté dimanche des fleurs devant sa permanence parlementaire à Phoenix, ainsi que devant la maison funéraire où sa dépouille repose.

"Nous voulions rendre hommage à un grand patriote américain, un grand héros américain", dit l'un d'eux, Michael Wilson.

"Quelle épopée", avait écrit le sénateur dans des mémoires publiés en mai. "J'ai vécu de grandes passions, vu des merveilles, j'ai fait la guerre et contribué à la paix. Je me suis fait une petite place dans l'histoire de l'Amérique et l'histoire de mon époque", écrivait-il.

Son départ réduit temporairement la majorité républicaine au Sénat à 50 sièges contre 49 pour l'opposition démocrate. Le gouverneur de l'Arizona nommera un successeur après les funérailles, a-t-il fait savoir dimanche, en attendant un scrutin en 2020.

Des photographies, des fleurs et des notes pour rendre hommage au sénateur américain John McCain devant son bureau de Phoenix, en Arizona, le 26 août 2018.
Des photographies, des fleurs et des notes pour rendre hommage au sénateur américain John McCain devant son bureau de Phoenix, en Arizona, le 26 août 2018.

"Patriote", "héros", "combattant", "non conformiste": les hommages rendus par l'ensemble de la classe politique du pays avaient pour point commun la carrière de l'homme au service de la nation.

Un hommage, pourtant, manque à l'appel : celui du président actuel des Etats-Unis.

Donald Trump -John McCain avait dit en 2016 qu'il ne voterait pas pour lui, ne cachant pas son mépris pour lui- a tweeté un bref message de condoléances, mais sans évoquer le parcours de l'homme.

"Mes condoléances et mon respect le plus sincère pour la famille du sénateur John McCain. Nos coeurs et nos prières sont avec vous !", a-t-il écrit.

"Il pardonnait facilement"

John McCain était l'un des rares élus du Congrès célèbres hors des frontières des Etats-Unis. De l'Europe au Pakistan, nombre de dirigeants étrangers ont salué sa mémoire.

De son vivant, John McCain n'a pas toujours été une figure consensuelle.

Aux primaires présidentielles de 2000, il cultiva une image de républicain centriste au fort franc parler, mais il échoua face à George W. Bush, plus en phase avec l'orthodoxie conservatrice.

Au Sénat, il fut partisan farouche de la guerre d'Irak et regretta le départ des troupes américaines, sous Barack Obama. Sa défense d'une hausse continue des dépenses militaires était critiquée à droite comme à gauche comme irresponsable budgétairement.

Il est aussi accusé d'avoir mis le pied à l'étrier aux précurseurs de la mouvance conservatrice populiste du Tea Party en choisissant comme colistière Sarah Palin, lorsqu'il fut candidat républicain à la Maison Blanche en 2008 --une décision qu'il finira par regretter.

Mais son engagement contre la torture, pour une réforme de l'immigration favorable aux sans-papiers et pour défendre une tradition politique de civilité l'ont au contraire vu transcender les divisions partisanes.

L'autre sénateur de l'Arizona Jeff Flake a raconté dimanche que, certes, son ancien collègue avait un caractère volcanique. "Mais il pardonnait facilement, passait à autre chose et préférait voir ce que ses adversaires avaient de bon. C'est une leçon bien utile dans la période actuelle", a-t-il dit sur ABC.

Avec AFP

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Pas de parti pris politique dans l'enquête russe du FBI

L'inspecteur général du Département américain de la Justice, Michael Horowitz (Archives-Reuters)

Le FBI a commis des erreurs lors de l'ouverture de l'enquête sur les soupçons de collusion entre l'équipe de campagne de Donald Trump et la Russie, mais aucun parti pris politique ne peut lui être reproché, a dit l'inspecteur général du département de la Justice dans un rapport publié lundi.

Le document rédigé par Michael Horowitz devrait apporter de l'eau au moulin du président mais aussi à celui de ses détracteurs démocrates dans le débat sur la légitimité de ces investigations.

L'inspecteur général a jugé que le FBI avait une raison légalement acceptable de demander à un juge l'autorisation de placer Carter Page, un conseiller de campagne de Donald Trump, sous surveillance.

Il a toutefois répertorié 17 erreurs et omissions "essentielles et fondamentales" dans la demande initiale présentée à la Cour de surveillance du renseignement étranger (FISA) et dans celles qui ont suivi. Ces erreurs, souligne-t-il, ont donné à l'affaire une tournure plus grave qu'elle ne le méritait.

Un avocat du FBI a notamment modifié un e-mail fourni dans le cadre d'une demande de renouvellement de l'autorisation, dans lequel il était écrit que Carter Page n'était "pas une source" de renseignement pour une autre agence gouvernementale américaine, or il agissait bien en tant que "contact opérationnel" d'une autre instance, explique l'inspecteur sans nommer l'agence en question.

Le FBI a ouvert son enquête pendant l'été 2016, avant l'élection de novembre que Donald Trump a remportée face à la démocrate Hillary Clinton. Elle a été reprise en mai 2017 par le procureur spécial Robert Mueller, ancien directeur du FBI, lorsque le président a limogé James Comey, son successeur à la tête de l'agence.

Ses investigations, dont les conclusions ont été remises en mars au secrétaire à la Justice William Barr, ont révélé que les autorités russes s'étaient effectivement ingérées dans la présidentielle de 2016 pour tenter de discréditer Hillary Clinton, mais les éléments qu'il a recueillis ne lui ont pas permis de confirmer les soupçons de collusion entre Moscou et le candidat républicain.

"Le rapport de l'inspecteur général indique maintenant clairement que le FBI a ouvert une enquête intrusive sur la campagne présidentielle américaine en se fondant sur les soupçons les plus minces", écrit William Barr dans un communiqué publié lundi.

Le rapport Horowitz ne sera pas le dernier sur le sujet. En mai, Barr a chargé John Durham, procureur fédéral du Connecticut, de vérifier si l'enquête était légalement justifiée.

Avec Reuters

Trump rencontrera le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov

Le président Donald Trump et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à la Maison Blanche à Washington, le mercredi 10 mai 2017. (Photo du ministère russe des Affaires étrangères via AP)

Donald Trump recevra mardi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, une rencontre qui sera scrutée avec attention tant les relations du président américain avec Moscou ont été marquées par d'innombrables controverses.

"Le président Trump rencontrera demain (mardi) le secrétaire d'Etat Mike Pompeo et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov pour évoquer l'état des relations bilatérales", a lundi à l'AFP un haut responsable de l'administration américaine sous couvert d'anonymat.

La dernière visite du ministre russe à la Maison Blanche, en mai 2017, avait fait couler beaucoup d'encre: son passage dans le Bureau ovale avait alimenté une polémique sur l'éventuelle divulgation par Donald Trump de documents confidentiels sur la Syrie.

Les photos de la rencontre, diffusées par l'agence russe d'Etat Tass et à laquelle avait aussi participé l'ambassadeur russe Sergueï Kysliak, montraient un M. Trump tout sourire face aux diplomates. Elles avaient provoqué de très vives réactions dans le camp démocrate qui dénonce de longue date la bienveillance de Donald Trump vis-à-vis de son homologue russe Vladimir Poutine.

La rencontre entre MM. Trump et Lavrov interviendra par ailleurs après celle lundi entre M Poutine et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky qui se sont rencontrés à Paris afin de relancer le processus de paix en Ukraine sous la houlette de la France et de l'Allemagne.

Après trois ans de paralysie des négociations pour tenter de mettre fin à la guerre dans l'est de l'Ukraine, la rencontre entre le maître du Kremlin, rompu aux rapports de force internationaux, et le jeune président ukrainien, un ancien comédien arrivé au pouvoir en mai, était très attendue. A l'issue de cette dernière, M. Poutine a salué un "pas important" vers une désescalade.

La guerre entre Kiev et les séparatistes pro-russes a fait plus de 13.000 morts dans le Donbass, bastion industriel de l'Est ukrainien, et un million de déplacés depuis 2014.

Avec AFP

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