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Trump face à des alliés très remontés au Canada

Le logo du G7 de Charlevoix au centre de presse principal, avant le Sommet du G7 à Québec, Canada, le 6 juin 2018.

Avant son sommet très attendu la semaine prochaine avec Kim Jong Un, Donald Trump fait un détour vendredi et samedi par le Canada pour une confrontation tendue avec ses alliés du G7, indignés par les nouveaux tarifs douaniers américains.

Les dirigeants du "Groupe des Sept" seront accueillis à partir de 11H45 (15H45 GMT) par le Premier ministre Justin Trudeau à La Malbaie, pittoresque petite ville québécoise, dans un grand hôtel dominant le majestueux fleuve Saint-Laurent.

L'atmosphère s'est envenimée avant même le début du sommet. Aux critiques de moins en moins voilées de M. Trudeau et Emmanuel Macron, au Canada depuis mercredi, Donald Trump a répliqué de tweets lapidaires jeudi soir.

"Merci de dire au Premier ministre Trudeau et au président Macron qu'ils imposent aux Etats-Unis des taxes massives et créent des barrières non-tarifaires", a-t-il écrit, ajoutant: "Hâte de les voir demain".

Et il a brocardé un Justin Trudeau "indigné", rappelant les "près de 300%" de taxes imposés par le Canada sur le lait.

>> Lire aussi : Trump isolé avant le G7 au Canada

S'en prenant dans un autre tweet à l'Union européenne et au Canada, il a martelé: "Levez vos taxes et barrières ou nous allons faire mieux que vous!".

L'accueil sera frais: les quatre Européens, Emmanuel Macron, Angela Merkel, Theresa May et Giuseppe Conte, ont décidé de se réunir juste avant le début du sommet, afin d'afficher leur impatience face aux menaces de guerre commerciale du président américain.

L'objectif, selon le président français, n'est plus de convaincre M. Trump de revenir sur ses taxes sur l'acier et l'aluminium. Le milliardaire s'est montré insensible aux critiques, et menace le reste du monde d'une nouvelle salve.

"M. Trump met en application ses engagements de campagne, il y a un caractère prévisible", a dit Emmanuel Macron. Mais il entend persuader le dirigeant que "la guerre commerciale n'est bonne pour personne".

"Je suis convaincu que l'Europe tiendra son unité et la tiendra dans la durée sur ces sujets", a-t-il affirmé, promettant un front commun.

Reste à savoir jusqu'où iront le Japon, qui tente par ailleurs de ne pas être marginalisé dans les négociations entre Washington et la Corée du Nord, ainsi que le nouveau gouvernement italien populiste et l'Allemagne, plus exposées aux représailles commerciales que d'autres Européens.

- Déclaration finale? -

Justin Trudeau n'a pas apprécié que Washington invoque la "sécurité nationale" pour frapper l'acier et l'aluminium canadiens, et l'a fait savoir.

>> Lire aussi : Macron et Trudeau jugent possible un "G6+1"

"J'ai été poli, j'ai été respectueux, mais on a aussi été toujours très, très ferme sur les intérêts de notre pays, de nos citoyens et sur nos valeurs", a déclaré M. Trudeau jeudi.

Même ton chez le chef d'Etat français, qui a multiplié les tweets contre "la loi du plus fort" et toute "hégémonie".

Ottawa croit toujours possible d'élaborer un consensus sur trois thèmes: la pollution plastique des océans, l'éducation des filles, et la lutte contre les ingérences étrangères dans les processus démocratiques.

Mais c'est le commerce qui occupera véritablement les débats.

L'Union européenne a déposé une plainte contre les Etats-Unis devant l'Organisation mondiale du commerce, et préparé des droits de douanes contre des produits américains comme le bourbon, le beurre de cacahuète ou les motos.

Mais ces représailles ne sont pas encore entrées en vigueur, les Etats membres devant s'entendre sur la liste... or l'Allemagne pourrait préférer la prudence, craignant que Donald Trump ne surtaxe prochainement les automobiles étrangères.

M. Trump sera le premier dirigeant à quitter le G7, samedi matin, quelques heures avant ses homologues. Il s'envolera directement vers Singapour pour son sommet du 12 juin avec le dirigeant nord-coréen.

Après les habituels déjeuner de travail, photo de famille, séances de groupe et rencontres bilatérales, les sept dirigeants dîneront vendredi dans l'intimité d'un chalet québécois typique, propriété d'un Français, avec un menu soigneusement composé de mets locaux (dont une mousse de caribou) et de vins canadiens.

Des manifestations anti-G7 sont prévues à Québec. Jeudi, environ 500 manifestants ont défilé, sans incident majeur.

Samedi, le suspense diplomatique concernera la traditionnelle déclaration finale du sommet.

Au G7 en Italie, l'an dernier, pour la première fois la déclaration finale mentionnait l'exception américaine, en l'occurrence sur l'accord de Paris sur le climat. Depuis, au niveau ministériel, les Etats-Unis ont souvent refusé de signer un texte commun.

Si cette fois il n'y avait aucune déclaration commune, il est possible que Donald Trump s'en accommode parfaitement.

Avec AFP

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La Maison Blanche envisage des baisses d'impôts pour éviter une récession

Le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, à la Maison-Blanche le 27 août 2018.

La Maison Blanche envisage des baisses d'impôts et de droits de douane pour éviter une entrée des Etats-Unis en récession, ont rapporté lundi des médias américains, malgré l'insistance de Donald Trump sur la bonne santé de l'économie américaine.

Selon le Washington Post, des responsables de la Maison Blanche étudient plusieurs mesures pour stimuler l'économie américaine, dont une baisse temporaire de la taxe sur les salaires pour améliorer le pouvoir d'achat des travailleurs.

D'après le New York Times, les Etats-Unis pourraient également renoncer aux nouveaux droits de douane imposés par l'administration Trump aux imporations chinoises dans le cadre de la guerre commerciale avec Pékin.

Il s'agit de mesures à l'étude, et les responsables qui en ont eu l'idée n'ont pas encore demandé l'avis du président Donald Trump, lequel devrait en outre obtenir l'aval du Congrès, précisent les deux médias.

"Abaisser les taxes sur les salaires n'est pas quelque chose qui soit à l'étude en ce moment", a réagi la Maison Blanche auprès du Washington Post.

La taxe sur les salaires avait déjà été temporairement abaissée en 2011 et 2012 sous le président Barack Obama pour essayer de sortir l'économie américaine de la stagnation consécutive à la crise financière de 2008.

Selon un sondage publié dimanche par la National Association for Business Economists (NABE), près des trois quarts des économistes américains s'attendent à une récession d'ici 2021. Un avis que ne partage pas Donald Trump: "je ne crois pas qu'il y aura une récession. Nous nous portons terriblement bien", a-t-il affirmé à des journalistes dimanche.

Avec AFP

Du laboratoire à l’entreprise

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L’arrivée des premiers esclaves en Virginie, 400 ans plus tard

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Cinq ans après, renvoi d'un policier blanc accusé d'avoir asphyxié un Noir à New York

Emerald Snipes, fille d'Eric Garner, s'adresse à la presse à l’extérieur d'un tribunal de New York, le 16 juillet 2019.

La mort d'Eric Garner en juillet 2014 a contribué à faire émerger le mouvement "Black Lives Matter" et alimenté les accusations de racisme portées à l'encontre de la police américaine.

L'affaire avait en 2014 catalysé le mouvement #BlackLivesMatter dénonçant les violences policières contre les Noirs: lundi, le chef de la police new-yorkaise a annoncé le renvoi du policier accusé d'avoir asphyxié un Noir non armé qui résistait aux injonctions de la police.

Le chef James O'Neill a indiqué avoir décidé de suivre la recommandation d'une juge administrative, qui avait appelé à un licenciement à l'issue d'un procès disciplinaire qui s'était terminé en juin.

"Je suis d'accord" avec cette recommandation, l'officier de police Daniel "Pantaleo ne peut plus servir de façon efficace comme policier à New York", a indiqué James O'Neill, tout en soulignant que la décision avait été "extrêmement difficile".

L'histoire, qui a déchaîné les passions et suscité de nombreuses manifestations, remonte au 17 juillet 2014: Eric Garner, 43 ans, père de six enfants, avait été violemment plaqué au sol par des policiers qui le soupçonnaient de vendre illégalement des cigarettes dans un quartier de Staten Island.

Obèse et asthmatique, M. Garner, qui refusait d'être interpellé mais n'était pas armé, avait perdu connaissance alors que cinq hommes s'employaient à le menotter, avant de décéder.

Les images de l'interpellation, filmées par un ami et mises en ligne peu après, avaient fait le tour du monde: on y entend Eric Garner, père de six enfants, répéter à maintes reprises, "Je ne peux pas respirer" ("I can't breathe").

Le policier Daniel Pantaleo avait ensuite gardé son emploi, mais était cantonné à des tâches administratives. Il avait été récemment suspendu dans l'attente de la décision de M. O'Neill.

- Pressions -

Son licenciement semblait cependant la seule option depuis la recommandation de la juge début août.

De puissantes associations de défense des droits civiques, dont celle du célèbre révérend Al Sharpton, avaient appelé le chef de la police à s'y conformer.

Le sujet était aussi devenu très sensible pour le maire démocrate de New York, Bill de Blasio, candidat à la présidentielle 2020, qui se positionne comme un grand défenseur des minorités et ne cesse de citer son bilan en matière de criminalité à New York parmi ses points forts.

M. O'Neill, qui a servi quelque 30 ans comme policier avant d'être promu à la tête de la police new-yorkaise, a immédiatement prédit que sa décision déclencherait la colère dans ses rangs.

"Si j'étais encore policier aujourd'hui, je serai probablement furieux contre moi", a-t-il reconnu.

Mais "c'est ma responsabilité de protéger la ville comme les policiers new-yorkais", s'est justifié M. O'Neill, tout en faisant valoir que les policiers exerçaient "l'un des métiers les plus difficiles au monde" et devaient prendre des décisions difficiles "en un instant".

Un syndicat de policiers new-yorkais, the Police Benevolent Association, l'a immédiatement accusé de choisir "la politique et ses propres intérêts plutôt que ceux des policiers qu'il prétend diriger".

- Explications "mensongères"

Dans un avis de 46 pages, dont des extraits ont été publiés par les médias américains dimanche, la juge administrative Rosemarie Maldonado avait notamment estimé que le policier Daniel Pantaleo avait fourni, lors d'une enquête interne sur les circonstances de la mort d'Eric Garner, des explications "non plausibles et mensongères".

Elle avait aussi jugé "non fiables" les témoignages des autres policiers interrogés sur cet incident.

La procureure générale de l'Etat de New York, la démocrate noire Letitia James, a salué cette décision.

"Depuis plus de cinq ans, la famille Garner et les citoyens à travers le pays attendent que justice soit faite dans la mort d'Eric Garner (...) Si nous ne pourrons jamais changer les évènements qui ont eu lieu ni faire revivre M. Garner, un semblant de justice a été rendu aujourd'hui".

Les élus démocrates finalement autorisées en Israël

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