Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

États-Unis

Trump reçoit le prince héritier saoudien qui secoue le royaume

Le prince Mohammed ben Salmane à Riyad, le 14 novembre 2017.

Le président américain Donald Trump reçoit mardi le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, l'occasion pour lui de dénoncer le grand rival iranien mais aussi de se positionner sur les spectaculaires changements introduits dans le royaume sunnite.

Dix mois après leur dernier face-à-face, à Ryad, le locataire de la Maison Blanche, 71 ans, et le nouvel homme fort du premier exportateur mondial de pétrole, 32 ans, devraient afficher leur bonne entente dans le Bureau ovale.

Mais ils devraient évoquer aussi les transformations profondes intervenues depuis en Arabie saoudite, en interne comme en externe: autorisation de conduire pour les femmes, purges sans précédent menées au nom de la lutte anticorruption, guerre au Yémen, bras de fer avec le Qatar.

"C'est stupéfiant (...) C'est l'équivalent de changements politiques d'une génération entière concentrés sur une période de moins d'un an", souligne Lori Plotkin Boghardt, ancienne analyste de la CIA qui travaille aujourd'hui au Washington Institute for Near East Policy.

>> Lire aussi : Mandat d'arrêt contre la sœur du prince héritier saoudien avant sa visite à Paris

Or, ajoute-t-elle, nombre de ces décisions "ont un impact sur les intérêts des Etats-Unis" dans la région.

Le sommet que Washington espère organiser cette année avec les six pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) pourrait ainsi s'avérer difficile à concrétiser en l'absence de sortie de crise avec le Qatar.

Nommé prince héritier en juin 2017 par son père le roi Salmane, "MBS" a lui d'abord l'intention de vendre sa "vision 2030" consistant à bâtir une économie moins dépendante du pétrole et, pour ce faire, attirer les investissements étrangers.

Ryad affiche en particulier sa volonté d'accélérer son programme nucléaire civil. Objectif: construire 16 réacteurs dans les 20 prochaines années, pour un coût d'environ 80 milliards d'euros, selon des responsables et des analystes.

Déterminés à obtenir des transferts de technologie dans le cadre de la construction, les Saoudiens devraient faire jouer la concurrence à plein et rappeler à leurs interlocuteurs américains que la Chine, la Russie, ou la France sont aussi sur les rangs.

"Il serait pratiquement impossible pour le gouvernement saoudien d'accepter des conditions qui seraient inférieures à celles données par Obama aux iraniens: la possibilité d'un enrichissement (d'uranium) futur", a indiqué à l'AFP une source proche du gouvernement saoudien.

Guerre sanglante au Yémen

Les Etats-Unis et l'Arabie saoudite sont des alliés historiques et, depuis Franklin Delano Roosevelt, tous les présidents américains ont soigné les membres de la famille royale saoudienne.

Mais le soutien sans réserves de Trump à Ryad, où il effectué son premier déplacement présidentiel, a fait évoluer la donne.

Là où Barack Obama appelait à ne pas "perpétuer une confrontation sur le long terme avec l'Iran", Donald Trump, qui menace de quitter l'accord conclu en 2015 avec Téhéran pour l'empêcher de se doter de l'arme atomique, a opté pour un autre discours. "Où que l'on aille au Moyen-Orient, c'est l'Iran, l'Iran, l'Iran. Chaque problème n'a qu'un nom, l'Iran", lançait-il il y a quelques jours.

Avant même d’avoir posé le pied sur le sol américain, le jeune prince a lui aussi donné le ton, dressant, dans un entretien à CBS, un parallèle entre les ambitions territoriales prêtées au numéro un de l'Iran chiite, le guide suprême Ali Khamenei, et celles d'Adolf Hitler au temps du nazisme.

Et a aussi lancé un avertissement: si l'Iran développe une bombe nucléaire, l'Arabie saoudite suivra la même voie, "le plus vite possible".

>> Lire aussi : Riyad menace de développer la bombe atomique si l'Iran le fait

Mais des voix s'élèvent aussi pour appeler la Maison Blanche à ne pas épouser sans conditions toutes les orientations du jeune trentenaire et à ne pas rester passive face à la sanglante guerre civile au Yémen.

Les combats entre Houthis, soutenus par l'Iran, et forces gouvernementales, appuyées par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, ont fait près de 10.000 morts et mis le pays au bord de la famine.

Dans une lettre ouverte au président Trump publiée début mars dans le New York Times, l'analyste Thomas Friedman suggère à ce dernier de faire preuve de vigilance et d'exigence face au futur roi engagé dans la modernisation de l'économie et des "structures sociales et religieuses" de l'Arabie saoudite.

"Si vous pensez que vous pouvez vous contenter d'applaudir sa posture anti-Iran et ses réformes religieuses et que tout se passera bien, vous avez tort", écrit-il.

Avec AFP

See all News Updates of the Day

Le Rapport Mueller finalement livré au public

Le Rapport Mueller finalement livré au public
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:37 0:00

Rapport Mueller : les démocrates ne lâchent toujours pas

Le président de la commission judiciaire de la Chambre, Jerrold Nadler, le 4 avril 2019, à Capitol Hill.

Un dirigeant démocrate du Congrès américain, Jerry Nadler, a affirmé jeudi que le rapport du procureur Robert Mueller démontrait que le président américain Donald Trump avait fait obstruction à l'enquête russe.

"Même dans sa version incomplète, le rapport Mueller met en évidence des preuves inquiétantes montrant que le président Trump a fait entrave à la justice", écrit M. Nadler, chef de la puissante commission judiciaire de la Chambre des représentants, qui a le pouvoir de lancer des enquêtes parlementaires.

"Il revient désormais au Congrès de tenir le président pour responsable de ses actions", a ajouté M. Nadler.

Après 22 mois d'enquête sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine de 2016 et les soupçons de collusion entre l'équipe du républicain Donald Trump et Moscou, le procureur spécial Robert Mueller a conclu qu'il n'y avait pas eu entente entre ces derniers.

Il ne l'a en revanche pas blanchi des soupçons d'entrave à la justice, dans son rapport publié jeudi après avoir été expurgé des informations confidentielles.

C'est sur ce dernier point que les démocrates ont surtout réagi, plus de deux heures après la publication du compte-rendu de l'enquête.

"Une chose est claire", ont affirmé les chefs démocrates du Congrès Nancy Pelosi et Chuck Schumer: "Le rapport Mueller semble contredire la conclusion" du ministre de la Justice Bill Barr, selon lequel il n'y a pas matière à poursuivre Donald Trump pour entrave à la justice.

Les démocrates ont demandé au procureur Mueller de témoigner devant la Chambre des représentants d'ici le 23 mai. Bill Barr a déclaré qu'il ne s'y opposerait pas.

Alors que Donald Trump crie victoire, s'estimant totalement exonéré, les démocrates du Congrès semblent ainsi vouloir maintenir le cap de leurs enquêtes parlementaires.

Mais les chefs écartent encore la perspective d'une procédure de destitution, ou "impeachment", qui serait pour l'instant vouée à l'échec compte tenu de la majorité républicaine au Sénat et du soutien solide au président dans son camp.

Du côté des candidats démocrates à la présidentielle de novembre 2020, les réactions ont été plus diffuses dans les premières heures.

Certains prétendants à la Maison Blanche comme Bernie Sanders n'avaient toujours pas réagi publiquement plusieurs heures après la publication du rapport. Mais le sénateur indépendant a en revanche tweeté sur le problème de dette des étudiants et sur la Corée du Nord.

Le département d'Etat américain se dit toujours «prêt à dialoguer» avec Pyongyang

Le département d'Etat américain se dit toujours «prêt à dialoguer» avec Pyongyang
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:08 0:00

Trump exulte à la publication du rapport de l'enquête russe

Trump exulte à la publication du rapport de l'enquête russe
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:49 0:00

Le département d'Etat se dit toujours "prêt à dialoguer" avec Pyongyang

Le président des États-Unis, Donald Trump, serre la main du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un lors de leurs premières rencontres au resort de Capella sur l'île de Sentosa, le 12 juin 2018 à Singapour.

Le département d'Etat américain s'est dit jeudi toujours prêt à coopérer avec la Corée du Nord, alors que Pyongyang a demandé un peu plus tôt le retrait du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo des discussions sur le nucléaire.

"Les Etats-Unis restent prêts à dialoguer avec la Corée du Nord dans le cadre de négociations constructives", a déclaré un porte-parole du département d'Etat.

Ce porte-parole a précisé que les Etats-Unis étaient au courant de la demande de Pyongyang d'écarter M. Pompeo, mais ne l'a pas directement commentée.

Accusant le chef de la diplomatie américaine de manquer de prudence et de maturité, un haut responsable du ministère nord-coréen des Affaires étrangères a demandé la désignation d'un nouvel interlocuteur américain.

"Je crains que si M. Pompeo participe encore aux discussions, l'atmosphère sera mauvaise et les discussions vont à nouveau s'engluer", a déclaré le directeur général du département des Affaires américaines au ministère nord-coréen des Affaires étrangères Kwon Jong Gun, selon l'agence KCNA.

Le secrétaire d'Etat américain s'est rendu quatre fois en Corée du Nord en 2018 et, s'il a espéré pouvoir conclure un accord avec la Corée du Nord, il s'est montré ferme sur son exigence de dénucléarisation complète avant tout allégement des sanctions américaines à l'encontre du régime reclus.

Voir plus

XS
SM
MD
LG