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USA: 11.000 personnes évacuées après deux débordements de barrage

Aux États-Unis, les résidents de l'Oregon regardent une marée haute se précipiter et inonder des parties du port de Depoe Bay, en Oregon, pendant une marée extrêmement haute qui a coïncidé avec une grosse tempête hivernale, le 11 janvier 2020 (AP Photo / Gillian Flaccus)

Près de 11.000 personnes ont été évacuées dans le centre du Michigan après le débordement de deux barrages qui faisait craindre des inondations "historiques", ont annoncé mercredi les autorités de cet Etat du nord des Etats-Unis.

De fortes pluies ces derniers jours ont provoqué des brèches sur les barrages d'Edenville et de Sanford, et entraîné une brusque montée des eaux de la rivière Tittabawassee qui borde Midland, une ville de 41.000 habitants à 200 km au nord de Detroit.

Environ 10.000 habitants de la ville et 950 personnes vivant dans les villages alentour ont quitté la zone, a indiqué le comté de Midland sur sa page Facebook.

La crue n'a fait aucun mort ni blessé grave, a-t-il précisé, appelant la population à se réfugier chez des proches ou dans les centres d'accueil ouverts en urgence.

Cette catastrophe intervient alors que le Michigan est l'un des Etats du pays les plus touchés par l'épidémie de coronavirus. La gouverneure a demandé aux personnes évacuées de porter un masque et de respecter les gestes barrières pour éviter les contaminations dans les refuges.

"C'est dur de croire que nous sommes au milieu d'une crise qui n'arrive que tous les 100 ans, une pandémie mondiale, et que nous avons aussi à gérer ce qui semble être la pire inondation depuis 500 ans", a déclaré la gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer, qui s'est rendue à Midland.

"Les gens vont bien", a-t-elle souligné.

Mme Whitmer a déclaré l'état d'urgence mardi soir, anticipant "un niveau d'eau historique" dans le centre-ville de Midland qui pourrait se retrouver sous près de trois mètres d'eau mercredi.

Les services météorologiques ont émis un bulletin d'alerte aux crues le long de la rivière, valable jusqu'à jeudi matin, estimant que la situation était "particulièrement dangereuse".

Selon le comté de Midland, la rivière Tittabawassee a atteint 10,70 m à la mi-journée, et un niveau maximum est attendu à 11,60 m en soirée, un record pour cette ville déjà frappée par une crue historique en 1986.

Le groupe chimique Dow, dont le siège social est à Midland, a annoncé la mise en place de mesures anti-inondations et la fermeture de ses sites situés dans la zone à risque.

Le président Donald Trump a assuré sur Twitter que la Maison Blanche surveillait "de près" ces inondations.

"Restez en sécurité et écoutez les responsables locaux", a-t-il écrit à l'adresse des habitants.

Il doit se rendre jeudi dans une usine du constructeur automobile Ford à Ypsilanti, à 200 km au sud de Midland. Le Michigan est un Etat-clé pour l'élection présidentielle de novembre lors de laquelle le milliardaire républicain briguera un deuxième mandat de quatre ans.

"Je sais que le président doit venir dans le Michigan demain, j'ai l'intention de lui faire un compte-rendu complet avant leur arrivée", a précisé Mme Whitmer, une démocrate qui a été la cible de critiques de M. Trump pour avoir refusé d'assouplir les mesures de confinement face à la pandémie.

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Un Tweet non conforme de Donald Trump masqué par le réseau social

Un Tweet non conforme de Donald Trump masqué par le réseau social
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Twitter masque un tweet de Trump qui veut rogner les ailes du réseau

Le président américain Donald Trump brandit une première page du New York Post alors qu'il s'adresse aux journalistes tout en discutant d'un décret sur les sociétés de médias sociaux à la Maison Blanche à Washington, États-Unis, le 28 mai 2020. REUTERS / Jonathan Ernst

Twitter a masqué vendredi un message de Trump sur les affrontements de Minneapolis pour signaler une "apologie de la violence" mais l'a laissé accessible. Cela fait monter d'un cran la polémique avec Trump qui veut à limiter la protection des réseaux sociaux et leur latitude à modérer les contenus.

"Ces VOYOUS déshonorent la mémoire de George Floyd, et je ne laisserai pas faire cela. Viens juste de parler au gouverneur Tim Walz et lui ai dit que l'armée est à ses côtés tout du long. Au moindre problème, quand les pillages démarrent, les tirs commencent. Merci!", a tweeté jeudi soir Donald Trump.

Le président, suivi par plus de 80 millions de personnes sur Twitter, a publié ce message, pouvant être interprété comme une incitation aux forces de l'ordre à faire usage de leurs armes, après l'incendie d'un commissariat de Minneapolis lors d'une troisième nuit d'affrontements après la mort d'un homme noir, George Floyd, lors d'une interpellation musclée par des policiers blancs.

Quelques heures après, le réseau social américain a masqué ce tweet avec un message d'avertissement, laissant simplement la possibilité de le retweeter avec des commentaires mais pas de le retweeter ni de le "liker" ou d'y répondre. Le tweet reste intégralement visible lorsqu'on clique sur le message.

"Ce tweet viole les règles de Twitter sur l'apologie de la violence. Toutefois, Twitter estime qu'il est dans l'intérêt du public que ce tweet reste accessible", selon le réseau social.

Jeudi, M. Trump, ulcéré par l'attitude de Twitter à son égard qui avait pour la première fois signalé deux de ses tweets avec la mention "Vérifiez les faits", a signé un décret visant à limiter la protection judiciaire des réseaux sociaux afin selon lui de "défendre la liberté d'expression face à un des pires dangers qui soit". Le décret devrait être le point de départ d'une longue bataille en justice.

Les deux messages signalés mardi affirmaient que le vote par correspondance était forcément "frauduleux" car sujet aux manipulations, une question ultra-sensible en pleine année électorale.

En signant le décret, M. Trump a de nouveau dénoncé le "monopole" des groupes technologiques qu'il accuse de longue date d'avoir un biais idéologique et politique.

"Ils ont le pouvoir non contrôlé de censurer, éditer, dissimuler ou modifier toute forme de communication entre des individus et de larges audiences publiques", a-t-il assuré.

Très actif sur Twitter, M. Trump a décidé de s'attaquer, au nom de la liberté d'expression - et à titre de représailles, selon ses détracteurs - à la célèbre Section 230 du "Communications Decency Act".

Pierre angulaire de l'internet américain, elle offre notamment à Facebook, Twitter ou YouTube (Google) une immunité contre toute poursuite judiciaire liée aux contenus publiés par des tiers et leur donne la liberté d'intervenir sur les plateformes à leur guise.

- Punition -

Le décret cherche à modifier le champ d'application de cette loi de 1996 et affirme que l'immunité ne peut s'étendre à ceux qui pratiquent la "censure de certains points de vue".

"Quand des réseaux sociaux puissants censurent des opinions (...), ils cessent de fonctionner comme des forums passifs. Ils doivent être considérés et traités comme des créateurs de contenus", énonce le texte.

Mais pour le sénateur démocrate Ron Wyden, Donald Trump veut surtout "intimider" les réseaux sociaux et s'attaque à la Section 230 "parce qu'elle protège le droit des entreprises à ne pas avoir à héberger ses mensonges".

Le décret constitue "une menace flagrante et anticonstitutionnelle pour punir les plateformes qui déplaisent au président", abonde l'ONG American Civil Liberties Union (ACLU).

- Digne "des autocraties" -

Twitter n'a pas souhaité commenter, mais Matt Schruers, président de la Computer & Communications Industry Association, un lobby de la tech, a estimé que ce genre de "représailles" était plus digne "des autocraties étrangères que des Etats-Unis".

Le débat sur le sacro-saint statut d'hébergeur des plateformes en ligne fait rage depuis des mois et dépasse largement le contentieux Trump-Twitter.

A gauche comme à droite, des voix s'élèvent depuis quelques années pour forcer les réseaux à prendre plus de responsabilités - et donc à mieux filtrer les contenus.

Depuis les tentatives de manipulation de la présidentielle américaine de 2016, Facebook et Twitter ont massivement investi dans la lutte contre la désinformation.

La question est particulièrement sensible en pleine année électorale bouleversée par la pandémie de coronavirus qui fait peser le doute sur les modalités de l'organisation de la présidentielle américaine du 3 novembre.

- Censurer au nom de la censure? -


Mark Zuckerberg, , fondateur et patron de Facebook, est entré dans la bataille en rappelant sur Fox News jeudi qu'à son avis les plateformes ne devraient pas se poser en "arbitre de la vérité sur tout ce que les gens disent en ligne".

Mais "un gouvernement qui choisit de censurer une plateforme parce qu'il s'inquiète au sujet de la censure ne me semble pas exactement être le bon réflexe", a-t-il ajouté.

La méthode du décret suscite par ailleurs un tollé.

"Quelles que soient les circonstances, ce n'est pas comme ça que les politiques publiques sont décidées", a réagi la puissante Chambre de commerce des Etats-Unis. "Un décret ne peut pas servir à changer la loi fédérale".

Interrogé pendant la signature du décret sur la possibilité de supprimer son compte, Donald Trump a répondu en attaquant les médias: "si nous avions une presse honnête dans ce pays, je le ferais dans la seconde".

L'Union africaine s'invite dans une controverse raciale aux États-Unis

Des manifestants jettent un matelas sur une voiture en feu devant un magasin près du troisième commissariat de police le 28 mai 2020 à Minneapolis, dans le Minnesota, Etats-Unis. (Photo Kerem Yucel / AFP)

Le président de la Commission de l'Union africaine a condamné vendredi le meurtre présumé par la police d'un homme noir non armé dans l'État américain du Minnesota, un incident qui a déclenché des manifestations à travers le pays.

Moussa Faki Mahamat "condamne fermement le meurtre de George Floyd qui s'est produit aux États-Unis d'Amérique aux mains des forces de l'ordre, et souhaite présenter ses plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches", lit-on dans une déclaration de sa porte-parole.

La déclaration ajoute que M. Faki, qui est Tchadien, "réaffirme et réitère fermement le rejet par l'Union africaine de la poursuite des pratiques discriminatoires à l'encontre des citoyens noirs des États-Unis d'Amérique".

George Floyd, 46 ans, a été tué lundi par la police après avoir été arrêté parce qu'il était soupçonné d'avoir utilisé un faux billet de banque.

Une vidéo prise par un spectateur montre un policier agenouillé sur son cou alors qu'il est cloué au sol. À un moment donné, on entend Floyd dire qu'il ne peut plus respirer.

Des affrontements avec la police sont entrées dans leur quatrième jour vendredi.

D'autres responsables de l'UA, dont le siège est en Ethiopie, ont également fait savoir qu'ils étaient perturbés par la mort de M. Floyd.

Jeudi, Kwesi Quartey, vice-président de la Commission de l'Union africaine, a publié sur sa page Facebook personnelle que l'UA était "bouleversée d'assister à une nouvelle exécution injustifiée d'un autre Afro-Américain... sans autre raison que d'être noir".

"C'est une exécution de trop. Nous sommes peut-être noirs, mais nous sommes aussi des personnes", a écrit Quartey. "L'Afrique exige une enquête complète sur ce meurtre."

Dans sa déclaration de vendredi, le bureau de M. Faki a appelé les responsables américains à "intensifier leurs efforts pour assurer l'élimination totale de toutes les formes de discrimination basées sur la race ou l'origine ethnique."

Quoi qu'inhabituelle, l'implication de dirigeants africains dans ce qui est une affaire intérieure dans un pays occidental a un certain précédent. En 2003, le sommet des chefs d'État de l'Union africaine a déclaré que la diaspora - y compris tous les descendants d'Africains tels que ceux des États-Unis, d'Europe et du Brésil - constitue la sixième région d'Afrique.

Le président Trump signe un décret visant à lever l'immunité des réseaux sociaux

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Minneapolis brûle suite à la mort de George Floyd

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