Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Monde

Trump isolé avant le G7 au Canada

De gauche à droite : le président kenyan Uhuru Kenyatta, le président guinéen Alpha Condé, le président américain Donald Trump, le Premier ministre italien Paolo Gentiloni, le président français Emmanuel Macron, le président nigérien Mahamadou Issoufou et le président tunisien Beji Caid Essebsi posent pour une photo de famille avec d'autres participants de le sommet du G7 lors du Sommet des chefs d'État et de gouvernement du G7, à Taormina, en Sicile, en Italie, le 27 mai 2017

Les dirigeants des pays riches du "Groupe des Sept" arrivent à partir de jeudi au Canada pour un sommet annuel exceptionnellement tendu, en raison des taxes douanières imposées récemment à ses alliés par Donald Trump, resté sourd aux protestations.

Après des mois de vaines rencontres bilatérales, le président américain se confrontera vendredi et samedi à La Malbaie, au Québec, directement aux dirigeants du Canada, de trois pays européens, France, Allemagne et Royaume-Uni, ainsi que du Japon, des pays amis qui craignent que la politique de "l'Amérique d'abord" ne se révèle coûteuse pour la croissance mondiale.

Dans les capitales, le sommet s'est préparé comme un match à six contre un. Après le retrait unilatéral de Washington de l'accord sur le nucléaire iranien, l'escalade tarifaire est vécue comme la négation même de la raison d'être du G7, la garantie de l'ordre international.

"Pour nous, les taxes sont illégales, ce qui complique l'élaboration d'un texte commun", grinçait cette semaine un haut responsable européen. La chancelière allemande Angela Merkel a annoncé des "controverses".

>> Lire aussi : Macron et Trudeau jugent possible un "G6+1"

Avec Emmanuel Macron, arrivé en avance mercredi au Canada, l'hôte du sommet Justin Trudeau n'a rien cédé sur le vocabulaire, défendant dans une déclaration conjointe "un multilatéralisme fort, responsable, transparent", une formule qu'on voit mal Washington adopter.

Le conflit sur les taxes est tel que le sommet pourrait ne pas accoucher d'une déclaration finale commune, au-delà de parties consensuelles sur la pollution des océans ou l'égalité hommes-femmes.

"Si la résistance américaine va trop loin, il ne faudra pas sacrifier nos principes, nos intérêts à une unité de façade", dit l'Elysée. Pas question, donc, de ne pas mentionner l'accord de Paris, ou d'accuser l'Iran de ne pas respecter le texte nucléaire.

Sur le commerce, la France veut aussi dire "que le commerce doit être ouvert, libre, équitable entre les Etats du G7".

L'Elysée a noté après un long dîner entre les dirigeants français et canadien qu'ils s'étaient accordé "pour dire que s'il n'y avait pas d'autre option ils n'hésiteraient pas à isoler les Etats-Unis".

- "Querelle familiale" -

Mais Donald Trump n'a démontré aucune intention de mettre de l'eau dans son vin, trop heureux d'être passé à la vitesse supérieure dans sa politique néo-protectionniste, après une première année hésitante.

>> Lire aussi : Merkel prédit un G7 de "controverses" face à Trump

Il est persuadé qu'en tant que première puissance économique mondiale, il domine le rapport de force et obligera ses partenaires à céder à ses injonctions et à importer plus de produits américains. Même si pour l'instant, Canada et Union européenne résistent et ont répliqué avec des contre-tarifs.

"Il y a peut-être des désaccords, je préfère parler de querelle familiale", dit le conseiller économique du président, Larry Kudlow, qui assure que son patron exige seulement de la "réciprocité".

Le discours officiel américain est que Donald Trump est le sauveur, et non le fossoyeur d'un ordre international désormais faussé par les tricheurs, la Chine en tête. Mais l'Allemagne et ses voitures, le Canada et son acier sont aussi jetés, à leur grande incompréhension, dans le lot des profiteurs...

Au point que le sommet de Singapour du 12 juin, entre l'Américain et le dictateur Kim Jong Un, s'annonce paradoxalement comme plus chaleureux qu'avec les "amis" du G7.

- Le bilatéralisme d'abord -

Ce n'est pas le premier différend du groupe, dont la première réunion fut organisée par Valéry Giscard d'Estaing à Rambouillet en 1975. En 2014, la Russie de Vladimir Poutine avait été exclue du "G8", élargi pour elle en 1998.

>> Lire aussi : Les Etats-Unis et leurs alliés engagés dans une escalade sans précédent sur le commerce

Mais cette fois, les Etats-Unis cherchent une réponse en dehors du système multilatéral, ne faisant plus confiance à l'Organisation mondiale du commerce et autres institutions. Il tente aussi de contourner l'Union européenne, premier bloc économique mondial pour l'instant uni.

"Trump va utiliser toutes les ficelles pour fissurer les six autres, pour qu'ils craquent, et fassent ce que veut Trump, à savoir des négociations bilatérales", dit Laurence Nardon, de l'Institut français des relations internationales. "Jusqu'à présent les six ont tenu bon, mais Trump n'en a pas terminé".

Le duo Trudeau-Macron aura l'occasion d'afficher ce front commun lors d'une conférence de presse jeudi matin, un jour avant le début du sommet vendredi.

Mais l'auteur de "The Art of the Deal" a démontré, en plus de 500 jours au pouvoir, qu'il était peu enclin à se laisser attendrir.

"La tendance du président, quand il est critiqué, est de contre-attaquer", rappelle William Alan Reinsch, du centre de réflexion CSIS à Washington.

Avec AFP

Toutes les actualités

Donald Trump est apparu pour la première fois portant en public un masque

Donald Trump est apparu pour la première fois portant en public un masque
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:32 0:00

La pandémie du coronavirus a fait au moins 555.000 morts dans le monde

La pandémie du coronavirus a fait au moins 555.000 morts dans le monde
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:05 0:00

Kanye West, candidat de Dieu et contre Trump à la Maison Blanche

Kanye West assiste au WSJ. Magazine Innovator Awards 2019 au Museum of Modern Art de New York, le 6 novembre 2019.

Il sera le candidat de Dieu à la Maison Blanche: Kanye West a assuré mercredi au magazine Forbes qu'il ne soutenait plus Donald Trump à la présidentielle américaine de novembre et a remis en question la capacité du démocrate Joe Biden à mobiliser l'électorat noir.

Dans ce long entretien fait par téléphone, le rappeur milliardaire reconnaît qu'il se lance dans la course à la dernière minute et qu'il prendra une décision définitive d'ici un mois.

"On en parle depuis des années", explique-t-il en référence à ses ambitions présidentielles, révélées samedi dans un tweet, et à ses deux principaux soutiens: sa femme Kim Kardashian et le fantasque patron de Tesla Elon Musk.

"Voyons si la nomination est pour 2020 ou pour 2024, parce que c'est Dieu qui nomme le président", dit le rappeur qui s'est rapproché ces derniers mois de la religion. "Si c'est 2020, alors j'aurais été nommé par Dieu".

Sans structure en place, il ne donne aucun détail sur sa campagne, mais assure qu'il ne soutient plus le milliardaire républicain après avoir été un de ses plus fervents partisans, notamment en portant en 2018 une casquette rouge au slogan présidentiel "Make America Great Again" dans le Bureau ovale.

"J'enlève la casquette rouge avec cet entretien", explique-t-il à Forbes, ajoutant qu'il sera le candidat d'un nouveau parti appelé "Jour de naissance".

Mais il évite de critiquer le locataire actuel de la Maison Blanche, sauf sur sa gestion du mouvement de colère contre le racisme qui s'est répandu depuis deux mois dans le pays, alimentant les soupçons d'une candidature destinée à perturber celle de Joe Biden, actuellement en tête des sondages nationaux.

"Dire que le vote noir est démocrate est une forme de racisme et de suprématie blanche", affirme Kanye West, en reconnaissant qu'il n'hésiterait pas à priver l'ex-vice président des voix de la minorité noire qui vote majoritairement pour les démocrates.

Le rappeur, qui a annoncé avoir eu le coronavirus, affiche également sa méfiance face aux vaccins qui ont, selon lui, paralysé de nombreux enfants, une assertion fausse et fermement combattue par le monde scientifique.

"Quand ils disent que le moyen de régler le Covid-19 est un vaccin, je suis extrêmement prudent", explique-t-il. "C'est la marque de la bête", lance-t-il en référence au Diable.

Donald Trump a jugé que cette candidature surprise était "intéressante" tout en estimant que l'élection de 2024 devrait être son véritable objectif.

Joe Biden n'a pas commenté l'annonce de Kanye West.

Retrait des Etats-Unis de l'OMS: des critiques à travers le monde

Le président américain Donald Trump et le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom, lors du sommet du G20 à Hambourg, dans le nord de l'Allemagne, le 7 juillet 2017. (Photo SAUL LOEB / AFP)

Le gouvernement des Etats-Unis a officiellement lancé la procédure qui lui permet de se retirer de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). En lançant la procédure de retrait, le président Donald Trump met à exécution ses menaces de quitter l'agence onusienne qu'il accuse d'avoir tardé à réagir face à la pandémie de coronavirus.

Washington a envoyé la notification de son retrait au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, qui est le dépositaire pour l'OMS. Il a confirmé l’avoir reçue.

Pour que la décision soit effective, les Etats-Unis, membre fondateur de l'OMS en 1948, doivent être à jour dans leurs contributions et respecter un délai d'un an. Le retrait ne sera donc effectif que le 6 juillet 2021.

Les Etats-Unis apportent 15% du budget de l'agence onusienne, soit 400 millions de dollars par an.

Des responsables de santé et des adversaires de M. Trump ont critiqué sa décision. Son rival présumé pour le scrutin de novembre, le démocrate Joe Biden, a promis que les Etats-Unis reviendront immédiatement dans l'OMS s'il est élu, selon le quotidien Politico.

Pour la Fédération des scientifiques américains, ce retrait ne fera que nuire à la lutte mondiale contre le coronavirus, qui s'accélère et dont le pic n'est pas encore atteint dans le pays.

Un porte-parole de la diplomatie chinoise, a estimé qu’il sape les efforts internationaux et aura un impact grave sur les pays en développement. Pour le gouvernement allemand, le retrait constitue un revers de la coopération internationale.

Depuis le début de la pandémie, Donald Trump accuse de se montrer trop indulgente avec la Chine, où le coronavirus est apparu en premier. Il reproche aussi au patron de l'OMS, l'Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, d'avoir tardé à réagir face à la pandémie de coronavirus et de s'être montré incapable de réformer l'organisation.

Washington rompt officiellement son alliance avec l'OMS

Washington rompt officiellement son alliance avec l'OMS
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:11 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG