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RDC

La Gombe isolée, les vendeurs de rue de Kinshasa désolés

Une commerçant de rue vend du poisson séché et de la viande de singe fumée dans le port de Maluku à Kinshasa, Congo, le 29 mai 2018.

Mesure-phare prise contre le coronavirus à Kinshasa en République démocratique du Congo, l'isolement du centre des affaires et du pouvoir de la Gombe menace des milliers de vendeurs de rue qui viennent y gagner de quoi vivre chaque jour.

Avant l'apparition de l'épidémie de coronavirus, Albert, photographe, pouvait gagner entre 10 et 20 dollars par jour en s'installant devant le ministère des Affaires étrangères avec son équipement mobile. Ce père de famille de 37 ans dépannait en dix minutes toutes celles et ceux qui avaient besoin de photos d'identité pour un passeport ou un visa.

Mais depuis le 6 avril, Albert est au chômage, sans aucune ressource. Non qu'il soit confiné à la maison comme des centaines de millions de travailleurs à travers le monde.

Albert n'a plus accès à la Gombe, isolée du reste de la ville. La très chic commune résidentielle, bâtie au bord du fleuve Congo en face de Brazzaville, est "l'épicentre" de l'épidémie du coronavirus en RDC, selon les autorités sanitaires.

"Depuis la fermeture là nous sommes toujours à la maison", regrette Albert, qui vit dans la commune voisine de Bandalungwa. Sa femme a heureusement trouvé un emploi dans un supermarché.

Le photographe ne dispose pas du laissez-passer qui permet de franchir les "check-points" sanitaires érigés à l'entrée et la sortie de la Gombe (prise de température et lavage des mains).

Ces passeports pour la "République de la Gombe", selon la formule d'un ex-ambassadeur de France en 2015, sont réservés à quelques professionnels (fonctionnaires, médecins, diplomates, commerçants...), mais pas aux personnes vivant des petits métiers dans la rue.

Photographes, coiffeurs en plein air, agents de change, vendeurs de vieux livres, de pain, de fruits, de légumes ou de crédit téléphonique: en temps normal, ils sont des milliers à franchir chaque jour la frontière invisible qui sépare la Gombe du reste de la "Cité".

- "Ils nous tuent" -

La mise en quarantaine de cet îlot de prospérité, fief de quelques dizaines de milliers de riches Congolais et d'expatriés bien payés, est un désastre pour les vendeurs de rues, qui vivent au jour le jour comme la plupart des dix à 12 millions de Kinois.

"Mes petites économies se sont volatilisées, je vis désormais de la providence divine, comme un oiseau, miraculeusement", explique à l'AFP Antoine Bienga, 80 ans, qui vend habituellement des livres et des objets religieux devant la paroisse du Sacré-Cœur, à deux pas du ministère des Affaires étrangères.

"Le gouvernement devrait nous donner quelque chose pour survivre comme tous les pays responsables du monde. Sinon, ils doivent ouvrir la Gombe et nous allons suivre des mesures barrières contre la propagation du virus", ajoute "Grand-père", comme l'appelle ses clients.

Autre habitué de la Gombe depuis 24 ans, Alain Belesi, 46 ans, change des francs congolais en dollars et vend du crédit téléphonique devant le siège de la Conférence épiscopale.

"Ce travail, c'est ma société, c'est ma vie. Grâce à ça, j'ai chassé le chômage mais avec ce confinement, je retombe dans le chômage", déplore ce père de six enfants.

"En continuant de fermer la Gombe, ils nous tuent, nous et nos familles. Qu'on lève les barrières et que les autorités nous laissent observer les gestes-barrières : port de masque, avoir du gel hydroalcoolique sur soi, garder la distance sociale".

Son collègue Emmanuel tente bien de vendre du crédit téléphonique à la Cité en attendant de revenir à la Gombe, mais la concurrence est rude.

Après deux semaines de confinement strict, les banques et les supermarchés de la Gombe ont de nouveau accueilli des clients à partir du 20 avril.

Mais les check-points sanitaires sont toujours en place et Charles Eboma ne peut toujours pas revenir vendre ses œuvres d'art devant l'hôtel Memling, l'un des rares cinq étoiles de la ville.

"Avant le confinement, je pouvais payer mon loyer, nourrir ma famille de huit enfants, les envoyer à l'école. Mais depuis, je n’encaisse plus le moindre dollar".

La date de la levée de l'isolement de la Gombe n'est pas encore connue.

Jeudi soir, la RDC a atteint le cap des 500 cas confirmés de Covid-19, dont 485 ont été enregistrés à Kinshasa.

Le virus ne circule plus seulement à la Gombe, qui a accueilli à partir du 10 mars les premiers cas "importés" d'Europe. Des cas sont répertoriés dans la plupart des 24 communes de la ville, dont quatre dans la prison militaire de Ndolo.

Le "pic" de l'épidémie sera atteint entre la première et la deuxième semaine du mois de mai 2020", anticipent les autorités sanitaires. Quant au pic de désespérance sociale...

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Démission du ministre de la Justice en RDC

Le ministre de la Justice Célestin Tunda ya Kasende, à Kinshasa, le 3 mars 2020. (Facebook/Célestin Tunda Ya Kasende)

Le ministre de la Justice de la République démocratique du Congo, Célestin Tunda Ya Kasende, a annoncé samedi sa démission, quinze jours après sa brève arrestation en pleine crise politique au sein de la coalition au pouvoir.

M. Tunda Ya Kasende a présenté sa démission au Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, après avoir fait "un examen personnel de la situation", a-t-il indiqué.

"En cette occasion pathétique, j'ai pu présenté au chef du gouvernement tous mes remerciements, et mes remerciements également au président de la République", a-t-il ajouté dans un message vidéo diffusé à la presse.

"Je pars du gouvernement avec la conviction que mon action au sein du ministère de la Justice a apporté une pierre à la consolidation de l'Etat de droit dans notre pays", a-t-il conclu.

Il s'agit de la première démission au sein du gouvernement de coalition qui regroupe des partisans du président de la République Félix Tshisekedi, et de son prédécesseur, Joseph Kabila.

Ce gouvernement pléthorique avait été annoncé le 26 août, après huit mois de tractations entre MM. Tshisekedi, vainqueur de l'élection présidentielle du 30 décembre 2018, et Kabila, qui avait quitté le pouvoir en gardant une confortable majorité au Parlement.

Avocat de profession, M. Tunda Ya Kasende est un membre du Front commun pour le Congo (FCC, pro-Kabila), comme la majorité des 67 membres du gouvernement.

Il y a deux semaines, M. Tunda Ya Kasende avait été arrêté par la police à son domicile et conduit au parquet où il a été entendu pendant quelques heures avant d'être relâché.

La veille en Conseil des ministres, le président Tshisekedi lui avait sévèrement reproché d'avoir transmis à l'Assemblée nationale l'avis du gouvernement sur trois propositions de loi très controversées, sans consulter personne.

Une "initiative personnelle", avait relevé le compte-rendu du Conseil des ministres.

Sa brève interpellation avait été fortement dénoncée par les partisans de M. Kabila.

Le parti du président Félix Tshisekedi manifeste contre le nouveau president de la CENI

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Manifestations en RDC: "Non à Malonda"

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Destitution du seigneur de guerre congolais Shimiray Mwisa Guidon

Des membres présumés de groupes armés présentés à la presse à Goma, RDC, 1er août 2016. (VOA / Charly Kasereka)

Shimiray Mwisa Guidon, chef de guerre d'un des groupes armés les plus importants à l'est de la République démocratique du Congo, a été destitué par ses lieutenants. C'est ce qu'annonce cette milice dans un communiqué et que confirment des experts des Kivu.

Le "haut commandement du mouvement politico-militaire Nduma defense of Congo/Renové" a annoncé dans un communiqué qu'il destituait "Shimiray Mwisa Guidon du poste de commandant en chef du mouvement".

Il est remplacé par un certain Gilbert Bwira, d'après ce communiqué daté du 8 juillet.

Se présentant comme un groupe d'auto-défense, le NDC/R prétend lutter contre les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans les micro-conflits du Nord et du Sud-Kivu. Des conflits qui continuent à tuer des dizaines de civils et contraindre des milliers d'autres à fuir.

"Le NDC-R est le groupe armé qui contrôle la plus vaste étendue de territoire du Kivu", selon les experts du "Baromètre sécuritaire du Kivu" (KST en anglais) répertoriant chaque mois les victimes de ces conflits dans une région riche en minerais très prisés comme le coltan.

Cette destitution a entraîné des combats au sein du groupe, ajoute sur Twitter le KST, évoquant "sept morts du côté #Guidon et deux du côté Bwira, selon un bilan provisoire".

Dans son communiqué, l'état-major du groupe armé reproche à son chef destitué un "comportement déviationniste à l'endroit des idéaux" du groupe, qui "donnent un sens à la lutte que nous menons contre les génocidaires rwandais FDLR".

Lui sont également reprochées "des violations graves du droit international humanitaire", qui lui ont valu "des sanctions des Nations unies en 2018" et un mandat d'arrêt de la justice militaire congolaise en juin 2019.

Le haut commandement du groupe réitère sa volonté de "déposer les armes et de quitter la brousse le plus tôt possible", en espérant que le gouvernement congolais acceptera ses conditions, notamment l'intégration de ses combattants à l'armée régulière.

Impayés depuis 3 mois, des médecins congolais en grève

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