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Les Etats-Unis et leurs alliés engagés dans une escalade sans précédent sur le commerce

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau s'est emporté contre "un affront au partenariat de sécurité existant de longue date entre le Canada et les Etats-Unis", Québec, Canada, 24 mai 2018.

Les taxes américaines sur l'acier et l'aluminium, visant principalement les alliés des Etats-Unis, sont entrées en vigueur vendredi, au risque de déclencher une escalade dévastatrice pour l'économie mondiale.

Ces droits de douane supplémentaires de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium en provenance de l'Union européenne ainsi que du Canada et du Mexique constituent une offensive inédite dans l'histoire économique mais aussi diplomatique récente.

Ottawa a été l'un des premiers à riposter concrètement en annonçant des taxes sur 16,6 milliards de dollars canadiens (12,8 mds USD) de produits américains.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau s'est emporté contre "un affront au partenariat de sécurité existant de longue date entre le Canada et les Etats-Unis".

>> Lire aussi : Washington impose des tarifs sur l'acier et l'aluminium de l'UE, du Canada et du Mexique

"Les Etats-Unis ont été exploités pendant de nombreuses décennies dans le domaine du commerce. Ces jours sont révolus", a répliqué le président américain Donald Trump.

Le Mexique a pour sa part promis des mesures équivalentes sur divers produits" dont certains aciers, des fruits et des fromages, qui "seront en vigueur tant que le gouvernement américain n'éliminera pas les taxes imposées".

Les yeux sont désormais tournés vers l'Union européenne où la riposte a été d'abord verbale, la Commission européenne devant encore affûter sa réponse concrète.

- Une décision "illégale" -

Cette décision américaine est "une erreur" et elle est "illégale", a signifié le président français Emmanuel Macron au président américain au cours d'un entretien téléphonique.

>> Lire aussi : Un G7 Finances sous hautes tensions commerciales

Il lui a également confirmé l'intention de l'Union européenne de riposter "de manière ferme et proportionnée".

"Le nationalisme économique, c'est la guerre", avait fustigé avant cet entretien le chef de l'Etat français.

La chancelière allemande Angela Merkel s'est pour sa part alarmée d'"une escalade qui nuira à tout le monde".

L'offensive américaine est aussi un test pour le tandem franco-allemand. La France, au piètre bilan commercial international, a depuis le début adopté un ton plus dur que celui de Berlin, toujours attentif aux intérêts des nombreux champions exportateurs que compte l'Allemagne.

"Les pays de l'Union européenne n'accepteront jamais de négocier sous la pression", a souligné le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire.

Le gouvernement allemand a, lui, promis que la réponse à "l'Amérique d'abord" sera "l'Europe unie".

"Les Etats-Unis ne nous laissent pas d'autre choix que de porter ce conflit devant l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce) et d'imposer des droits de douane supplémentaires à des produits en provenance des USA", a par ailleurs dit le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

>> Lire aussi : Colère européenne après les menaces de Trump sur l'automobile

En portant les coups les plus durs à l'encontre de leurs alliés, au nom de la sécurité nationale, les Etats-Unis ont suscité indignation et incompréhension jusqu'au sein du parti républicain de M. Trump.

"La décision cible les alliés des Etats-Unis alors que nous devrions travailler avec eux pour nous occuper des pratiques commerciales injustes de pays comme la Chine", a tonné le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan.

Le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross a minimisé les risques de représailles de la part des pays visés estimant que les importations venant de l'Union européenne représentaient "peu de chose" par rapport au déficit commercial américain (moins de 3 milliards de dollars).

Si l'impact économique des taxes américaine sur l'acier et l'aluminium devrait rester relativement limité, le risque majeur est celui d'une escalade, avec ripostes et contre-ripostes, qui mettrait à bas l'ordre commercial mondial.

"Cela frappe d'un droit de douane, de l'ordre de 10 à 20%, six milliards d'euros d'exportations européennes, soit une toute petite partie de l'ensemble du flux, donc gardons les proportions", a estimé Pascal Lamy, ancien directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), vendredi sur France Info.

Mais il n'en a pas moins qualifié de "développement très inquiétant" la décision américaine, prise au nom de la "sécurité nationale", une justification selon lui "complètement grotesque".

Signe que le pire est peut-être à venir, dès jeudi, l'Union européenne et le Japon se sont fendus d'un communiqué commun contre un autre projet américain, autrement plus spectaculaire, celui de taxer les importations de voitures.

>> Lire aussi : Dialogue de sourds entre Paris et Washington sur le multilatéralisme

"Si ces mesures à l'étude sont imposées", elles "provoqueraient de sérieuses turbulences", ont prévenu la Commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, et le ministre japonais au Commerce, Hiroshige Seko.

Tous deux ont également estimé qu'une telle initiative américaine pourrait mener à la "disparition du système commercial multilatéral" actuel.

La patronne du Fonds monétaire international Christine Lagarde a dénoncé jeudi, en marge d'une réunion des grands argentiers du G7 au Canada, une forme "de remise en cause de la manière dont le monde fonctionne" depuis des décennies, basée sur "le principe de la confiance et de la coopération".

Avec AFP

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Suivre des cours en ligne ne sera plus suffisant pour rester sur le sol américain pour les étudiants étrangers

Gregory Minott se tient devant l'hôtel de ville à Andover, Mass. Il est arrivé aux États-Unis depuis la Jamaïque il y a plus de 20 ans avec un visa d'étudiant et a pu se tailler une carrière dans l'architecture. (AP Photo/Elise Amendola)

Les Etats-Unis ne donneront pas de visas aux étudiants étrangers inscrits dans des établissements qui continueront à enseigner uniquement en ligne à la rentrée 2020 en raison de la pandémie de coronavirus, ont annoncé lundi les services migratoires américains.

Les étudiants déjà présents sur le territoire américain "doivent quitter le pays ou prendre d'autres mesures, comme s'inscrire dans une école avec des cours en personne pour conserver leur statut légal", a précisé la police de l'immigration et des douanes (ICE) dans un communiqué.

Quand les établissements opteront pour un modèle "hybride", ils devront certifier que leurs étudiants étrangers sont bien inscrits au maximum possible de cours en personne, afin que ceux-ci conservent leurs droits de séjour.

Sont concernés les visas F1 (pour des études académiques) ou M1 (pour des formations professionnelles).

Comme le reste du pays, les universités américaines, qui comptent en moyenne 5,5% d'étudiants étrangers et dépendent grandement de leurs frais de scolarité, ont fermé leurs portes en mars et basculé vers un enseignement en ligne pour tenter d'endiguer la pandémie.

Faute de vaccins, certaines, dont l'Université de l'Etat de Californie ou la prestigieuse université de Harvard ont annoncé qu'ils poursuivraient avec des cours à 100% en ligne à la rentrée.

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