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Le candidat Karoui demande un report de la présidentielle

Les partisans du candidat à la présidentielle, Nabil Karoui manifeatent pour sa libération, devant le tribunal de Tunis, le 3 septembre 2019.

L'un des deux candidats au second tour de la présidentielle en Tunisie, Nabil Karoui, a demandé mardi à la justice de repousser le scrutin prévu le 13 octobre, jusqu'à ce qu'il puisse sortir de prison pour faire campagne.

Homme d'affaires et des médias, M. Karoui a été arrêté et incarcéré pour blanchiment d'argent le 23 août, mais il a obtenu 15,58% des voix au premier tour le 15 septembre, ce qui lui a permis de se qualifier pour le second tour.

Plusieurs demandes de remise en liberté ont été rejetées, la dernière en date le 1er octobre.

Selon l'un de ses avocats, Me Nazih Souei, un recours a été déposé au tribunal administratif, faisant valoir qu'il n'y a pas eu d'égalité des chances entre son client et son adversaire, le juriste Kais Saied, arrivé devant M. Karoui au premier tour.

Le tribunal administratif a confirmé avoir reçu ce recours, sans préciser dans quel délai il pourrait y répondre.

M. Karoui avait déposé le 30 septembre une demande officielle à l'Instance supérieure indépendante des élections (Isie) pour "pouvoir se déplacer dans tous les gouvernorats pendant la campagne, et être en contact direct avec les médias", a indiqué son parti Qalb Tounes, dans un communiqué.

"En l'absence de réponse de la part de l'Isie, nous avons demandé le report du second tour jusqu'à l'expiration des motifs de l'inégalité des chances", selon le texte.

Le parti fondé il y a six mois par M. Karoui, Qalb Tounes, est arrivé second aux législatives de dimanche selon plusieurs sondages --les résultats préliminaires sont attendus mercredi.

- "Campagne du silence" -

L'Isie ainsi que de nombreux responsables politiques tunisiens et des observateurs internationaux, avaient appelé à ce que M. Karoui puisse faire campagne de façon équitable.

Samedi, M. Saied a annoncé qu'il cessait de faire campagne en personne "pour des considérations morales et afin d'éviter tout doute concernant l'égalité des chances entre les candidats".

Des groupes de militants continuent toutefois à mener une campagne de terrain comme il l'avait fait jusque-là.

La mission d'observation de l'Union européenne déployée pour les élections en Tunisie a déploré une "campagne du silence".

"L'un ne peut pas faire campagne, l'autre ne veut pas" a souligné mardi le vice-président du Parlement européen, Fabio Massimo Castaldo, qui dirige la mission.

En revanche, les observateurs ont constaté que certains médias privés, dont la chaîne Nessma fondée par M. Karoui, n'ont pas assuré une couverture équitable et pluraliste.

En l'absence de l'homme de télévision incarcéré, sa campagne est en effet menée tambour battant par son épouse, Salwa Smaoui, une dynamique quinquagénaire, et par la chaîne Nessma, en dépit des reproches de l'autorité de contrôle de l'audiovisuel.

- "Arrestation politique" -

La date de l'arrestation de M. Karoui et ses modalités juridiques, laissent craindre une instrumentalisation de la justice. Ses partisans ont pointé du doigt plusieurs rivaux, qualifiant son arrestation de "politique".

Ce second tour de présidentielle inédit, avec un candidat en prison, se déroule après un premier tour le 15 septembre marqué par un vote sanction qui a écarté les dirigeants sortants et qualifié deux novices de l'exécutif ayant fait campagne sur une rupture avec l'élite politique.

Ce feuilleton a fait passer à l'arrière-plan des législatives pourtant cruciales pour répondre aux exigences de Tunisiens, préoccupés avant tout par la crise sociale et économique que traverse le pays.

Le recours déposé à cinq jours du scrutin laisse augurer d'une ambiance tendue pour la deuxième élection présidentielle au suffrage universel organisé par la jeune démocratie tunisienne.

Les partisans de M. Karoui ont toutefois assuré qu'ils respecteraient la décision de justice et participeraient au second tour dimanche s'il est maintenu.

Sept millions de Tunisiens sont appelés aux urnes une troisième fois en un mois dimanche afin d'élire leur président.

Avec AFP

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Le président Saied critique les ingérences étrangères en Tunisie et en Libye

Le président tunisien Kais Saied, à Tunis, Tunisie, mardi 17 septembre 2019. (Photo AP / Mosa'ab Elshamy)

Le président tunisien Kais Saied, en visite de travail en France, a critiqué mardi les ingérences étrangères en Tunisie qui visent, selon lui, à faire reculer cette jeune démocratie, et mis en garde sur les velléités de diviser la Libye voisine.

"Il y a de nombreuses indications sur des ingérences extérieures en Tunisie de la part de forces qui tentent de faire reculer" le pays, affirmé M. Saied dans une interview accordée à France 24, accusant des parties tunisiennes d'être de "connivence" avec ces forces.

Tout en assurant avoir "beaucoup d'informations" sur ces ingérences, M. Saied a refusé de donner des détails sur ces forces arguant que le "devoir" l'"empêche de parler" pour ne pas "rendre la situation (en Tunisie) plus complexe".

Des partis politiques tunisiens s'étant affrontés au Parlement début juin au sujet de la position tunisienne en Libye. Le mouvement d'inspiration islamiste Ennahdha et son ennemi juré, le Parti destourien libre, avaient été accusés d'être manipulés.

Le président tunisien a également rejeté toutes les ingérences étrangères en Libye, divisée entre le gouvernement d'union nationale (GNA), basé à Tripoli, et les forces du maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est, que la France est accusée d'avoir soutenu.

Interrogé sur l'intervention turque en soutien au GNA, sévèrement critiquée par le président français Emmanuel Macron lors de la conférence commune lundi, M. Saied a souligné que "n'importe quelle ingérence est un danger".

"Les interventions étrangères ne font qu'envenimer" le conflit, a-t-il martelé, soulignant que "la responsabilité est partagée".

M. Saied a mis en garde contre les tentatives pour "diviser" la Libye.

"La division (de la Libye) pourrait être une porte ouverte à la division d'autres pays voisins (...), c'est un danger pour la Tunisie et sur l'Algérie", a-t-il averti.

M. Saied a critiqué le soutien apporté au GNA par le chef du Parlement tunisien Rached Ghannouchi, également leader du parti d'inspiration islamiste Ennahdha, proche d'Ankara.

"La légalité internationale et une résolution du Conseil de sécurité donnent une assise légale à ce gouvernement de Fayez al-Sarraj, mais cette légalité internationale ne peut pas durer" et "doit être remplacée par (…) une légitimité populaire", a-t-il estimé.

"Il n'y a qu'une seule diplomatie tunisienne dirigée par le chef de l'Etat", a-t-il ajouté.

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