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Un accordéoniste brésilien défend l'Amazonie en chantant au fil de l'eau

Vue aérienne de la route Transamazonica (BR-230) près de Medicilandia, État de Para, Brésil le 13 mars 2019 (photo de Mauro Pimentel / AFP)

Son accordéon est presque aussi large que son canot, mais la musique retentit jusqu'à la cime des arbres: Eder Rodrigues do Nascimento, 60 ans, pagaie des journées entières en chantant des vers sur la protection de l'Amazonie brésilienne.

"La nature dépend de vous, laissez-la vivre, le monde entier vous remercie, avec la plus grande joie", chante ce troubadour haut en couleurs, sillonnant les villages sur pilotis bâtis sur les rives du Jurua, un affluent de l'Amazone.

Pour se rendre d'un village à l'autre, il faut parfois plusieurs jours de navigation.

Seul sur sa modeste embarcation en bois, "Eder l'accordéoniste", comme il se fait appeler, est impuissant face aux fléaux comme la déforestation ou l'orpaillage illégal. Mais il symbolise la résistance de ceux qui vivent au plus près de la nature et sont mis en lumière lors de la Journée internationale de la Terre nourricière le 22 avril.

"Dans mes chansons, je parle de la préservation de la nature. Je donne des conseils pour que tout le monde fasse comme moi: ne pas brûler la forêt, ne pas polluer l'eau, ne pas couper d'arbres. Il faut laisser les arbres, c'est eux qui vont sauver le monde", déclare-t-il à l'AFP.

Ce métis au visage buriné et émacié habite à Boa Vista, localité qui fait partie de la réserve naturelle de Uacari, où les habitants vivent essentiellement de la pêche et de la cueillette.

"La terre est en train de devenir sèche à cause de la déforestation. Ça nous inquiète beaucoup parce que nous vivons dans la forêt", déplore-t-il.

"Parfois, on voit arriver des maladies que personne ne connaît et parfois les gens meurent sans qu'on en sache la cause", insiste l'accordéoniste.

Les peuples vivant aux confins de l'Amazonie sont particulièrement vulnérables face au nouveau coronavirus, qui a tué près de 200 personnes dans l'Etat d'Amazonas, où vit Eder.

"Ceux qui visitent l'Amazonie se rendent au paradis, ceux qui habitent l'Amazonie y sont déjà, si tu veux connaître la biodiversité, viens avec moi", fredonne le musicien, une lueur d'espoir dans les yeux quand il voit les jeunes villageois s'identifier aux paroles de ses chansons.

Le déboisement et les incendies de forêt ont fortement augmenté depuis l'arrivée au pouvoir en janvier 2019 du président d'extrême droite Jair Bolsonaro, dont la politique environnementale est vivement critiquée.

De nombreuses ONG l'accusent de vouloir livrer le "poumon de la planète" aux compagnies minières et à l'agro-négoce, tout en empiétant sur les territoires censés être réservés aux peuples autochtones.

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Colombie : la justice ordonne l'arrestation de l'ex-président Alvaro Uribe

L'ancien président colombien Alvaro Uribe s'entretient avec les médias à Rionegro, en Colombie, le 30 juillet 2018. REUTERS/Fredy Builes

L'ex-président colombien et actuel sénateur Alvaro Uribe, encore très influent dans son pays, a annoncé mardi sur Twitter que la justice avait ordonné son arrestation dans une affaire de manipulation de témoins contre un opposant.

"La privation de ma liberté me cause une profonde tristesse pour mon épouse, pour ma famille et pour les Colombiens qui croient encore que j'ai fait quelque chose de bien pour la patrie", a twitté l'ancien chef de l'Etat (2002-2010), un représentant de la droite dure.

Selon le journal El Espectador, c'est la première fois dans l'histoire de la Colombie qu'une telle mesure est imposée à un ancien chef d'État.

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"Dette impossible" : l'Argentine obtient un sursis

Banco Central Argentina

Après plus de trois mois d'âpres négociations, le gouvernement argentin a annoncé mardi être parvenu in extremis à un accord avec ses créanciers pour la restructuration de 66 milliards de dollars de dette.

Le président argentin, Alberto Fernandez, s'est dit "très content pour le pays" et s'est félicité d'avoir pu restructurer une "dette impossible" au milieu de "la pire crise économique" et "en pleine pandémie".

"Maintenant, nous avons l'horizon dégagé vers là où nous voulons aller", a-t-il ajouté.

Les titres sous législation étrangère, objets de la négociation, représentent environ un cinquième de la totalité de la dette argentine qui s'élève à 324 milliards de dollars, soit 90% du Produit intérieur brut (PIB).

L'Argentine a finalement conclu un accord avec ses créanciers, dont trois groupes - Exchange Bondholders, Ad Hoc et Argentina Creditor Committee - qui avaient refusé fin juillet la dernière proposition du gouvernement argentin.

Il s'agit d'"un soulagement significatif" pour le pays, a souligné le ministère argentin de l'Economie dans un communiqué, alors que la date limite des négociations était fixée à mardi 21H00 GMT.

"L'Argentine ajustera certaines dates de paiement" par rapport à l'offre originale du gouvernement, ce qui implique des paiements en janvier et non en mars de chaque année comme prévu initialement, précise le communiqué.

Les discussions, en cours depuis le 20 avril, concernaient des obligations datant de 2005 et 2010, produits d'une restructuration précédente, ainsi que de nouveaux titres émis à partir de 2016.

Buenos Aires proposait notamment de payer 53,5 dollars de recouvrement pour chaque tranche de 100 dollars de la valeur nominale des obligations. Les créanciers exigeaient 56,5 dollars.

Le nouvel accord prévoit le recouvrement par les créanciers de plus de 54 dollars par tranche de 100, et améliore les délais de paiement, a expliqué une source officielle à l'AFP.

Mauvaise posture

Cette amélioration permet "de faire avancer les paiements sans céder sur le bénéfice économique", souligne l'analyste Sebastian Maril à l'AFP.

Si l'accord "éloigne les craintes d'une défaite devant les tribunaux, semblable à celle qui avait suivi le défaut de paiement de 2001, je doute qu'il suffise pour rendre soutenable la dette publique de l'Argentine à moyen et long terme", a toutefois nuancé Nikhil Sanghani, analyste au cabinet Capital Economics.

En 2001, avec un défaut historique de 100 milliards de dollars, le pays avait connu une crise sociale et économique sans précédent.

L'accord annoncé mardi est le fruit de trois mois de discussions particulièrement tendues. Les principaux créanciers avaient menacé la semaine dernière d'exercer leur droit de veto, assurant représenter plus de la moitié des détenteurs d'obligations.

Malgré les désaccords, les deux parties avaient fermement établi qu'elles désiraient éviter les conséquences d'un défaut de paiement prolongé.

L'Argentine a été déclarée en défaut de paiement le 22 mai, date à laquelle était dû le paiement d'intérêts de 500 millions de dollars sur trois des obligations faisant l'objet des discussions. Malgré le défaut, les négociations ont continué.

La semaine dernière, le pays sud-américain n'a pas non plus honoré le paiement de 600 millions de dollars d'intérêts supplémentaires sur deux autres obligations en cours de restructuration.

L'Argentine est en mauvaise posture et la marge de manoeuvre du gouvernement reste étroite : l'économie, la troisième d'Amérique latine, est en récession depuis 2018 et souffrira encore davantage cette année en raison de la pandémie de Covid-19, avec une contraction annoncée de 9,9 % du PIB, selon les dernières prévisions du Fonds monétaire international.

L'inflation a atteint plus 50% en 2019 et la pauvreté explose.

Le pays doit également négocier un nouveau programme avec le FMI auprès duquel il a souscrit un prêt de 57 milliards de dollars, dont 44 milliards ont effectivement été décaissés.

Autre dossier épineux pour le gouvernement, la restructuration de la dette émise sous législation nationale de 41,7 milliards de dollars, dont les paiements ont été pour l'heure différés au 31 décembre 2021.

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