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Tunisie

Fin de campagne présidentielle débridée après la libération de Karoui

Les deux candidats au second tour de la présidentielle tunisienne, Nabil Karoui et Kais Saied, en une d'un quotidien à Tunis le 16 septembre 2019.

La campagne pour le second tour de la présidentielle a repris jeudi en Tunisie, au lendemain du coup de théâtre de la libération du candidat emprisonné Nabil Karoui, qui dispose désormais de deux jours pour en découdre avec son rival Kais Saied.

M. Karoui, un homme d'affaires controversé poursuivi pour blanchiment et fraude fiscale, est sorti en soirée de la prison de la Mornaguia, près de Tunis, où il était en détention depuis fin août, à la faveur d'un recours devant la cour de cassation.

Ce fondateur de la chaîne Nessma TV, qui reste inculpé, a été célébré par 200 de ses partisans avec youyous et fumigènes, avant de rentrer chez lui dans une luxueuse berline noire, protégé par la garde présidentielle.

Du fait de son incarcération, son rival, l'universitaire M. Saied, un indépendant qui prône une nouvelle révolution par le droit, avait lui décidé de se mettre en retrait ces derniers jours, rendant la campagne atone.

Les observateurs européens avaient eux-mêmes déploré une "campagne du silence", dans laquelle "l'un ne peut pas faire campagne et l'autre ne veut pas".

Elle a en outre été entrecoupée par un scrutin législatif, le 6 octobre, qui a encore brouillé le paysage politique, avec un nouveau Parlement dominé par le parti d'inspiration islamiste Ennahdha mais écartelé entre de multiples formations.

- Débat télévisé inédit -

Dans ces conditions, les deux derniers jours de campagne s'annoncent vitaux, et chargés, avec comme point d'orgue un débat télévisé qui opposera vendredi soir le flamboyant magnat des médias à l'austère enseignant de droit, un rendez-vous inédit en Tunisie et rare dans le monde arabe.

Ce face-à-face aura un format "plus interactif" que les soirées électorales très suivies qui avaient opposé 24 candidats du premier tour mi-septembre, a indiqué l'un des organisateurs. Ces soirées avaient été diffusées par la plupart des chaînes tunisiennes et des chaînes arabes.

D'ici là, Nabil Karoui est attendu jeudi soir sur la chaîne nationale Wataniya pour donner une longue interview, comme l'avait fait M. Saied la semaine précédente.

M. Karoui s'est rendu jeudi matin au QG de son parti Qalb Tounes, en costume cravate, prêt à reprendre le flambeau de sa campagne menée en son absence par son épouse, Salwa Smaoui.

"Je suis très contente et fière que Nabil soit libéré, (...) je lui cède la main", a dit Mme Smaoui devant ce QG jeudi matin.

Dans une vidéo partagée par l'un de ses partisans mercredi soir, le publicitaire, après avoir salué les efforts du personnel pénitentiaire rencontré pendant sa détention, avait lancé en riant: "mon angoisse, c'est comment je vais faire mieux que Salwa."

- "Egalité des chances" -

Poursuivi pour fraude et blanchiment depuis 2017, M. Karoui a été interpellé à un péage d'autoroute le 23 août, dix jours avant le début de la campagne pour le premier tour. Nombre d'observateurs, y compris parmi ses adversaires, ont déploré une instrumentalisation de la justice par le politique dans ce dossier.

Face à lui, Kais Saied, dépourvu de structure partisane mais arrivé en tête du premier tour après une campagne de terrain discrète mais intense, devait aussi reprendre ses visites, avec un déplacement jeudi à Sousse (est), selon des partisans.

"Kais Saied avait pris la décision de stopper sa campagne électorale pour des considérations d'égalité des chances", a dit son frère Naoufel à une chaîne tunisienne. "Maintenant que cet obstacle est levé, il s'apprête à reprendre sa campagne", a-t-il ajouté.

Les sept millions d'électeurs se rendent aux urnes dimanche pour la troisième fois en un mois.

Les multiples rebondissement de la présidentielle relèguent au second plan les législatives, un scrutin pourtant crucial pour la jeune démocratie tunisienne, où la transition née de la révolution de 2011 est fragilisée par un chômage et une inflation persistants.

Selon les résultats publiés mercredi par l'instance électorale (Isie), le parti d'inspiration islamiste Ennahdha est arrivé en tête avec 52 sièges, très loin de la majorité de 109 voix pour former seul un gouvernement.

Les tractations avaient débuté avant même cette proclamation officielle, avec des interrogations sur une éventuelle alliance entre Ennahdha et Qalb Tounes, scénario que les deux camps ont pourtant exclu durant la campagne, ou un éventuel gouvernement de technocrates.

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Onze arrestations après des troubles nocturnes dans le centre-ouest

Les partisans d’Hizb Ut-Tahrir brandissent des drapeaux lors d’un rassemblement à Sidi Bouzid, Tunisie, 17 décembre 2013.

Onze personnes ont été arrêtées à Jelma dans la région tunisienne de Sidi Bouzid (centre-ouest), où des affrontements nocturnes opposent depuis plusieurs jours des jeunes à des policiers, a rapporté mardi le ministère de l'Intérieur.

Depuis le décès vendredi dans cette ville marginalisée d'un jeune de 25 ans, qui s'est immolé par le feu pour protester contre sa situation sociale, des habitants ont manifesté leur colère en bloquant des routes et en s'attaquant aux forces de l'ordre, selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Khaled Hayouni, et un correspondant de l'AFP sur place.

"Des jeunes âgés entre 11 et 18 ans ont attaqué pendant la nuit (de lundi à mardi) des membres des forces de l'ordre, leur lançant notamment des pierres et blessant au total 20 policiers", a affirmé M. Hayouni.

Les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogène pour les disperser et 11 personnes ont été arrêtées, a-t-il ajouté.

Des centaines de personnes ont par ailleurs incendié des pneus et bloqué plusieurs routes dans la région, selon un correspondant de l'AFP.

Dans un communiqué publié mardi, le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES) a exprimé sa "profonde inquiétude de l'état de tension sociale à Jelma", qui montre "l'échec" des gouvernements successifs à présenter des solutions concrètes aux problèmes du chômage et du développement dans le centre du pays.

"L'ignorance des revendications sociales" et le recours à la "confrontation sécuritaire" exacerbent les tensions, a mis en garde le FTDES, appelant les autorités à un "changement radical des politiques économiques et sociales".

En décembre 2010, c'est du centre défavorisé de la Tunisie qu'était partie la contestation sociale qui avait marqué le début des Printemps arabes. Depuis la révolution de 2011, cette région a connu plusieurs troubles sociaux nourris par le chômage et la pauvreté.

En janvier 2016, lors de la dernière importante vague de contestation sociale, la colère déclenchée par le décès d'un chômeur à Kasserine s'était propagée à travers le pays, qui avait dû décréter un couvre-feu des jours durant.

Un accident de bus fait 26 morts

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26 morts suite à un accident d'autocar

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Ennahdha en tête des législatives

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Rached Ghannouchi, le chef du parti islamiste Ennahdha, élu à la tête du Parlement tunisien

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