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RDC

Trois morts dans des manifestations contre la fermeture du grand marché à Kinshasa

Des policiers chassent des manifestants au marché central de Kinshasa, RDC, le 9 juin 2020.

Au moins trois personnes sont mortes mardi à Kinshasa en République démocratique du Congo quand des centaines de manifestants ont demandé la réouverture du grand marché central fermé depuis fin mars dans le cadre de l'"état d'urgence" sanitaire décrété pour enrayer le nouveau coronavirus.

La police affirme avoir effectué des tirs de sommation pour disperser les manifestants au coeur de la capitale congolaise. Au moins une personne a été tuée par balle, ont affirmé plusieurs manifestants demandant la reprise des activités commerciales.

Telle n'est pas la version des autorités: "Il y a eu des troubles de la part de gens se faisant passer pour des syndicalistes du grand marché", a déclaré le porte-parole du gouvernement provincial de Kinshasa.

"Nous déplorons la mort de trois personnes. Deux sont décédés par électrocution et un autre a été écrasé par la foule en fuyant", a ajouté ce porte-parole, Charles Mbuta Muntu, à l'issue d'une réunion après ces troubles.

"Les responsables de ces émeutes ont été interpellées et mis à la disposition du parquet", a-t-il ajouté, parlant de neuf interpellations. "Ils sont poursuivis pour avoir violé les dispositions de l'état d'urgence".

Malgré les tirs, les manifestants déterminés ont bravé la police, campant de l'autre côté des barrières qui empêchent tout accès à la commune de la Gombe, où se trouve le grand marché central, a constaté une équipe de l'AFP.

Premier épicentre du coronavirus en RDC, la commune de la Gombe, véritable centre d'affaires de la ville, est isolée du reste de la ville depuis le 6 avril. Le gouverneur a envisagé en soirée la levée de cet isolement dans les prochains jours.

Les manifestants ont lancé des injures contre le gouverneur de Kinshasa, Gentiny Ngobila, le qualifiant de "voleur".

Le gouvernorat a dénoncé une rumeur selon laquelle le marché central était "en train d'être détruit", a indiqué une porte-parole, Belise Okonda.

Le ministre congolais de l'Intérieur, Gilbert Kankonde, a intimé l'ordre, dans une lettre consultée par l'AFP, au gouverneur de Kinshasa de rouvrir le marché central de la capitale.

Mais ce dernier a estimé que la reprise des activités est conditionnée à la fin des travaux d'assainissement initiés par les autorités de la ville.

Une ONG, l’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA), a condamné "l’interpellation" de deux journalistes couvrant cette manifestation.

Le président Felix Tshisekedi a décrété l'état d'urgence sanitaire le 24 mars, depuis reconduits plusieurs fois sur vote du Parlement.

L'état d'urgence prévoit aussi la fermeture des frontières et la fermeture des écoles, des lieux de culte, des bars, restaurants... et l'interdiction des rassemblements de plus de 20 personnes.

Depuis le début de l’épidémie déclarée le 10 mars en RDC, le cumul des cas est de 4.259, dont 3.864 à Kinshasa. Il y a eu 90 décès.

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Démission du ministre de la Justice en RDC

Le ministre de la Justice Célestin Tunda ya Kasende, à Kinshasa, le 3 mars 2020. (Facebook/Célestin Tunda Ya Kasende)

Le ministre de la Justice de la République démocratique du Congo, Célestin Tunda Ya Kasende, a annoncé samedi sa démission, quinze jours après sa brève arrestation en pleine crise politique au sein de la coalition au pouvoir.

M. Tunda Ya Kasende a présenté sa démission au Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, après avoir fait "un examen personnel de la situation", a-t-il indiqué.

"En cette occasion pathétique, j'ai pu présenté au chef du gouvernement tous mes remerciements, et mes remerciements également au président de la République", a-t-il ajouté dans un message vidéo diffusé à la presse.

"Je pars du gouvernement avec la conviction que mon action au sein du ministère de la Justice a apporté une pierre à la consolidation de l'Etat de droit dans notre pays", a-t-il conclu.

Il s'agit de la première démission au sein du gouvernement de coalition qui regroupe des partisans du président de la République Félix Tshisekedi, et de son prédécesseur, Joseph Kabila.

Ce gouvernement pléthorique avait été annoncé le 26 août, après huit mois de tractations entre MM. Tshisekedi, vainqueur de l'élection présidentielle du 30 décembre 2018, et Kabila, qui avait quitté le pouvoir en gardant une confortable majorité au Parlement.

Avocat de profession, M. Tunda Ya Kasende est un membre du Front commun pour le Congo (FCC, pro-Kabila), comme la majorité des 67 membres du gouvernement.

Il y a deux semaines, M. Tunda Ya Kasende avait été arrêté par la police à son domicile et conduit au parquet où il a été entendu pendant quelques heures avant d'être relâché.

La veille en Conseil des ministres, le président Tshisekedi lui avait sévèrement reproché d'avoir transmis à l'Assemblée nationale l'avis du gouvernement sur trois propositions de loi très controversées, sans consulter personne.

Une "initiative personnelle", avait relevé le compte-rendu du Conseil des ministres.

Sa brève interpellation avait été fortement dénoncée par les partisans de M. Kabila.

Le parti du président Félix Tshisekedi manifeste contre le nouveau president de la CENI

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Manifestations en RDC: "Non à Malonda"

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Destitution du seigneur de guerre congolais Shimiray Mwisa Guidon

Des membres présumés de groupes armés présentés à la presse à Goma, RDC, 1er août 2016. (VOA / Charly Kasereka)

Shimiray Mwisa Guidon, chef de guerre d'un des groupes armés les plus importants à l'est de la République démocratique du Congo, a été destitué par ses lieutenants. C'est ce qu'annonce cette milice dans un communiqué et que confirment des experts des Kivu.

Le "haut commandement du mouvement politico-militaire Nduma defense of Congo/Renové" a annoncé dans un communiqué qu'il destituait "Shimiray Mwisa Guidon du poste de commandant en chef du mouvement".

Il est remplacé par un certain Gilbert Bwira, d'après ce communiqué daté du 8 juillet.

Se présentant comme un groupe d'auto-défense, le NDC/R prétend lutter contre les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans les micro-conflits du Nord et du Sud-Kivu. Des conflits qui continuent à tuer des dizaines de civils et contraindre des milliers d'autres à fuir.

"Le NDC-R est le groupe armé qui contrôle la plus vaste étendue de territoire du Kivu", selon les experts du "Baromètre sécuritaire du Kivu" (KST en anglais) répertoriant chaque mois les victimes de ces conflits dans une région riche en minerais très prisés comme le coltan.

Cette destitution a entraîné des combats au sein du groupe, ajoute sur Twitter le KST, évoquant "sept morts du côté #Guidon et deux du côté Bwira, selon un bilan provisoire".

Dans son communiqué, l'état-major du groupe armé reproche à son chef destitué un "comportement déviationniste à l'endroit des idéaux" du groupe, qui "donnent un sens à la lutte que nous menons contre les génocidaires rwandais FDLR".

Lui sont également reprochées "des violations graves du droit international humanitaire", qui lui ont valu "des sanctions des Nations unies en 2018" et un mandat d'arrêt de la justice militaire congolaise en juin 2019.

Le haut commandement du groupe réitère sa volonté de "déposer les armes et de quitter la brousse le plus tôt possible", en espérant que le gouvernement congolais acceptera ses conditions, notamment l'intégration de ses combattants à l'armée régulière.

Impayés depuis 3 mois, des médecins congolais en grève

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