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La ville de Bukavu coupée du reste de la RDC à cause du coronavirus

Nyawera, une place très frequentée à Bukavu dessertée, en RDC, le 1er juin. (VOA/Ernest Muhero)

La ville de Bukavu est isolée du reste du pays pendant 15 jours. A cause du coronavirus.

La ville de Bukavu est isolée du reste du pays. La mesure, qui devrait durer 15 jours, est assortie de couvre-feux et de bouclages de 20h à 5h du matin pour limiter la propagation du nouveau coronavirus.

La décision émane du gouverneur du Sud Kivu, Théo Ngwabidje, au vu de la progression de cette pandémie qui est passée en quelques jours de 4 cas à 16 puis à 28, avec 4 décès et 4 guérisons.

En cette première journée du confinement et isolement de la commune d’Ibanda, une des trois dont compte la ville, 240 contacts des cas confirmés positifs au coronavirus ont été visités par les équipes de suivi.

Coronavirus: Bukavu isolée du reste de la RDC pendant 15 jours
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L’essentiel des activités commerciales et administratives sont paralysées mais on déplore l’interpellation d’un journaliste dans l’exercice de son travail à Panzi, où une partie de la population n’a pas accepté de rester à la maison.

Dans la commune d'Ibanda, les habitants ont observé la mesure. Les rues sont désertes, les magasins, boutiques et marchés fermés. Le transport en commun et les autres activités commerciales ou administratives suspendues. La police veille sur les récalcitrants.

Feu Rouge, un check point de la police installé, en RDC, le 1er juin. (VOA/Ernest Muhero)
Feu Rouge, un check point de la police installé, en RDC, le 1er juin. (VOA/Ernest Muhero)

Si tout se passe comme voulu au centre-ville, dans le quartier populaire de Panzi, le constat n’est pas le même. Les activités commerciales sont suspendues, mais une frange de la population n’est pas restée à domicile.

"Vers Panzi et Essence, la population a opposé de la résistance. La police a dû négocier; et faute de solution appropriée, la police a dû recourir à des gaz lacrymogènes pour disperser les attroupements, mais on n’a pas enregistré des cas de blessés de ce côté", confie à VOA Afrique Justin Bahirwe, juriste et défenseur des droits humains.

En fait deux policiers et leur commandant ont été placés en détention préventive pour avoir bousculé au moins une personne, apprend-on.


Le ministre provincial de la santé, Cosmos Bishisha que VOA Afrique a rencontré au marché de Nyawera où une équipe procède à la décontamination, confirme le déploiement des équipes de riposte. "Une équipe qui est chargée du suivi de contacts et d'investigation des alertes est à pied d’œuvre", explique-t-il. "Certaines équipes sont parties dans des ménages qui ont connu un cas confirmé, d’autres sont en train de décontaminer des lieux publics, comme ici".

Dans plusieurs endroits de la commune isolée, la présence policière était très observée, et de temps en temps renforcée par des éléments de forces armées de la RDC pour contrôler si les personnes en circulation avaient l’autorisation émise la veille par le cabinet du gouverneur et remise à quelques personnes au regard de la nature de leur travail. Il s'agit des humanitaires, du personnel soignant, des journalistes et certaines autres occupations.

La ville de Bukavu est isolée du reste de la province pendant 15 jours suivi des couvre-feux et bouclage de 20h à 5h du matin. La commune d’Ibanda va connaitre cet isolement pendant 3 jours. Objectif: sauver des vies en freinant la propagation du coronavirus.

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La principale rébellion burundaise délogée de son fief par l'armée dans l'est de la RDC

Des soldats des FARDC près de Beni, le 18 février 2020.

L'armée congolaise a annoncé avoir délogé de son fief de l'est de la République démocratique du Congo la principale rébellion burundaise des "Forces nationales de libération" du Burundi (FNL) après trois jours d'intenses combats.

"Les FARDC (Forces armées de la RDC) ont délogé et récupéré le quartier général de rebelles burundais FNL (Forces nationales de libération (du Burundi) dirigé par Aloise Nzabampema", écrit le capitaine Dieudonné Kasereka, porte-parole de l'armée au Sud-Kivu (est).

Les FNL sont considérées comme la principale rébellion burundaise présente dans l'est de la RDC.

L'armée congolaise affirme, dans le même communiqué, se battre aussi contre des rebelles burundais du CNRD (Conseil national pour le renouveau et la démocratie), dont un groupe résiduel est toujours actif dans deux localités de la plaine de la Ruzizi (Sud-Kivu), selon l'armée.

Le bilan de tous ces affrontements entre l'armée et des groupes rebelles burundais font état de "27 ennemis neutralisés" (tués), plusieurs armes et munitions récupérées et trois militaires des FARDC sont tombés sur le champ d'honneur, quatre autres blessés, précise le communiqué.

L'armée indique que "ces ennemis de la paix sont en débandade vers les forêts de Muranvia, Nyaburunda, Kashongo et la vallée Nyanzale Rudaga".

L'armée congolaise a lancé "des opérations de grande envergue" contre trois groupes rebelles burundais les FNL, le CNRD et Red Tabara qui a revendiqué plusieurs attaques sur le territoire burundais ayant fait, en septembre, des dizaines de morts parmi les forces de sécurité burundaise.

Début octobre, la ministre congolaise des Affaires étrangères Marie Tumba Nzeza avait été reçue par le président burundais Evariste Ndayishimiye. Le Burundi avait boycotté un sommet régional des chefs d’État préférant traiter des questions sécuritaires en bilatérale avec la RDC.

La RDC entretient des relations complexes avec ses voisins notamment le Rwanda et le Burundi, en raison de la présence de réfugiés et de rebelles de ces deux pays dans l'Est congolais traversé par des conflits multiples depuis près de trois décennies.

Tshisekedi annonce des consultations et promet des décisions qui “n’excluront aucun cas de figure”

Président Félix Tshisekedi à son bureau, Kinshasa, 23 octobre 2020. (Twitter/Présidence RDC)

Confronté à de vives tensions avec ses alliés du FCC, le président Félix Tshisekedi a choisi des consultations avec la classe politique et sociale dans l'optique de créer une nouvelle dynamique qui l’accompagnera pour le reste de son mandat.

Fustigeant “anti-valeurs” et “tactiques politiciennes”, le président congolais Félix Tshisekedi a annoncé vendredi qu'il allait initier dans les prochains jours des consultations avec "les leaders politiques et sociaux les plus représentatifs" dans le but de "créer une union sacrée de la nation".

Il l’a annoncé lors d’une adresse à la nation, trois jours après la prestation de serment controversée de trois des juges qu'il avait nommés à la Cour constitutionnelle. Un acte qui a aggravé une crise latente qui existait déjà avec le Front commun pour le Congo (FCC), la famille politique de son prédécesseur Joseph Kabila.

Le FCC accuse le président d'avoir violé la Constitution et opéré un passage en force.

Elu à la présidence fin 2018, M. Tshisekedi s’est retrouvé face à une majorité législative écrasante issue du régime de son prédécesseur.

Bon gré mal gré les deux ont conclu un "deal" et choisi de composer dans une coalition en lieu et place d’une cohabitation. Mais cela ne semble pas aller comme sur les roulettes.

Les rapports au sein de la coalition sont plutôt tendus, avec des épisodes de séismes récurrents quasiment tous les deux mois.

Le Chef de l’Etat congolais a, dans son allocution, dépeint en quelques mots les embûches qui se dressent dans la marche de la coalition CACH-FCC.

Il a parlé de "deux ans de divergence persistante qui plombe les ailes de l’espoir vers le développement".

Parmi lesquelles le manque de vision commune quant à la marche du pays, à l’Etat de droit et au fonctionnement des institutions.

"Ces divergences portent notamment sur les questions relatives la paix et la sécurité nationale, la Commission électorale nationale, à l’organisation des élections, à la gestion du portefeuille de l’Etat, à la territoriale, à la diplomatie, à l’indépendance de la justice et à l’instauration de l’Etat de droit qui sont un enjeu majeur pour la nation", a étayé M. Tshisekedi.

"Je ne laisserai aucun arrangement politique, de quelque nature que se soit, primer sur mes prérogatives constitutionnelles et sur l’intérêt supérieur du peuple congolais. Je ne transigerai pas avec les intérêts supérieurs de la nation", a-t-il prévenu.

La vielle le FCC -- majoritaire au Sénat et à l'Assemblée nationale -- avait dans une déclaration inédite refusé de reconnaitre les trois nouveaux juges.

Des hauts cadres avaient carrément boycotté la prestation de serment des juges. La machine était donc grippée.

Pour Ferndinand Kambere, secrétaire permanent adjoint du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratique (PPRD) de l'ancien président Joseph Kabila, son clan attendait plutôt un discours conciliant de M. Tshisekedi.

"Le discours du président de la république est décevant", a déploré M. Kambere.

Pour lui, l'attente était que M. Tshisekedi rapporte ou révoque la nommination de trois juges nommés, selon lui, en violation de la Constitution.

Félix Tshisekedi s'adresse aux Congolais en pleine crise avec le camp pro-Kabila

Le président congolais Félix Tshisekedi dans son bureau à Kinshasa, 22 octobre 2020. (Twitter/Présidence RDC)

Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a promis de s'adresser à la nation vendredi, en pleine crise avec ses partenaires de la majorité parlementaire fidèle à son prédécesseur Joseph Kabila.

"Le chef de l'État s'adressera à la nation ce vendredi 23 octobre 2020. A cet effet, la 54e réunion du conseil des ministres prévue le même jour est reportée à une date ultérieure", a indiqué jeudi soir la présidence de la République dans un bref communiqué.

Ces annonces interviennent alors que la tension est remontée cette semaine entre le président Tshisekedi et ses partenaires de la majorité parlementaire du Front commun pour le Congo (FCC), fidèle à son prédécesseur Joseph Kabila.

Mercredi, au siège du parlement, M. Tshisekedi a fait le signe de la victoire dans sa bataille politique autour de la très stratégique Cour constitutionnelle face au camp Kabila.

L'ancien président de la RDC Joseph Kabila a pris son siège de Sénateur à vie à la rentrée parlementaire à Kinshasa, 15 septembre 2020. (Facebook/Sénat RDC)
L'ancien président de la RDC Joseph Kabila a pris son siège de Sénateur à vie à la rentrée parlementaire à Kinshasa, 15 septembre 2020. (Facebook/Sénat RDC)

Malgré l'opposition du FCC, le président a assisté à la prestation de serment des trois nouveaux membres de la Cour constitutionnelle qu'il a nommés par ordonnance en juillet.

La cérémonie s'est déroulée à l'absence des présidents de l'Assemblée et du Sénat, Jeanine Mabunda et Alexis Thambwe Mwamba, du Premier ministre Sylvestre Ilunga et de même que les nombreux ministres et parlementaires pro-Kabila, majoritaires.

Jeudi, le FCC a qualifié d'"irrégulière" cette cérémonie de prestation de serment "des personnalités nommées de manière illégale". Pour cette plateforme politique, M. Tshisekedi a fait "le choix délibéré de violer la Constitution" à travers "un passage en force".

Investi le 24 janvier 2019, M. Tshisekedi gouverne en coalition avec le FCC de son prédécesseur Kabila avec qui il a signé un accord politique.

La Cour constitutionnelle a le pouvoir de valider ou invalider les candidatures à la présidentielle, mais également les résultats de ce scrutin.

Le quotidien La Prospérité propose d'analyser les deux dernières années dans le contexte de la prochaine élection présidentielle, prévue en 2023. Selon le quotidien, "le FCC ne jure que sur le retour de Joseph Kabila à la tête du pays."

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