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Le Parlement divisé après des élections législatives peu suivies

Explosion de joie chez les partisans du parti islamiste Ennahda, à la sortie des urnes à Tunis, en Tunisie, le 6 octobre 2019.

Le parti des islamistes modérés d'Ennahda a obtenu dimanche une faible avance aux élections législatives tunisiennes, compliquant le processus de formation d'une coalition dans un contexte économique fortement dégradé.

La formation politique qui se présente comme un parti "musulman démocrate" a remporté 17,5% des voix, selon les premières estimations réalisées à l'issue des votes.

Son principal rival, le parti de l'homme d'affaires Nabil Karoui, Coeur de la Tunisie, a remporté 15,6% des voix. Ces résultats laissent la jeune démocratie avec un Parlement divisé dans lequel Ennahda devra fonder des alliances pour gouverner.

Or, les deux partis, qui avaient chacun annoncé avoir remporté le scrutin dimanche, ont exclu de travailler au sein d'une même coalition. Les Tunisiens votaient pour élire leurs députés pour la troisième fois de leur histoire depuis la "révolution du jasmin", qui a vu le renversement de l'autocrate Zine Ben Ali. Le taux de participation était de 41%, selon la commission électorale, un faible score qui témoigne d'un fort sentiment de frustration et de désillusion vis-à-vis de la politique.

"Je ne voterai pas parce que je suis convaincu que les nouveaux dirigeants seront pires que les précédents", a déclaré Karim Abidi, un coiffeur de 29 ans à Tunis en amont des élections.

Les deux partis ont fait de la lutte contre la pauvreté le thème phare de leur campagne. Interdit sous la présidence de Ben Ali, Ennahda a fortement lissé son image depuis la Révolution en prenant part aux coalitions de divers gouvernements.

Les élections législatives sont particulièrement scrutées dans le pays car c'est le Parlement qui est chargé d'élire le Premier ministre, lequel supervise la plupart des portefeuilles. En vertu de la Constitution tunisienne de 2014, un Premier ministre issu du plus grand parti au Parlement contrôle la plupart des politiques intérieures, tandis que le président n'exerce qu'un contrôle direct que sur les affaires étrangères et la défense.

S'il n'obtient par la majorité (109 sièges), le parti vainqueur dispose de deux mois à compter du scrutin pour former une coalition gouvernementale avant que le président puisse demander à un autre parti d'entamer des discussions.

En cas d'échec, des nouvelles élections seront organisées. Le professeur de droit Kaïs Saïd et l'homme d'affaires Nabil Karoui, qui se trouve en détention depuis le 23 août dernier, s'affronteront aux élections présidentielles lors d'un deuxième tour, dimanche prochain.

Nabil Karoui, qui possède la chaîne de télévision Nesma, est soupçonné d'évasion fiscale et de blanchiment d'argent. Il s'est vu refuser à quatre reprises une remise en liberté, mais a obtenu de la commission électorale l'autorisation de maintenir sa candidature tant qu'il n'était pas reconnu coupable.

Avec Reuters

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Onze arrestations après des troubles nocturnes dans le centre-ouest

Les partisans d’Hizb Ut-Tahrir brandissent des drapeaux lors d’un rassemblement à Sidi Bouzid, Tunisie, 17 décembre 2013.

Onze personnes ont été arrêtées à Jelma dans la région tunisienne de Sidi Bouzid (centre-ouest), où des affrontements nocturnes opposent depuis plusieurs jours des jeunes à des policiers, a rapporté mardi le ministère de l'Intérieur.

Depuis le décès vendredi dans cette ville marginalisée d'un jeune de 25 ans, qui s'est immolé par le feu pour protester contre sa situation sociale, des habitants ont manifesté leur colère en bloquant des routes et en s'attaquant aux forces de l'ordre, selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Khaled Hayouni, et un correspondant de l'AFP sur place.

"Des jeunes âgés entre 11 et 18 ans ont attaqué pendant la nuit (de lundi à mardi) des membres des forces de l'ordre, leur lançant notamment des pierres et blessant au total 20 policiers", a affirmé M. Hayouni.

Les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogène pour les disperser et 11 personnes ont été arrêtées, a-t-il ajouté.

Des centaines de personnes ont par ailleurs incendié des pneus et bloqué plusieurs routes dans la région, selon un correspondant de l'AFP.

Dans un communiqué publié mardi, le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES) a exprimé sa "profonde inquiétude de l'état de tension sociale à Jelma", qui montre "l'échec" des gouvernements successifs à présenter des solutions concrètes aux problèmes du chômage et du développement dans le centre du pays.

"L'ignorance des revendications sociales" et le recours à la "confrontation sécuritaire" exacerbent les tensions, a mis en garde le FTDES, appelant les autorités à un "changement radical des politiques économiques et sociales".

En décembre 2010, c'est du centre défavorisé de la Tunisie qu'était partie la contestation sociale qui avait marqué le début des Printemps arabes. Depuis la révolution de 2011, cette région a connu plusieurs troubles sociaux nourris par le chômage et la pauvreté.

En janvier 2016, lors de la dernière importante vague de contestation sociale, la colère déclenchée par le décès d'un chômeur à Kasserine s'était propagée à travers le pays, qui avait dû décréter un couvre-feu des jours durant.

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