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Nigeria

Dans Lagos confinée, la criminalité et la peur gagnent

Des employés inspectent la production de désinfectants pour les mains dans l'usine de Cormart pour prévenir la propagation de la maladie à coronavirus (COVID-19), à la périphérie de Lagos, au Nigéria, le 19 mars 2020. REUTERS / Temilade Adelaja

Christian n'a pas fermé l'oeil de la nuit. Lundi soir, quelques heures avant l'annonce de la prolongation du confinement dans l'immense mégalopole de Lagos, une centaine de jeunes armés de machettes et de couteaux sont venus piller son quartier, à la recherche de nourriture et d'argent.

"Ils sont arrivés vers 16 heures, tout le monde a fui et je suis parti me réfugier chez moi", raconte Christian, habitant d'Alimosho, quartier populaire situé derrière l'aéroport de la capitale économique du Nigeria.

"Mais à la nuit tombée, avec une trentaine d'hommes de ma rue, on a rassemblé des couteaux, tout ce qu'on pouvait trouver, et on a fait des barricades de feu avec des pneus pour les empêcher de revenir", poursuit-il la voix encore nouée par la fatigue et l'émotion.

Il y a encore deux semaines, ce père de famille était chauffeur de bus. La nuit dernière, il s'est transformé en "milicien" pour protéger sa famille: "depuis hier, on n'a pas vu un seul véhicule de police", assure-t-il.

Dans de nombreux quartiers populaires de Lagos, capitale économique du Nigeria de 20 millions d'habitants, l'immense majorité de la population dépend de l'économie informelle pour se nourrir.

Mais pour lutter contre la propagation de l'épidémie de coronavirus qui a fait pour l'instant 10 morts dans le pays, plusieurs Etats, dont celui de Lagos et son voisin d'Ogun, ont adopté des mesures de confinement très strictes qui empêchent toute activité économique non essentielle.

- Braqués en plein jour -

Quelques heures seulement avant la fin de la première phase de 14 jours, qui devait s'achever lundi soir, le président Muhammadu Buhari a annoncé une prolongation de deux semaines supplémentaires, dans un climat social extrêmement tendu et une hausse des actes de criminalité.

L’Inspecteur général de la police a "ordonné le déploiement immédiat" de forces de sécurité dans les Etats de Lagos et d'Ogun.

"191 suspects ont été arrêtés en relation avec les incidents", a-t-il assuré dimanche soir.

Mais Chioma Okoro se désespère de voir la police dans son quartier d'Agege-Dopemu, non loin d'Alimosho. "Ca fait des jours qu'on les appelle, ils ne viennent pas", témoigne la jeune femme.

"Dès qu'on passe la porte de la maison pour aller acheter à manger, on a peur", confie-t-elle à l'AFP. "Si on va retirer de l'argent au distributeur, on risque de se faire braquer en plein jour. Si on va au marché, on surveille derrière nous, pour voir si quelqu'un nous suit".

La nuit dernière, elle a entendu des échanges de tirs. "J'ai eu très peur", avoue-t-elle.

A Agbado, à la frontière entre les Etats de Lagos et d'Ogun, des résidents dressent des barricades de la tombée de la nuit jusqu'au lever du jour et s'arment de couteaux, de hâches et de barres de fer pour dissuader les criminels.

"Ce sont des +cultistes+, ces gangs qui terrorisent les communautés, qui profitent du confinement pour nous voler et violer nos femmes", explique Alhaji Mufu Gbadamosi, le chef traditionnel du quartier.

- Voler pour manger -

L'un de ses hommes, Dotun Alabi, a arrêté deux "gamins" pendant le weekend de Pâques alors qu'ils cambriolaient une maison. "Ils nous ont dit qu'ils cherchaient quelque chose à manger".

Dans son allocution télévisée, le chef de l'Etat a annoncé qu'il étendrait la "liste des foyers bénéficiant des aides d'Etat de 2,6 millions de foyers à 3,6 millions dans les deux prochaines semaines".

Le gouvernement a également promis de distribuer 70.000 tonnes de céréales "à ceux qui en ont le plus besoin".

Mais ces mesures sont insignifiantes dans un pays de près de 200 millions d'habitants, qui compte le plus grand nombre de personnes au monde vivant sous le seuil de l'extrême pauvreté (plus de 87 millions en 2018) selon l'organisation World Poverty Clock.

Christian n'a pas fermé l'oeil de la nuit. Lundi soir, quelques heures avant l'annonce de la prolongation du confinement dans l'immense mégalopole de Lagos, une centaine de jeunes armés de machettes et de couteaux sont venus piller son quartier, à la recherche de nourriture et d'argent.

"Ils sont arrivés vers 16 heures, tout le monde a fui et je suis parti me réfugier chez moi", raconte Christian, habitant d'Alimosho, quartier populaire situé derrière l'aéroport de la capitale économique du Nigeria.

"Mais à la nuit tombée, avec une trentaine d'hommes de ma rue, on a rassemblé des couteaux, tout ce qu'on pouvait trouver, et on a fait des barricades de feu avec des pneus pour les empêcher de revenir", poursuit-il la voix encore nouée par la fatigue et l'émotion.

Il y a encore deux semaines, ce père de famille était chauffeur de bus. La nuit dernière, il s'est transformé en "milicien" pour protéger sa famille: "depuis hier, on n'a pas vu un seul véhicule de police", assure-t-il.

Dans de nombreux quartiers populaires de Lagos, capitale économique du Nigeria de 20 millions d'habitants, l'immense majorité de la population dépend de l'économie informelle pour se nourrir.

Mais pour lutter contre la propagation de l'épidémie de coronavirus qui a fait pour l'instant 10 morts dans le pays, plusieurs Etats, dont celui de Lagos et son voisin d'Ogun, ont adopté des mesures de confinement très strictes qui empêchent toute activité économique non essentielle.

- Braqués en plein jour -

Quelques heures seulement avant la fin de la première phase de 14 jours, qui devait s'achever lundi soir, le président Muhammadu Buhari a annoncé une prolongation de deux semaines supplémentaires, dans un climat social extrêmement tendu et une hausse des actes de criminalité.

L’Inspecteur général de la police a "ordonné le déploiement immédiat" de forces de sécurité dans les Etats de Lagos et d'Ogun.

"191 suspects ont été arrêtés en relation avec les incidents", a-t-il assuré dimanche soir.

Mais Chioma Okoro se désespère de voir la police dans son quartier d'Agege-Dopemu, non loin d'Alimosho. "Ca fait des jours qu'on les appelle, ils ne viennent pas", témoigne la jeune femme.

"Dès qu'on passe la porte de la maison pour aller acheter à manger, on a peur", confie-t-elle à l'AFP. "Si on va retirer de l'argent au distributeur, on risque de se faire braquer en plein jour. Si on va au marché, on surveille derrière nous, pour voir si quelqu'un nous suit".

La nuit dernière, elle a entendu des échanges de tirs. "J'ai eu très peur", avoue-t-elle.

A Agbado, à la frontière entre les Etats de Lagos et d'Ogun, des résidents dressent des barricades de la tombée de la nuit jusqu'au lever du jour et s'arment de couteaux, de hâches et de barres de fer pour dissuader les criminels.

"Ce sont des +cultistes+, ces gangs qui terrorisent les communautés, qui profitent du confinement pour nous voler et violer nos femmes", explique Alhaji Mufu Gbadamosi, le chef traditionnel du quartier.

- Voler pour manger -

L'un de ses hommes, Dotun Alabi, a arrêté deux "gamins" pendant le weekend de Pâques alors qu'ils cambriolaient une maison. "Ils nous ont dit qu'ils cherchaient quelque chose à manger".

Dans son allocution télévisée, le chef de l'Etat a annoncé qu'il étendrait la "liste des foyers bénéficiant des aides d'Etat de 2,6 millions de foyers à 3,6 millions dans les deux prochaines semaines".

Le gouvernement a également promis de distribuer 70.000 tonnes de céréales "à ceux qui en ont le plus besoin".

Mais ces mesures sont insignifiantes dans un pays de près de 200 millions d'habitants, qui compte le plus grand nombre de personnes au monde vivant sous le seuil de l'extrême pauvreté (plus de 87 millions en 2018) selon l'organisation World Poverty Clock.

"Le gouvernement doit mettre en place des mesures qui allient les efforts de santé publique pour empêcher la pandémie de se propager et empêcher que les plus pauvres et les plus vulnérables ne voient leur vie détruite", note un communiqué d'Human Rights Watch publié mardi.

HRW rappelle que le Nigeria, premier producteur de pétrole d'Afrique, est également sa plus grande économie avec un PIB par habitant de 2.028 dollars en 2018, "plus du double de ses voisins béninois, tchadien ou nigérien".

La situation est d'autant plus inquiétante que la faim et la criminalité semblent se diffuser dans tous les quartiers de la mégalopole.

A Obalende, un grand marché où travaille et vit la petite classe moyenne, les vols à la tire deviennent de plus en plus courants.

Beauty David, commerçante du quartier en a fait les frais il y a quelques jours. Malgré le confinement, elle vend quelques tongs sur un morceau de trottoir.

"Ils nous disent de rester à la maison encore deux semaines", s'emporte-t-elle. "Mais sans argent, comment peut-on faire? On va mourir, on est en train de mourir."

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Les centaines d'adolescentes enlevées au Nigeria ont été libérées

Les écolières nigérianes qui avaient été enlevées après leur libération, au gouvernorat de l'État de Zamfara, le 2 février 2021

Les centaines d'adolescentes enlevées vendredi dernier dans leur pensionnat de Jangebe dans le nord-ouest du Nigeria ont été libérées et sont mardi matin dans les locaux du gouvernement de Zamfara, a annoncé à l'AFP le gouverneur de cet Etat Dr. Bello Matawalle.

"Dieu soit loué ! Je suis heureux d'annoncer la libération des élèves enlevées du lycée GGSS Jangebe", a-t-il écrit sur son compte Twitter.

"Le nombre total de filles enlevées dans l'école est de 279, elles sont toutes ici avec nous, nous remercions Allah", a ajouté le gouverneur.

Les autorités avaient initialement affirmé que 317 jeunes filles manquaient à l'appel après l'attaque de ce pensionnat dans l'Etat de Zamfara dans le nuit de jeudi à vendredi par des hommes armés.

Un journaliste de l'AFP a pu voir des centaines de jeunes filles, portant un hijab de couleur bleu ciel, réunies à la maison du gouvernement.

Il s'agissait de la quatrième attaque d'écoles en moins de trois mois dans le nord-ouest du Nigeria, où des groupes criminels, appelés "bandits", multiplient les vols de bétail à grande échelle et pratiquent les enlèvements contre rançon depuis plus de dix ans.

Les autorités de Zamfara ont l'habitude de discuter avec les groupes criminels avec lesquels ils négocient depuis plus d'un an des accords d'amnistie en échange de la remise de leurs armes.

Ce sont les responsables de l'Etat de Zamfara qui avaient d'ailleurs négocié la libération en décembre dernier de 344 garçons qui avaient été enlevés par des bandits de leur pensionnat dans l'Etat voisin de Katsina.

A chaque libération, les autorités nient payer une quelconque rançon aux ravisseurs, mais cela fait pourtant peu de doute pour les experts en sécurité qui craignent que cela ne mène à une multiplication des enlèvements dans ces régions minées par l'extrême pauvreté et peu ou pas du tout sécurisées.

Ce nouvel enlèvement de masse avait ravivé le souvenir du rapt de Chibok en 2014, lorsque le groupe jihadiste Boko Haram avait enlevé 276 lycéennes, suscitant une émotion mondiale.

Pus d'une centaines d'entre elles sont encore portées disparues et personne ne sait combien sont toujours vivantes.

Mais ces deux enlèvements sont à distinguer: les "bandits" agissent avant tout pour l'appât du gain, et non pour des raisons idéologiques, même si certains ont tissé des liens avec les groupes jihadistes dans le nord-est.

Des insurgés attaquent une base de l'ONU au Nigeria

Des soldats nigérians patrouillent dans l'Etat de Borno, près de Marte, au Nigeria, le 5 juin 2013.

Des jihadistes liés à l'Etat islamique (EI) dans le Nord-Est du Nigeria ont attaqué lundi une base de l'ONU dans le ville de Dikwa et tentaient dans la soirée de pénétrer dans un espace sécurisé où se sont réfugiés 25 travailleurs humanitaires, selon des sources sécuritaire et humanitaire.

Des combattants du groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) ont envahi Dikwa lundi soir, attaquant un camp militaire et une base de l'ONU, ont affirmé à l'AFP un responsable de l'armée et une source humanitaire sous couvert de l'anonymat.

"Les terroristes de Iswap ont lancé une attaque simultanée sur un super camp (base militaire) et sur une base humanitaire de l'ONU", selon la source militaire.

"La base des humanitaires a été incendiée par les combattants mais jusqu'ici aucun employé n'a été touché", a déclaré à l'AFP la source humanitaire.

"Nous avons 25 employés qui ont trouvé refuge dans un bunker, que les insurgés tentent actuellement d'envahir", a-t-elle précisé, confirmant des informations du responsable de l'armée.

Des renforts militaires basés dans la ville de Marte, à 40 kilomètres, ont été dépêchés sur place pour aider à repousser les jihadistes, a précisé la source humanitaire.

"Deux avions et un hélicoptère apportent un soutien aérien, afin de faire fuir les jihadistes de la base humanitaire", a-t-on ajouté.

Il y a trois ans, le 1er mars 2018, des combattants de Iswap avaient attaqué une base de l'ONU dans la ville de Rann, dans le nord-est du Nigeria.

Huit membres des forces de sécurité avaient été tués ainsi que trois employés nigérians de l'Unicef et de l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM).

Le nord-est du Nigeria est en proie à un conflit meurtrier depuis 2009 et le lancement d'attaques par les islamistes de Boko Haram.

En 2016, le groupe s'est scindé, avec d'un côté la faction historique et de l'autre, l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), reconnu par le groupe Etat islamique.

Un conflit qui s'enlise

Le conflit, qui a fait plus de 36.000 personnes ont été tuées, et plus de deux millions de déplacés depuis 2009, s'enlise.

Le 15 février dernier, des combattants de Iswap avaient pris le contrôle de la ville stratégique de Marte, d'où sont partis les renforts lundi soir, après avoir submergé des soldats en garnison. Les militaires avaient repris le contrôle de la ville une semaine plus tard.

Cette même semaine, l'autre groupe jihadiste, Boko Haram, avait également attaqué au mortier Maiduguri, la capitale régionale de l'Etat du Borno, épicentre de la révolte. Cette attaque avait fait au moins 16 morts et des dizaines de blessés.

Depuis la fin de l'année 2020, les attaques meurtrières se sont intensifiées dans la région, poussant le président Muhammadu Buhari, sous le feu des critiques, à remplacer fin janvier les quatre principaux chefs de l'armée.

Le président, ancien général putschiste dans les années 1980, avait été élu en 2015 sur la promesse d'écraser cette rébellion jihadiste.

Mais six ans plus tard, les groupes Boko Haram et Iswap contrôlent toujours de vastes zones rurales ainsi que des routes stratégiques, où ils multiplient attaques et enlèvements de soldats, de civils et de membres d'ONG.

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