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Mali

Au moins 37 morts dans l'attaque d'un village peul

Un soldat de la mission des Nations unies au Mali, à Mopti, Mali, 30 mai 2018.

Au moins 37 civils ont été tués mardi matin dans l'attaque d'un village peul du centre du Mali, menée par des chasseurs traditionnels dozos, a annoncé le gouvernement malien.

Le gouvernement "informe l'opinion nationale et internationale d'une attaque ayant fait 37 morts sur le village peul de Koulogon, commune de Koulogon Habé, dans le cercle de Bankass (région de Mopti)", dans un communiqué officiel publié mardi soir qui précise que "des hommes armés habillés en tenue de chasseurs traditionnels dozos" ont mené cette attaque.

"Outre les 37 morts enregistrés, tous des civils, le bilan fait état de plusieurs blessés et de nombreuses habitations incendiées", a poursuivi le gouvernement.

Attaque dans un village peul
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"Le gouvernement donne l'assurance que les auteurs des crimes seront punis avec toute la rigueur de la loi et appelle l'ensemble des communautés de la zone centre au calme", a-t-il ajouté.

Un précédant bilan établi par des sources parlementaire et de sécurité faisait état de 33 Peuls tués lors de cette attaque menée, selon elles, par des chasseurs dogons.

Depuis l'apparition il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe jihadiste du prédicateur peul Amadou Koufa, les violences se multiplient entre les Peuls, traditionnellement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon, pratiquant majoritairement l'agriculture.

Ces violences intercommunautaires ont fait plus de 500 morts civils en 2018, selon l'ONU.

Amadou Koufa a été tué fin novembre dans une opération militaire française soutenue par l'armée malienne, selon Paris et Bamako.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l'armée face à la rébellion à dominante touareg, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.

Les jihadistes ont été en grande partie chassés du nord du Mali ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire, qui se poursuit actuellement.

Cependant, les violences jihadistes ont non seulement persisté, mais se sont propagées du nord vers le centre et le sud du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires.

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A Ménaka, dans le nord du Mali, les armes ont commencé à se taire

Des combattants d'un groupe armé local Gatia et du groupe armé pro-gouvernemental Mouvement de Salut de l'Azawad, se rassemblent devant leur siège dans la ville de Menaka le 21 novembre 2020.

Perdue dans le désert du nord-est malien, la ville de Ménaka, au coeur d'une région minée par l'insécurité, connaît depuis quelques semaines une "paix relative" grâce à l'opération "Ménaka sans armes", fruit d'une coopération encore fragile entre militaires maliens et étrangers et divers mouvements armés longtemps rivaux.

Proche de la frontière nigérienne, à 1.500 km de Bamako, Ménaka était tombée en 2012, avec le reste du nord du Mali, sous la coupe d'une coalition formée par la rébellion à dominante touareg et des mouvements islamistes, début d'une spirale de violences dans laquelle l'immense pays sahélien est toujours plongé.

Les islamistes avaient rapidement évincé les rebelles et instauré la charia (loi islamique) dans les villes conquises, avant d'en être chassés par une opération militaire internationale initiée par la France en 2013.

Signataires d'un accord de paix en 2015 avec le gouvernement, ex-rebelles indépendantistes et groupes armés pro-Bamako se sont disputés depuis lors le contrôle de Ménaka, qui a changé de mains à plusieurs reprises.

Malgré l'accord de paix, jusqu'il y a peu, il régnait entre ces groupes une "ambiance digne de 'règlement de comptes à OK Corral'" dans et autour de Ménaka, souligne un diplomate en poste à Bamako.

Trafics en tous genres, fusillades et cambriolages rythmaient la vie des quelque 20.000 habitants (recensement 2009) de la ville. La région demeure un bastion de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique.

"On ne dormait pas"

Depuis le lancement en septembre de l'opération "Ménaka sans armes", une "paix relative" s'est toutefois installée à Ménaka, estime un représentant de la société civile locale, Alhousseni Aghaly.

"Avant, les gens ne dormaient pas, ne savaient pas à quoi s'en tenir ni à quel saint se vouer. Maintenant, on arrive à dormir, même si la peur persiste", a-t-il confié à un correspondant de l'AFP.

Cette opération, lancée peu après le coup d'Etat militaire qui a renversé mi-août le président Ibrahim Boubacar Keïta, fait coopérer de manière inédite l'ensemble des forces en présence, à l'exception des groupes jihadistes, pour sécuriser la ville et ses abords.

Bénéficiant du soutien de la force antijihadiste française Barkhane et de la Mission de l'ONU (Minusma), elle représente l'application d'un pan essentiel des accords de paix de 2015, jamais réellement mis en oeuvre.

Cette fois, un équilibre semble avoir été trouvé.

L'armée malienne et les Casques bleus de l'ONU patrouillent en ville. Quant aux combattants du Mouvement pour le salut de l'Azawad (MSA), du "Gatia", autre groupe pro-gouvernemental, et d'autres éléments de groupes signataires ex-rebelles, ils tiennent une dizaine de check-points aux alentours de Ménaka.

"On a mis une ceinture tout autour de Ménaka pour que tout ce qui entre ou sort puisse être contrôlé", explique Moussa Ag Acharatoumane, le leader du MSA.

"Intérêts convergents"

Pourtant, Ménaka est encore loin d'être "sans armes".

Sur leurs pick-ups ou juchés par dizaines sur le toit d'un bâtiment en bordure de la ville, les combattants du MSA, turban sur la tête, tout comme les membres du Gatia, exhibent leurs fusils-mitrailleurs et leurs lance-roquettes.

De même, il ne faut pas trop tenir compte des motos qui contournent les check-points mis en place par l'opération, ni les tranchées annoncées par la Minusma qui n'ont pas (encore) vu le jour.

Pour le maire de Ménaka, Nanoute Koteya, dans un climat tendu, le plus important est bien ce début d'entente entre les ex-rebelles et les progouvernementaux, et leur cohabitation avec les Forces armées maliennes.

"Ce qu'il manquait commence à arriver", se réjouit-il.

"Il faudra voir ce que ça donne sur le long terme", nuance un notable local.

Cette cohésion apparente relève en grande partie d'une "convergence d'intérêts", ajoute le diplomate en poste à Bamako.

En se montrant à son avantage à Ménaka, l'armée malienne gagne en légitimité dans une région où elle a surtout connu de sévères humiliations.

Les dirigeants du MSA et du Gatia espèrent, de leur côté, faire valoir leur poids auprès des autorités de transition en place à Bamako et se renforcer sur la scène politique locale, souligne Adam Sandor, chercheur à l'organisme de recherche canadien Centre FrancoPaix.

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