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Droits des femmes en Afghanistan : les talibans ont-ils changé ?

Une jeune Afghane et son frère dans un camp de réfugiés à la périphérie d'Islamabad, le 1er février 2018.

Les talibans ont-ils changé d'attitude en matière de droits des femmes? Un engagement signé lundi soir par ses représentants suggère que oui mais beaucoup dépendra de l'interprétation donnée au texte, mettent en garde des militants.

Talibans et représentants de la société afghane se sont retrouvés dimanche et lundi à Doha pour une rencontre historique à l'issue de laquelle ils ont publié un communiqué commun dans lequel ils s'engagent à tracer une "feuille de route pour la paix" fondée sur l'ouverture d'un processus de paix contrôlé.

Le texte prévoit aussi de "garantir les droits des femmes dans les domaines politique, social, économique, d'éducation et de culture, conformément au cadre islamique des valeurs islamiques". La formulation retenue permet différentes interprétations selon la définition donnée aux "valeurs islamiques", mettent en garde des observateurs.

Lorsqu'ils étaient au pouvoir en Afghanistan de 1996 à 2001, les talibans avaient suscité l'indignation mondiale pour leurs pratiques brutales à l'égard des femmes. Ils leur interdisaient notamment l'accès à l'éducation, les confinaient à l'espace familial et les contraignaient à porter la burqa en public. Certaines avaient été lapidées pour des accusations d'adultère.

"Du temps des talibans, nos droits étaient entièrement respectés dans le cadre des valeurs islamiques", ironise la militante afghane Wazhma Frogh sur Twitter. "Quelle réussite à la réunion de Doha: un retour en arrière!", s'indigne-t-elle.

-"Rhétorique talibane classique"-

Heather Barr, une responsable de Human Rights Watch, relève-elle aussi que s'il peut sembler positif que les mots "droits des femmes" soient mentionnés dans le texte, "ce langage sur les droits des femmes à l'intérieur du cadre islamique relève de la rhétorique talibane classique".

Les insurgés "demeurent fondamentalement opposés à l'égalité des sexes. Donc les Afghanes assises à la table des négociations savent qu'elles mènent le combat de leur vie lorsqu'elles essaient de préserver la promesse d'égalité des sexes figurant dans la Constitution" afghane, souligne-t-elle.

L'inquiétude est d'autant plus vive que seules les versions de la résolution publiées en anglais et en langue darie comportent la référence aux droits des femmes. Une version du texte parue en pachtou, langue parlée par de nombreux talibans, n'en fait pas état.

La résolution a été publiée à l'issue d'une rencontre de deux jours à laquelle ont participé, outre les talibans, des membres du gouvernement et des élites politiques, dont des opposants, des représentants de la société civile et des médias ainsi que quelques femmes.

Les talibans répètent à présent qu'ils garantiront les droits des femmes s'ils reviennent au pouvoir, mais lient toujours ces droits aux valeurs de l'islam.

Dans certaines zones du pays actuellement sous leur influence, soit environ la moitié du territoire afghan, les fillettes peuvent à présent se rendre à l'école primaire. Mais elles sont tenues strictement à l'écart des garçons et leur cursus scolaire est fixé par les talibans.

Les lapidations et flagellations, de même que les crimes dits d'honneur restent fréquents.

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Les talibans ferment des dizaines de centres de santé en Afghanistan

Consultation à l'hôpital de Kaboul en Afghanistan le 17 juillet 2016.

Les talibans ont contraint des dizaines de centres de santé gérés par une ONG suédoise à fermer, a-t-elle annoncé mercredi, déplorant que des milliers de personnes se retrouvent privées de soins.

Les fermetures, qui concernent la province de Wardak, à l'ouest de Kaboul, concernent 42 des 77 centres de santé gérés par le Comité suédois pour l'Afghanistan (SCA), a précisé le SCA dans un communiqué.

"Ces fermetures affectent un nombre estimé à plus de 5.700 patients de manière quotidienne", a déploré l'ONG.

Empêcher des personnes d'accéder à des soins de cette manière "constitue une violation évidente des droits humains et du droit humanitaire international", souligne le directeur du SCA pour l'Afghanistan, Sonny Mansson.

"Nous exigeons la réouverture immédiate de tous les centres de santé et nous appelons vivement toutes les parties impliquées dans le conflit à s'abstenir d'actions de ce type qui mettent délibérément en danger la vie de civils", poursuit-il.

Les talibans n'ont de leur côté fait aucun commentaire, mais ont dans le passé fermé des centres de santé et bloqué des campagnes de vaccination contre la polio dans les zones sous leur contrôle.

Les hôpitaux et le personnel de santé ont fréquemment été pris pour cible au cours des dizaines d'années de conflit qui ont ravagé l'Afghanistan.

L'année dernière, les talibans avaient averti le Comité international de la Croix Rouge (CICR) qu'ils ne protégeraient plus ses employés, conduisant l'organisation à réduire nettement ses activités sur le sol afghan.

Donald Trump veut une enquête sur les liens de Google avec Pékin

Des smartphones Huawei devant le logo de Google Play le 20 mai 2019.

Donald Trump a laissé entendre mardi que son administration allait mener des investigations sur Google, récemment pris pour cible par le milliardaire Peter Thiel qui l'accuse d'être infiltré par les services de renseignements chinois.


"L'investisseur des tech, le milliardaire Peter Thiel pense que Google devrait faire l'objet d'une enquête pour trahison. Il accuse Google de travailler avec le gouvernement chinois", a tweeté le président républicain.

"Un type génial et brillant qui connaît ce sujet mieux que quiconque ! L'administration Trump va jeter un coup d'oeil!", a-t-il lancé.

Interrogé par l'AFP, Google a estimé que ces accusations étaient sans fondement.

"Comme nous l'avons déjà dit, nous ne travaillons pas avec les militaires chinois", a réagi le groupe.

Peter Thiel a suggéré dimanche que le FBI et la CIA devraient enquêter sur les infiltrations de Google par les services de renseignements chinois, selon des propos tenus lors d'une conférence à Washington et rapportés par Axios.

Il a notamment critiqué Google, maison mère d'Alphabet, pour son travail en Chine, affirmant que le géant des moteurs de recherche était "engagé dans la décision apparemment traître de travailler avec l'armée chinoise et non avec l'armée américaine", selon Axios.

Google a fermé son moteur de recherche en Chine en 2010, après avoir refusé la demande de Pékin de censurer certains résultats de recherches.

Mais son patron Sundar Pichai avait reconnu pour la première fois en octobre dernier que son moteur de recherches pourrait revenir en Chine, affirmant que celui-ci apporterait une "meilleure information" aux citoyens que la concurrence.

"Le haut management de Google estime-t-il avoir été infiltrée par les services de renseignement chinois ?", "c'est une question qui doit être posée par le FBI et la CIA", a estimé le milliardaire, cité par Axios.

Peter Andreas Thiel, entrepreneur américain d'origine allemande, est notamment le cofondateur du service de paiement en ligne PayPal avec Elon Musk.

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump s'en prend à Google. Le locataire de la Maison Blanche estime notamment que Google a un "parti pris" contre lui et ses partisans.

Plus tôt cette année, il avait en outre critiqué le géant de la technologie pour s'être retiré d'un grand contrat informatique du Pentagone avant d'assouplir son ton après avoir rencontré Sundar Pichai.

Google a des activités commerciales limitées en Chine, mais un rapport récent indique qu'un de ses scientifiques a participé à un projet de recherches pouvant avoir des applications civiles et militaires.

L'ONU prolonge de six mois sa mission d'observation au Yémen

Des policiers entrent dans l'enceinte de l'ambassade américaine, à Sanaa, Yémen, le 11 février 2015.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé à l'unanimité lundi de prolonger de six mois, jusqu'au 15 janvier, sa mission d'observation du cessez-le-feu à Hodeida, dans l'ouest du Yémen, en réclamant au secrétaire général "de déployer rapidement" l'ensemble de ses effectifs.

En vertu d'une résolution adoptée en fin d'année dernière, la mission peut comprendre jusqu'à 75 observateurs mais à peine une vingtaine d'entre eux seraient jusqu'à présent à pied d'oeuvre, selon l'ONU.

Le nouveau texte adopté lundi souligne que la mission de l'ONU doit notamment "surveiller le respect, par les parties, du cessez-le-feu dans la province de Hodeida et le redéploiement mutuel des forces à l'extérieur de la ville de Hodeida et des ports de Hodeida, de Salif et de Ras Issa".

Il précise que les observateurs doivent "collaborer avec les parties pour que la sécurité de la ville de Hodeida et des ports de Hodeida, de Salif et de Ras Issa soit assurée par les forces de sécurité locales, dans le respect de la loi yéménite".

En demandant au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, "de déployer rapidement l'ensemble de la Mission", le Conseil de sécurité réclame "aux parties à l'Accord sur Hodeida de fournir un appui à l'Organisation des Nations unies".

Pour ce faire, elles doivent notamment assurer "la sûreté et la sécurité du personnel de la Mission et l'entrée et la circulation dans le pays, sans entrave ni retard, du personnel et du matériel de la Mission, des vivres et des articles de première nécessité".

Prévu par des accords conclus à Stockholm fin 2018, un retrait des combattants de la ville portuaire de Hodeida a été longtemps retardé, pour cause de méfiance persistante entre les belligérants, gouvernement et rebelles. Ces derniers mois, les rebelles Houthis ont par ailleurs renâclé à fournir des visas aux observateurs de l'ONU stationnés au large sur un navire de l'ONU.

Lundi, à l'issue de deux jours de discussions entre les belligérants à bord d'un navire de l'ONU au large de Hodeida, les premières depuis février, un comité mis en place en vertu des accords de Suède a annoncé avoir convenu "d'un mécanisme et de nouvelles mesures pour renforcer le cessez-le-feu" à Hodeida.

Ce mécanisme sera mis en oeuvre au plus tôt avec le soutien de l'ONU, qui fait partie de ce Comité de coordination du redéploiement (des troupes) réunissant également des représentants du gouvernement yéménite et des rebelles, selon un communiqué.

L'émissaire de l'ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, a lui appelé à maintenir le pays à l'abri des tensions au Moyen-Orient lors d'une rencontre "productive" lundi avec le vice-ministre de la Défense saoudien Khaled ben Salmane à Jeddah, dans l'ouest saoudien.

"Nous avons discuté de comment maintenir le Yémen en-dehors des tensions régionales, des progrès dans la mise en oeuvre des accords de Stockholm et du soutien (de l'Arabie saoudite) au processus de paix", a tweeté M. Griffiths.

L'émissaire a également rencontré le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi à Ryad.

"Je viens tout juste de sortir d'une réunion avec le président Hadi. Je suis reconnaissant de son engagement et de celui de son gouvernement envers l'accord de Stockholm et de son soutien personnel pour trouver une solution politique au conflit au Yémen", a tweeté M. Griffiths.

Il s'agit de la première rencontre entre l'émissaire et M. Hadi, depuis que ce dernier l'a accusé en mai de prendre le parti des Houthis et de leur permettre de rester à Hodeida.

M. Hadi avait alors dit dans une lettre adressée à M. Guterres donner "une dernière chance" à M. Griffiths pour mettre en oeuvre la trêve conclue en décembre.

Opposant les Houthis, soutenus par Téhéran, aux forces gouvernementales, appuyées par une coalition militaire emmenée par Ryad, le conflit au Yémen a fait en quatre ans des dizaines de milliers de morts, dont de nombreux civils, selon diverses organisations humanitaires. Environ 3,3 millions de personnes sont déplacées.

Les accords de Suède sont fragilisés depuis que les rebelles yéménites ont intensifié ces dernières semaines les attaques de drones et les tirs de missiles contre le royaume saoudien.

Lundi soir, la coalition a indiqué dans un communiqué avoir intercepté et abattu des drones lancés pas les rebelles Houthis sur la ville de garnison Khamis Mushait, dans le sud-ouest saoudien frontalier du Yémen.

Seuls des "dégâts mineurs" sur un immeuble résidentiel et sur des véhicules ont été rapportés par la coalition.

Ryad accuse régulièrement l'Iran de soutenir militairement les rebelles houthis, ce que Téhéran dément.

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