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Washington ne donnera "pas un dollar" pour reconstruire la Syrie tant qu'il y aura des Iraniens

Mike Pompeo, à la Maison Blanche, Washington, le 9 octobre 2018.

Les Etats-Unis lient de plus en plus leur stratégie en Syrie à la lutte contre leur principale bête noire, l'Iran : Mike Pompeo a annoncé que "pas un seul dollar" américain n'irait à la reconstruction syrienne tant qu'il y aura des Iraniens dans le pays.

Le chef de la diplomatie américaine a semblé théoriser pour la première fois la nouvelle politique de Washington, esquissée par petites touches ces dernières semaines par plusieurs responsables. Et après sept années de conflit, on est bien loin des velléités de retrait exprimées au printemps par Donald Trump.

"Aujourd'hui le conflit en Syrie est à un tournant", a reconnu le secrétaire d'Etat dans un discours devant le Jewish Institute for National Security of America.

Le régime de Bachar al-Assad "a renforcé son contrôle" sur le terrain "grâce à la Russie et à l'Iran", tandis que le groupe djihadiste Etat islamique (EI), "bien que pas encore totalement éradiqué, n'est plus que l'ombre de lui-même", a-t-il ajouté.

Cette "nouvelle donne requiert une réévaluation de la mission de l'Amérique en Syrie": si la défaite de l'EI reste "le premier objectif", "ce n'est pas notre seul objectif", a expliqué Mike Pompeo.

​Selon lui, l'administration de Donald Trump veut aussi une résolution politique et pacifique de la guerre, ainsi que "le départ de Syrie des forces iraniennes ou soutenues par l'Iran", en premier lieu afin de protéger Israël pour qui Téhéran représente une menace directe.

Théoriquement, la mission militaire des 2.000 soldats américains déployés sur le sol syrien s'inscrit uniquement dans le cadre de la lutte anti-djihadiste. Et l'EI ayant été quasiment chassé de tous les territoires qu'il contrôlait, le président Trump, qui n'aime guère les coûteuses et interminables opérations extérieures, avait sonné au printemps le début de la fin de leur présence en Syrie.

Mais depuis, ses conseillers militaires et diplomatiques, ainsi que les alliés européens de Washington, semblent l'avoir convaincu qu'il était trop tôt pour partir.

Désormais, rapporte-t-on de source diplomatique, Donald Trump dit à ses interlocuteurs internationaux qu'il "reste à cause de l'Iran". Et Mike Pompeo assure que, malgré des "difficultés légales" liées à un Congrès américain sourcilleux lorsqu'il s'agit de voir l'exécutif élargir unilatéralement les motifs de ses interventions militaires, les Etats-Unis "trouveront une manière de rester", ajoute-t-on de même source.​

Le conseiller présidentiel à la sécurité nationale, John Bolton, avait déjà prévenu en septembre que les Américains ne partiraient pas de Syrie "tant que les forces iraniennes" y resteraient.

Une affirmation ensuite nuancée par la diplomatie américaine. "Le président Trump nous veut en Syrie" notamment jusqu'au retrait des forces iraniennes, mais "ça ne signifie pas forcément des bottes américaines sur le terrain", avait expliqué l'envoyé spécial pour le conflit syrien James Jeffrey, évoquant "plusieurs manières" d'être présents, diplomatiquement ou par alliés locaux interposés.

Le lien avec l'effort pour contenir l'influence jugée "déstabilisatrice" de Téhéran au Moyen-Orient, érigé en priorité numéro un de l'administration Trump dans la région, était en tout cas déjà ouvertement établi.

Mike Pompeo l'a encore renforcé mercredi.

"Nous avons été clairs: si la Syrie ne garantit pas le retrait total des forces soutenues par l'Iran, elle ne recevra pas un seul dollar de la part des Etats-Unis pour la reconstruction", a-t-il martelé, estimant que cela dépend avant tout de Damas -- les Occidentaux doutent que les Russes aient, eux, les moyens de pousser seuls les Iraniens vers la sortie.

Jusqu'ici, les Américains, comme les Européens, conditionnaient leur participation à l'énorme tâche de la reconstruction, notamment dans les territoires contrôlés par le régime de Bachar al-Assad, uniquement à une résolution politique du conflit syrien sous l'égide de l'ONU -- un processus totalement au point mort.

"Nous avons deux leviers en Syrie", "être présents sur le terrain" et "le fait que Damas et la Russie ont besoin de fonds internationaux pour la reconstruction", relevait récemment un diplomate occidental.

Avec cette nouvelle évolution, Washington entend désormais se servir de ces deux leviers pour faire pression à la fois sur le régime syrien, la Russie et l'Iran.

Avec AFP

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Des vidéos montrent l'arrestation violente d'une famille noire en Arizona

Un enquêteur s'entretient avec des policiers du complexe d'appartements à Autumn Ridge, qui avait été fouillé par des enquêteurs à Phoenix, en Arizona, le 4 mai 2015.

La maire de Phoenix, dans l'Arizona, a présenté dimanche ses excuses après l'apparition de vidéos montrant l'arrestation violente par la police de cette ville d'une famille noire avec de jeunes enfants.

Sur ces vidéos, prises lors d'une arrestation qui a eu lieu il y a un mois dans un parking à Phoenix, on voit les policiers ordonner à la famille de sortir de sa voiture, en hurlant et en employant un langage grossier, et la menacer d'ouvrir le feu.

Puis une femme sort du véhicule avec deux jeunes enfants, elle les remet à une personne qui se trouve là avant d'être arrêtée. On voit ensuite un policier donner des coups de pied dans les jambes d'un homme qu'il est en train de menotter contre une voiture de police.

"Comme beaucoup d'autres, je suis dégoutée de ce que j'ai vu dans la vidéo montrant l'interaction de la police de Phoenix avec une famille et de jeunes enfants", a déclaré la maire, Claire Gallego, dans un communiqué posté sur Twitter.

Les actions de ces policiers sont "inappropriées" et "clairement non professionnelles", a écrit l'élue. "Il n'existe aucune situation où un tel comportement pourrait être un tant soit peu acceptable".

"Je suis profondément désolée de ce que cette famille a subi, et je présente mes excuses à la communauté", a déclaré Mme Gallego.

Intervenant sur la télévision locale affiliée au réseau ABC, la cheffe de la police de Phoenix, Jeri Williams, a déclaré que les policiers intervenaient à la suite d'une alerte sur un cambriolage lorsqu'ils sont tombés sur cette famille.

"Je suis désolée que cet incident ait eu lieu", a-t-elle dit, indiquant qu'une enquête était en cours.

Selon ABC, la famille a engagé une action en justice pour violation de ses droits et réclame 10 millions de dollars à la municipalité de Phoenix.

La sénatrice de Californie Kamala Harris, candidate à l'investiture démocrate pour la présidentielle, a estimé que les actes des policiers étaient "indéfendables".

Cet incident survient dans un contexte où l'attitude des forces de l'ordre est un sujet sensible aux Etats-Unis après une série de violences mortelles de policiers contre des Africains-Américains.

Des mesures ont été prises en réaction à ces faits à travers le pays, comme le port obligatoire par les policiers de mini-caméras filmant leurs interventions. Claire Gallego a indiqué qu'elle allait accélérer la mise en place de cette mesure dans la ville à la suite de l'incident.

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