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RDC

Tshisekedi met en garde les forces de sécurité contre l'indiscipline

Le président Félix Tshisekedi, à droite, accompagné de son épouse salue son homologue namibien Hage Geingob, à Windhoek, Namibie, le 27 février 2019. (Présidence RDC)

Le président récemment élu de la RD Congo, Félix Tshisekedi, a  mis en garde vendredi les forces de sécurité contre tout acte d'"indiscipline" et les a appelées à la patience quant au paiement de leurs soldes.

Des policiers ont récemment tiré en l'air pour réclamer leurs soldes impayées de décembre et janvier, selon des témoignages recueillis à Beni et Uvira (dans la région du Kivu, Est) mais également à Tshikapa et Mbuji-Mayi (dans le Kasaï, centre du pays).

Les régions du Kivu et du Kasaï sont le théâtre de violences meurtrières en raison de la présence de miliciens et groupes armés.

Ces agents, qui ont ouvert le feu, font partie d'un groupe de militaires et policiers récemment sortis des centres d'instruction et déployés à travers le pays, selon un communiqué de la présidence signé jeudi et rendu public vendredi.

Le président "les informe que la somme relative à la solde (de) décembre 2018 et janvier 2019 est déjà disponible dans les banques et qu'ils vont être payés dès la semaine prochaine", indique le communiqué.

Mais il prévient "qu'il ne tolérera aucun acte d'indiscipline et condamne fermement l'attitude de certains policiers qui se sont permis de tirer des coups de feu pour réclamer le paiement de leur solde".

Le parquet militaire est instruit pour interpeller et traduire en justice les coupables ainsi que "tout individu, militaire ou non, qui volontairement perturberait la paie des militaires ou des policiers", peut-on encore lire sur le document.

Félix Tshisekedi a été investi président de la République démocratique du Congo fin janvier et succède à Joseph Kabila (2001-2018). Son arrivée au pouvoir a libéré un flot de revendications sociales dans le pays aussi bien dans les entreprises publiques que privées.

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Les rebelles ADF tuent six civils, 54 en quinze jours

Des militaires des Forces armées de la RDC déployés dans la région de Beni où les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) perpètrent régulièrement des attaques à l'arme blanche, tuant des civils, à Beni, Nord-Kivu, RDC, 6 juin 2016. (Charly Kasereka/VOA)

Six civils ont été tués dans l'est de la République démocratique du Congo dans une attaque attribuée aux rebelles des ADF, cibles d'une offensive d'envergure de l'armée congolaise depuis début novembre, ont indiqué des sources locales.

De mêmes sources, les représailles des Forces alliés démocratiques (ADF) sur les civils ont fait 54 morts depuis l'annonce de l'offensive de l'armée congolaises contre leur base dans le territoire de Beni le 30 octobre.

Le dernier raid a visé la ville d'Oicha à 30 km au nord de Beni, dans la nuit de dimanche à lundi.

"C'est vers 00h50 que les ADF ont fait incursion au quartier Pakanza Kathendere. Six personnes ont été tuées par armes blanches et à feu. Cinq maisons ont été incendiées et les animaux de la basse-cour emportés", a déclaré Lewis Saliboko, président société civile oicha, à un correspondant de l'AFP.

"En dix jours,nous venons de perdre 54 civils tués par ces rebelles", a-t-il ajouté.

"Nous venons encore une fois de perdre des civils à Oicha où les ADF ont tué cette nuit six civils", a confirmé Donat Kibwana, administrateur de territoire de Beni.

"Nous demandons à l'armée de poursuivre l'ennemi du côté ouest où il s'est enfui craignant la traque du côté est", a-t-il ajouté.

L'armée a reconnu de son côté avoir perdu une dizaine de soldats depuis le début des opérations.

Les Forces armées de la RDC (FARDC) affirment avoir neutralisé quelque 25 rebelles et repris certaines de leurs bases au sein du "triangle de la mort" Oicha-Mbau-Eringeti.

Les ADF sont responsables du massacre d'un millier de civils dans la région de Beni (Nord-Kivu) depuis octobre 2014.

Présents en RDC, les ADF sont à l'origine des rebelles musulmans luttant contre le régime du président ougandais Yoweri Museveni.

Les jihadistes du groupe État islamique ont revendiqué certaines de leurs dernières attaques depuis le début de l'année, sans preuve irréfutable d'une affiliation des ADF à l'EI.

Six civils tués à Oicha dans le Nord-Kivu

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"On ne va pas se faire des bisous!", lance Tshisekedi au sujet de son alliance avec Kabila

Le président sortant Joseph Kabila, à droite, et son succésseur Félix Tshsiekedi lors de l'investiture au Palais de la nation, Kinshasa, 24 janvier 2019.

"Il y a quelques mois, ces gens-là étaient nos adversaires. On ne va pas soudainement se faire des bisous sur la bouche!", a déclaré le président Félix Tshisekedi au sujet de sa coalition avec son prédécesseur, Joseph Kabila, qui connaît des tensions ces derniers jours.

"Dans le camp Kabila, certains n'acceptent toujours pas d'avoir perdu leurs privilèges. Et dans notre propre camp, certains n'acceptent pas de se coaliser avec ceux qui étaient hier encore nos bourreaux", a dit le chef de l'Etat congolais au quotidien français Libération à l'occasion de sa visite à Paris.

"Le courant (avec Kabila, NDLR) passe bien", a déclaré M. Tshisekedi vendredi à Berlin lors d'une conférence de presse avec la chancelière Angela Merkel.

"Nous parlons aussi des problèmes de la coalition. Mais dans l'ensemble, il sait que je dirige ce pays et il se tient vraiment à sa place, celle d'un consultant quand j'en ai de temps en temps besoin et il le fait vraiment de gaieté de cœur", a ajouté le président investi le 24 janvier.

En son absence en RDC, des responsables des deux camps ont multiplié les déclarations incendiaires.

Les deux camps s'accusent mutuellement de la dégradation ponctuelle d'affiches à l'effigie de leurs deux leaders.

Une délégation gouvernementale est arrivée ce vendredi à Kolwezi (sud-est) pour calmer les esprits après des incidents entre les deux camps la semaine dernière.

Un porte-parole de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) a proposé "les bons offices" de la mission onusienne "pour résoudre des problèmes", si les Congolais en font la demande.

"Il faut aussi que les acteurs politiques jouent le rôle d'hommes d'Etat", a ajouté ce représentant, François Grignon, mercredi lors de la conférence de presse hebdomadaire de la Monusco.

Issu de l'opposition, le président Tshisekedi a été proclamé vainqueur de l'élection présidentielle du 30 décembre. Les forces de son prédécesseur ont gardé la majorité au parlement et dans les 26 provinces.

MM. Tshisekedi et Kabila ont mis plus de sept mois pour s'entendre sur un gouvernement de 67 membres, dont les deux tiers sont affiliés au Front commun pour le Congo (FCC) pro-Kabila.

Ebola en RDC: la course aux vaccins bat son plein, l'épidémie marque le pas

Dans un centre de traitement Ebola à Beni en RDC, le 14 octobre 2018. (VOA/Charly Kasereka)

Un deuxième vaccin a été introduit jeudi à titre d'"essai clinique" contre l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo, où la propagation du virus marque le pas depuis quelques semaines.

Des équipes de l'ONG Médecins sans frontière (MSF) ont ouvert deux centres de vaccination à Goma, la grande ville du Nord-Kivu de plus d'un million d'habitants, où il n'y a pas actuellement de cas de transmission.

"Je viens d'être vacciné. Je vais aussi amener toute ma famille", a déclaré Joseph Munihire, 38 ans et père de six enfants, à un correspondant de l'AFP, en ajoutant: "Je demande à tous ceux qui doutent encore de venir se faire vacciner".

L'OMS "préqualifie" un premier vaccin contre Ebola
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Responsable de la mise en oeuvre du nouveau protocole, MSF veut cibler "50.000 personnes sur une période de quatre mois", avec 23.000 doses du vaccin des laboratoires américains Johnson&Johnson déjà livrées en RDC, selon les chiffres de l'ONG.

"Après avoir reçu la première dose du vaccin, les participants seront invités à se présenter de nouveau deux mois plus tard pour une deuxième injection", a précisé MSF dans un communiqué.

Un second vaccin contre Ebola en RDC
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L'enjeu consiste à "vérifier le bon déroulement de la vaccination à deux doses, dans une région à population très mobile et où il y a eu des cas dans le passé".

Quatre premiers cas de fièvre hémorragique avaient été enregistrés à Goma en juillet-août. Les autorités sanitaires avaient redouté une propagation de la maladie dans une ville densément peuplée, plaque tournante des échanges avec le Rwanda, l'Ouganda, et la province voisine du Sud-Kivu.

Aucun cas à Goma

Aucun nouveau cas de fièvre Ebola n'a cependant été signalé à Goma depuis le mois d'août.

"Cette vaccination à Goma est complémentaire. Elle ne remplace pas le premier vaccin, mais elle vient le compléter, particulièrement dans des zones où il n'y a pas de cas de transmission", a déclaré à l'AFP le coordonateur de la riposte, Steve Akuha.

L'épicentre de l'épidémie se situe toujours à 350 km au nord, dans la région de Beni-Butembo, avec des risques de déplacements vers la province voisine de l'Ituri.

Déclarée le 1er août 2018, cette 10e épidémie de fièvre hémorragique sur le sol congolais a tué 2.193 personnes, pour 1.067 guérisons. L'épidémie a été déclarée "urgence de santé publique mondiale" le 17 juillet par l'OMS, dans un appel aux bailleurs de fonds.

C'est première fois que des vaccins sont utilisés à titre "compassionnel" (à titre expérimental, sans autorisation préalable de mise sur le marché) pour prévenir la maladie qui se traduit par des poussées de fièvre, des diarrhée, des hémorragies...

En zone endémique, la première campagne de vaccination a commencé une semaine après la déclaration officielle de l'épidémie le 1er août 2018.

Depuis, 251.079 personnes ont été vaccinées par le premier vaccin rVSV-ZEBOV, fabriqué par le groupe américain Merck Shape and Dohme, selon le dernier pointage des autorités sanitaires congolaises mercredi soir.

Hasard des dates ou pas dans la "guerre des vaccins", comme l'appelle certains spécialistes ? Ce premier vaccin a reçu un début d'homologation préalable à sa mise officielle sur le marché à la veille de l'introduction du deuxième protocole.

L'OMS a "préqualifié" mardi le premier vaccin, "ouvrant la voie à son utilisation dans les pays à haut risque".

L'annonce de l'OMS fait suite à la décision prise lundi par la Commission européenne d'autoriser la commercialisation de ce vaccin. Le 18 octobre, l'Agence européenne du médicament (EMA) avait déjà accordé son feu vert.

En juillet, l'ancien ministre de la Santé Oly Ilunga avait démissionné en dénonçant "des acteurs qui ont fait preuve d'un manque d'éthique manifeste" dans leur volonté d'introduire un deuxième vaccin.

M. Oly Ilunga est actuellement en résidence surveillée, accusée par les autorités congolaises de détournement de fonds dans la lutte contre l'épidémie d'Ebola.

En septembre, MSF avait accusé l'OMS de "rationner" le premier vaccin utilisé depuis le début de l'épidémie. Des accusations que l'OMS avaient balayées.

Une réduction sensible des cas de contamination à Ebola a été observée ces dernières semaines par les autorités sanitaires. Mercredi soir, le dernier bulletin épidémiologique indique que 508 cas suspects sont en cours d’investigation: "Quatre nouveaux cas ont été confirmés. Aucun nouveau décès des cas confirmés n’a été enregistré".

"Dans sa phase actuelle, l'épidémie n'est plus urbaine, c'est devenu une épidémie rurale. Le virus Ebola s'est retranché en Ituri. Il faut donc le poursuivre, le coincer et l'éliminer", a déclaré fin octobre le professeur Jean-Jacques Muyembe, coordonateur de la riposte anti-Ebola.

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