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Un défenseur des droits de l'Homme et de la cause mozabite libéré en Algérie

  • VOA Afrique

Des policiers dans la ville de Laghouat, en Algérie, le 11 janvier 2012.

Le militant algérien des droits de l'Homme et défenseur de la cause mozabite, Kamel Eddine Fekhar, a été libéré dimanche après avoir purgé deux ans de prison, notamment pour "atteinte à la sûreté de l'Etat" et "trouble à l'ordre public", a annoncé son avocat.

"Kamel Eddine Fekhar a été libéré aujourd'hui de la prison de Médéa", à une centaine de km au sud-ouest d'Alger, a déclaré Me Salah Dabouz à l'AFP.

M. Fekhar avait été incarcéré le 15 juillet 2015, en marge de sanglants heurts intercommunautaires dans la région de Ghardaïa (centre), opposant des jeunes mozabites (berbères musulmans de rite ibadite, originaires de cette région) et des chaâmbas (jeunes arabes).

Depuis son arrestation, le militant a été condamné à trois reprises à des peines de prison ferme, dont la plus longue - deux ans - prononcée le 24 mai dernier. Selon son avocat, un tribunal a décidé le 6 juillet de confondre ces trois peines, limitant la durée de son incarcération à la peine la plus longue.

"La peine de deux ans (...) couvre la période de sa détention provisoire qui dure depuis le 15 juillet 2015", a expliqué l'avocat, rappelant que son client, qui a observé 104 jours de grève de la faim durant sa détention, "encourait la peine de mort".

"Pour moi, c'était une condamnation politique. Le pouvoir veut faire de lui un exemple pour les autres militants", a-t-il poursuivi.

Les violences intercommunautaires entre mozabites et chaâmbas durant l'été 2015 dans la région de Ghardaïa avaient fait 23 morts et conduit à l'arrestation d'une centaine de personnes, dont M. Fekhar, également accusé de "séparatisme".

Représentant local de la Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme (LADDH), Kamel Eddine Fekhar avait à l'époque dénoncé la partialité des forces de l'ordre, affirmant qu'elles soutenaient les jeunes arabes, ce que la police avait démenti.

Il avait aussi accusé le pouvoir algérien de tenter de "casser la société mozabite" depuis l'indépendance de l'Algérie en 1962.

Minoritaire en Algérie, cette communauté, qui a sa propre langue berbère, le Tamzabit, est organisée en famille, clans, conseil, très hiérarchisés dans les différents Ksour (cités) de la région du M'zab, vallée rocailleuse à 500 km au sud d'Alger, qui comprend Ghardaïa.

Les tensions entre les communautés mozabites et chaâmbas - d'anciens nomades arabes malékites forcés à la sédentarisation par l'armée française durant la guerre d'Algérie - se sont progressivement développées ces dernières années.

Avec AFP

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