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Togo

64.000 dollars pour 17 projets communautaires

Les représentants de la coopérative la Semence Divine, recevant la convention de financement de l’Ambassadeur Eric Stromayer, Lomé, le 1er octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)

L’ambassade des Etats-Unis au Togo soutient le financement de 17 projets communautaires pour un coût de 35 millions de francs CFA. Cette contribution a été accordée dans le cadre du programme d’assistance visant à répondre aux besoins urgents des communautés pour un développement local harmonieux.

17 projets communautaires soutenus par les Etats-Unis au Togo
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Que ce soit l’équipement, la construction des infrastructures sanitaires et scolaires ou l’achat de matériels de transformation de produits agricoles, le programme self-help de l’ambassadeur des Etats-Unis met à la disposition des communautés de petits financements qui contribuent à l’amélioration des conditions de vie des populations à la base.

A Kolo Hliboè, à environ 50 kilomètres au nord de Lomé, le manque de moulin de maïs constitue un facteur favorisant la déscolarisation des filles.

Koami Kpogo, natif de Hliboè, Lomé, le 1er octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Koami Kpogo, natif de Hliboè, Lomé, le 1er octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)

"Dans le milieu de Hliboè, nous avons un problème de moulin. Donc les femmes sont obligées de se déplacer dans le village de Kolo, à trois kilomètres. Ce qui crée des problèmes; surtout les jeunes filles sont obligées d’aider leur mère pour aller écraser le maïs et arrivent en retard à l’école", explique Koami Kpogo, natif de Hliboè, soulignant que certaines filles abandonnent l’école.

Ainsi, un projet de moulin a été monté pour permettre aux filles d’avoir les mêmes chances que les garçons. Ce programme a bénéficié d’une enveloppe de 1,8 million de francs CFA.

"Un moulin avantagerait nos jeunes filles à aller régulièrement à l’école. Car parfois, s’il n’y a pas de farine de maïs à la maison, nos fillettes sont obligées d’aller au moulin et toute la matinée, elles restent à la maison", a commenté Afi Doudji, revenant sur ce que ce moulin peut changer dans la communauté de Hliboè. "C’est un bon départ pour l’avenir de nos jeunes filles", conclut-elle.

Les bénéficiaires avec l'ambassadeur américain, Lomé, le 1er octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Les bénéficiaires avec l'ambassadeur américain, Lomé, le 1er octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)

A Anfoin, c’est la santé des élèves qui préoccupe. Le projet de l’Association C7 consiste à doter cinq établissements scolaires de la localité de dispositifs sanitaires.

"La saleté n’assure pas la santé", a laissé entendre Koffi Kodjo, Directeur exécutif de l’Association C7, soulignant que faute d’infrastructures sanitaires, les élèves trainent des microbes et germes qui peuvent être préjudiciables à leur santé.

Le programme "Self help" tient aussi compte des minorités, notamment les personnes en situation d’handicap.

L’Association des personnes handicapées de la préfecture de Haho (APHAPH) a reçu 2,5 millions de francs CFA pour implémenter son projet de formation.

Kafui Amouzou, membre de l’APHAPH, Lomé, le 1er octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Kafui Amouzou, membre de l’APHAPH, Lomé, le 1er octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)

"Notre projet consiste à aider les personnes handicapées de la préfecture de Haho qui veulent faire une formation en cordonnerie, en accessoires en perles et en mécanique", a indiqué Kafui Amouzou, membre de l’APHAPH.

Elle a fait noter que les personnes en situation d’handicap ont du mal à trouver un emploi décent.

"A cause de notre handicap, il y a des sociétés qui n’aiment pas nous engager. C’est pourquoi nous avons élaboré ce projet", confie-t-elle avec amertume.

La coopérative la Semence Divine, qui produit du riz à Kovié, à une trentaine de kilomètres de Lomé, va pouvoir étendre son exploitation grâce à l’appui américain.

Revenant sur les motivations du projet, Essobiyou Awouli, membre de cette coopérativ, a fait savoir qu’ils ont beaucoup de difficultés tant pour la main d’œuvre que pour le traitement, une fois le riz récolté.

"L’appui qu’on a demandé consistait à acheter plus d’équipement. L’effet immédiat, c’est l’extension de l’exploitation. Plus on va étendre l’exploitation, plus on va embaucher", a dit Essobiyou Awouli.

Le programme "Self help" ne finance pas que des projets sociaux, il vient aussi en appui aux jeunes entreprises à caractère social, comme l’a affirmé l’ambassadeur des Etats-Unis au Togo, Eric Stromayer.

"Ce sont les petites initiatives d’entrepreneuriat qui ont besoin de quelque chose pour les démarrer. Ce sont de petites choses qui avancent l’économie, qui avancent l’avenir des jeunes à travers le pays et qui peuvent mener à la croissance économique", a soutenu le diplomate américain.

Ces deux dernières décennies, plus de 400 projets ont été financés par le programme d’auto-assistance de l’ambassadeur. Des projets qui encouragent l’amélioration des conditions de vie des populations à la base sur le plan de l’économie, de l’éducation, de la santé et du bien-être social.

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Des mesures socio-économiques pour limiter la propagation du virus

Des mesures socio-économiques pour limiter la propagation du virus
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Les autorités togolaises décrètent état d'urgence sanitaire et couvre-feu

Devanture du CHR (Centre hospitalier régional) Lomé-Commun, réquisitionné pour le traitement des personnes atteintes de Covid-19, Lomé, 31 mars 2020. (VOA/Kayi Lawson)

Le président togolais Faure Gnassingbé a décrété mercredi soir, "l’état d’urgence sanitaire" et un couvre-feu pour éviter la propagation du coronavirus, qui a déjà fait deux morts dans le pays pour 36 cas recensés.

"Face à la gravité de la situation et en conformité avec les dispositions constitutionnelles, je décrète l’état d’urgence sanitaire au Togo pour une période de trois mois", a déclaré M.Gnassingbé dans un message télévisé.

"Cette disposition de notre Constitution, jamais mise en œuvre dans l’histoire récente de notre nation, est la preuve de la gravité de la situation à laquelle nous sommes confrontés", a-t-il indiqué.

"Un couvre-feu sera mis en place à compter du 2 avril 2020 et ce, jusqu’à nouvel ordre entre 19h00 et 6h00 du matin", a-t-il souligné.

Par ailleurs, M. Gnassingbé a annoncé la création d’une unité spéciale anti-pandémie composée de 5.000 agents des forces de défense et de sécurité.

Ces derniers seront déployés sur l’ensemble du pays, pour faire respecter les mesures prises par les autorités.

Le gouvernement entend également prendre des mesures de soutien à la consommation, à la production et à la sauvegarde de l’emploi à hauteur de 400 milliards de francs CFA (609,797 millions d'euros).

"Ce fonds sera alimenté par l’apport du gouvernement, les mobilisations auprès des partenaires internationaux, du secteur privé national et international et de toutes les bonnes volontés", a précisé M. Gnassingbé.

Le gouvernement togolais avait déjà annoncé le 16 mars, une série de mesures strictes de protection dont la suspension pour deux semaines depuis le 20 mars, de toutes les liaisons aériennes, en provenance des pays à haut risque, à savoir l'Italie, la France, l'Espagne et l'Allemagne".

Tout rassemblement de plus de 100 personnes est interdit sur l'ensemble du pays pour un mois et un auto-isolement de 14 jours est obligatoire pour toute personne arrivant au Togo et ayant séjourné dans un pays à haut risque.

Les autorités ont corsé ces mesures le 21 mars en fermant toutes les frontières terrestres, les églises, les mosquées et tous les établissements scolaires et universitaires.

Les funérailles et les enterrements sont limités à 15 personnes et les activités culturelles et sportives de masse sont suspendues. Le port de masques de protection est obligatoire dans les marchés du pays.

Le secteur de la santé est particulièrement fragile au Togo, qui manque de structures hospitalières et de matériel de santé.

Le respect des mesures sanitaires varie chez les Togolais

Entrée du Centre hospitalier régional de Lomé-Commun, réquisitionné pour le traitement des personnes atteintes de Covid-19, Lomé, 31 mars 2020. (VOA/Kayi Lawson)

Le Togo fait partie des 46 pays africains touchés par le nouveau coronavirus, Covid-19. Au 1er avril, le pays a enregistré 36 cas positifs dont 24 actifs, 10 totalement guéris et 2 décès. Le respect des mesures dans le pays varie.

Les dispositions prises par le gouvernement togolais sont relativement respectées, constate-t-on sur place dans le pays. Depuis le 5 mars où le premier cas de Covid-19 a été recensé au Togo, le pays ne cesse de multiplier les mesures pour limiter la propagation du virus.

La fermeture des frontières terrestres et des églises, des mosquées, des écoles et universités, et le bouclage de certaines villes où des cas positifs ont été répertoriés. A part la fermeture des écoles et universités, les autres mesures ne sont que partiellement respectées.

Le président du Mouvement Martin Luther King (MMLK), le pasteur Edoh Komi, dénonce ce qu’il qualifie de l’indifférence de la part de la population togolaise.

"Nous avons atteint le sommet de l’indifférence. En ville un peu partout, les gens ne portent pas les masques. Pas de gants. On se moque même des gens qui portent le gant", a-t-il indiqué. Revenant sur la fermeture des lieux de culte, le pasteur Edoh Komi se désole que ses pairs religieux ne respectent pas les consignes.

"Vendredi, il y a eu une descente pour fermer les mosquées. Ce dimanche, il y a eu encore une descente pour fermer les églises", a-t-il laissé entendre, invitant à plus de prise de conscience.

La circulation interurbaine entre les villes infectées se poursuit, pourtant c’est interdit. Sokodé, située à 340 kilomètres du nord de Lomé, une ville infectée, où des mesures de protection devraient être au maximum.

La Ligue togolaise des droits de l’homme (LTDH) dénonce une certaine négligence au niveau de la prison.

"A la prison civile de Sokodé aucune mesure n’est prise, à l’entrée de la prison, pour protéger les détenus contre d’éventuelles infections venues de l’extérieur. Contrairement à ce qui est mis en place au niveau de la prison civile de Lomé, où les visiteurs sont obligés de mettre les gants, les masques et de laver les mains à l’entrée avant de voir les détenus", relate Me Célestin Agbogan, président de la LTDH.

Durant cette période, le pays tourne au ralenti. Les consignes incitent à privilégier l’utilisation des moyens technologiques au détriment des contacts physiques. C’est dans ce contexte que la Ligue des consommateurs du Togo (LCT) fait une doléance à l’attention des opérateurs de téléphonie mobile.

"Nous demandons d’aller vers la gratuité pour le transfert d’argent via le mobile money. Parce que les gens n’ont pas assez d’argent pour qu’on puisse encore continuer à faire des prélèvements de frais de transfert. Certains opérateurs de téléphonie mobile vendent la data, 300 mégas à 500Fcfa. Nous voulons les inviter à peut-être nous les vendre en augmentant le méga. Au lieu de 300 mégas, qu’on puisse aller vers 600 mégas pour le même prix", explique Emmanuel Sogadji, président de la LCT.

L'association demande également la réduction des frais de communication et le report des échéances de paiement des anciennes factures.

Au vu de la virulence de ce nouveau coronavirus et de l’indifférence observée au niveau de la population, le Mouvement Martin Luther King demande à l’Etat de prendre des mesures fortes.

"Il va falloir qu’on aille vers l’état d’urgence et le couvre-feu. On pouvait rapidement arriver au confinement", a proposé le président de ce mouvement, qui se réclame la voix des sans voix.

Par ailleurs, le pasteur Edoh Komi souhaite la fermeture des marchés.

"Dans les marchés, on voit un attroupement ordinaire comme si de rien n'était. Et là c'est la force qui doit primer. Je crois que c'est le moment de faire descendre les forces de sécurité, les militaires même dans l'arène pour faire respecter les consignes, et il faut quand même que ça soit de manière régulière", a-t-il soutenu.

Des journaux suspendus après une plainte de l'ambassade de France

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Les dispositions prises par le gouvernement sont respectées

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