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"Un patriote têtu": le geôlier de McCain pendant la guerre du Vietnam se souvient

Tran Trong Duyet, l'ancien directeur de la prison d'Hanoï, au Vietnam, le 3 janvier 2018.

Des décennies après, le geôlier vietnamien de John McCain se souvient des longues discussions sur la guerre avec le sénateur, décédé samedi à 81 ans des suites d'un cancer, mais pas des tortures évoquées par son prisonnier le plus célèbre.

"Il aimait discuter avec moi de la guerre. Bombarder le Vietnam était un crime de la part des Américains, soutenir le régime de Saïgon était une erreur, mais il ne voulait pas l'admettre", a raconté Tran Trong Duyet, 85 ans, ancien directeur de la prison de Hoa Lo à Hanoï, dans un entretien en janvier à l'AFP.

Le candidat malheureux à la présidentielle face à Barack Obama en 2008 avait gardé des séquelles physiques de la guerre du Vietnam, conséquences de fractures mal soignées et de tortures infligées en prison.

Le 26 octobre 1967, son chasseur A-4 Skyhawk est abattu par un missile sol-air de fabrication soviétique au-dessus d'Hanoï. McCain s'éjecte et s'abîme dans un lac au milieu de la ville. Lynché par la foule, ses deux bras et son genou droit sont cassés.

Il passe ensuite plus de cinq ans dans la prison surnommée le Hilton d'Hanoï.

"Il était si têtu, si déterminé, c'est pour cela que j'aimais discuter et me disputer avec lui", poursuit Tran Trong Duyet dans sa petite chambre d'Haiphong (nord-ouest), où des photos de prisonniers américains sont accrochés sur les murs.

"Nous avions des conversations intenses. Petit à petit, il a fini par reconnaître en partie que la présence américaine au Vietnam était une erreur", affirme-t-il encore.

Tran Trong Duyet, l'ancien directeur de la prison d'Hanoï, tient une photo des prisonniers américains, au Vietnam, le 3 janvier 2018.
Tran Trong Duyet, l'ancien directeur de la prison d'Hanoï, tient une photo des prisonniers américains, au Vietnam, le 3 janvier 2018.

"Mettre de côté leur haine"

Ses geôliers l'appelaient "Cai" (contraction familière de son nom de famille). Et même s'ils savaient que c'était un "enfant d'une famille respectable", il n'a bénéficié d'aucun traitement de faveur.

McCain a souvent raconté de son côté avoir reçu des soins très sommaires pour ses blessures, souffert de l'isolement et surtout subi des tortures.

Il a notamment relaté les séances où il était accroché pendant des heures à des cordes, dans ses mémoires, "Faith of my Fathers".

Duyet continue à nier les tortures: "les prisonniers étaient importants pour nous, ils pouvaient être utilisés dans les négociations avec les Etats-Unis".

Il reconnaît toutefois qu'il était compliqué en tant que responsable de la prison de faire comprendre à ses hommes qu'il était interdit de s'en prendre physiquement aux prisonniers.

"La difficulté pour moi était de gérer le personnel, leurs familles avaient parfois été tuées par les bombes américaines. Je devais leur expliquer qu'il fallait qu'ils mettent de côté leur haine", reconnaît-il.

Comme pour McCain, le conflit marqua un tournant dans la vie de Duyet qui s'était engagé auprès des communistes vietcongs dès ses 17 ans, alors que deux de ses frères avaient été tués pendant la guerre d'indépendance contre la France.

"C'est vraiment dommage qu'il ne soit pas devenu président des Etats-Unis. Cela aurait été bénéfique pour le Vietnam puisque le Vietnam lui a sauvé la vie", assure-t-il.

Joint samedi par l'AFP, Duyet s'est dit "attristé" par le décès de son ancien prisonnier. "Si vous le pouvez, adressez mes condoléances à sa famille", a-t-il ajouté.

Pendant les primaires républicaines, le président américain Donald Trump avait choqué en affirmant que McCain n'était pas un soldat héroïque puisqu'il avait été capturé.

Pourtant, pour Alvin Townley, auteur de "Defiant", livre sur les prisonniers de guerre américains détenus à Hoa Lo, "John McCain sera toujours le symbole du prisonnier de guerre américain, cette expérience est désormais inséparable du nom de John McCain et de sa personne".

Ce dernier est aussi célébré pour son rôle dans la réconciliation entre les deux pays, qui sont aujourd'hui des alliés.

McCain s'est rendu à plusieurs reprises au Vietnam depuis le rétablissement des liens diplomatiques en 1995, revenant même dans la prison - devenue une attraction touristique populaire - pour une rencontre avec un autre ancien geôlier.

"Son ouverture vers le Vietnam et la volonté de revisiter non seulement le pays mais son vécu ont certainement aidé à guérir beaucoup de blessures", ajoute Townley, interrogé par l'AFP.

Avec AFP

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Irréconciliables, républicains et démocrates débattent de la destitution de Trump

Un document officiel portant mention des chefs d'accusation retenus contre Donald Trump à Washington, le 10 décembre 2019.

Donald Trump, "dictateur" en devenir ou président qui honore ses promesses: démocrates et républicains sont restés campés sur leurs visions diamétralement opposées mercredi soir au Congrès américain, lors d'une étape décisive qui mènera certainement à sa mise en accusation historique.

La commission judiciaire de la Chambre des représentants, à majorité démocrate, s'est réunie pour débattre des deux chefs d'accusation retenus contre Donald Trump dans l'affaire ukrainienne: abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès.

Compte tenu de la majorité démocrate à la Chambre, Donald Trump devrait devenir le troisième président de l'histoire des Etats-Unis mis en accusation au Congrès, probablement avant Noël.

Mais il ne sera vraisemblablement pas destitué ensuite par le Sénat, seul habilité à le juger, car il est contrôlé par les républicains qui font bloc autour du milliardaire.

Deux mois d'enquête parlementaire et de longues heures de débats juridiques n'y ont rien fait: parmi la quarantaine de parlementaires siégeant à la commission, républicains et démocrates restent retranchés derrière les lignes de leurs partis.

Pour les démocrates, Donald Trump a abusé de ses pouvoirs en demandant, cet été, à l'Ukraine d'enquêter sur Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020. Il a fait pression sur Kiev, accusent-ils, en suspendant notamment à la même époque une aide militaire cruciale pour ce pays en conflit armé avec la Russie.

Les républicains, eux, font écho au président qui nie toute pression sur l'Ukraine. Ils accusent les démocrates de chercher, avec cette procédure "bidon", à se débarrasser d'un président qu'ils ne peuvent pas battre dans les urnes.

- Vote en commission attendu jeudi -

Donald Trump "a placé son propre intérêt au-dessus de notre sécurité, au-dessus de notre système d'élections libres et justes", a dénoncé le chef démocrate de la commission, Jerry Nadler.

"Si le président peut abuser de ses pouvoirs puis bloquer les demandes d'information du Congrès, alors le Congrès ne peut pas accomplir sa fonction de contrepoids face à l'exécutif... et le président devient un dictateur", a-t-il poursuivi, en référence au refus catégorique de la Maison Blanche de coopérer avec l'enquête du Congrès.

Cette procédure de destitution n'est qu'"une vendetta" menée depuis la victoire surprise de Donald Trump en novembre 2016, a répliqué le numéro deux républicain de la commission, Doug Collins.

"Les démocrates n'ont jamais accepté la volonté des Américains", a renchéri un autre républicain, Jim Jordan. "Ils ne peuvent pas supporter le fait que le président (...) fasse ce qu'il avait promis de faire".

Après presque quatre heures de déclarations, lors desquelles les parlementaires ont énoncé leurs positions, le débat a été ajourné jusqu'à jeudi à partir de 09H00 (14H00 GMT) pour étudier d'éventuels amendements.

Jerry Nadler a appelé les membres à débattre avec trois questions en tête:

- "Les preuves démontrent-elles que le président a commis ces actes?"

- "Relèvent-ils du niveau de crimes et délits majeurs" passibles d'une destitution selon la Constitution américaine?

- "Quelles sont les conséquences pour notre sécurité nationale, la protection de nos élections et notre pays si nous n'agissons pas?"

Au terme du débat, la commission devrait approuver les chefs d'accusation lors d'un vote, probablement jeudi soir.

Puis la Chambre votera en séance plénière sur ces chefs d'accusation, sans doute dès le début de semaine prochaine.

Avec AFP

Le Boeing 737 MAX ne revolera pas avant 2020

L'avion vedette de Boeing, le 737 MAX, ne revolera pas avant 2020, a prévenu mercredi le patron du régulateur aérien américain. Un coup dur pour le constructeur aéronautique confronté à de nouvelles révélations, lors d'une audition au Congrès, sur la fiabilité de l'appareil.

"Il y a un nombre de procédures, d'étapes importantes qui doivent être franchies et si vous faites le calcul, chacune de ces étapes va prendre du temps", a déclaré Steve Dickson, répondant à la question si son agence comptait encore certifier cette année le Boeing 737 MAX.

"Cela va s'étendre en 2020", a-t-il souligné sur la chaîne CNBC, réduisant à néant les espoirs de Boeing de voir le MAX remis en service, au moins aux Etats-Unis, au cours de ce mois de décembre.

Le 737 MAX est cloué au sol depuis mi-mars après deux accidents rapprochés ayant fait 346 morts.

Boeing, qui a menacé d'en suspendre la production en cas de prolongement de l'interdiction de vol, a assuré continuer à collaborer "étroitement" avec les régulateurs.

- Un accident tous les deux-trois ans -

L'agence fédérale de l'aviation (FAA), sous le feu des critiques pour avoir confié à Boeing la certification de certains systèmes clés du MAX, dont le logiciel MCAS, mis en cause dans les accidents, entend prendre son temps pour examiner en profondeur les changements apportés par Boeing à l'avion, a répété Steve Dickson.

D'autant qu'une enquête interne, conduite en novembre 2018 après l'accident d'un 737 MAX de la compagnie indonésienne Lion Air (189 morts) et dévoilée mercredi par le Congrès, a conclu qu'il pouvait y avoir un accident mortel impliquant cet avion tous les deux ou trois ans si des modifications n'étaient pas apportées au MCAS.

Le régulateur a toutefois laissé le MAX continuer à voler jusqu'à l'accident un peu plus de cinq mois plus tard d'un appareil du même type d'Ethiopian Airlines (157 morts).

- "Pouvez-vous admettre que c'était une erreur ?", a demandé à M. Dickson l'élu démocrate Hank Johnson, lors d'une audition ayant duré plusieurs heures.

- "Clairement, ce n'était pas satisfaisant", a simplement répondu M. Dickson.

"C'est la décision qui a tué les gens, dont ma fille" morte dans l'accident d'Ethiopian Airlines, a fustigé auprès de l'AFP Michael Stumo, père d'une victime. "C'est une grosse négligence".

"Nous avons immobilisé l'avion quand nous avons eu des données allant dans ce sens", a défendu par courriel un porte-parole de la FAA.

"Les mesures que Boeing et la FAA ont prises à l'époque (...) étaient en adéquation avec ce que prévoit la procédure en place", a renchéri un porte-parole de Boeing.

- Alertes ignorées -

La FAA et Boeing faisaient le pari que l'avionneur allait vite effectuer les modifications nécessaires et que des catastrophes pouvaient être évitées si les pilotes étaient informés de la marche à suivre en cas de dysfonctionnement du MCAS.

Dans les deux accidents, ce logiciel s'est activé après avoir reçu des informations erronées d'une des deux sondes AOA, s'est emballé malgré des tentatives des pilotes de le désactiver et a mis l'avion en piqué, selon les conclusions provisoires des enquêteurs.

Boeing avait conçu le MCAS parce qu'il avait repositionné les moteurs dans le MAX. Le but est d'éviter que les pilotes ne tirent trop sur le manche, et ce faisant conduisent au décrochage de l'avion faute de portance suffisante.

Suite aux accidents, l'avionneur a revu la conception du MCAS, lequel sera désormais moins puissant, ne s'activera que si les deux sondes d'incidence AOA, qui mesurent l'angle de vol de l'avion, lui envoient des informations concordantes et se désactivera si le pilote actionne la commande.

Edward Pierson, un ancien cadre de Boeing, a lui témoigné mercredi que ses multiples alertes sur des problèmes dans l'usine de production du MAX à Renton, près de Seattle, avant et après le premier crash avaient été ignorées.

"J'ai assisté à une usine en situation de chaos et ai fait part à la hiérarchie de mes inquiétudes sur la qualité de la production des mois avant le premier accident", a-t-il déclaré aux parlementaires. "J'ai encore fait part de mes craintes avant le second accident. Mais aucune mesure n'a été prise", a déploré cet ancien officier de la Marine américaine, qui a quitté Boeing en août 2018.

Il n'y avait pas par exemple, selon lui, suffisamment d'employés qualifiés, notamment des mécaniciens et des électriciens, face aux augmentations de cadences de production, de 47 à 52 appareils par mois en juin 2018, ensuite à 57 unités mensuelles dès 2019.

Sans y répondre, Steve Dickson, à la tête de la FAA depuis quatre mois, a expliqué que les dysfonctionnements apparus lors de la certification initiale du MAX en 2017 étaient dus à une "communication fragmentée" et à des données parcellaires.

"Nous devons améliorer le système", a-t-il prôné, affirmant que la certification du MAX modifié en était une opportunité.

Donald Trump confiant pour un second mandat

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L'éventuel procès de Trump sera la priorité du Sénat, assure son chef républicain

A gauche, le chef républicain Mitch McConnell, le président Donald Trump et House Speaker Nancy Pelosi.

Le procès de Donald Trump sera la priorité du Sénat début 2020 dans l'éventualité où l'"impeachment" du président américain est approuvé par la Chambre des représentants la semaine prochaine, a déclaré mercredi le chef des sénateurs républicains.

La commission judiciaire de la chambre basse, à majorité démocrate, devait se réunir mercredi soir pour débattre des deux chefs d'accusation retenus dans la procédure de destitution visant Donald Trump: abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès.

En cas d'approbation en commission, la Chambre des représentants pourrait voter en séance plénière dès la semaine prochaine. Le milliardaire deviendrait alors très probablement le troisième président américain de l'histoire mis en accusation au Congrès.

Le Sénat serait ensuite chargé de déterminer si le 45e président des Etats-Unis doit être destitué.

Pour destituer Donald Trump à la chambre haute, les démocrates ont besoin de deux tiers des votes, soit 67 voix sur 100. Or, les républicains contrôlent 53 sièges, et restent pour l'instant fidèles au président.

"Un procès au Sénat devra être notre premier sujet de travail en janvier", a déclaré mercredi le chef des sénateurs républicains Mitch McConnell.

Il a par ailleurs reproché aux démocrates de s'être précipités, établissant "la mise en accusation la moins minutieuse et la plus injuste dans l'histoire moderne".

"Si la Chambre (des représentants) poursuit sur cette route destructrice et nous envoie les articles de mise en accusation, le Sénat les étudiera après la nouvelle année et procédera à un procès équitable", a poursuivi l'élu du Kentucky.

Les démocrates ont ouvert en septembre une enquête en destitution après avoir appris que Donald Trump avait demandé à l'Ukraine d'enquêter sur Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020.

Après plus de deux mois d'enquête, l'opposition a accusé le président d'avoir abusé de son pouvoir pour parvenir à ses fins, notamment en gelant une aide militaire cruciale pour ce pays en conflit armé avec la Russie.

Deux chefs d'accusation contre Trump: abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès

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