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Attaque du convoi d'un gouverneur par Boko Haram

Des électeurs font la queue lors des primaires du parti au pouvoir, le Congrès des progressistes (APC), à Borno, Nigeria, le 28 septembre 2018. (Twitter/Ellwana Mustapha)

Le convoi militaire du gouverneur de l'Etat du Borno, dans le nord-est du Nigeria a été attaqué par des combattants du groupe jihadiste Boko Haram, faisant quatre morts dont deux soldats, quelques jours avant les élections générales, a-t-on appris mercredi de sources sécuritaires.

"Nous avons été la cible d'une lourde attaque menée par Boko Haram, aux alentours de 18h30 (17h30 GMT)" mardi soir, a rapporté un milicien qui combat aux côtés de l'armée nigériane. "Le gouverneur (de l'Etat du Borno) était déjà passé, quand ils ont tiré sur les voitures en queue de convoi".

"De nombreux véhicules ont réussi à faire demi-tour, mais deux soldats ont été tués ainsi que deux civils. Un nombre incertain de militants du parti au pouvoir (Congrès des Progressistes, APC) ont également été kidnappés", a rapporté le milicien sous couvert de l'anonymat.

Le gouverneur de l'Etat du Borno, Kashim Ibrahim Shettima, en campagne pour les élections sénatoriales, se rendait à un meeting électoral à Gamboru et Ngala à la frontière avec le Cameroun.

"Nous avons été attaqués entre Dikwa et Gamboru", raconte de son côté un militant de l'APC, Ngari Kalla, qui faisait le déplacement avec le convoi. "Des militaires et des miliciens ont essayé de nous défendre mais les insurgés étaient beaucoup plus nombreux. Quatre personnes ont été tuées, deux soldats et deux militants", a-t-il précisé.

"Nous n'avons aucune idée de ce que sont devenus les militants enlevés pendant le combat", a témoigné M. Kalla, soulignant qu'un bus entier a été emmené par les combattants.

"Cela nous inquiète beaucoup".

Le gouverneur a continué sa tournée électorale sans qu'aucune déclaration officielle n'ait été faite au sujet de cette attaque. Il était attendu mercredi soir dans la capitale de l'Etat, Maiduguri.

La présidentielle, les législatives et les élections sénatoriales de samedi s'annonce très disputées entre le parti au pouvoir, le Congrès des progressistes (APC), et le principal mouvement de l'opposition, le Parti populaire démocratique (PDP).

Le président sortant, Muhammadu Buhari, qui se présente à un second mandat et a été élu en 2015 sur la promesse d'éradiquer le groupe jihadiste Boko Haram, est fortement critiqué pour son bilan sécuritaire et économique.

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Un humanitaire et cinq personnes portées disparues dans le nord-est du Nigeria

Une camionnette de patrouille de police brûlée reste abandonnée sur le bord d'une route déserte à Damaturu, dans l'État de Yobe, le 7 novembre 2011.

Six personnes, dont un humanitaire, sont portées disparues depuis l'attaque de leur convoi jeudi dans le nord-est du Nigeria, en proie à l'insurrection de groupes djihadistes, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

"Un convoi de véhicules a été attaqué (jeudi) sur la route" entre la capitale du Borno, Maiduguri, et la ville de Damasak, a indiqué l'ONG Action contre la faim (ACF) dans un communiqué.

"Un des chauffeurs a été tué, tandis qu'un employé d'Action contre la faim, deux autres chauffeurs, et trois travailleurs du secteur de la santé sont portés disparus", poursuit l'ONG.

ACF est "profondément attristée par ce tragique incident".

Deux sources humanitaires de la région ont confirmé sous couvert de l'anonymat cette attaque qui s'est produite au niveau du village de Kennari, faisant état de quatre personnes enlevées parmi les passagers.

"Quatre personnes, trois hommes et une femme, ont été enlevées hier (jeudi) vers 16H30 (15H30 GMT) par des hommes armés que nous suspectons fortement d'être des insurgés", a dit l'une de ces sources.

Selon la deuxième source humanitaire, le convoi de trois véhicules rentrait d'un village voisin où ACF dirige une clinique, lorsque des hommes armés ont ouvert le feu. L'un des véhicules a alors fait une sortie de route et s'est écrasé contre un arbre, causant la mort de son chauffeur.

Les quatre passagers, "coincés dans le véhicule, ont alors été +pris+ par les assaillants", a ajouté la deuxième source. "Les occupants des autres véhicules ont abandonné leurs véhicules et fui à pied vers Damasak", située à quelques km de là.

Le conflit a fait plus de 27.000 morts et 2 millions de déplacés depuis dix ans dans le nord-est du Nigeria, où interviennent de nombreuses ONG qui tentent d'enrayer une grave crise humanitaire.

L'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), affilié au groupe Etat islamique (EI), est particulièrement actif dans cette région reculée proche du lac Tchad et frontalière avec le Niger, où il mène depuis un an des attaques répétées contre les forces de sécurité nigérianes.

Les humanitaires sont régulièrement pris pour cible par les djihadistes, qui pratiquent les enlèvements contre rançon pour financer leurs opérations ou pour échanger avec le gouvernement nigérian leurs captifs contre des membres de leur groupe faits prisonniers, menaçant de tuer leurs victimes si leurs revendications ne sont pas satisfaites.

L'an dernier, l'Iswap avait tué deux employées du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Une troisième femme, travaillant pour l'Unicef, est toujours retenue en otage par le groupe.

Elles avaient été enlevées lors d'une attaque de la ville de Rann ayant fait trois morts parmi les employés locaux de l'Unicef et huit parmi les soldats nigérians présents sur place.

Un clan mafieux nigérian démentelé en Italie

La police italienne réalisé une perquisition à Gattinara dans le Piémont.

La police italienne a annoncé jeudi l'arrestation de 19 personnes soupçonnées d'appartenir à un clan mafieux nigérian dont les responsables ont fait preuve d'une rare violence.

Plus de 300 agents ont participé aux arrestations et perquisitions dans neuf villes du nord de l'Italie, entre Bergame, Modène et Parme.

Après deux années d'enquête, facilitée par un informateur au sein du clan, la police estime avoir détruit l'essentiel de ce clan aux allures sectaires.

Parmi les personnes arrêtées figurent "ceux qui décidaient des nouvelles initiations, qui dirigeaient les réseaux de prostitution, qui dominaient par la force d'autres organisations criminelles, qui organisaient le trafic de drogue", assure-t-elle dans un communiqué.

Pour garder le contrôle de son territoire, le clan recourait à "la guérilla urbaine pendant plusieurs jours d'affilée", a-t-elle ajouté.

Selon la police, il s'inscrit dans la série de ces organisations criminelles étrangères qui ont adopté les codes de la mafia italienne mais restent "profondément rivaux".

Le clan, surnommé Maphite, a été créé dans les années 1980, tout comme d'autres gangs nigérians comme le Black Ax et les Vikings, et est devenu une véritable organisation criminelle dans les années 1990. Il est désormais implanté dans de nombreux pays à travers le monde.

Des figures surnommées Main Chief (le principal chef), Deputy Don (Don l'adjoint), Checker (le trésorier) et Fire (le feu) dirigeaient le clan, tandis qu'un comité se chargeait d'exécuter les ordres.

Les membres du clan, initiés selon des rites précis, devaient respecter un code de conduite très strict décrit dans une "bible verte", sous peine de punitions corporelles ou de mort.

Et les liens étroits que le clan gardait avec le Nigeria faisaient craindre aux récalcitrants des mesures de rétorsion non seulement en Italie mais aussi au pays, a ajouté la police.

Selon Paolo Borgna, procureur adjoint à Turin, ces mafias étrangères "naissent et se développent en offrant une protection à leurs concitoyens et en développant une sorte de justice parallèle impitoyable".

"C'est une caractéristique commune à toutes les mafias : on propose une protection, on exige une compensation, on impose la protection et finalement ceux qui refusent sont punis", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

Le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini (extrême droite), qui fustige régulièrement les criminels étrangers en Italie, a salué l'opération en répétant : "Nous n'avons pas besoin de ce type d'immigration. Les ports sont fermés, les prisons ouvertes".

Mobilisation contre la tuberculose au Nigeria

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