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Cameroun

Douze blessés dans l'attaque du convoi d'un gouverneur en zone anglophone

La ville déserte de Buea, chef-lieu de la région anglophone du Sud-Ouest au Cameroun, le 6 février 2019. (E. Kindzeka/VOA)

Au moins douze personnes ont été blessées mardi lors de l'attaque par des hommes armés du convoi du gouverneur de la région anglophone du sud-ouest du Cameroun en conflit, selon des sources concordantes.

Selon le correspondant de VOA Afrique, l'attaque a fait douze blessés.

Le gouverneur Bernard Okalia Bilai, accompagné d'une forte escorte militaire dans cette zone en conflit, se rendait de Buea, capitale régionale, à Kumba, où quatre personnes avaient été tuées lundi par des séparatistes présumés dans l'attaque d'un hôpital.

L'information de mardi a été confirmée par une source proche des services de sécurité de la région, qui a imputé l'attaque aux séparatistes anglophones.

"Le convoi a été attaqué aussi bien à l'aller qu'au retour, cinq fois au total", a indiqué le membre du convoi du gouverneur.

Des photos de l'attaque consultées par l'AFP montrent des impacts de balles sur les carrosseries des véhicules du convoi.

Kumba, à environ 70 km au nord de la capitale régionale, Buea, est l'une ville des plus touchées par le conflit entre l'armée et les séparatistes qui réclament l'indépendance des deux régions anglophones, le Sud-Ouest et le Nord-Ouest.

Dans cette zone, depuis le début du conflit fin 2017, des combats opposent régulièrement les forces de sécurité à des groupes épars de séparatistes armés qui, cachés dans la forêt équatoriale, attaquent les symboles de l'Etat et multiplient les kidnappings.

Les séparatistes ont menacé ces dernières semaines de s'en prendre aux célébrations du 11 février, date du référendum qui a réuni francophones et anglophones camerounais en 1961 et que Yaoundé a transformé en 1966 en "fête de la jeunesse".

Si le président camerounais Paul Biya, 85 ans, dont 36 au pouvoir, a plusieurs fois appelé les séparatistes à déposer les armes, il a martelé que ceux qui ne le feraient pas seraient "neutralisés".

Selon l'ONU, 437.000 personnes ont été déplacées par le conflit dans les régions anglophones, et plus de 32.000 autres ont fui au Nigeria voisin.

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Un bébé tué par balle en zone anglophone camerounaise

Quelques personnes marchent dans les rues de Buea, chef-lieu de la région anglophone du Sud-Ouest, pour dénoncer la tentative de sécession des deux régions anglophones du Cameroun, le 31 juillet 2018. (Twitter/Mimi237)

Un bébé de quatre mois a été tué par balle lundi, jour de la fête nationale du Cameroun, dans une localité de la région anglophone du Sud-Ouest, où un affrontement entre séparatistes et l'armée a été signalé, a-t-on appris de sources concordantes.

Un nourrisson de quatre mois "a été tué par une balle perdue" lundi à Muyuka (Sud-Ouest), l'un des épicentres du conflit armé qui sévit dans les régions anglophones, a affirmé mardi une source proche de l'armée, confirmant une information abondamment commentée sur les réseaux sociaux. La source n'a pas été plus précise sur les circonstances de ce décès.

Des photos et vidéos vues par l'AFP montrent la victime inerte et ensanglantée, le crâne ouvert, à côté de plusieurs douilles de balles.

"Ils (les militaires) sont entrés de force dans la maison (et) ont tiré sur mon bébé qui dormait alors que j'étais dans la cuisine", a accusé la mère de la victime, citée par une célèbre journaliste anglophone, Mimi Mefo.

Cette accusation n'a pu être confirmée de source indépendante. Sollicitée, l'armée n'avait pas réagi dans l'immédiat.

Lundi, des affrontements entre militaires et soldats ont éclaté à Muyuka, de sources concordantes.

"Tirer sur un bébé de quatre mois a-t-il un sens", a demandé sur son compte tweeter le célèbre avocat anglophone Akere Muna. "Voilà qui nous sommes, un pays où certaines vies n'ont pas d'importance. Un bébé est condamné à la peine capitale pour une vie non encore vécue. Tout simplement barbare !", s'est-il indigné.

Plusieurs autres réactions d'indignation d'internautes ont été enregistrées sur les réseaux sociaux.

Depuis plus d'un an, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, deux régions anglophones, sont le théâtre d'un conflit armé qui n'a cessé de prendre de l'ampleur.

Des combats opposent régulièrement l'armée, déployée en nombre, à des groupes épars de séparatistes armés qui, cachés dans la forêt équatoriale, attaquent gendarmeries et écoles et multiplient les enlèvements.

Des ONG pointent régulièrement des exactions de l'armée contre les civils. Fin mars, Human Rights Watch (HRW) avait publié un rapport accusant "les forces du gouvernement" d'avoir tué "de nombreux civils" dans les régions anglophones du Cameroun, faisant "un usage aveugle de la force ces six derniers mois".

Selon l'ONU, la crise a déjà forcé plus de 530.000 personnes à quitter leurs domiciles. En vingt mois, le conflit a fait 1.850 morts, selon le centre d'analyses géopolitiques International Crisis Group (ICG).

Yaoundé célèbre une fête nationale dans la division

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Célébration de la fête nationale du Cameroun

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Le Cameroun célèbre sa fête nationale dans la division

Les membres de la plateforme brigade des patriotes camerounais lors de la conférence de presse à Yaoundé, au Cameroun, le 17 février 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Le Cameroun a célébré lundi sa fête nationale dans la division, avec des cérémonies boycottées par l'opposition et un appel des séparatistes armés à observer une journée "villes mortes" dans les régions anglophones.

Le président camerounais Paul Biya, dont les apparitions publiques sont rares, a présidé un défilé civil et militaire sur le boulevard du 20-Mai, à Yaoundé.

"Le Cameroun uni et indivisible à jamais", pouvait-on lire sur une banderole montrée par la télévision d'Etat, la CRTV, qui retransmettait la cérémonie en direct.

D'autres cérémonies se déroulaient en parallèle dans les régions. Aucun incident n'avait été signalé à travers le pays, à 12H00 GMT.

Baptisée "fête de l'unité", ce rendez-vous annuel intervient cette année dans un contexte socio-politique tendu, marqué notamment par le conflit armé qui sévit dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, les deux régions anglophones sur les dix que compte le pays.

Les séparatistes, qui se battent pour la création d'un Etat indépendant dans ces deux régions, ont appelé à deux jours de "villes mortes" les 19 et 20 mai, bannissant toute activité publique pour s'opposer à la tenue de la fête nationale.

A Buea, dans le Sud-Ouest, "les gens ne se sentent pas concernés. Ils n'adhèrent pas à l'idée que c'est la fête nationale", a constaté sous couvert d'anonymat le responsable d'une ONG locale, joint depuis Yaoundé. "Les gens veulent d'abord que le calme revienne, qu'on dialogue".

- "Temps très difficiles" -

Des habitants d'autres villes ont été mobilisés pour prendre part au défilé à Buea, selon des sources concordantes.

A Santa, dans le Nord-Ouest, un camion transportant du ciment a été incendié dimanche par des séparatistes, d'après des témoins.

Les festivités de la fête nationale ont également été marquées par le boycott des deux principaux partis d'opposition.

Le Social Democratic Front (SDF), qui prenait part à ces célébrations depuis des années a ainsi expliqué qu'il se mettait en marge cette année, par "sympathie avec les Camerounais qui vivent dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et ceux qui souffrent de la grave crise d'insécurité dans les autres parties du pays", notamment dans l'Extrême-Nord où les djihadistes de Boko Haram sont actifs.

De son côté, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) "ne peut pas célébrer lorsque des Camerounais sont tués pendant que le gouvernement fait la sourde oreille". Le président du MRC, Maurice Kamto, officiellement arrivé deuxième à la présidentielle d'octobre 2018, est notamment accusé d'"insurrection" et détenu, avec plus de 150 de ses soutiens et militants, depuis fin janvier.

"Nous vivons des temps très difficiles. Il y a des revendications qui remettent en cause la structure de l'Etat", a souligné l'historien camerounais Emmanuel Tchumtchoua, qui s'inquiète de la montée depuis plusieurs mois d'un discours de haine tribale sur les réseaux sociaux et dans certains médias.

Réélu lors d'une présidentielle dont les résultats ont été contestés, Paul Biya multiple depuis plusieurs semaines les appels à la tolérance et à l'unité.

- Francophones et anglophones -

Son compte tweeter affiche ainsi de nombreux messages, en français et en anglais, appelant à l'unité nationale, un registre qui lui est inhabituel et qui pourrait être le signe d'un changement d'attitude.

"Recherchons dans nos différences ce qui peut nous enrichir mutuellement et nous unir davantage", a ainsi écrit dimanche le président camerounais. "N'opposons pas des Camerounais entre eux. N'opposons pas anglophones et francophones ...", demandait-il la veille.

La fête nationale a été instituée le 20 mai 1972, date à laquelle un référendum avait été organisé pour réunifier le Cameroun francophone et le Cameroun anglophone. La République fédérale du Cameroun avait alors changé de dénomination, devenant République unie du Cameroun.

Mais ce symbole d'unité a pris une nouvelle signification, alors que depuis plus d'un an, les régions anglophones sont le théâtre d'un conflit armé qui n'a cessé de prendre de l'ampleur.

Fin 2017, après un an de protestation, des séparatistes ont pris les armes contre Yaoundé, se battant pour la division du pays. De son côté, le SDF milite pour un retour au fédéralisme.

Des combats opposent régulièrement l'armée, déployée en nombre, à des groupes épars de séparatistes armés qui, cachés dans la forêt équatoriale, attaquent gendarmeries et écoles et multiplient les enlèvements.

Selon l'ONU, la crise a déjà forcé plus de 530.000 personnes à fuir leur domicile. En vingt mois, le conflit en zone anglophone a fait 1.850 morts, selon le centre d'analyses géopolitiques International Crisis Group (ICG).

Deux militaires abattus par des séparatistes

Des soldats patrouillent à Bafut, après que le toit du dortoir d'une école a été incendié pendant la nuit du 15 novembre 2017, dans la région anglophone du nord-ouest du Cameroun.

Deux soldats camerounais ont été abattus mercredi par des séparatistes à Bamenda, chef-lieu du Nord-Ouest, l'une des deux régions anglophones du Cameroun en proie à un conflit armé depuis plus d'un an, a annoncé jeudi le ministre de la Défense, Joseph Beti Assomo.

"Dans la mi-journée de mercredi, deux soldats roulant à motocyclette dans la ville de Bamenda ont été sauvagement et lâchement assassinés par des terroristes-sécessionnistes embusqués dans des habitations...", a précisé & M. Beti Assomo dans un communiqué lu sur les antennes de la CRTV, la radio d'Etat.

"La descente immédiate d'une équipe d'intervention avec pour mission de boucler et de ratisser la zone s'est soldée par un échange de coups" entre soldats et séparatistes, a-t-il ajouté, expliquant que les militaires engagés dans la recherche des séparatistes "ont été pris à partie par des nombreuses personnes".

"La confusion a provoqué des échauffourées avec destruction des biens et incendie de quelques maisons", a-t-il poursuivi. "Une enquête a été ouverte pour faire toute la lumière sur cette affaire et déterminer les auteurs des destructions".

Interrogé par la radio d'Etat, le gouverneur du Nord-Ouest, Adolphe Lele Lafrique, a imputé la responsabilité de ces destructions à "certains éléments (militaires) indisciplinés", qualifiant leur comportement de "réaction malheureuse".

Ces incidents sont survenus moins d'une semaine après la visite à Bamenda du Premier ministre, Joseph Dion Ngute, qui s'était dit porteur d'un message de "paix" et de "réconciliation".

"Le président (Paul Biya) m'envoie dire aux populations du Nord-Ouest que, hormis la séparation et la sécession, tout sujet politique peut être discuté et il se prépare à le faire", avait-il déclaré.

M. Dion Ngute séjourne depuis mardi dans le Sud-ouest, la deuxième région anglophone.

Les séparatistes anglophones du Cameroun, pays à majorité francophone, militent pour la création d'un Etat indépendant dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Fin 2017, après un an de protestation, des séparatistes ont pris les armes contre Yaoundé. Depuis, ces régions sont le théâtre d'un conflit armé qui n'a cessé de prendre de l'ampleur.

Des combats opposent régulièrement l'armée, déployée en nombre, à des groupes épars de séparatistes armés qui, cachés dans la forêt équatoriale, attaquent gendarmeries et écoles et multiplient les enlèvements.

Selon l'ONU, depuis le début du conflit la crise a déjà forcé plus de 530.000 personnes à fuir leur domicile.

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