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Mali

Un journaliste condamné pour avoir "diffamé" la Cour constitutionnelle

Des journalistes au travail à l'Ouest de Gao, le 26 juillet 2014.

Le directeur de publication de l'hebdomadaire privé malien "Le Pays" a été condamné jeudi par un tribunal de Bamako à six mois de prison, dont deux avec sursis, pour avoir "diffamé" la Cour constitutionnelle lors de la dernière élection présidentielle.

"M. Boubacar Yalcoué, reconnu coupable de diffamation, rentre en voie de condamnation avec six mois de prison dont deux mois avec sursis", a déclaré la présidente du tribunal de la Commune 5 de Bamako, Wassa Sermé. Le jugement a été délivré sans mandat de dépôt et le journaliste est sorti libre du tribunal.

Ses avocats ont décidé de faire appel de sa condamnation "pour que le droit soit dit", ont-il indiqué.

L'organisation de défense des médias Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé dans un communiqué "l'extrême sévérité de cette décision" et demandé aux autorités maliennes "d'honorer au plus vite leur promesse de dépénaliser les délits de presse afin qu'il ne soit plus possible d'envoyer des journalistes en prison pour des faits commis dans l’exercice de leur fonction".

Il est reproché au directeur de publication de l'hebdomadaire "Le Pays" d'avoir écrit un article affirmant que le chef de l'Etat, Ibrahim Boubacar Keïta, "aurait tenté de corrompre les sages" de la Cour constitutionnelle. L'article avait été publié après la réélection au second tour, en août, de M. Keïta pour un second mandat de cinq ans, une victoire contestée par l'opposition.

M. Yalcoué affirmait que la somme de neuf cent millions de francs CFA (1,4 million d'euros) aurait été proposée pour que la Cour constitutionnelle valide la réélection du président sortant et que trois de ses neuf membres auraient refusé.

La Cour Constitutionnelle du Mali a "salué" dans un communiqué la condamnation de M. Yalcoué et "réaffirmé sa détermination à protéger contre toute dérive et préserver l'intégrité de l'ensemble de ses membres".

Le président de la Maison de la presse à Bamako, Alou Dramane Koné, interrogé par l'AFP, a en revanche mis en avant "des failles dans le dossier et des irrégularités". "En matière de délit de presse, lorsqu'il y a irrégularité, le dossier tombe automatiquement. Nous ne sommes pas d'accord avec le verdict", a t-il dit.

Le Mali occupe la 115e place dans le classement mondial de la liberté de presse 2018 établi par RSF.

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Tirs d'obus et de roquettes sur des camps militaires

Les Casques bleus de l'ONU du Burkina Faso patrouillent le jour des élections à Tombouctou le 28 juillet 2013. (REUTERS/Joe Penney).

Des camps des forces étrangères et maliennes ont été visés simultanément lundi à Ménaka, Gao et Kidal (nord) par des tirs d'obus et de roquettes, a-t-on appris de sources militaires maliennes et étrangères.

Aucune victime n'a été rapportée après ce qui semble être une rare opération coordonnée contre les forces étrangères.

"A Ménaka, Gao et Kidal, les camps des forces étrangères ont été attaqués lundi matin, probablement par les mêmes terroristes, à l'aide d'obus et de roquettes. Il n'y a pas eu de victimes, mais des dégâts matériels", a déclaré à l'AFP un responsable de l'armée malienne basée dans le nord.

"Les terroristes ont tenté sans succès de mener une action coordonnée contre les camps de (la force française) Barkhane, des Casques bleus de l'ONU, contre la force européenne Takuba et contre l'armée malienne dans les localités de Gao, Menaka, et Kidal", a dit un responsable militaire étranger.

"La situation est sous contrôle dans les trois localités", a-t-il ajouté.

Une source au sein de la mission de l'ONU à Kidal a fait état d'une dizaine d'obus "qui n'ont pas fait de victimes, mais des dégâts en cours d'évaluation". Les forces de Barkhane sont stationnées dans le même camp.

Sollicité par l’AFP, l’état-major français n’avait toujours pas réagi à ces informations lundi en fin de matinée.

L'attaque de Kidal a été précédée par le passage autour du camp d'un groupe d'hommes à moto avant l'aube, a dit un agent de sécurité du camp. "C’est après leur passage qu’il y a des tirs de roquettes et mitrailleuses. Pas de morts mais des dégâts matériels importants", a-t-il dit.

Le nord est l'un des foyers des violences et des agissements jihadistes auquel le Mali est en proie depuis 2012, malgré l'engagement de forces onusiennes, étrangères et françaises.

Sahel : "avec les terroristes, on ne discute pas" selon le président Macron

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors d'une conférence de presse à l'ouverture d'une réunion des forces du G5 Sahel à Nouakchott en Mauritanie le 2 juillet 2018.

Le président français Emmanuel Macron a martelé vendredi l'opposition complète de la France, engagée militairement au Sahel, à toute négociation avec les jihadistes, alors que ce sujet fait débat dans la région, notamment au Mali.

"Avec les terroristes, on ne discute pas. On combat", a-t-il lancé dans un entretien avec l'hebdomadaire Jeune Afrique.

"Il faut s'inscrire dans la feuille de route claire que sont les accords d'Alger", a souligné Emmanuel Macron en référence à l'accord de de paix conclu en 2015 entre le pouvoir central malien, les groupes armés pro-Bamako et l'ex-rébellion à dominante touareg du nord du Mali.

"Ceux-ci prévoient un dialogue avec différents groupes politiques et autonomistes. Mais cela ne veut pas dire qu'il faut dialoguer avec des groupes terroristes, qui continuent à tuer des civils et des soldats, y compris nos soldats", a-t-il ajouté.

Cet accord ne concerne pas les groupes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ou à l'organisation Etat islamique (EI) qui poursuivent, voire intensifient leurs actions depuis cinq ans, faisant des centaines de morts.

Le Premier ministre malien de transition, Moctar Ouane, a toutefois souligné lors d'une visite du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, le 26 octobre à Bamako, que le "dialogue national inclusif", vaste concertation du pays tenue fin 2019, avait "très clairement indiqué la nécessité d'une offre de dialogue avec les groupes armés" jihadistes.

"Je constate simplement que les autorités de transition ont réitéré leur volonté de lutter avec efficacité contre le terrorisme", a préféré relever Emmanuel Macron.

Le président français a par ailleurs indiqué qu'il aurait, "dans les prochains mois des décisions à prendre pour faire évoluer Barkhane", la force française de plus de 5.000 hommes présente au Sahel. Une décision était jusqu'ici attendue d'ici la fin de l'année.

Près d'un an après l'envoi de 600 soldats supplémentaires au Sahel pour reprendre l'avantage face aux jihadistes, Paris est sur le point de réduire le nombre de militaires déployés, avaient indiqué début novembre des sources concordantes à l'AFP.

"J'ai besoin d'une réitération claire du souhait de nos partenaires de voir la France rester à leurs côtés", a souligné le chef de l'Etat, qui avait déjà demandé un tel engagement à ses homologues du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad) au sommet de Pau (sud-ouest de la France) en janvier.

Barkhane doit se "recentrer vraiment sur nos ennemis, l'EIGS et les groupes strictement terroristes", a souligné le chef de l'Etat en référence à l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) qui s'inscrit dans la nébuleuse de l'EI, et que Paris et ses alliés du G5 Sahel avaient déjà désigné comme cible principale au sommet de Pau.

Il n'a en revanche pas cité le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim, selon l'acronyme arabe) dirigé par le chef touareg malien Iyad Ag Ghaly, affilié à Al-Qaïda.

Il faut également "accélérer la montée en puissance des armées du G5 Sahel" et "internationaliser notre présence" en y associant d'autres pays européens, a-t-il rappelé.

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