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Burkina-Faso

"Etat d’urgence" décrété dans plusieurs provinces burkinabè

Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kabore, arrive au musée d'Orsay à Paris, le 10 novembre 2018.

"L'état d'urgence" a été décrété lundi dans plusieurs provinces du Burkina Faso, en proie à des attaques jihadistes récurrentes, a annoncé le ministre burkinabè de la Communication Remis Fulgance Dandjinou.

"Le président du Faso a décidé de déclarer l’état d’urgence dans certaines provinces du Burkina Faso. Il a également donné des instructions pour des dispositions sécuritaires particulières sur toute l’étendue du territoire", a déclaré M. Dandjinou, à la sortie d’un conseil des ministres extraordinaire sur la "situation sécuritaire".

Ces mesures font suite à une rencontre avec la hiérarchie militaire, convoquée au lendemain de la mort de dix gendarmes, tués jeudi dans une embuscade à Toeni, une localité située au nord-ouest de Ouagadougou.

Le Burkina Faso est confronté depuis trois ans à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières.

D'abord concentrées dans le nord du pays, ces attaques se sont ensuite étendues à d'autres régions dont celle de l'Est, frontalière du Togo et du Bénin, qui est désormais une deuxième grande zone d'insécurité. Pour le moment, les forces burkinabè semblent incapables d'enrayer le mouvement et les jihadistes étendent leur influence sur des étendues de plus en plus grandes. De nombreux observateurs craignent que d'autres régions suivent.

L'Etat d'urgence concerne "plusieurs provinces" à l’intérieur de sept régions (sur les 13 que compte le pays), a indiqué M. Dandjinou, citant les régions des Hauts Bassins, de la Boucle du Mouhoun, des Cascades, du Centre-est, de l’Est, du Nord et du Sahel. Les détails sur les provinces concernées seront précisés dans un décret présidentiel, a-t-il souligné.

"Ces dispositions (…) ont pour objectif d’assurer avec sérénité et efficacité la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso et de ramener la quiétude au sein des populations", a-t-il justifié.

L’état d’urgence accorde notamment des pouvoirs supplémentaires aux forces de défense et de sécurité dont celui d'ordonner des perquisitions à domicile de jour et de nuit. Certaines libertés fondamentales peuvent être restreintes, comme la liberté de circulation.

"Le conseil a échangé sur les nouvelles mesures visant à accélérer la réorganisation opérationnelle des forces de défense et de sécurité, l’amélioration du maillage du territoire, le renforcement de la vigilance et la protection de la population et des infrastructures", a précisé le ministre.

Mercredi, un policier a été tué dans l'attaque du commissariat de district de police de Solan, dans le nord du pays, frontalier du Mali.

Les attaques attribuées aux groupes jihadistes Ansaroul Islam et Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) et à d'autres groupuscules, ont fait plus de 270 morts depuis 2015.

Ouagadougou, la capitale, a été frappée à trois reprises, avec un bilan total de près de 60 morts.

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Trois policiers tués dans une embuscade

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Mort de DJ Arafat, le Burkina sous le choc

DJ Arafat

L’Afrique continue de pleurer la star du coupé décalé Dj Arafat. Et au Burkina Faso, pays voisin de la Côte d’Ivoire, la mort du musicien ivoirien est toujours un choc.

Des fans de la musique, tous regrettent et déplorent cette perte brutale et sèche de DJ Arafat. Pour certains, il sera difficile de le remplacer.

Burkina Faso pleure la star du coupé décalé Dj Arafat
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La mort lundi de DJ Arafat a choqué les Burkinabè. Dj Arafat, la star du coupé décalé, le Daïshikan, l’un de ses multiples derniers surnoms s’en est allé au lendemain d’un accident sur sa moto. Les Chinois comme il appelait ses fans sont désemparés.

"Arafat, c’est une personne dont je n’appréciais pas bien la musique, mais plutôt sa personnalité, sa façon d’être. Il se battait pour être célèbre. Il faisait tout pour arriver à ses fins. Sa mort m’a beaucoup choquée", a dit Nafi Ouédraogo, fascinée par la personnalité du musicien et son esprit combatif.

Il faut se questionner maintenant sur l’avenir du coupé décalé.

"Il n’y aura pas de remplaçant, c’est fini ça Douk Saga (NDLR, créateur du Coupé Décalé), en partant, avait un certain nombre de 'soldats' qui étaient prêts à assurer la relève. Le Beerus Sama (NDLR, un autre Surnom d'Arafat) est parti quand tu regardes autour il n’y a personne qui a le charisme et le leadership nécessaire pour conduire ce mouvement. De plus en plus, les gars font de la Trap, de l’AfroTrap et le coupé décalé était en perte de vitesse", a affirmé Salif Ouédraogo dit Ackermann, un inconditionnel de DJ Arafat et ce, depuis des années qui connait bien le parcours du musicien.

Du côté des professionnels de la musique au Burkina, c’est une énorme perte pour l’Afrique cette disparition de Arafat.

"Il a marqué son passage, c’est une icône Il a bouleversé le monde du show-biz par sa manière d’être. Sa manière était assez particulière avec ses buzz", a fait savoir Salfo Soré dit Jah Presse, l’un des plus grands promoteurs et organisateurs d’événements du pays

"Quand on a appris cette nouvelle on a pensé à un premier temps qu’on était encore dans la logique du buzz. C’est un grand choc pour toute la Côte d’Ivoire, toute l’Afrique mais aussi pour tous les jeunes qui s’identifient à cet artiste musicalement parlant", selon Papus Ismaïla Zongo, un producteur de musique. Son musicien Floby a d’ailleurs collaboré avec DJ Arafat.

La nouvelle de la mort du célèbre artiste ivoirien DJ Arafat continue de faire des vagues
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"Moi je pense que c’est un roi. Il le disait lui-même qu’il allait mourir comme un roi. C’est quelqu’un qui est vraiment aimé, qui a le monde derrière lui. Ça fait mal, très mal. C’est un gros coup dur pour l’Afrique et le monde entier", a indiqué Imilo Le Chanceux, la star du coupé décalé au Burkina. Il a connu le boss de la Yôrô Gang.

DJ Arafat s’est produit plusieurs fois au Burkina Faso où il comptait des milliers de fans. Ce qui lui a valu d’ailleurs le trophée de Kundé du meilleur artiste de l’Afrique de l’Ouest en 2011, c’est la plus grande distinction de la musique au Burkina.

Burkina Faso pleure la star du coupé décalé Dj Arafat

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Les associations dénoncent le nouveau code pénal "liberticide" burkinabè

La devanture du Conseil supérieur de la communication (CSC), Ouagadougou, le 12 août 2019. (VOA/Lamine Traoré)

Le président du Faso a promulgué la semaine dernière le nouveau code pénal du pays.  La nouvelle disposition punie la divulgation de certaines informations liées aux actes de terrorisme.

Des organisations professionnelles de médias et des défenseurs des droits humains estiment que le nouveau code pénal est une entrave à la liberté de presse et d’expression.

Le président Roch Marc Christian Kaboré a promulgué la semaine dernière le nouveau code pénal
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Le nouveau code pénal porte sur quatre principales infractions: "la participation à une entreprise de démoralisation des forces de défense et de sécurité, la publication d‘une fausse information de nature à faire croire qu’une destruction de biens ou une atteinte aux personnes a été commise, la publication et la diffusion d’informations relatives aux déplacements, à la position géographique, aux armes des Forces de défense et de sécurité de nature à porter atteinte à l’ordre public ou à la sécurité des personnes et des biens et enfin la publication en direct d’images ou sons de nature à compromettre le déroulement d’une opération ou d’une intervention des Forces de défense et de sécurité en cas de commission d’actes de terrorisme".

"Elle n’est pas seulement liberticide pour la presse, mais elle est aussi liberticide pour le citoyen lui-même dans le cadre de l’exercice du droit constitutionnel à l’information mais également aussi la liberté d’expression qui est reconnue par la même constitution", a dit Boureima Ouédraogo, directeur de publication du journal d’investigation Le reporter et président de la Société des éditeurs de presse privée.​

Il poursuit : "Cette loi ainsi adoptée et promulguée risque de créer beaucoup plus de soucis qu’elle ne résoudra parce que je vois mal un journaliste qui se mettrait en retrait par rapport à une question d’attaque terroriste sous prétexte qu’une loi a été adoptée et peut me l’empêcher".

Pour les organisations de défense des droits humains il y a véritablement "atteinte aux libertés et aux droits humains".

Urbain Yaméogo, Directeur exécutif du Centre d’information et de formation en matière des droits humains en Afrique (CIFDHA), Ouagadougou, le 12 août 2019. (VOA/Lamine Traoré)
Urbain Yaméogo, Directeur exécutif du Centre d’information et de formation en matière des droits humains en Afrique (CIFDHA), Ouagadougou, le 12 août 2019. (VOA/Lamine Traoré)

"La liberté d’expression, la liberté d’opinion, la liberté de presse et le droit à l’information des citoyens qui sont reconnus aussi bien dans notre constitution que dans différents instruments que le Burkina a ratifiés notamment l’article 19 du pacte international relatif aux droits civils et politiques", a déclaré Urbain Yaméogo, Directeur exécutif du Centre d’information et de formation en matière des droits humains en Afrique (CIFDHA).

La loi a été promulguée par le Président du Faso Roch Kaboré le 31 juillet et le décret a été publié dans un numéro spécial du Journal officiel, le 1er août. Cela n’est pas une surprise du point de vue de la forme.

Siaka Coulibaly, analyste politique, Ouagadougou, le 12 août 2019. (VOA/Lamine Traoré)
Siaka Coulibaly, analyste politique, Ouagadougou, le 12 août 2019. (VOA/Lamine Traoré)

"Le chef de l’Etat ne peut pas contredire un projet qui a été mûri au sein de son équipe gouvernementale. Cela donne encore plus d’espace à l’arbitraire parce qu’il reviendra aux acteurs du système judiciaire de déterminer en quoi une information devient attentatoire à l’ordre public? On aura une situation de recul du point de vue des libertés", a expliqué l’analyste politique Siaka Coulibaly.

Les quatre infractions de ce nouveau code pénal sont punies chacune d’une peine d’emprisonnement de 1 à 10 ans et d’une amende de 300.000 à 2 millions de francs CFA. La peine peut aussi être lourde. Un emprisonnement de 5 à 10 ans et une amende de 5 millions à 10 millions de francs CFA.

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