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Washington dénonce un "abus de droit" de Téhéran à la CIJ

Mohammed Zahedin Labbaf, 3è à gauche, agent de la République islamique d'Iran, et la délégation américaine, à droite, écoutent la décision des juges de la Cour internationale de justice, La Haye, Pays-Bas, le 3 octobre 2018.

Les représentants américains ont dénoncé lundi "la mauvaise foi" de Téhéran dans une affaire d'avoirs iraniens gelés par les Etats-Unis, Washington évoquant un "abus de droit" de la République islamique qui a porté ce différend devant la Cour internationale de justice (CIJ).

L'Iran a engagé une procédure contre les Etats-Unis devant la CIJ en juin 2016 afin d'obtenir le déblocage de près de deux milliards de dollars de ses fonds. Des tribunaux américains avaient décidé de geler ces sommes pour indemniser des Américains victimes d'attaques terroristes.

La Cour basée à La Haye a commencé lundi à examiner ce différend lors d'audiences qui se clôtureront vendredi. Les juges devront décider par la suite s'ils peuvent ou non se prononcer dans ce litige.

Dans sa plainte devant la CIJ, Téhéran fait valoir que Washington a violé un traité bilatéral conclu en 1955 entre les deux pays, portant sur les relations économiques et les droits consulaires.

Malgré ce traité, l'Iran et les Etats-Unis n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis près de 40 ans.

L'invocation du traité de 1955 par l'Iran "constitue un abus de droit" puisque "les relations amicales sur lesquelles le traité repose n'existent plus", a déclaré lundi le représentant des Etats-Unis Richard Visek.

Les relations entre les deux pays n'ont pu être restaurées en raison du "comportement malveillant" et "des actes violents" commis par l'Iran à l'encontre des Etats-Unis, a dénoncé Richard Visek, évoquant notamment le "soutien" de la République islamique à "des bombardements terroristes, des assassinats et des enlèvements".

"L'Iran a les mains sales. Il est évident que l'Iran est de mauvaise foi", a-t-il lancé face aux juges.

"Nous devons à nos héros tombés au combat, à leurs familles, et aux victimes des activités terroristes de l'Iran de nous défendre vigoureusement face aux demandes infondées du régime iranien cette semaine à La Haye", a déclaré dans un communiqué lundi le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo.

"Nous continuerons à combattre partout le fléau que représentent les activités terroristes de l'Iran, et à accentuer la pression sur cet Etat hors-la-loi", a-t-il ajouté.

Les sommes bloquées par les Etats-Unis étaient réclamées par un millier de victimes et familles de victimes d'attentats fomentés ou soutenus par Téhéran, selon la justice américaine. Parmi eux figurent les proches des 241 soldats américains tués le 23 octobre 1983 dans deux attentats suicide qui avaient frappé les contingents américain et français de la Force multinationale de sécurité à Beyrouth.

Affrontements judiciaires

Ces audiences interviennent dans un contexte de tensions grandissantes entre l'Iran et les Etats-Unis, opposés dans une autre procédure devant la Cour, plus haute juridiction des Nations unies.

Mercredi, les juges de la CIJ ont ordonné à Washington de mettre fin aux sanctions contre Téhéran visant des biens "à des fins humanitaires", un revers pour les Etats-Unis, qui ont toutefois récusé la compétence de la Cour dans cette affaire.

La CIJ se prononçait sur la demande de l'Iran de suspendre les sanctions américaines réimposées par Donald Trump après le retrait de Washington de l'accord sur le nucléaire iranien, la République islamique dénonçant de graves conséquences sur son économie.

Le traité de 1955 se trouvait également au coeur de cette affaire. Il a joué en faveur de l'Iran.

Peu après l'annonce de la CIJ, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo avait annoncé mercredi que les Etats-Unis mettaient fin au traité, invoqué par la Cour pour justifier sa décision.

Les Etats-Unis se sont retirés le même jour du protocole facultatif de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, qui reconnaît la "juridiction obligatoire de la CIJ pour la solution de tous les différends" touchant son "interprétation" ou "application". Washington reste cependant membre de la Convention elle-même.

"Nous allons commencer à passer en revue tous les accords internationaux qui risquent d'exposer les Etats-Unis à la compétence prétendument contraignante de la Cour internationale de justice dans la résolution de différends", avait fait savoir John Bolton, conseiller à la sécurité nationale du président Donald Trump.

Avec AFP

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Giscard et l'affaire des "diamants de Bokassa"

Le président français Valery Giscard d'Estaing et le président de la République centrafricaine Jean-Bedel Bokassa assistent à une cérémonie à Bangui, lors de la visite officielle du président français, le 5 mars 1975.

L'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing, décédé mercredi, s'était retrouvé en 1979 au centre de l'affaire dite des "diamants de Bokassa", suscitant une polémique embarrassante avant la présidentielle de 1981 qu'il allait perdre.

Le 10 octobre 1979, l'hebdomadaire français Le Canard enchaîné révèle que Valéry Giscard d'Estaing (VGE), a reçu en 1973, alors qu'il était ministre des Finances, une plaquette de trente carats de diamants offerte par le président centrafricain Jean Bedel Bokassa

La semaine suivante, Le Canard affirme que la valeur de la plaquette est de 1 million de francs et précise que d'autres diamants lui ont été offerts à l'occasion des ses déplacements à Bangui entre 1970 et 1975.

Le 27 novembre, le président Giscard d'Estaing oppose un "démenti catégorique et méprisant" aux allégations concernant la valeur des cadeaux qu'il aurait reçus. "Il faut, dit-il, laisser les choses basses mourir de leur propre poison".

L'hebdomadaire satirique relance l'affaire un an plus tard, le 16 septembre 1980, en publiant un entretien téléphonique avec l'ancien "empereur" centrafricain Jean Bedel Bokassa, déposé de son trône le 20 septembre 1979.

Il affirme "avoir remis à quatre reprises des diamants au couple présidentiel". "Vous ne pouvez pas imaginer ce que j'ai remis à cette famille-là", ajoute Bokassa.

Le 10 mars 1981, VGE déclare à la télévision qu'il "n'y a aucun mystère dans l'affaire des diamants" et que "le produit de ces cadeaux a été versé à des œuvres humanitaires centrafricaines". Il précise que les diamants ont été vendus "au profit de la Croix rouge centrafricaine, d'une maternité, d'une pouponnière et d'une mission".

Selon l'hebdomadaire Le Point du 22 mars 1981, qui a consulté la comptabilité des cadeaux officiels à l'Élysée, les diamants ont été vendus pour une somme de 114.977 francs remise à des œuvres de bienfaisance centrafricaines.

Dans une interview au Washington Post du 8 mai 1981, l'empereur déchu réaffirme avoir offert des diamants à VGE, en présence de témoins, à quatre occasions en huit ans.

Contrairement aux indications du président français, pour qui les diamants reçus n'étaient que de petites pierres, Bokassa affirme lui avoir offert des diamants de 10 à 20 carats. Il soutient également avoir offert à la famille Giscard d'Estaing, dont deux cousins, plus de diamants qu'à n'importe qui d'autre. "Je les ai gâtés", déclare-t-il, ajoutant : "ils sont pourris".

Bokassa reconnaît accorder cette interview, à la veille du second tour de l'élection présidentielle, dans le but d'empêcher la réélection du président centriste VGE. "Je règle mes comptes avec ceux qui ont provoqué ma chute", termine-t-il. Le 10 mai, le socialiste François Mitterrand remporte l'élection présidentielle en France.

L'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing est mort

L'ancien président français Valery Giscard d'Estaing lors des funérailles d'État de l'ancien chancelier ouest-allemand Helmut Schmidt à l'extérieur de l'église Sankt Michaelis, à Hambourg, le 23 novembre 2015.

L'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing, âgé de 94 ans, est décédé mercredi soir "entouré de sa famille" dans le centre de la France, a appris l'AFP auprès de son entourage, confirmant une information de la radio Europe 1.

Plus jeune président de la Ve République lors de son élection (48 ans) en 1974, le centriste Valéry Giscard d'Estaing avait été hospitalisé à plusieurs reprises ces derniers mois pour des problèmes cardiaques.

Pendant son mandat jusqu'en 1981, il a eu une action modernisatrice sur le pays, promulguant d'importantes réformes de société, comme l'autorisation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) ou l'abaissement du droit de vote à 18 ans. Il fut aussi le premier président non gaulliste de la Ve République, après l'emblématique général de Gaulle, et son héritier politique Georges Pompidou.

Il n'avait effectué qu'un seul mandat, battu par le socialiste François Mitterrand en 1981.

M. Giscard d'Estaing, qui séjournait depuis le début du confinement dans sa résidence de campagne à Authon (centre), avait été admis quelques jours dans le service de cardiologie de l'hôpital de Tours du 15 au 20 novembre pour une "insuffisance cardiaque".

Il avait auparavant été hospitalisé quelques jours mi-septembre à à Paris pour une légère infection aux poumons. Mais les médecins avaient écarté une infection au coronavirus.

M. Giscard d'Estaing, qui a fêté ses 94 ans le 2 février, a déjà été hospitalisé à Pompidou en cardiologie à plusieurs reprises il y a quelques années pour la pose de stents.

L'une de ses dernières apparitions publiques remonte au 30 septembre 2019 lors des obsèques à Paris d'un autre président de la République, Jacques Chirac, qui fut son Premier ministre de 1974 à 1976.

Il a aussi fait parler de lui en mai, visé par une enquête pour agression sexuelle après la plainte d'une journaliste allemande. Cette dernière l'accusait de lui avoir touché les fesses lors d'une interview plus d'un an plus tôt.

Vaccins: des procédures accélérées partout dans le monde

Une bouteille de vaccin contre le Covid-19 en essai clinique, le 17 novembre 2020.

Le Royaume-Uni a été le premier pays au monde à approuver le vaccin Pfizer/BioNTech contre le Covid-19. Aux Etats-Unis et en Europe, les autorités examinent encore plusieurs projets de vaccin. Le point sur les différentes procédures d'homologation.

Analyse en continu au Royaume-Uni

Le gouvernement britannique a accordé son feu vert au vaccin après la recommandation de son Agence indépendante de réglementation des médicaments (MHRA).

L'agence a mis en place une procédure d'examen continu, utilisée pour examiner un traitement prometteur dans le cas d'une urgence sanitaire. Elle a ainsi traité les données au fur et à mesure qu'elles devenaient disponibles.

"Des équipes distinctes ont travaillé en parallèle", "jour et nuit", y compris le weekend, sur les différents aspects de la sécurité du vaccin, sans attendre d'en finir avec l'un pour commencer l'autre, a expliqué la directrice de la MHRA, June Raine, qui a également contesté les affirmations du ministre de la Santé britannique selon lesquelles la MHRA avait pu agir rapidement grâce au Brexit.

Contrairement à l'Agence européenne du médicament (EMA), "la MHRA peut poser des questions au fur et à mesure et obtenir des réponses plus rapidement en tant qu'agence unique", a précisé de son côté Dr Penny Ward, du King's College de Londres.

Processus accéléré en Europe

L'EMA, basée à Amsterdam, est chargée d'autoriser et de contrôler les médicaments dans les 27 pays de l'Union européenne. Elle a également mis en oeuvre une procédure accélérée dite "d'examen continu" afin d'analyser les données de sécurité et d'efficacité des vaccins contre le Covid-19 au fur et à mesure de leur parution.

Les vaccins de Pfizer/BioNTech, Moderna et Oxford/AstraZeneca sont tous trois soumis depuis plusieurs semaines à ce processus.

Cette procédure accélérée est appliquée pour évaluer des produits pouvant répondre à des cas d'urgence de santé publique.

En temps normal, toutes les données relatives à un vaccin doivent être collectées et soumises au début d'une demande d'autorisation.

L'Agence européenne du médicament doit se prononcer le 29 décembre "au plus tard" sur le vaccin Pfizer/BioNTech, et d'ici au 12 janvier sur celui du concurrent américain Moderna.

Le feu vert final à la mise sur le marché est ensuite donné par la Commission européenne.

Conseil consultatif aux Etats-Unis

Aux Etats-Unis, Pfizer/BioNTech et Moderna ont tous deux déposé des demandes d'autorisations d'utilisation en urgence de leur vaccin contre le Covid-19 auprès de l'Agence américaine des médicaments (FDA).

La procédure américaine est plus lente que la britannique, avec un processus de consultation publique.

Avant de prendre une décision, l'agence réalise une évaluation interne et interroge un conseil consultatif externe. "La procédure de la FDA est complètement transparente, des experts indépendants commentent, posent des questions, conseillent l'agence et formulent des recommandations", a expliqué mercredi Moncef Slaoui, responsable de l'opération "Warp Speed" de distribution des vaccins.

Le conseil consultatif pour le vaccin Pfizer est prévu le 10 décembre, celui pour Moderna le 17 décembre.

La FDA devrait trancher dans la foulée de ces réunions. En cas de feu vert, les deux vaccins pourraient être disponibles dans le courant du mois aux Etats-Unis, le pays qui paie le plus lourd tribut humain à la pandémie (plus de 270.000 morts).

Russie: simplification de procédure

En Russie, l'évaluation des produits en cours de développement est assurée par le "Centre scientifique pour l'expertise des médicaments" du ministère de la Santé.

Selon le site officiel sur les vaccins, "contrairement à de nombreux pays, il existe en Russie un système d'essais étatiques, utilisant des médicaments de comparaison, une méthode en double aveugle et d'autres essais contrôlés sans la participation des développeurs".

Le président Vladimir Poutine a chargé le gouvernement de simplifier la procédure d'enregistrement par l'Etat de certains médicaments pour accélérer le processus de validation du vaccin anti-Covid.

L'évaluation de Spoutnik V a démarré mi-février, les phases 1 et 2 des essais cliniques ont été achevées le 1er août.

Le 11 août, les autorités ont approuvé le vaccin, avant que la phase 3 ne commence. Cette phase est désormais terminée mais ses résultats ne sont pas encore connus.

Poutine vient d'ordonner aux autorités de débuter les vaccinations "à grande échelle" des "populations à risque" la semaine prochaine. Celle du grand public devrait commencer début 2021.

Le Royaume-Uni, premier pays au monde à approuver un vaccin anti-covid

Le Royaume-Uni, premier pays au monde à approuver un vaccin anti-covid
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La Camerounaise Djaïli Amadou Amal récompensée par le Goncourt des Lycéens

L'écrivaine camerounaise Djaili Amadou Amal à Paris, le 17 novembre 2020.

L'écrivaine camerounaise Djaïli Amadou Amal a remporté le 33e Goncourt des Lycéens pour "Les Impatientes", roman poignant sur la condition des femmes au Sahel.

"L'écriture est simple et touchante et sonne juste, sans lyrisme superflu. C'est un livre subtil qui permet d'observer la question du mariage forcé par le prisme de ce témoignage émouvant", a déclaré par visio-conférence la présidente du jury lycéen Clémence Nominé.

"Les Impatientes", publiée par la maison d'édition Emmanuelle Colas, est la reprise d'un roman publié dans son pays en 2017 sous un autre titre, "Munyal", mot peul qui signifie patience. S'inspirant de sa propre expérience de femme mariée de force à 17 ans à un polygame, Djaïli Amadou Amal met en scène plusieurs de ces femmes contraintes comme elle d'accepter les codes d'une société patriarcale oppressante.

Emue, Djaïli Amadou Amal s'est dite "très sensible" au choix des lycéens. Pour elle, l'intérêt porté par les jeunes au sujet des violences faite aux femmes "signifie un espoir pour l'avenir".

Pour la phase finale, un jury national composé de 12 lycéens a débattu mercredi matin à huis clos et en distanciel. Créé il y a plus de 30 ans, Le Goncourt des Lycéens est un des prix qui entraîne les meilleures ventes de livres.

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