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Moyen-Orient

Conflit syrien : Erdogan exclut tout recul de la Turquie à Idleb

L'artillerie de l'armée turque arrive dans l'est d'Idleb, en Syrie, le 15 février 2020.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a exclu mercredi de faire "le moindre pas en arrière" face au régime de Bachar al-Assad dans le nord-ouest de la Syrie, au moment où de nouvelles discussions commençaient avec l'allié russe de Damas.

Nouvel épicentre du conflit ravageant la Syrie depuis presque neuf ans, la province d'Idleb a été le théâtre d'affrontements ces dernières semaines entre la Turquie, qui parraine des groupes rebelles, et le régime de Bachar al-Assad, appuyé par la Russie.

L'offensive qu'a déclenchée le régime syrien en décembre pour reprendre ce dernier bastion rebelle et jihadiste a provoqué une catastrophe humanitaire, avec près d'un million de déplacés coincés dans une étroite bande de territoire à la frontière turque.

Dans ce contexte tendu, M. Erdogan a de nouveau sommé le régime de se retirer d'ici fin février de certaines zones d'Idleb, où des postes d'observation turcs sont encerclés par les forces de Damas.

"Nous ne ferons pas le moindre pas en arrière, nous repousserons le régime (syrien) au-delà des frontières que nous avons fixées", a déclaré le président turc mercredi lors d'un discours à Ankara. "Nous sommes en train de planifier la libération, d'une manière ou d'une autre, de nos postes d'observation d'ici fin février".

Soulignant qu'Ankara ne pouvait pas utiliser l'espace aérien, contrôlé par Moscou à Idleb, M. Erdogan a affirmé qu'une "solution" serait "bientôt trouvée", sans fournir de précision.

Peu après ces déclarations, des militaires et diplomates russes ont atterri à Ankara pour de nouvelles discussions avec leurs homologues turcs qui ont débuté en fin d'après-midi, selon les médias. Ces discussions devraient se poursuivre jeudi à partir de 11h00 GMT, d'après un diplomate turc. Des contacts la semaine dernière n'avaient donné aucun résultat.

- Compromis difficile -

L'offensive du régime appuyée par l'aviation russe a suscité des frictions entre Ankara et Moscou qui, en dépit de positions opposées en Syrie, y avaient renforcé leur coopération ces dernières années.

Mais l'éloignement de leurs intérêts à Idleb et la fermeté affichée par les deux camps - Moscou a rejeté mardi l'idée d'un cessez-le-feu à Idleb - ont creusé un fossé entre ces deux acteurs majeurs du conflit, rendant tout compromis difficile.

Alors que l'Occident est critiqué pour son incapacité à peser sur la situation à Idleb, les ministres des Affaires étrangères de 14 pays européens ont exhorté mercredi Ankara et Moscou à la "désescalade", dans une tribune publiée par le journal français Le Monde.

Lors des discussions avec la délégation russe mercredi, Ankara demandera en priorité "de faire cesser durablement les attaques du régime" à Idleb, selon le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu.

En février, 17 soldats turcs ont été tués par des tirs du régime dans cette région où Ankara a massé d'importants effectifs ces dernières semaines.

Le ministre turc a indiqué que M. Erdogan et son homologue russe Vladimir Poutine s'étaient "mis d'accord pour se rencontrer", avant un éventuel sommet quadripartite avec la France et l'Allemagne.

M. Erdogan a par ailleurs déclaré que la Turquie n'avait toujours pas reçu l'aide "promise" par les Etats-Unis à Idleb, réitérant qu'Ankara souhaitait acquérir des systèmes de défense américains Patriot si Washington acceptait de les vendre, selon des propos rapportés par la presse mercredi.

- Progression du régime -

Pendant ces discussions, le régime de Damas continue d'avancer sur le terrain.

Dans un communiqué lu à la télévision publique, le commandement de l'armée syrienne a annoncé mercredi avoir "repris le contrôle" ces derniers jours d'une dizaine de localités, réitérant sa "détermination à libérer tous les territoires de la République arabe syrienne du terrorisme et de ses soutiens".

Mardi, le régime a notamment repris la ville symbolique de Kafranbel, une des premières à s'être ralliées à la contestation anti-Assad en 2011. Au fil des années, les manifestants mobilisés chaque semaine rivalisaient de créativité et d'humour, notamment via des pancartes brandies lors des rassemblements.

Ces dernières semaines, le régime syrien a conquis près de la moitié de la province d'Idleb, contrôlée depuis des années par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda, et des groupes rebelles.

Cette vaste offensive a provoqué une nouvelle catastrophe humanitaire, plongeant encore plus dans l'horreur ce pays ravagé par une guerre qui, depuis 2011, a fait plus de 380.000 morts.

La dernière offensive du régime a tué plus de 400 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), et déplacé près de 900.000 personnes d'après l'ONU, soit l'exode le plus massif en une si courte période depuis le début de la guerre.

Parmi les déplacés, 170.000 civils vivent en plein air ou dans des bâtiments inachevés, faute de place dans les camps de déplacés surpeuplés.

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Des émigrés africains se plaignent des conditions de travail au Moyen-Orient

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Le variant Omicron secoue les États et réveille des inquiétudes liées au Covid

Des voyageurs portant des équipements de protection individuelle arrivent à l'aéroport de Melbourne, en Australie, le 29 novembre 2021.

Aucun décès associé au variant n'a été rapporté jusqu'ici, selon l'OMS.

Le nouveau variant Omicron du coronavirus, classé “préoccupant", présente "un risque très élevé" au niveau mondial, a prévenu ce lundi l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Réunion d’urgence du G7 face à Londres au nouveau variant. Plusieurs pays suspendent des voyages pour éviter les contaminations.

Stéphane Bancel, patron du géant pharmaceutique Moderna, estime que les vaccins actuels sont probablement moins efficaces contre Omicron, rapporte le quotidien Financial Times.

Tout en précisant qu'aucun décès associé au variant n'a été rapporté jusqu'ici, l’OMS indiquant que la probabilité qu'il se répande au niveau mondial est élevée.

De nombreuses incertitudes planent encore sur sa dangerosité et sa transmissibilité. Mais les scientifiques redoutent déjà qu’Omicron soit extrêmement contagieux et échappe à certaines parties du système immunitaire.

La liste des pays où le variant est détecté ne cesse de s'allonger. Plusieurs pays occidentaux et africains sont déjà fermés aux voyageurs venant de huit pays d'Afrique australe. Les Etats-Unis se trouvent en "état d'alerte avancée", bien qu’aucun cas n’a encore été confirmé.

L'Afrique du Sud, où Omicron a été détecté et annoncé jeudi dernier, s'attend à une hausse exponentielle des contaminations. Mais Pretoria jugé "triste" et "regrettable" que des pays africains suivent le vent de panique et imposent des restrictions de voyage sur le continent.

Le gouvernement sud-africain demande l’annulation immédiate des restrictions que le président Cyril Ramaphosa juge dépourvues de "justification scientifique".

Les ministres de la Santé du G7 se retrouvent urgemment à Londres pour discuter de l'évolution de la situation sur Omicron. L’OMS se réunit à Genève pour discuter d'un accord international définissant la manière de gérer la prochaine pandémie – ce qui, selon les experts, n'est qu'une question de temps.

Pas besoin de s'inquiéter

Le président américain Joe Biden a estimé lundi qu'il n'y avait "pas de raison de paniquer" face à la propagation du nouveau variant Omicron du Covid-19, tout en appelant les Américains à se faire vacciner et à recevoir leurs doses de rappel. "Il y a des raisons d'être préoccupés face à ce nouveau variant, mais pas de raison de paniquer", a nuancé le président américain dans un discours à la Maison Blanche.

A l'approche des fêtes de fin d’année, le locataire de la Maison Blanche a appelé les Américains à se faire vacciner, à faire vacciner leurs enfants, à recevoir leurs doses de rappel et à porter un masque à l’intérieur. Selon lui, ces mesures éviteront un re-confinement.

Le président démocrate a également indiqué qu’à ce stade, une éventuelle obligation de vaccin ou de test pour prendre des vols domestiques aux Etats-Unis, n'est pas une recommandation de la communauté scientifique.

Joe Biden présentera jeudi une stratégie détaillée de lutte contre le coronavirus pendant l'hiver, "pas avec des fermetures ou des confinements, mais en amplifiant la vaccination, les rappels, les tests”, a-t-il précisé.

Le variant Omicron, déjà signalé en Europe, a atteint le continent américain avec deux premiers cas annoncés dimanche au Canada. Des cas ont aussi été confirmés en Asie et au Moyen-Orient.

L'OMS prévient du risque très élevé du variant Omicron

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Nucléaire iranien: le chef de l'AIEA à Téhéran

Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Rafael Grossi, et le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Mohammad Eslami, se serrent la main lors de leur rencontre à Téhéran, en Iran, le 23 novembre 2021.

Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi a affirmé mardi en Iran chercher un "terrain d'entente" sur fond d'inquiétude occidentale après l'augmentation par Téhéran de son stock d'uranium hautement enrichi, en riposte aux sanctions américaines.

La visite de M. Grossi survient à une semaine de la reprise prévue à Vienne des négociations pour sauver l'accord international sur le nucléaire iranien suspendues depuis juin.

Signe de la tension entre l'ONU et Téhéran, les journaux ultraconservateurs iraniens ignorent totalement la venue du chef de l'AIEA.

Arrivé lundi soir dans la capitale iranienne, ce dernier a rencontré dans la matinée le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Mohammad Eslami.

"Notre travail a été intense (...) Nous poursuivons nos négociations afin d'aboutir à un terrain d'entente", a affirmé M. Grossi lors d'une conférence de presse commune avec son interlocuteur iranien.

"Nous travaillons aussi sur d'autres sujets (...) C'est très important de mettre le tout dans la perspective du programme nucléaire pacifique de l'Iran", a souligné le patron de l'AIEA.

"Cadre clair"

"Nous travaillons très dur et nous multiplions nos efforts pour conclure nos échanges aujourd'hui", a-t-il ajouté.

Dans un bref communiqué mardi, l'OIEA affirme que "l'établissement d'un cadre clair de coopération entre l'OIEA et l'AIEA est l'un des principaux sujets de discussion entre les deux responsables".

M. Grossi n'était pas revenu depuis le 12 septembre à Téhéran où il n'avait rencontré alors que le chef de OIEA.

Il s'était plaint de l'absence de contacts avec des membres du gouvernement, mis en place en août, dans la foulée de l'élection présidentielle remportée en juin par l'ultraconservateur Ebrahim Raïssi.

"C'est stupéfiant", avait-il dit, expliquant qu'il y avait "une longue liste de choses" dont il voulait discuter avec les dirigeants iraniens.

Cette fois, M. Grossi doit s'entretenir dans l'après-midi pour la première fois avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, chargé du volet politique du dossier nucléaire.

Ces rencontres ont lieu une semaine avant la reprise à Vienne le 29 novembre des pourparlers entre l'Iran et les grandes puissances pour tenter de sauver l'accord de 2015 censé empêcher Téhéran de se doter de l'arme nucléaire.

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Saïd Khatibzadeh, avait souhaité lundi que la réunion avec M. Grossi soit "constructive".

"Nous avons toujours conseillé à l'AIEA de rester sur la voie de la coopération technique et de ne pas laisser certains pays poursuivre leurs objectifs politiques au nom de l'AIEA", a-t-il indiqué.

Le déplacement de M. Grossi intervient après que l'AIEA a fait état la semaine dernière d'une nette augmentation du stock d'uranium hautement enrichi par Téhéran, en riposte au rétablissement en 2018 des sanctions américaines.

Selon un rapport de l'instance onusienne consulté par l'AFP, la quantité d'uranium accumulée dépasse désormais de plus de douze fois la limite autorisée par l'accord de 2015: il était ainsi estimé début novembre à 2.489,7 kg.

Augmentation de l'enrichissement

Surtout, l'Iran a dépassé le taux d'enrichissement de 3,67% fixé par l'accord, montant d'abord à 20%: il dispose maintenant de 113,8 kg, contre 84,3 kg fin août.

Puis il a franchi le seuil inédit de 60%, se rapprochant des 90% nécessaires à la confection d'une bombe: il en a produit 17,7 kg, contre 10 kg il y a trois mois.

Ce rapport sera examiné lors du Conseil des gouverneurs de l'AIEA prévu la semaine prochaine, juste avant le retour des négociateurs à Vienne, le 29 novembre.

L'accord de Vienne, conclu en 2015 entre l'Iran d'une part et les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Chine, la Russie, la France et l'Allemagne de l'autre, offrait à Téhéran la levée d'une partie des sanctions internationales étranglant son économie en échange d'une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous un strict contrôle de l'ONU.

Mais Washington a quitté unilatéralement l'accord en 2018 sous la présidence de Donald Trump, et rétabli les sanctions contre Téhéran. En retour, l'Iran, qui nie chercher à se doter de l'arme atomique, a progressivement abandonné ses engagements.

Washington demande aux talibans de prouver qu'ils méritent le dégel des avoirs afghans

Des combattants talibans se rassemblent le long d'une rue lors d'un rassemblement à Kaboul le 31 août 2021 alors qu'ils célèbrent le départ des troupes américaines.

Les Etats-Unis ont opposé vendredi une fin de non-recevoir aux talibans, qui avaient appelé dans une lettre ouverte au Congrès américain à libérer les avoirs afghans gelés depuis leur prise du pouvoir mi-août, en réaffirmant qu'ils devaient d'abord "mériter" le soutien de Washington.

"La lettre des talibans au Congrès cette semaine fournit une lecture erronée des faits au sujet de la crise économique et humanitaire en Afghanistan", a répondu sur Twitter l'émissaire américain Thomas West.

"L'Afghanistan souffrait malheureusement déjà d'une terrible crise humanitaire avant la mi-août, aggravée par la guerre, des années de sécheresse et la pandémie", a-t-il estimé.

Le ministre des Affaires étrangères du gouvernement instauré par les talibans mais non reconnu par la communauté internationale, Amir Khan Muttaqi, affirmait mercredi dans son courrier que "les racines" du problème remontaient "au gel des avoirs" par le gouvernement américain, et demandait que ces sanctions "soient levées".

Il assurait, à l'appui de cette demande, que les islamistes qui dirigent désormais le pays oeuvrent pour "la bonne gouvernance", "la sécurité" et "la transparence".

Washington a gelé près de 9,5 milliards de dollars de la Banque centrale afghane. L'économie qui dépendait de l'aide internationale s'est effondrée, avec des fonctionnaires qui n'ont pas été payés depuis des mois et le Trésor public incapable de payer les importations.

L'émissaire américain a souligné que les Etats-Unis avaient "clairement prévenu les talibans depuis des années" qu'en cas de prise du pouvoir par la force, "l'aide cruciale non humanitaire de la communauté internationale cesserait". "C'est ce qui s'est passé", a-t-il ajouté.

"La légitimité et le soutien doivent se mériter par des actes", a insisté Thomas West, qui réitère les conditions posées par les Américains : lutte contre le terrorisme, mise en place d'un gouvernement "inclusif", "respect des droits des minorités, des femmes et des filles", et "accès égalitaire à l'éducation et à l'emploi".

Il a assuré que Washington continuerait à entretenir un "dialogue lucide et franc avec les talibans". En attendant, les Etats-Unis continueront à fournir aux Afghans une aide strictement humanitaire, a-t-il ajouté.

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