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Deux policiers tués en Algérie dans un attentat suicide

  • VOA Afrique

Des membres des forces spéciales algériennes de recherche et d'intervention s'entraînent au commissariat d'Algers, le 15 juillet 2014.

Deux policiers algériens ont péri jeudi quand un kamikaze a déclenché ses explosifs en tentant d'entrer dans un bâtiment de la police à 350 km au sud-ouest d'Alger, la deuxième tentative d'attentat suicide contre la police depuis le début de l'année.

"Un terroriste qui portait une ceinture explosive et (...) usant d'une arme a voulu pénétrer dans l'enceinte du siège de la Sûreté de la wilaya" de Tiaret, le quartier-général de la police pour la préfecture, a indiqué l'agence officielle APS, citant la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN, état-major de la police algérienne).

"La riposte des policiers en faction a été prompte et l'un d'eux, dans un acte de bravoure, s'est jeté sur l'assaillant (...) à l'entrée du siège de la Sûreté, perdant la vie en même temps que le terroriste suite à l'explosion qui a suivi", a poursuivi l'agence.

Un policier en faction, touché par l'explosion, a également succombé à ses blessures, selon la même source. Aucun autre détail n'a été communiqué.

L'attentat n'a pas été revendiqué dans l'immédiat.

C'est la deuxième tentative d'attentat suicide contre un bâtiment de la police depuis le début de l'année en Algérie. En février, le groupe jihadiste Etat islamique (EI) avait revendiqué une attaque suicide avortée contre un commissariat de Constantine, à environ 430 km à l'est d'Alger.

Là encore, un kamikaze avait tenté de pénétrer dans un commissariat mais en avait été empêché par les tirs d'un policier qui avaient déclenché les explosifs que l'assaillant portait sur lui.

Groupes islamistes actifs

En mars 2016, un individu portant une ceinture d'explosifs avait été abattu par la police dans la région de Tizi Ouzou, à l'est d'Alger. Et en août 2011, une trentaine de personnes avaient été blessées dans un attentat suicide contre un commissariat du centre de Tizi-Ouzou.

"La vigilance semble avoir baissé. On sentait que ça allait venir", a réagi après l'attentat de jeudi un ancien haut responsable des services de sécurité ayant requis l'anonymat.

"C'est l'oeuvre probablement d'éléments de Daech (acronyme arabe de l'EI), des Algériens qui ont fui la pression dans les pays où ce groupe est implanté et actif", a-t-il expliqué à l'AFP.

Malgré l'adoption en 2005 d'une Charte pour la paix et la réconciliation, censée tourner la page de la guerre civile qui a fait 200.000 morts pendant la "décennie noire" (années 1990), des groupes armés islamistes restent actifs en Algérie, surtout dans l'est et le sud du pays.

Ils visent principalement les forces de sécurité algériennes qui annoncent quasi quotidiennement des arrestations, des saisies d'armes ou la mort de "terroristes" lors d'"opérations de fouilles et de ratissage" dans des régions rurales du pays.

L'Algérie a néanmoins été épargnée ces dernières années par des attentats d'ampleur, depuis la prise d'otage sur le site gazier d'In Amenas (1.300 km au sud-est d'Alger) revendiquée par le groupe islamiste des "Signataires par le sang" de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, en représailles à l'intervention militaire étrangère au Mali voisin.

Quarante salariés et 29 assaillants avaient été tués lors de l'assaut mené par l'armée algérienne.

Avec AFP

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