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Plus de 300 migrants secourus par une ONG attendus en Espagne

Une partie des 300 migrants sauvés par l'ONG espagnole Proactiva Open Arms à 72 km d'Al Khums, en Lybie le vendredi 21 décembre 2018. (AP Photo / Olmo Calvo)

Plus de 300 migrants secourus il y a une semaine au large de la Libye par une ONG espagnole doivent débarquer vendredi matin dans un port du sud de l'Espagne, alors que l'Italie et Malte les ont refusés.

L'arrivée de ce bateau de l'ONG Proactiva Open Arms dans le port de Crinavis, sur la commune de San Roque dans la baie de Gibraltar, est prévue à 08H00 locales (07H00 GMT), a indiqué l'ONG jeudi soir sur son compte Twitter.

Une fois sur la terre ferme, ces 310 migrants, originaires notamment de Somalie, du Nigeria ou du Mali, seront accueillis par la Croix-Rouge qui leur fournira vêtements, nourriture et assistance médicale si nécessaire.

La police procèdera ensuite à leur identification avant qu'ils puissent être dirigés vers des lieux d'accueil. Au total, la procédure prendra "plusieurs heures", indique-t-on au sein de la Croix Rouge.

Secourus le 21 décembre à bord de trois embarcations précaires, ces migrants avaient été autorisés à débarquer en Espagne le lendemain par le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez, après avoir été refusés par l'Italie et Malte. Selon Madrid, la Libye, la France et la Tunisie n'avaient quant à elles pas répondu à la demande de l'ONG après la fin de non-recevoir opposée par l'Italie.

- Noël à bord -

Si Malte a refusé l'accès de ses ports au navire, une femme et un bébé, né sur une plage libyenne quelques jours avant la traversée, ont en revanche pu être évacués samedi sur l'île en hélicoptère. Un mineur a par ailleurs été emmené vers l'île italienne de Lampedusa.

Depuis le feu vert accordé par Madrid, ces migrants ont entrepris une traversée d'une semaine pour rejoindre l'Espagne. Ils ont fêté Noël à bord de l'Open Arms, comme en ont témoigné les photos publiées par l'ONG.

Un autre bateau de l'ONG espagnole, le voilier Astral, les a ravitaillés lundi en pleine mer, leur amenant nourriture, médicaments et couvertures.

Proactiva Open Arms avait repris fin novembre, avec deux autres bateaux d'ONG, ses missions de sauvetage au large de la Libye après avoir décidé de les suspendre fin août. Elle dénonçait alors la "criminalisation des ONG", en particulier par l'Italie et son ministre de l'Intérieur d'extrême droite Matteo Salvini.

Après le refus de Rome d'accueillir les migrants sauvés vendredi, le fondateur de l'ONG Oscar Camps s'en était pris à M. Salvini sur Twitter. "Ta rhétorique et ton message auront une fin, comme tout dans la vie. Mais sache que dans quelques décennies, tes descendants auront honte de ce que tu fais et dis", lui a-t-il lancé.

- Premier bateau depuis août -

C'est la première fois depuis près de cinq mois que l'Espagne accepte de laisser débarquer le bateau d'une ONG avec des migrants à bord.

Arrivé au pouvoir début juin à Madrid, Pedro Sanchez avait frappé un grand coup quelques jours plus tard en accueillant le navire humanitaire Aquarius, refusé par l'Italie et Malte et au centre de fortes tensions en Europe sur la politique migratoire.

Madrid avait ensuite accepté à trois reprises, en juillet et août, d'accueillir un bateau d'Open Arms avec des migrants à bord, avant de rechigner à laisser de nouveau débarquer l'Aquarius. Le gouvernement préférait alors négocier avec d'autres États européens la répartition de ses migrants.

La route de la Méditerranée centrale est la plus meurtrière, avec 1.306 migrants morts dans la traversée vers les côtes italiennes et maltaises depuis le début de l'année, selon les derniers chiffres de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), actualisés au 19 décembre.

L'Espagne est en revanche devenue depuis cet été la première porte d'entrée des migrants illégaux en Europe, devant la Grèce et l'Italie. Plus de 56.000 migrants sont arrivés dans ce pays par la mer depuis le 1er janvier, tandis que 769 sont morts dans la traversée.

Avec AFP

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Gambie: nomination d'un ministre de la Défense, le premier depuis 22 ans

La force de la Cedeao, lors de la crise de succession en Gambie.

Le chef de l'Etat gambien Adama Barrow a remanié jeudi son gouvernement, nommant un ministre de la Défense pour la première fois depuis 22 ans et un ancien chef de la police controversé à l'Intérieur, a annoncé la présidence dans un communiqué.

M. Barrow a désigné jeudi comme ministre de la Défense Sheikh Omar Faye, consul général de Gambie à Jeddah (Arabie saoudite), selon le communiqué.

Depuis 1997, d'abord sous Yahya Jammeh, qui a dirigé d'une main de fer ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest de 1994 à 2017, puis sous son successeur, l'ancien opposant Adama Barrow, les prérogatives du ministère de la Défense étaient directement exercées par le président.

Ancien sprinteur --il a participé aux JO de 1984-- M. Faye a fait carrière dans l'armée jusqu'en 1994, lorsqu'il a quitté la Gambie pour les Etats-Unis, selon la lettre d'information spécialisée AllGov.com.

De retour en Gambie en 2005, il devient chef de la communication du cabinet du président Jammeh, puis ministre de la Jeunesse et des Sports, avant d'être nommé ambassadeur à Washington.

Il avait pris ses distances avec Yahya Jammeh à la toute fin de son régime, en l'appelant de la capitale fédérale américaine, en décembre 2016, à reconnaître sa défaite électorale face à Adama Barrow et à céder le pouvoir.

Yahya Jammeh n'avait quitté son pays pour la Guinée Equatoriale qu'après six semaines d'une crise à rebondissements et sous la pression d'une intervention militaire et diplomatique régionale.

Un défenseur gambien des droits humains, Madi Jobarteh, a salué la désignation d'un ministre de la Défense, estimant toutefois que "le choix de M. Faye est un important pas en arrière" si l'on considère qu'il fut un "soutien clé de la dictature en Gambie".

Le défenseur des droits de l'homme a par ailleurs qualifié de "catastrophe" la désignation au poste de ministre de l'Intérieur de Yankuba Sonko, qui selon lui montre la volonté du président Barrow de "recourir à la violence pour refuser les droits et libertés fondamentales".

M. Sonko était inspecteur général de la police lors de la répression le 14 avril 2016 d'un rassemblement pour réclamer des réformes politiques. La mort en détention d'un des leaders de l'opposition arrêtés, Solo Sandeng, avait galvanisé les opposants, qui s'étaient unis autour de la candidature d'Adama Barrow.

Avec AFP

Candidat à présidentielle, le Premier ministre délègue ses pouvoirs

Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed, lors du dépôt de sa candidature à la présidentielle anticipée en Tunisie, le 9 août 2019.

Le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed, l'un des principaux candidats à la présidentielle anticipée du 15 septembre, a annoncé jeudi avoir délégué ses pouvoirs pour se consacrer à sa campagne électorale.

Lors d'une intervention sur la télévision publique, M. Chahed a déclaré avoir "décidé de déléguer ses pouvoirs de chef du gouvernement au ministre de la Fonction publique jusqu'à la fin de la campagne électorale". Celle-ci est prévue du 2 au 13 septembre.

Cette décision a été prise "dans le souci d'assurer la transparence dans le processus électoral et pour éviter tout conflit d'intérêt", a dit M. Chahed, devenu en 2016, à 40 ans, le plus jeune Premier ministre de la Tunisie.

Le premier tour du scrutin présidentiel aura lieu le 15 septembre.

Prévue en fin d'année, cette élection a été avancée à la suite du décès le 25 juillet du président Beji Caid Essebsi à l'âge de 92 ans.

Il était le premier président démocratiquement élu au suffrage universel de l'histoire moderne de la Tunisie.

Vingt-six candidatures, dont celle de M. Chahed, ont été validées et 71 écartées, au terme d'un examen préliminaire des dossiers, a annoncé le 14 août l'Instance chargée des élections en Tunisie (Isie). La liste finale sera publiée le 31 août.

Mardi, M. Chahed qui avait lancé au début de cette année son propre parti Tahya Tounes, a annoncé avoir renoncé à la nationalité française avant le dépôt de sa candidature, comme le demande la Constitution.

Avec AFP

Zimbabwe: une satiriste connue affirme avoir été enlevée et battue

La comédienne zimbabweenne, Samantha Kureya, dite Gonyeti.

Une comédienne et satiriste populaire au Zimbabwe, Samantha Kureya, dite Gonyeti, a affirmé jeudi avoir été enlevée de son domicile à Harare et battue par des inconnus, devenant la dernière critique en date du gouvernement à avoir été agressée ces dernières semaines.

Dans un clip vidéo en ligne, elle raconte à un journaliste du quotidien Daily News, depuis son lit d'hôpital, avoir été enlevée mercredi soir par des hommes armés et masqués, rouée de coups et abandonnée.

Trois hommes masqués ont cassé la porte de sa chambre et l'ont tirée du lit, dit-elle. "Je ne portais qu'un haut et une culotte. Quand je leur ai dit +laissez-moi m'habiller+, ils m'ont giflée et ordonné de baisser les yeux", ajoute-t-elle.

"Vous vous moquez du gouvernement" lui ont dit ses agresseurs en lui donnant des coups de pied et de fouet et la faisant rouler sur le sol mouillé, a-t-elle ajouté.

Elle affirme avoir dû se dénuder, boire de l'eau des égouts et avoir été abandonnée sur place sans ses vêtements.

Elle ajoute avoir marché ensuite vers des maisons et qu'une robe lui a été jetée par la fenêtre de l'une d'entre elles.

"Je ne sais pas si (cette agression) avait pour objectif de me faire peur" mais c'est grâce à la comédie "que je suis capable de payer mon loyer et d'envoyer mon frère à l'école. Je continuerai à faire mon travail", affirme-t-elle.

Le ministère de l'Information a annoncé dans un Tweet qu'une enquête était en cours.

La maison de production de Samantha Kureya, Bustop-TV, avait précédemment indiqué dans un Tweet qu'une autre comédienne, Sharon Chideu, qui apparaît dans des sketchs à ses côtés, avait elle aussi été ciblée mais qu'elle avait été avertie d'un risque d'enlèvement et avait quitté son domicile.

Bustop-TV diffuse des sketchs qui se moquent des autorités zimbabwéennes et des problèmes économiques et sociaux du pays.

Samantha Kureya et Sharon Chideu avaient été arrêtées par la police en février après être apparues dans un sketch vêtues d'uniformes de la police. Elles avaient été libérées après avoir payé chacune une amende de 20 dollars (17,6 euros).

Ces deux dernières semaines, plusieurs membres de l'opposition et militants des droits de l'homme ont été enlevés par des assaillants non identifiés en divers endroits du Zimbabwe, selon des organisations de défense des droits de l'homme.

Avec AFP

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